Questionnaire pour connaître les souhaites des internautes
IN ENGLISH

Pour découvrir l'histoire napoléonienne, pas à pas, parfaire ses connaissances et poursuivre des recherches personnelles, pour tous les amateurs et les historiens passionnés, laissez-vous guider parmi un riche ensemble d'articles et de dossiers thématiques, d'images commentées, d'outils pour travailler.

Enrichissements récents :

Articles : Le butin de Waterloo reconstitué au musée de la Légion d'honneur
Bibliographies : L'Expédition d'Egypte (1798-1801)
Dossier thématiques : Louis-François Lejeune (1775-1848) général, peintre et mémorialiste

NAPOLEONICA LA REVUE

La revue
anglegauche angledroit
 
 

ARTICLES

Origine et buts de l'expédition d'Égypte

(Article de SPILLMANN Georges )

 Informations

Origine et buts de l'expédition d'Égypte
Le miracle de la traversée


  Origine et buts de l'expédition d'Égypte


Bonaparte, gravure de Bertolozzi d'après APPIANI. (Phototèque Perrin)

Bonaparte, gravure de Bertolozzi d'après APPIANI. (Phototèque Perrin)

Agrandir

Général Georges SPILLMANN
 
Bonaparte continuateur de la politique royale
On s'interroge aujourd'hui encore sur les raisons qui ont poussé Bonaparte à cette téméraire expédition d'Égypte, à l'issue malheureuse dont les chances de succès paraissaient assez minces dès le départ. Qu'allait-il donc faire dans cette galère? De là à le taxer de témérité irréfléchie, de mégalomanie précoce, de là à penser que 1798 préfigure les inconséquences de la campagne de Russie, en 1812, ou de Belgique en 1815, sans parler de la guerre d'Espagne, il n'y a qu'un pas, et il fut vite franchi par les détracteurs du héros.
Voyons posément ce qu'il en est. De l'examen critique des données du problème se dégage le sentiment que cette opération, assurément d'une hardiesse inouïe, n'était pas si folle qu'on le pense généralement, qu'elle ne paraissait pas en tout cas vouée inéluctablement à l'échec.
Une première constatation s'impose: le Directoire n'a pas eu en l'occurrence la main forcée par Bonaparte, son accord était entier. Certes, il était assurément satisfait d'éloigner ainsi, de façon honorable, un jeune général déjà prestigieux, dont il redoutait l'ambition, mais il ne faut pas aller trop loin dans cette voie car les Directeurs, en l'état de l'Europe à l'époque, face à une coalition redoutable et en raison même du rapport des forces en présence, ne pouvaient de gaîté de coeur sacrifier délibérément toute la flotte française et 35 000 hommes de très bonnes troupes, commandés par un grand stratège, que secondaient brillamment des chefs aussi réputés que Kléber et Desaix, uniquement pour se débarrasser d'un gêneur!
Il faut d'abord bien comprendre qu'en toutes choses Bonaparte est un continuateur, de génie assurément, mais un continuateur tout de même. Ne reniant rien du grand passé de notre pays, il reprend des idées précédemment élaborées, il les mûrit, les met en forme, leur imprime sa marque personnelle, les fait aboutir, leur assure un plein développement.
Il est, nul ne le conteste, l'héritier de la Révolution Française dont il consolidera les conquêtes d'ordre politique, social, économique. De même, il s'efforcera en Égypte de réaliser les projets de la monarchie française au XVIIIe siècle, ceux qu'avait conçus Choiseul avec son équipe de diplomates, de militaires, de voyageurs, de religieux. L'idée du gouvernement royal était alors de compenser la perte du Canada et celle des Indes par des gains en Méditerranée faisant de cette région charnière entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique une mer entièrement française, baignant d'ailleurs le littoral du Languedoc et de la Provence, alors que l'Angleterre en était fort éloignée.
Nous pouvions compter pour cela sur l'appui des Bourbons d'Espagne et des Deux-Siciles. Quant au Grand Turc de Constantinople, de plus en plus menacé sur le Danube, en Mer Noire, en Arménie, par l'expansion russe, n'était-il pas notre allié séculaire? N'exercions-nous pas, depuis François 1er, la protection des minorités chrétiennes des Échelles du Levant?
Ou bien le Sultan de Constantinople, Commandeur des Croyants, marcherait avec nous et nous laisserait réorganiser son armée, sa marine, voire ses finances, ou bien, incapable de se réformer, il périrait et nous serions alors en mesure et en droit de nous assurer en Méditerranée une part importante de ses dépouilles. L'Égypte, pratiquement détachée de la Sublime Porte par l'indiscipline des Mameluks, était une proie de choix, tant en raison de la faiblesse de sa population, tyrannisée par lesdits Mameluks, que par ses possibilités économiques et sa position stratégique à la jonction de l'Asie Mineure et de l'Afrique, à cheval sur deux mers, la Méditerranée et la Mer Rouge.
Bonaparte, grand lecteur s'il en fut, avait littéralement dévoré les livres alors récents de l'abbé Raynal, du baron de Tott, de Savary, de Volney, sur les Indes, la Turquie, la Syrie, l'Égypte. Il connaissait personnellement Volney et avait eu maintes occasions de l'interroger sur ses voyages, aussi bien en Corse d'abord, qu'à Paris ensuite. Pendant sa disgrâce, consécutive à la chute de Robespierre, il avait mis à profit son affectation momentanée au Bureau topographique de la direction des Armées, pour compulser avec la plus grande attention les archives du Dépôt de la Guerre, laissées à l'abandon depuis le début de la Révolution, notamment les rapports de M. de La Lanne, lequel avait minutieusement visité Suez, Damiette, Aboukir. Il connaissait la correspondance échangée par Choiseul, puis Vergennes, avec Magallon, notre consul au Caire, et Choiseul-Gouffier, ambassadeur près la Sublime Porte. Ainsi, était-il fort bien informé des grandes lignes de la politique royale dans les Échelles du Levant.
Il n'ignorait rien non plus du bon travail effectué à Constantinople par l'actif ambassadeur de la République française, le général Aubert-Dubayet, qui avait obtenu pour la France, du Sultan Selim III, le privilège de réorganiser l'artillerie ottomane et de construire à Istamboul des navires de guerre turcs sur les plans et sous la surveillance d'ingénieurs français. Lui-même, Bonaparte, avait songé, au moment de sa disgrâce, à prendre la direction de la mission militaire chargée d'instruire les artilleurs ottomans.
 
