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Reconnue d'utilité publique en 1987, la Fondation Napoléon encourage la recherche
en Histoire des périodes napoléoniennes, du Consulat, du Premier et du Second Empire,
favorise l'accès aux connaissances, et participe à la sauvegarde du patrimoine napoléonien.


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BOURSES D'ÉTUDES 2011 DE LA FONDATION NAPOLÉON

BOURSES D'ÉTUDES PREMIER EMPIRE 2011

  • Espace créé, espace vécu. Le rôle de Milan capitale dans les stratégies de représentation du pouvoir napoléonien (1796-1814), par Romain Buclon.

    Thèse d’histoire sous la direction de Gilles Bertrand et Luigi Mascilli Migliorini, à l’université Grenoble 2 et à l’université de Naples


    Cette thèse s'inscrit à la jonction de trois perspectives historiographiques en plein renouvellement : l’histoire de Milan et de la Lombardie, l’histoire des villes, de leur territoire et de leurs fonctions, ainsi que l’histoire du pouvoir et de sa représentation. Est adoptée dans ces travaux une démarche comparatiste entre plusieurs villes d’importance de France et d’Italie : Paris, Rome, Naples et Lyon. Elles sont autant de faire-valoir de Milan, afin de mieux en expliquer le rôle particulier. En effet, le lieu principal de résidence de Napoléon est Paris, alors que celui-ci cumule à la fois les titres de Premier Consul de la République française et celui de Président de la République italienne, puis d’Empereur des Français et de Roi d’Italie. Cette thèse a pour but de mettre en valeur le rôle particulier de Milan dans les stratégies de représentation du pouvoir napoléonien, les modalités de cette mise en scène politique ainsi que la perception qu’en ont les contemporains. Romain Buclon a choisi de s’appuyer sur des sources de nature très variées pour acquérir une vision globale de cet espace créé et de la manière dont il est perçu. Outre les sources « classiques » constituées par les journaux, correspondances, Mémoires, journaux intimes, il s’est intéressé aux aspects juridiques (ordres et textes législatifs), à la perception des élites intellectuelles grâce à la littérature et aux dédicaces, aux arts scéniques (opéras, pièces de théâtre), à la mise en scène officielle par les monnaies et médailles, à l’aspect architectural (les bâtiments, leurs plans, les ordonnances impériales), ainsi qu’à la politique picturale et sculpturale.


  • L’adhésion au régime napoléonien dans les départements nord-orientaux du Premier Empire (1810-1813) –étude de l’Esprit public dans la Moselle, les Forêts, l’Ourthe et la Roër, par Pierre Horn.

    Thèse d’histoire sous la direction du professeur Jacques-Olivier Boudon, Paris IV-Sorbonne et du professeur Gabriele B. Clemens, Universität des Saarlandes


    A la fin de l’année 1813, le Grand Empire qui s’étend de Lübeck à Rome et de Brest à Mayence est sur le point de s’effondrer. Les armées de toute l’Europe vont bientôt déferler sur la France et la propagande prussienne, déchaînée, s’en donnera à cœur joie sur les ruines des départements rhénans. L’histoire est bien rodée, tout le monde la connaît. Il est pourtant des histoires moins bien connues, des zones d’ombre et des lacunes qui embarrassent l’historien. Nul n’a jusqu’à aujourd’hui pu déterminer avec exactitude les sentiments des populations des départements annexés à l’égard du régime napoléonien. Certains historiens ont cru déceler un attachement pur et sincère, d’autres une opposition acerbe et catégorique. Si ces interprétations sont à ce point opposées, c’est que dans l’Entre-deux-guerres les historiographies nationales française et allemande se sont réappropriées la question à des fins politiques ou idéologiques. En restreignant l’opinion à une expression exclusive d’adhésion ou de rejet, nombreux sont ceux à avoir caricaturé une situation qui nécessitait pourtant d’être traitée tout en nuances. Bénéficiant du protectionnisme économique mais souffrant de la conscription, les populations ont bel et bien et gagné et perdu sous le régime de Napoléon. C’est ce que nous tâcherons de démontrer entre 1810 et 1813 dans l’Ourthe, les Forêts, la Roër et la Moselle, départements pour partie disparus, aujourd’hui situés en France, en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg.


  • L’Empire et la construction de l’Etat : la Corse dans les années 1790, par Joshua Meeks

    Thèse d’histoire sous la direction du Dr Rafe Blaufarb, Florida State University.


