<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Du néoclassicisme à l’éclectisme, des prémices du romantisme à celles de l’impressionnisme, l’art des périodes napoléoniennes est multiple et continue de fasciner chercheurs, collectionneurs et simples amateurs. Amoureux des beaux-arts ou fin connaisseur des arts décoratifs, venez ici partager votre passion.

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Napoléon visitant le champ de bataille d'Eylau, 9 février 1807

© CGFA <br>

© CGFA

   

Auteur
GROS Antoine-Jean (Baron) (1771-1835)

Date
1808

Technique
huile sur toile

Dimensions
H. 5,21 m; L. 7,84 m

Lieu de conservation
Paris, musée du Louvre

Commentaires

La bataille d'Eylau, tragique, sanglante, dont les pertes humaines furent considérables - près de 50 000 morts et blessés - fut, comme Marengo en son temps, le sujet d'une importante campagne de propagande. Tout en affirmant la victoire des troupes napoléoniennes, il s'agissait d'orienter la perception que les Français pouvaient avoir de l'événement et de contrôler par là même l'opinion publique. Bulletins de la Grande Armée, articles et récits publiés dans la presse, communiqués officiels, rédaction d'une Relation de la bataille, conjointement édités à Paris et à Berlin, furent relayés par un concours public pour la commande d'un tableau mettant en scène Napoléon sur le champ de bataille le lendemain des combats, dirigeant les soins et les secours apportés aux blessés. L'annonce contenant le programme iconographique en fut rédigée par Vivant Denon un mois après la bataille, le 7 mars 1807, et publiée dans les journaux le 2 avril suivant. Les esquisses des 26 artistes qui concoururent furent exposées dans la galerie d'Apollon au musée Napoléon. Gros fut choisi le 13 juin et son tableau, présenté au salon de 1808, lui valut la Légion d'honneur.  

Vivant Denon avait donné une description précise de la topographie, des personnages en présence et de leurs costumes, description parfaitement respectée par Gros. Sous un jour lugubre obscurci par la noire fumée des incendies, entouré de Berthier, Bessières et Caulaincourt à gauche, de Soult, Davout et Murat à droite, Napoléon traverse un champ de bataille enneigé où gisent cadavres et blessés. Leur entassement au premier plan est particulièrement saisissant, vision faite pour "inspirer aux princes l'amour de la paix et l'horreur de la guerre" ainsi que le décrivait le 64e bulletin de la Grande Armée.
Le portrait équestre du chef de guerre, classique représentation depuis l'Antiquité, se double d'une interprétation christique. Visage blême, regard levé au ciel témoignant d´une profonde affliction, main tendue, Napoléon semble accomplir un geste de bénédiction. Face à la sombre silhouette de Murat, inquiétante personnification du guerrier sur son cheval cabré, l'Empereur incarne une figure toute d'humanité et de compassion dont la bienveillance s'adresse particulièrement aux soldats ennemis. "Le regard consolateur du grand homme semblait adoucir les horreurs de la mort et répandre un jour plus doux sur cette scène de carnage" avait précisé Vivant Denon. L'artiste a parfaitement répondu au programme iconographique en détaillant les réactions des Russes qui, devant tant de magnanimité, expriment admiration, dévouement, presque dévotion ! Mais au-delà de la propagande, c'est ici l'envers de la victoire qui, pour la première fois, est dépeint dans sa cruelle réalité.
 
Karine Huguenaud
 
 
L'atelier d'Histoire de l'art de la Fondation Napoléon, "Autour de quelques chefs-d'oeuvre de la peinture napoléonienne", a proposé une analyse de ce tableau par Irène Perret. Ecoutez cette conférence en cliquant ici.

   
   

 

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