L'initiation italienne aux problèmes de la Méditerranée Orientale
Maître de l'Italie septentrionale et de Venise, Bonaparte, dont un mauvais état de santé ne ralentit nullement la prodigieuse activité, est désormais au contact direct de l'Empire ottoman, et plus particulièrement des problèmes propres à la péninsule des Balkans et au bassin oriental de la Méditerranée.
La main-mise sur Venise lui ouvre en particulier des perspectives dont il aperçoit d'emblée les immenses possibilités. Ainsi, réserve-t-il à la France les îles grecques de la cité des Doges. Il annexe la flotte vénitienne, envisage l'utilisation des nombreux navires au petit et au grand cabotage de Raguse et commence à faire armer en course des bateaux italiens, autant pour gêner les croisières anglaises que pour limiter l'activité des pirates barbaresques.
Il entre en même temps en relation avec les pachas turcs gouverneurs des provinces balkaniques riveraines de l'Adriatique, notamment avec le célèbre pacha Ali de Janina, seigneur de l'Epire. Il comprend vite que ces grands féodaux ne sont pas docilement soumis au Grand Turc. Constantinople doit compter avec eux. Mais, ce qui l'intéresse par dessus tout, c'est de découvrir le patient travail des agents russes parmi les populations chrétiennes orthodoxes, majoritaires dans les Balkans, lesquelles n'aspirent qu'à secouer le joug des Ottomans. Il y a là, pense-t-il, un moyen d'action puissant sur Selim III, déjà bien disposé à notre égard. En l'assurant de notre appui contre les visées russes, tant dans les provinces danubiennes de la Moldavie et de la Valachie, que dans les Balkans, il doit être possible de nous le concilier définitivement.
Ce faisant, nous n'allons pas à l'encontre des intérêts chrétiens. Bien au contraire, l'influence que nous exercerons sur le Sultan nous permettra de les protéger efficacement contre des exactions majeures, ce qui est conforme à notre politique traditionnelle au Levant.
S'étant assuré des avant-postes à l'entrée de l'Adriatique avec les îles grecques de Venise (Corfou et son archipel), il estime indispensable de mettre la main sur l'île de Malte, possession des Chevaliers de ce nom, alors en pleine décadence. Il a confisqué les biens de ces derniers en Italie, ce qui, venant après les mesures de même nature prises en France depuis la chute du roi, porte un coup très sensible aux finances de l'Ordre. Or, Malte commande le détroit qui fait communiquer les deux bassins de la Méditerranée. La population de l'île est travaillée par les agents français que vient animer dans les dernières semaines de 1797 Poussielgue, premier secrétaire de notre Légation à Gênes. Dans une lettre du 13 septembre de la même année, adressée à Talleyrand, nouveau Ministre des Relations extérieures, Bonaparte dit sans ambages: "Avec l'île de Saint-Pierre, que nous a cédée le roi de Sardaigne, Malte, Corfou, nous serions les maîtres de la Méditerranée".
Il avait par ailleurs fort clairement exposé ses visées dans une lettre au Directoire, du 18 août 1797, rédigée à son quartier-général italien de Passariano:
"Les temps ne sont pas éloignés", écrivait-il, "où nous sentirons que pour détruire véritablement l'Angleterre, il faut nous emparer de l'Égypte. Le vaste Empire ottoman, qui périt tous les jours, nous met dans l'obligation de penser de bonne heure à prendre des moyens pour conserver notre commerce du Levant".
Il est alors _ on doit le souligner _ en parfaite communion de vues avec Talleyrand. Dès juillet 1797, celui-ci a fait à l'Institut une communication très remarquée sur "les avantages à retenir des colonies nouvelles", visant d'ailleurs beaucoup plus les côtes algériennes, tunisiennes ou tripolitaines, dites "côtes barbaresques", que les pays du Proche-Orient. Mais le ministre se ralliera facilement aux vues du jeune général sur l'Égypte.
En Italie, Bonaparte étudie attentivement les documents que lui fait parvenir Talleyrand sur la Turquie ou sur l'Islam et se tient au courant de la situation à Constantinople et en Égypte. Il ordonne de rechercher tous les ouvrages sur les Échelles du Levant existant en Italie. Ader note dans son Histoire de l'Expédition d'Égypte et de Syrie, que "... durant les négociations de Campo-Formio, il avait fait venir de Milan tous les livres de la bibliothèque Ambrosienne relatifs à l'Orient, et l'on remarqua que les marges étaient surchargées de notes, aux pages qui traitaient particulièrement de l'Égypte."
 
