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 Dessin allégorique à la gloire de S.M. l'Empereur





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Auteur : GOUBAUD Innocent-Louis (1783-1847)

Date : 1811

Technique : Crayon noir

Dimensions : H. 71,1 cm; L. 57,5 cm

Lieu de conservation : Paris, Fondation Napoléon, acquisition 1992

Crédits : © Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier

Commentaires : Goubaud se fit connaître au Salon de 1810 par un tableau, La députation du Sénat Romain offrant ses hommages à S.M. l'Empereur et Roi, composition acquise par le gouvernement et aujourd'hui conservée au musée du château de Versailles. Il présenta quatre dessins au Salon de 1812 : une scène du baptême et un portrait du Roi de Rome (Goubaud avait reçu le titre de maître de dessin du Roi de Rome), ainsi que deux portraits du couple impérial, dont celui-ci.
Une lettre datée des Tuileries le 28 février 1813, adressée par le préfet du Palais, le baron de Bausset, à Champagny, duc de Cadore, intendant général de la Couronne, fait état de la présentation successive de ces portraits à l'Empereur, en juin 1811 pour le premier, le 26 mars 1812 pour le second. Napoléon aurait montré une telle satisfaction devant le portrait allégorique le représentant en grand costume de sacre, assis sur un trône posé sur le globe terrestre, que Goubaud reçut une gratification de 6 000 francs et la commande du portrait de Marie-Louise pour faire pendant. Au duc de Cadore qui s'enquérait auprès de lui de la somme à verser pour ce second portrait, Vivant Denon répondit que le prix du premier dessin de Goubaud n'étant « qu'une munificence de Sa Majesté ou une bienveillance pour les protecteurs de cet artiste », il ne pouvait servir de base pour l'estimation du second. En effet, Goubaud n'obtint que la moitié, 3 000 francs, somme considérable cependant, pour le portrait de Marie-Louise (conservé au Napoleon Museum d'Arenenberg). Si le portrait de l'Empereur ne se distingue pas par ses qualités artistiques - attitude figée, dessin appliqué -, il ne rencontra pas moins l'approbation de Napoléon. Cette satisfaction tint sans doute moins à la vision quasi-divine de l'Empereur en majesté et à l'évocation, sur la partie droite du trône, de son oeuvre de législateur, le code Napoléon, qu'à la technique employée, le crayon Conté, une invention de l'ingénieur Nicolas-Jacques Conté (1755-1805), un des savants de l'Expédition d'Egypte. Conté avait en effet suppléé à la pénurie de plombagine anglaise en 1795 en la remplaçant par un mélange d'argile et de graphite des mines des Alpes. Après la chute du régime, Goubaud resta fidèle à l'Empereur. Exilé en Angleterre, il fut fiché par la police politique de Louis XVIII comme bonapartiste avéré, et joua même un petit rôle d'agent en 1831 et 1832, dépêché par la reine Hortense et Louis Napoléon auprès de Joseph aux Etats-Unis puis, par ce dernier, auprès du duc de Reichstadt à Vienne. K.H.
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