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De la Deuxième République à la chute du Second Empire, l'Histoire racontée par la peinture.
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 1 - La Deuxième République
 2 - Napoléon III Empereur des Français




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 FLANDRIN Jean-Hippolyte (1809-1864)
Portrait en pied de Napoléon III, en uniforme de général de brigade, dans son Grand Cabinet aux Tuileries Versailles, musée national du château
Le prince-président est devenu empereur des Français sous le nom de Napoléon III. Dès 1853, il confie l'exécution de son portrait à Hippolyte Flandrin, un élève d'Ingres spécialisé dans la peinture religieuse. Flandrin brosse un admirable portrait psychologique qui, en dépit de son caractère officiel, révèle de façon pénétrante la personnalité complexe de l'homme. L'artiste a même su saisir le regard trouble de l'empereur. « C'est assurément le premier portrait « vrai » que nous ayons de S.M. » déclare T. Gautier. Cette vérité déplut à Napoléon III au point que la commande fut annulée. L'empereur préférait le portrait en pied de Winterhalter, tableau aujourd'hui disparu, à l'allure plus noble et à l'idéalisation flatteuse. Napoléon III finit par accepter la toile de Flandrin. Présentée à l'Exposition universelle de Londres en 1862 puis au Salon de 1863, elle rencontra un grand succès auprès du public.

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 3 - L'impératrice Eugénie




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 WINTERHALTER Franz-Xaver (1805-1873)
L'impératrice Eugénie entourée de ses dames d'honneur Compiègne, musée du Second Empire Portraitiste attitré des cours européennes, Winterhalter devint le peintre favori du couple impérial. Dans cette célèbre composition, il s'inspire des scènes bucoliques du XVIIIe siècle et installe la souveraine et ses suivantes dans une clairière ombragée. En dépit du caractère champêtre de la scène, ces dames sont revêtues de leurs plus belles toilettes de bal, donnant ainsi prétexte à un traitement virtuose des étoffes. Soie, tulle, mousseline, taffetas, dentelles et rubans semblent les véritables sujets de cette peinture à la gloire des crinolines. Mais si les portraits manquent de profondeur psychologique, l'oeuvre donne une idée précise du faste affiché à la cour. C'est ce même faste qui préside à l'organisation à Paris de l'Exposition universelle de 1855, première grande manifestation officielle du régime impérial et étape décisive vers sa reconnaissance internationale. Exposé dans le salon d'honneur, le tableau de Winterhalter y est, censure oblige, discrètement vilipendé par la critique, mais son succès populaire est énorme et jamais démenti depuis lors.

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 4 - La guerre de Crimée


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 PILS Isidore (1813-1875)
Débarquement des troupes alliées en Crimée en 1854 Ajaccio, musée Fesch Encouragé par le gouvernement, les peintres d'histoire du Second Empire se font les chroniqueurs des campagnes militaires. La Crimée, l'Italie, l'Algérie, le Mexique constituent pour eux des terrains d'études privilégiés et leurs oeuvres, que le public vient contempler au Salon, ont une forte dimension documentaire. Au Salon de 1857, l'une des salles d'honneur est entièrement occupée par les épisodes de la guerre de Crimée. Toutes ces toiles mettent moins en scène les actes d'héroïsme isolés que la complexité de la logistique et des nouvelles techniques de combat. Ici, Pils évoque la vie quotidienne des armées. Tandis que la flotte débarque au loin, les chefs militaires parmi lesquels figure le prince Napoléon, le fils de Jérôme, sont traités par le peintre sur un rang d'égalité avec les simples soldats.

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 5 - L'Empereur à Solférino
 6 - Napoléon III et Haussmann




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 YVON Henry Frédéric Adolphe (1817-1893)
Napoléon III remet au baron Haussmann le décret d'annexion à Paris des communes suburbaines Paris, musée Carnavalet A Paris, la politique de Napoléon III en matière d'aménagement urbain fut ambitieuse. Il réussit à la mettre en oeuvre grâce à un auxiliaire de talent, le baron Haussmann, préfet de la Seine. Le 1er janvier 1860, 11 communes sont annexées : Auteuil, Passy, Les Batignolles, Montmartre, La chapelle, La Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Vaugirard et Grenelle. La capitale française passe de 12 à 20 arrondissements et de 3 288 à 7 088 hectares. Commandé par le Conseil municipal pour commémorer l'événement, ce tableau n'eut pas l'heur de plaire et fut refusé pour son manque de grandeur. Yvon exécuta une seconde toile mettant en scène le couple impérial, le préfet et le Conseil municipal en tenue de cour. L'oeuvre ayant brûlé dans l'incendie de Tuileries en 1871, c'est la version refusée qui témoigne aujourd'hui de l'événement.