Préparation à Paris de l'expédition d'Égypte
Dès son retour à Paris, Bonaparte, nommé Commandant en chef de l'Armée d'Angleterre, pousse activement la préparation de la conquête... de l'Égypte. Autant par conscience professionnelle que pour donner le change aux Anglais, il a effectué, du 8 au 17 février 1798, un rapide voyage d'inspection le long des côtes de la Manche et de la mer du Nord, d'Etaples à l'île de Walcheren, en Hollande. Ce qu'il a vu de l'état des mers septentrionales à pareille époque l'a terrifié et achevé de le convaincre que l'affaire d'Égypte était davantage à notre portée qu'un passage de vive force à travers le détroit du Pas-de-Calais.
L'entente entre Bonaparte et Talleyrand reste excellente. Le Ministre des Relations Extérieures soumet alors deux rapports au Directoire.
"L'Empire ottoman, écrit-il dans le premier, ne durera pas. La République devrait prendre ses mesures pour saisir, parmi ses débris, ceux qui pourraient lui convenir. Je mets sans hésiter, au premier rang, l'Égypte... Pourquoi nous sacrifierons-nous plus longtemps pour une Puissance dont l'amitié est équivoque et qui touche à sa ruine? L'Égypte n'est rien pour la Turquie qui n'y a pas l'ombre d'autorité."
Dans le deuxième, il se veut rassurant:
"Ce n'est pas, dit-il, qu'il faille rompre avec la Porte. Je pense, au contraire, que l'invasion de l'Égypte doit être accompagnée de l'envoi à Constantinople d'un négociateur qui ait toute la dextérité et toute la fermeté convenables pour une telle circonstance et qui soit porteur d'instructions rédigées avec maturité. Je ne regarde pas cette négociation comme devant être infructueuse. J'ai en vue des moyens de succès, qui seront présentés, en temps opportun, au Directoire exécutif".
De son côté, Bonaparte s'assure la collaboration enthousiaste des maîtres de l'École des Langues orientales, Silvestre de Sacy, Michel Venture de Paradis, Jean-Joseph Marcel, et de leurs élèves, les "Jeunes de Langues". Venture de Paradis avait accompagné le baron de Tott pendant deux ans lors de son inspection des établissements français au Levant. Il fut aussi, jusqu'en 1790, consul au Caire.
Ces érudits rédigent à l'intention de Bonaparte des notes précises concernant l'état de la Syrie et de l'Égypte, leurs populations, l'armée, les religions pratiquées, les ressources du pays, etc. Ils le conseillent utilement sur la forme de ses relations avec le gouvernement ottoman, les précautions à prendre pour le disposer favorablement, les écueils à éviter, les maladresses à ne pas commettre.
Bonaparte se fait ainsi une idée très nette _ et dans l'ensemble fort voisine de la réalité _ de la situation au Proche-Orient.
Il entend, dès lors, que l'expédition ne revête pas un caractère exclusivement militaire mais apporte encore aux populations une amélioration notable de leurs conditions d'existence, aussi bien dans l'ordre politique, administratif et social que dans l'ordre économique. Elle visera également à établir une somme complète de connaissances historiques, scientifiques, économiques et artistiques, digne de la France et des anciennes civilisations de la vallée du Nil. En cela, il est un novateur original, un grand précurseur. Il se révèle déjà un homme d'État.
Les vues de Bonaparte sur les relations franco-turco-égyptiennes
