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ARTICLES

Le général Bonaparte à Malte et en Egypte

(Article de LINDEN Louise, JUILLET Jacques )

 Informations


L'Egypte, ce creuset de notre civilisation, serait-elle connue et Champollion aurait-il pu faire ses découvertes si Bonaparte n'avait ouvert la voie à la connaissance de ce pays ? Ferdinand de Lesseps aurait-il eu l'idée du canal de Suez sans les premiers projets d'alors ? Pour réaliser une telle ambition, il est certain que bien des éléments se rejoignirent chez Bonaparte : la nature de l'homme, le ciel de sa naissance, le cadre de son enfance et son goût très vif pour l'Orient. Les chances de réussite étaient très minces, le succès sera providentiel.

En janvier 1798, Bonaparte a 28 ans et déjà une réputation de grand capitaine. Le Directoire craint l'ambition de cet homme de valeur et ne songera qu'à l'éloigner. Les difficultés avec l'Angleterre avaient amené le gouverneur à former une armée d'Angleterre dont le commandement en chef lui avait été donné en 1797 ; déjà était en lui l'opinion, qu'il a exprimée le premier, que pour vaincre l'Angleterre il fallait l'attaquer en Egypte. Le 14 février 1798, Talleyrand présente son "plan pour la conquête de l'Egypte". Le 5 mars, l'armée d'Orient est créée, le 12 avril, Bonaparte reçoit une série de directives : "prendre Malte et l'Egypte, chasser les Anglais de leurs établissements en Orient, percer l'isthme de Suez, améliorer la situation des indigènes, maintenir de bonnes relations avec la Porte". En dix semaines environ, Bonaparte va concentrer et équiper ses troupes, grouper les convois, armer les bateaux de guerre, nommer la commission d'experts civils : ingénieurs, savants, aéronautes, artistes archéologues, économistes, pharmaciens, médecins, chirurgiens, musiciens, écrivains, imprimeurs, interprètes, etc… Travail gigantesque !
 
Malgré l'interdiction, cinq cents femmes, non appelées pour une spécialité, suivront des officiers de valeur, des généraux, de futurs maréchaux. Junot, Duroc, Desaix, Kléber, Menou, Caffarelli, Dommartin, Berthier, etc… feront partie de l'expédition, tout comme Louis et Eugène, des savants comme Monge également, des artistes comme Conté ou Vivant Denon. On ne peut tous les citer. Larrey est le chirurgien en chef et Desgenettes le médecin chef. Ils seront choisis pour leurs grandes qualités et un matériel chirurgical et médical les accompagnera. Les ports de Toulon, Marseille, Ajaccio, Gênes, Civita-Vecchia ont été choisis pour l'embarquement en quatre convois séparés, qui doivent rejoindre en haute mer le convoi principal. Le secret est parfaitement gardé. Bonaparte est à bord de l'Orient avec Eugène et Berthollet. Les contacts entre tous ces hommes de milieux très différents sont parfois difficiles, mais Bonaparte organise des débats et l'accord se fait entre les uns et les autres.

A Malte, les convois sont réunis. Depuis 1792, l'Ordre avait été spolié par le Comité de Salut Public et la Russie et l'Autriche tentaient de prendre pied dans l'île ; Bonaparte devait s'en saisir de gré ou de force. Sur le simple prétexte qu'on lui refusait de renouveler sa provision d'eau, il faisait débarquer ses troupes et s'emparait de l'île le 10 juin. Les Chevaliers n'opposaient alors qu'une résistance de principe contre des compensations. En six jours d'occupation, Bonaparte dictera 168 rapports. En un seul jour, il établit les bases d'un gouvernement moderne, une administration organisée et efficace ; il abolit l'esclavage, ouvre le bagne, crée un hôpital, réorganise les services postaux. Il enverra soixante garçons de 9 à 14 ans, à Paris pour y être éduqués, mettra sur pied un nouveau système scolaire, déterminera les taux fiscaux, etc…

Les 18 et 19 juin, l'armada française repartait alors que Nelson cherchait, en vain, les Français. La traversée de Malte à Alexandrie durera jusqu'au 28 juin. Bonaparte lit la proclamation dans laquelle il annonce "des marches fatigantes" mais aussi des victoires certaines. Il demande qu'on respecte la foi des populations, ni viol ni pillage ne seront tolérés. Le débarquement a lieu à 3 h du matin sur la plage du Marabout ; l'assaut d'Alexandrie est donné, la ville tombera rapidement. Là aussi, le premier soin de Bonaparte sera d'organiser la vie et l'administration, n'accordant aucun répit aux membres de son expédition. Puis, la marche vers le Sud commence dans des conditions très dures, en particulier pour le ravitaillement. Le 7 juillet, l'escadre jette l'ancre à Aboukir, les troupes de Dugua atteignant Rosette le 8 et Ramanieh le 11.