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 7 - Les grands travaux
 8 - La "Fête impériale"




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 CARPEAUX Jean-Baptiste (1827-1875)
Bal aux Tuileries Compiègne, musée du Second Empire
Les Expositions universelles de 1855 et de 1867 ont fortement contribué à répandre une image prestigieuse de la France impériale. En 1867, tous les souverains d'Europe sont rassemblés à Paris, Alexandre II, François-Joseph, Louis II de Bavière, Guillaume Ier de Prusse… Carpeaux réalise alors une série de peintures évoquant les fêtes et les bals donnés à cette occasion. Familier des souverains dont il exécute d'admirables bustes, Carpeaux n'est pas juste un grand sculpteur ; il est aussi un peintre d'une étonnante liberté. Brossant de rapides esquisses inspirées par des sujets contemporains, Carpeaux révèle son goût de la matière par le travail d'une pâte épaisse et expressive. Ici, l'impératrice Eugénie fait son entrée au bras du tsar. C'est un éblouissement visuel, une sorte d'instantané où la vibration de la lumière et les violentes notes de couleur traduisent à merveille l'atmosphère de fête. L'aspect inachevé, le refus d'une description trop précise des personnages et des lieux renforcent cette impression de vision onirique et fugitive.

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 9 - L'exécution de Maximilien




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 MANET Edouard (1832 - 1883)
L'exécution de Maximilien Manheim, Stadtisch Kunsthalle
Tandis que l'Exposition universelle de 1867 triomphe à Paris, une nouvelle terrible vient assombrir la fête. C'est le 1er juillet, le jour même de la distribution des récompenses par le couple impérial, que parvient l'annonce de l'exécution de Maximilien, empereur fantoche mis sur le trône du Mexique par Napoléon III. Comme beaucoup de ses contemporains, Manet est très impressionné par l'événement. S'essayant au genre historique, il opte pour ce sujet d'actualité peu traité par les artistes en raison de la censure. S'inspirant directement du Tres de Mayo de Goya, condamnation sans appel d'une autre guerre napoléonienne, Manet choisit le moment où la tension dramatique est à son paroxysme : la mise à mort de Maximilien et des deux généraux Mejia et Miramon. Très attaché à ce tableau, Manet ne parviendra pas à l'exposer en public sous le Second Empire. La censure l'interdira.

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 10 - L'inauguration du canal de Suez




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 RIOU Edouard (1833-1900)
L'inauguration du canal de Suez Association du Souvenir de Ferdinand de Lesseps et du canal de Suez
En novembre 1869, l'impératrice Eugénie se rend en Egypte pour présider les cérémonies d'inauguration du canal de Suez. Cousine de Ferdinand de Lesseps, Eugénie l'a soutenu durant toute la réalisation de ce gigantesque projet, défendant sa cause auprès de Napoléon III, et s'imposant tout naturellement comme la marraine du canal lors de l'inauguration. Lesseps l'avait surnommée " l'ange-gardien du canal ». En peinture, l'orient est à la mode et, pour une fois, l'actualité permet d'évoquer sa magie. C'est à Port-Saïd que se déroule l'oecuménique cérémonie religieuse de la bénédiction. Trois tribunes sont dressées entre ciel, terre et mer. Le lendemain, le navire de l'impératrice prend la tête de la flottille pour la traversée du canal. A travers cette prestigieuse manifestation, la France impériale brille de ses derniers feux.

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 11 - La chute du Second Empire
 12 - L'exil de la famille impériale




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 FLAMANT E.
La famille impériale à Chislehurst Fondation Napoléon, collection Martial Lapeyre
La photographie prend un tel essor sous le Second Empire que beaucoup y voient une rivale de la peinture. Certains genres comme le portrait sont en effet sérieusement menacés par cette nouvelle technique. Le couple impérial continue à faire exécuter ses représentations officielles par des peintres mais, à partir de 1856 date de la naissance du prince impérial, il pose à maintes reprises pour les photographes. Reproduits et diffusés en grand nombre, ces clichés sur lesquels les souverains sont le plus souvent figurés dans leur intimité, jouent un rôle efficace dans la propagande officielle. Après la chute de l'Empire, les membres de la famille impériale exilée en Angleterre continuent à « se faire tirer le portrait ». Un célèbre photomontage réalisé à partir de trois photographies individuelles les montre réunis dans un intérieur garnis de souvenirs napoléoniens.
Sélection et textes : Karine Huguenaud Pour plus d'information, retrouvez ces tableaux dans la partie Iconographie de la Galerie.
Crédits photographiques : RMN, CGFA, The Artchive, Fondation Napoléon.

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