    Si l’île de la Corse n'a pas été totalement oubliée dans l'historiographie des époques révolutionnaires et napoléoniennes, elle a cependant trop souvent été abordée de manière restrictive à travers la vie de Napoléon. Cette thèse examine la Corse moins par le biais de son fils célèbre, que par le rôle plus large qu’elle a joué dans les évènements français et internationaux pendant ces années mouvementées. Pendant les années 1790, la Corse a en effet subi de nombreux retournements politiques - française jusqu'en 1793, anglo-corse pendant les trois années suivantes (évitant ainsi le gros de la Terreur et le régime conventionnel), avant son retour à la France sous le Directoire en 1796, et enfin une période relativement longue sous le règne de Napoléon. Cette thèse analyse la nature de ces régimes successifs et l'impact, parfois brutal, de ces transitions. Son principal objectif sera de replacer les efforts napoléoniens pour construire un état stable dans le contexte historique et ceci avec le cas particulièrement compliqué de la Corse. En se basant sur un grand éventail de documents provenant des archives de Paris, d'Ajaccio, et de Londres (sur l'organisation législative, administrative, judiciaire, fiscale, et militaire de l'île), cette thèse mettra en lumière les contrastes et les parallèles entre ces différents régimes et démontrera comment leurs réformes ont fonctionné (ou non) dans l'espace périphérique que constitue la Corse. En comparant les reformes précédentes a celles de l'administration napoléonienne en Corse des réponses importantes émergeront pour la question: comment Napoléon a-t-il pu réussir là où les régimes révolutionnaires ont échoué ?


  • Armand-Louis de Caulaincourt, duc de Vicence (1773-1827) : étude d’une carrière diplomatique sous le Premier Empire, de la cour de Napoléon au ministère des Relations extérieures, par Olivier Varlan.

    Thèse d’histoire sous la direction du professeur Jacques-Olivier Boudon, Paris IV-Sorbonne.


    Issu d’une famille noble de Picardie, officier de cavalerie dans les armées révolutionnaires, Armand de Caulaincourt gravit rapidement tous les échelons de la cour consulaire puis impériale. Aide de camp du Premier Consul en 1802, il devient, deux ans plus tard, Grand-écuyer de l’Empire. Mais, malgré l’importance de ces fonctions curiales, Napoléon le destine à une carrière de diplomate. Après lui avoir confié différentes missions, il le nomme ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg, à la fin de l’année 1807. Fervent partisan de l’alliance de Tilsit, Caulaincourt, devenu duc de Vicence en 1808, participe à toutes les grandes négociations franco-russes mais doit assister à la lente dégradation des relations entre les deux empires. Lorsqu’il revient à Paris en juin 1811, son bilan politique est maigre. Sa défense opiniâtre du tsar Alexandre, mais surtout son opposition à la campagne militaire qui se prépare, irritent Napoléon. Elles lui permettent toutefois d’acquérir une nouvelle stature après le désastre de Russie : Caulaincourt devient pour ses contemporains l’ « homme de la paix ». Une image que l’Empereur entend utiliser lorsqu’il charge son Grand-écuyer de conduire les négociations au congrès de Prague, en 1813, puis à celui de Châtillon, en 1814. Le duc de Vicence, devenu ministre des Relations extérieures, ne parvient pas à faire accepter la paix ; il lui faut finalement négocier l’abdication de son maître. Son bref passage au ministère durant les Cent-Jours signe la fin de sa carrière politique. Figure majeure du Premier Empire, célèbre mémorialiste de la campagne de 1812, Caulaincourt n’a pourtant donné lieu qu’à des études partielles. Cette recherche, qui s’appuie sur les archives personnelles du duc de Vicence, se propose d’étudier les différents aspects de sa carrière, en insistant sur son action et sa pensée dans le domaine de la diplomatie. Il s’agit, à travers l’exemple de ce parcours, de trouver de nouvelles perspectives à l’étude du personnel diplomatique napoléonien et, plus généralement, de reconsidérer et de réévaluer le rôle des collaborateurs de Napoléon.


BOURSES D'ÉTUDES SECOND EMPIRE 2011

  • Satire des règles du Savoir-vivre sous le Second Empire, approche sociopoétique de la comédie chez Emile Augier, Alexandre Dumas fils et Victorien Sardou, par Hanan Hashem.