Bonaparte avait quitté Alexandrie le 7 juillet. Les divisions Vial et Bon arrivaient le 9 et le 10 juillet, le 11 les cinq divisions étaient rassemblées à Ramanieh. Le 13 juillet, Bonaparte attaque Mourad Bey à Chobrakhyt afin de soulager la flotille et continue sa marche vers le Sud. Le 21 juillet, la bataille des Pyramides, livrée en fait, à Embabeh, était considérée comme une très grande victoire contre les Mamelouks. Bonaparte est acclamé à son entrée au Caire le 24 juillet. Là encore, il va déployer tous ses talents.
Brueys était resté à Aboukir avec l'intention de résister à toute éventualité. Le 1er août, Nelson découvrait enfin ! la flotte française. Après une bataille sans merci Brueys était tué, Villeneuve s'éloignait, Nelson était grièvement blessé mais victorieux. Quant à Bonaparte, il était prisonnier de sa victoire au Caire et bien résolu à transformer la ville. Toujours débordant d'activité, bien que ne recevant aucune aide du Directoire, il entreprend l'organisation de l'hygiène, de la police, des hôpitaux, crée un journal ; il songe au moral des troupes et à leur distraction et va jusqu'à faire venir un bateau de jolies filles. Le 22 août 1798, il crée l'Institut d'Egypte. Les savants, dessinateurs, artistes, s'activent à relever des plans, des croquis, à établir des calculs ; historiens et archéologues travaillent à l'étude de la civilisation égyptienne. Les relevés concernant le percement de l'isthme de Suez font déclarer à Bonaparte : "l'oeuvre est grande, mais ce ne sera pas moi qui l'accomplirai", tous ces relevés serviront à Ferdinand de Lesseps. Les Français devront faire face à une révolte des Musulmans qui ne partageaient pas l'opinion des Français sur l'organisation de leur vie. Bonaparte ramènera le calme, ce calme qu'il n'avait plus en lui ayant appris les infidélités de Joséphine dont il se consolait entre les bras de Bellilote.

Desaix remonte le Nil dans des conditions très pénibles, à la poursuite de Mourad Bey. La première étape est à El Arich ; la montée vers Gaza est de plus en plus pénible. La maladie, l'épuisement, les sables brûlants, tout contribue à rendre la campagne presqu'inhumaine. On arrive devant Jaffa qui tombe aux mains des Français. Mais un autre ennemi les attend, beaucoup plus dangereux : la peste. Bonaparte met le siège devant Saint-Jean d'Acre et se heurte, non seulement à Sydney Smith, mais à son ancien condisciple Phelipeaux devenu son pire ennemi et appuyant les Turcs. Il devra lever le siège. Desaix, entre temps, a pacifié la Haute-Egypte et le calme règne au Caire. De retour à Jaffa Bonaparte visite les pestiférés.

Les nouvelles qu'il reçoit de Paris sont mauvaises et déjà naissent en lui des projets visant à rétablir l'ordre et prendre le pouvoir resté en de si mauvaises mains. Le 24 juillet, il apprend le débarquement des Turcs à Aboukir ; il attaque le camp le lendemain. La victoire sur terre fera oublier la défaite de la flotte. Le 11 août, il est revenu au Caire où il reste une semaine ; sa décision est prise de rentrer en France. Cinq hommes seulement sont mis dans la confidence : l'amiral Ganteaume, Berthier, Bourrienne, Monge, Berthollet. Jusqu'au dernier jour il s'occupe des problèmes courants. Le 17 août, Ganteaume lui apprend la disparition de la flotte anglo-turque ; il ne perd pas un instant, laisse le commandement à Kléber, le 22, avec sa suite, il est à Alexandrie où ils embarquent. Le 24, ils sont en pleine mer, la traversée sans histoire, durera 47 jours. Les Turcs vont reprendre El Arich et, le 20 janvier, Kléber sera amené à signer la "Convention d'El Arich", pourtant, le 20 mars, il boutait les Turcs hors d'Egypte à Héliopolis ; la population du Caire va se révolter et Kléber devra ordonner l'assaut de la ville. A peine y réorganisait-il la vie qu'il tombera sous les coups d'un fanatique, l'Arabe Soliman. Menou, incapable de faire face à la situation perdra l'Egypte. Mais l'oeuvre prodigieuse de Bonaparte perdure et n'y est pas oubliée.


 
     
 
 

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 Informations

Auteur :

LINDEN Louise, JUILLET Jacques

Revue :

Revue du Souvenir Napoléonien / compte rendu de conférence

Numéro :

358

Mois :

avril

Année :

1988

Pages :

44-45

 

 
 

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