<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 21, juin 2015
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Du néoclassicisme à l’éclectisme, des prémices du romantisme à celles de l’impressionnisme, l’art des périodes napoléoniennes est multiple et continue de fasciner chercheurs, collectionneurs et simples amateurs. Amoureux des beaux-arts ou fin connaisseur des arts décoratifs, venez ici partager votre passion.

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La pharmacie de voyage de Marie-Louise

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Date :
1810 - 1814

Technique :
Boîte en noyer et laiton

Dimensions :
H. 30 cm; L. 55,9 cm; P. 28,4 cm

Lieu de conservation :
Musée Glauco Lombardi, Parme

Crédits :
© Museo Glauco Lombardi

Commentaires

La pharmacie de voyage de Marie-Louise est l'un des objets les plus originaux de la collection du Musée Glauco Lombardi, situé à Parme. Elle fut acquise en 1948 et des notes de Glauco Lombardi lui-même nous donnent de précieux détails sur sa provenance. La pharmacie de voyage fut vendue par Giuseppe Pandos lors de la vente des objets ayant appartenu à l'ex-impératrice et emmenés à Parme en 1848 par son héritier l'archiduc Léopold d'Autriche.

On perd la trace de cette pharmacie jusqu'en 1947, date à laquelle un certain docteur Parenti di Trecasali la vendit à un antiquaire qui la céda ensuite à Lombardi pour la coquette somme de 25 000 lires. En 1950, Lombardi acheta, toujours à Pandos, deux fioles et une cuillère en argent (aujourd'hui disparue) pour 5 000 lires.

La pharmacie a probablement été fabriquée durant la période française de Marie-Louise, jusqu'aux fioles en cristal de Bohême portant le monogramme ML surmonté d'une couronne impériale. Après le désastre de mars 1814, elle fut envoyée à Parme, avec d'autres objets. Marie-Louise continua à utiliser ce nécessaire, et fit poser une plaque de laiton portant ses armes ducales.

La pharmacie contenait tout ce dont Marie-Louise pouvait avoir besoin pour se soigner en voyage. Elle comprend de multiples compartiments et petites niches dans lesquels se logeait un assortiment complet de médecines, d'extraits végétaux, de remèdes homéopathiques ou de préparations pharmaceutiques, contenus dans des fioles en cristal de différentes dimensions et chacune étiquetée. Il est tout a fait remarquable que de nombreux contenus soient encore présents, en quantité variable. Cette pharmacie rassemble également des verres et des pots en porcelaine, des boîtes à cartes, une spatule, des récipients pour recueillir du sang, des bandages, du coton et deux inventaires manuscrits dont l'un a été établi par le fameux docteur italien Lorenzo Berzieri, qui découvrit les qualités thérapeutiques des eaux de Salsomaggiore (Emilia Romagna).

Dans cette pharmacie, de nombreuses médecines douces, telles que des huiles de camomille, valériane, menthe, rhubarbe, aloès, etc. (encore utilisées par l'homéopathie et l'herbologie modernes), côtoyaient des substances hautement toxiques comme l'aconite, l'acetate, l'ipecacuana, des extraits de sebina, scilla maritima, belladonna, etc., des poisons, des opiacés, des substances hallucinogènes, des anti-douleurs, ou encore des antidotes comme la fameuse teriaca ou mélasse vénitienne.

D'une conception très moderne pour l'époque, cette pharmacie portative montre que Marie-Louise ne faisait pas seulement des cures mais usait aussi de toutes les médecines utilisées en Europe.

Marie-Louise voyagea fréquemment et sa pharmacie lui était inspensable. La duchesse de Parme tombait régulièrement malade, comme le montre sa correspondance, rencontrant des difficultés respiratoires, prenant froid, souffrant de rhumatismes et de maux de tête. Elle fut même trépannée en mai 1839. On lui retira alors des petits bouts d'os du crâne, morceaux conservés au Musée Glauco Lombardi.


Madame Sandrini,directrice du Musée Glauco Lombardi
(traduction Peter Hicks et Emmanuelle Papot)

 
   
 

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