<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 18, décembre 2013
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LA CAMPAGNE DE FRANCE

 

La campagne de France, par Ernest Meissonier

La campagne de France, par Ernest Meissonier
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I. Meissonier : La campagne de France
Ernest Meissonier peint en 1864, cinquante ans après la campagne de France, ce tableau. L'Empereur y figure à la tête de ses troupes, dans un paysage d'hiver boueux et mort. Il avance, l'air à la fois déterminé et sombre. Ses hommes, parmi lesquels on reconnaît certains de ses maréchaux, ont l'air fermés et épuisés.

Le peintre, qui connaît l'issue de cette campagne, a voulu rendre par des couleurs froides, et un ciel bas et pesant, l'atmosphère de cette fin de campagne. Il s'agit bien de la chute de l'Empire…

II. Rappel historique : qu'est-ce que la campagne de France ?

L'ennemi : la 6e coalition
Depuis la Révolution française, des pays européens forment des alliances contre la France, appelées coalitions. Entre 1805 et 1814, pas moins de quatre coalitions vont se former contre l'Empire de Napoléon Ier. Entre 1812 et 1814, la sixième coalition rassemble la Grande-Bretagne, la Russie, la Prusse, certains autres états allemands de la confédération du Rhin et l'Autriche.

1re guerre sur le territoire français sous le règne de Napoléon
Après l'échec de la campagne de Russie (1812) et de la campagne d'Allemagne (1813), Napoléon est de retour en France fin 1813, poursuivi par la 6e coalition. Le territoire français est menacé sur toutes ses frontières.

Au sud : l'Espagne et l'Italie du Sud font sécession avec l'Empire. Les troupes britanniques, espagnoles, portugaises sous le commandement du duc de Wellington rentrent dans les Pyrénées atlantiques en février 1814. Murat, roi de Naples et beau-frère de Napoléon, soutient la coalition officiellement à partir de janvier 1814. Les troupes autrichiennes et les siennes empêchent Eugène, vice-roi d'Italie et fils adoptif de l'Empereur, de protéger la frontière franco-italienne.

À l'est et au nord : les troupes prussiennes, russes et autrichiennes des alliés franchissent le Rhin dès janvier 1814 et progressent vers Paris. C'est sur ce front que Napoléon Ier va se concentrer afin de sauver la capitale, de janvier à mars 1814. Malgré une série de victoires en Champagne (Champaubert, Montmirail, Vauchamps, …), l'Empereur ne parvient pas à rassembler assez d'hommes  et à retourner la situation : la Grande Armée est affaiblie par les années de campagne précédentes et les troupes alliées sont bien trop nombreuses.
 
La capitulation de Paris
Les alliés avancent vers Paris et s'établissent le 25 mars à Bondy, à une dizaine de kilomètres de Paris, dans la banlieue nord-est. Dès le 30 mars, la bataille de Paris commence : plusieurs portes au nord de la capitale sont attaquées en même temps. L'un des plus célèbres affrontements est celui de la barrière de Clichy. Les coalisés finissent par pénétrer dans la ville. Un armistice est signé dans la soirée et les troupes françaises évacuent la capitale.
Napoléon apprend la rumeur de cette capitulation et arrête sa progression vers Paris pour s'établir à Fontainebleau.
 
L'abdication
Depuis le château de Fontainebleau, l'empereur espère négocier son abdication en faveur de son fils, le roi de Rome, âgé de 4 ans. Mais le Sénat le déchoit de son trône le 1er avril, et les coalisés souhaitent le rétablissement de la dynastie des Bourbon. Le 6 avril, Napoléon est contraint de signer une abdication sans pouvoir imposer ses conditions. Il a constaté qu'il a perdu le soutien de ses maréchaux et d'une partie de la population, épuisée par des années de guerre. La dernière bataille de la campagne de France a lieu à Toulouse quatre jours plus tard : l'Empire est mis en échec définitivement. Les détails de cette abdication sont discutés. Napoléon songe à se suicider puis finit par signer le 13 avril les exigences de la coalition : ce sera le traité de Fontainebleau. Avant de se rendre sur le lieu d'exil choisi par la 6e coalition, l'Empereur passe en revue le 20 avril les derniers soldats qui sont restés à ses côtés : on appelle cet épisode de l'histoire napoléonienne les adieux de Fontainebleau. 
 
L'exil sur l'île d'Elbe
C'est sur la petite île méditerranéenne d'Elbe qu'est contraint de se rendre Napoléon. Il est accompagné de quelques proches et de quelques centaines de soldats qui lui restent fidèles. Il est escorté par les alliés victorieux jusqu'à Saint-Raphael le 28 avril, puis il embarque sur un bateau britannique, l'Undaunted, qui le mène jusqu'à la ville du nord de l'île d'Elbe, Portoferraio, le 3 mai
 
Napoléon restera dix mois en exil : le 1er mars 1815 il débarque à Golfe Juan, avec une poignée de soldats, pour tenter de rejoindre Paris et reprendre son trône. Il y parviendra, pendant Cent-Jours ! Une histoire à suivre...

Marie de Bruchard, 19 mars 2014

   

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