<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Du néoclassicisme à l’éclectisme, des prémices du romantisme à celles de l’impressionnisme, l’art des périodes napoléoniennes est multiple et continue de fasciner chercheurs, collectionneurs et simples amateurs. Amoureux des beaux-arts ou fin connaisseur des arts décoratifs, venez ici partager votre passion.

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The Field of Waterloo - Le champ de Waterloo



   

Auteur
TURNER Joseph Mallord William (1775-1851)

Date
1818

Dimensions
H. 28,8 cm; L. 40,5 cm

Lieu de conservation
Cambridge, The Fitzwilliam Museum

Crédits
© Fitzwilliam Museum, Cambridge

Commentaires

La dernière bataille de Napoléon devient matière de légende avant même d'appartenir à l'histoire. Pour les Britanniques, le souvenir commence, le soir du 15 juin 1815 (notice 238 du catalogue de l'exposition Napoléon et l'Europe), alors que Lady Richmond donne à Bruxelles un bal assombri par la nouvelle de l'arrivée des Français. La proximité du champ de bataille avec la ville amplifie l'effet produit sur les civils. L'enchaînement rapide des événements est facteur de traumatisme ; Katherine Arden, fille de Lord Alvanley, se souvient : « L'aurore poignit de la plus charmante façon et, avant 7 heures, nous avions vu 12 000 Brunswickers (cat. 148), Écossais et Anglais passer sous nos fenetres, dont un tiers furent, avant la nuit, mêlés à la poussiere ». L'afflux immédiat des prisonniers et des blessés fait également grande impression, comme le rapporte Fanny Burney, le 24 juin : « Les malheureux prisonniers sont désormais amenés à tout instant, dans un état si affreux que les rues semblent pestilentielles quand les charrettes passent avec eux [...] Les morts ! – les empilements de morts, sont en cours d'ensevelissement par 3 000 paysans. ». Ces expériences ne transparaissent cependant que peu dans les récits et l'iconographie qui suivent la bataille, où le ton adopté est classiquement héroïque. Quelques auteurs font néanmoins exception. La visite, en 1816, du champ de bataille inspire ainsi à Lord Byron, dans le chant III de Childe Harold's Pilgrimage la vision d'un carnage sublime et déshumanisé, qui n'est pas sans rappeler les procédés employés par Goya (cat. 152) :

Last noon beheld them full of lusty life,
Last eve in Beauty's circle proudly gay,
The midnight brought the signal-sound of strife;
The morn the marshalling of arms – the day,
Battle's magnificent stern array!
The thunder-clouds closed o'er it, which when rent
The earth is covered thick with other clay,
Which her own clay shall cover, heaped and pent,
Rider and horse – friend or foe – in one red burial blent.
 
L'ultime après-midi les vit emplis de vigueur et de vie,
L'ultime soir, dans le cercle de la Beauté, fièrement enjoués,
A la mi-nuit vint le signal du combat ;
Au matin, le rassemblement des corps – au jour,
La grave magnificence de l'ordre de bataille !
Des nuages de tonnerre se refermèrent ici et, lorsqu'ils rompent,
La terre est enfouie sous une épaisse et autre argile,
Que la sienne enfouira, entassés, refoulés,
Cavalier et cheval – ami ou ennemi – en un unique, rouge et funèbre amalgame.
 
Charles Campbell, dans la 2e édition de son guide de voyage cite ces vers à propos des lieux de la bataille, étape indispensable, désormais, des voyages sur le continent. En 1817, lorsqu'il se rend sur place pour répondre au concours, lancé l'année précédente, par la British Institution, pour le meilleur tableau représentant la bataille, J. M. W. Turner s'est muni de l'ouvrage... S'il n'y passe qu'une journée, il exécute néanmoins des dizaines de croquis, dans un carnet aujourd'hui conservé à la Tate Gallery, et recueille les récits de témoins (cat 239). Le tableau final est exposé en 1818 à la Royal Academy, accompagné des fameux vers de Childe Harold. Construit autour de la ferme d'Hougoumont, sur laquelle s'appuie l'aile droite de l'armée britannique, il montre les femmes des combattants cherchant, à la lumiere de leur lampe et de fusées qui illuminent la nuit, le cadavre de leur mari sur le champ de bataille. La présente aquarelle appartient aux études réalisées pour le tableau. Centrée, elle aussi, sur Hougoumont, elle montre, au premier plan, un pêle-mêle de débris de canons, à l'affût significativement marqué du monogramme de George III, et de cadavres déformés. Inextricablement unis dans la mort aux emblématiques Scots Guards, fantassins et cuirassiers français étendus à terre, donnent corps aux récits des survivants et à la vision de Lord Byron (cat. 238).

Notice et traduction Emilie Robbe, commissaire de l'exposition Napoléon et l'Europe du Musée de l'Armée, où cette oeuvre a été présentée jusqu'au 14 juillet 2013.

Retrouvez un autre témoignage de la bataille de Waterloo, la cuirasse du carabinier Fauveau, transpercée de part en part par un boulet.

Retrouvez aussi l'interview qu'Emilie Robbe nous a accordée à l'occasion de cette exposition.

juillet 2013


   
   

 

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