Pour Bonaparte, l'action militaire en Égypte ne peut se concevoir sans une action diplomatique, parallèle et concomitante, à Constantinople, auprès de la Sublime-Porte. Les deux sont indissociables l'une de l'autre sous peine d'échec.
L'Égypte était en effet, au moins nominalement, partie intégrante de l'Empire ottoman. Toutefois, la caste militaire des Mameluks, étrangère au pays, était depuis longtemps indépendante de facto de Constantinople. Le pacha représentant le Sultan au Caire n'avait en conséquence aucune autorité. Il fallait donc faire ressortir aux Ottomans que l'expédition d'Égypte n'était pas dirigée contre la Turquie, que nous voulions seulement abattre le pouvoir illégitime des Mameluks, lesquels nous avaient outragés et s'étaient rendus coupables de nombreuses exactions, non seulement à l'égard des ressortissants français mais aussi des minorités chrétiennes dont nous assurions la protection depuis des siècles.
En mettant à la raison des sujets rebelles au Sultan, nous lui rendions service, en bons amis que nous avions toujours été dans le passé et que nous entendions rester à l'avenir. En contrepartie de la neutralité turque dans l'affaire égyptienne, nous aiderions le Sultan à défendre ses territoires, sa capitale et les Détroits contre toutes visées ou entreprises des Russes et des Anglais.
En définitive, Bonaparte et Talleyrand envisageaient une solution respectant la fiction de la souveraineté turque en Égypte, mais confiant à la France le soin d'y rétablir l'ordre et la prospérité. C'était en somme un modus vivendi très proche de celui qui devait intervenir près de cent ans plus tard entre l'Angleterre et la Turquie, quand celle-ci accepta de laisser à un khédive héréditaire le soin d'administrer l'Égypte et de la moderniser conformément aux propositions du représentant de Londres au Caire. Le mot protectorat n'était pas formellement prononcé, mais il s'agissait bien, en l'occurrence d'un pareil régime ou, si l'on préfère, d'un condominium.
Il fut donc décidé, entre Bonaparte et Talleyrand que, dès le départ de Toulon de l'expédition, le ministre des Relations Extérieures irait en personne à Constantinople mener à bien cette grande négociation, digne de son renom et de ses talents.
Une fois en Égypte, on doterait ce pays d'une administration indigène représentative, on lui rendrait son antique prospérité, on organiserait sa défense contre une agression extérieure en y créant une armée autochtone efficace, on y installerait enfin une solide base française permettant d'agir, soit en Méditerranée Orientale, soit en Mer Rouge.
Mais on n'en ferait pas une colonie française car nous recherchions par dessus tout l'amitié de l'Islam. L'Égypte resterait en effet sous la suzeraineté temporelle nominale du Sultan Selim III et sous son autorité spirituelle effective en sa qualité éminente de Kalife de l'Islam et de Commandeur des Croyants.
Car, dans un deuxième temps, Bonaparte comptait employer cette méthode d'approche pour établir notre influence à Alger, Tunis et Tripoli, dont les dey, bey et pacha étaient virtuellement indépendant du Sultan de Constantinople. Là encore, on l'aiderait à rétablir une autorité nominale. Ainsi, toute la Méditerranée serait mer française.
Ces vues audacieuses, réalistes tout en étant généreuses par beaucoup d'aspects, étaient certes d'application difficile, aléatoire même. Elles ne relevaient toutefois pas, comme on le pense généralement, de la pure chimère.


  Le miracle de la traversée


TALLEYRAND, d'après Isabey

TALLEYRAND, d'après Isabey

Agrandir

José MURACCIOLE

On discutera longtemps encore sur les raisons profondes qui ont préludé à l'entreprise égyptienne dont le Directoire a confié l'exécution au général Bonaparte. Il est un aspect de la question qui mérite une étude particulière: le passage de 335 navires chargés de plus de 50 000 Français à travers la Méditerranée, au moment même où la marine anglaise y revenait en force.
Le miracle de la traversée s'efface quelque peu devant les merveilles du mirage oriental, le prestige de la terre des pharaons et les évocations brillantes d'un romantisme toujours vivant. Et pourtant, même retracée à la lumière rigoureuse de l'histoire et dépouillée de toute légende, elle enchante l'imagination par la conjonction des chances, la succession des réussites jusqu'à l'instant où l'escadre de Brueys, que Bonaparte a quittée un mois auparavant, trouve sa fin dans la baie d'Aboukir.
Le 13 avril 1798, les préparatifs de l'expédition battent leur plein. Bonaparte rédige son plan d'opérations. Une intense activité règne sur les côtes de Provence et d'Italie, de Marseille à Civita-Vecchia. La responsabilité de la préparation appartient à une commission d'armement des côtes de la Méditerranée créée le 5 Mars par le Directoire à la demande du Général en Chef. Elle est composée "d'hommes à talent et forts" ayant à sa tête le contre-amiral Blanquet du Chayla, assisté de l'ordonnateur du port du Havre Le Roy, du général Dommartin, inspecteur de l'artillerie, de l'ordonnateur en chef Sucy et du payeur Estève. Elle dispose d'une totale initiative et reçoit les impulsions de Bonaparte resté à Paris. La commission dispose de fonds importants et les prévisions financières peuvent tabler sur 3 700 000 francs (le trésor de Berne, saisi par Brune durant sa campagne d'Helvétie, a fourni les principaux subsides).
La commission dirige les questions de matériel, d'armement et de mobilisation des hommes en ce qui concerne la Provence. En Italie Bonaparte a délégué ses pouvoirs aux généraux Berthier à Gênes, Desaix à Civita-Vecchia. L'armée dirige et coordonne ces préparatifs maritimes qui englobent l'armement de l'escadre de Toulon, le rassemblement des troupes et la réquisition des navires de transport.
A Toulon, l'ordonnateur Najac se révèle un auxiliaire remarquable. Aidé de Kléber, il presse l'armement de 14 vaisseaux et de 13 frégates. Début mai ces navires sont réparés, équipés et munis de trois mois de vivres, alors que le 14 mars 6

 
     
 
 

 Retour page d'Accueil

 Retour page de Section

 Retour page de Rubrique

 

 

 

 

 Imprimer

Ajouter à votre sélection

 
 


 Informations

Auteur :

SPILLMANN Georges

Revue :

Souvenir Napoléonien

Numéro :

255

Mois :

juillet

Année :

1970

Pages :

2-4

 

 
 

Haut de page

 
Lettre d'info | Mon Napoleon.org | Plan du site | Contacts | Mettre dans vos favoris | Mentions légales | Napoleon.org - ISSN 2272-1800