    Thèse d’histoire des arts du spectacle sous la direction de madame Geneviève Jolly, UFR des Arts, Université de Strasbourg.


    Etudier la satire des règles du savoir-vivre dans les comédies d'Emile Augier, d'Alexandre Dumas fils et de Victorien Sardou signifie que, d'une part, le champ des études sociopoétiques (lancées par Alain Montandon) sera exploré dans le domaine théâtral et de l'autre, que cette thèse vise l'étude d'auteurs encore trop méconnus aujourd'hui mais qui ont pourtant marqué l'histoire du théâtre français. Lorsque l’on lit les comédies imaginées et écrites par ces trois dramaturges et qu’on les imagine jouées sur scène, nous voyons bien qu'il y a implicitement une écriture du savoir-vivre ou une « sociopoétique » qui régit le texte dramatique et le jeu scénique. Mais qu'est-ce que la socio-poétique au théâtre ? Quels sont les éléments dramatiques et théâtraux qui nous permettent de parler de « sociopoétique » ? Comment cette « sociopoétique » peut-elle engendrer la dimension ludique propre à la comédie de mœurs et qui justement conduit à dire qu'il s'agit d'un théâtre de divertissement ? L'écriture du savoir-vivre peut-elle être le canevas de la comédie ? Et du côté de la scène, comment la « sociopoétique », peut-elle orchestrer le jeu des acteurs ? De quelle façon rythme-t-elle les scènes ? Telles sont les multiples questions que la thèse traitera en interrogeant le texte dramatique et en examinant dans leur moindre détail les livrets de mise en scène d'époque.


BOURSES D'ÉTUDES PREMIER ET SECOND EMPIRE 2011

  • Les Didot amateurs de livres illustrés à Paris (1754-1855), par Mélanie Salitot.

    Thèse d’histoire de l’art sous la direction du professeur Marianne Grivel, Paris IV-Sorbonne.


    La famille Didot a laissé son empreinte dans le milieu de l’édition de luxe parisienne, et leur patronyme est associé, encore aujourd’hui, à des ouvrages parfaitement exécutés, tant pour la correction de leur texte que pour leur mise en forme. Bénéficiant des faveurs impériales, les Didot sont consacrés premiers imprimeurs de l’Europe à l’aube du XIXe siècle, grâce à leurs monumentales publications illustrées, dites du Louvre. Imprimeurs érudits, amateurs d’art et bibliophiles, ils sont tour à tour nommés imprimeurs du Sénat, de la cour impériale ou encore de l’Institut de France. Ils participent ainsi aux plus grandes entreprises éditoriales de l’Empire, des campagnes d’Egypte du général Bonaparte au mariage de l’Empereur, et plus largement du premier XIXe siècle. Ils s’assurent également la collaboration des artistes de leur temps, tels que Jacques Louis David et ses élèves, qui ont largement contribué à leur renommée. Cette thèse propose donc d’apporter une contribution à la connaissance de cette grande dynastie en la replaçant dans le contexte du commerce de l’imprimé de luxe parisien et européen des XVIIIe et XIXe siècle. Les recherches entreprises s’appuient sur des sources pour la plupart inédites (actes notariés, archives familiales et professionnelles, correspondance) ainsi qu’une analyse de la presse et des écrits de l’époque. Elles s’articulent par ailleurs autour de la constitution d’un catalogue de la production illustrée des Didot pendant près d’un siècle, mettant en lumière l’évolution de leurs choix éditoriaux, et témoignant des enjeux artistiques, politiques, et économiques autour du milieu de l’édition des XVIIIe et XIXe siècles.

  • François Rude (1784-1855), sculpteur romantique, par Wassili Joseph .

    Thèse d’histoire de l’art sous la direction du professeur Barthélémy Jobert, Paris IV-Sorbonne.


    François Rude (1784-1855), artiste fondateur du romantisme en sculpture, est sans doute l’un des sculpteurs les plus connus en France grâce à son haut relief du Départ des volontaires qui orne l’un des piédroits de l’arc de triomphe de l’étoile et qui, surnommé dès l’origine La Marseillaise, fait parti des symboles de la République. Formé à l’école Impériale des Beaux-Arts, Rude est contraint de s’exiler après 1815 à Bruxelles où il se met au service du roi Guillaume Ier des Pays Bas. Ses premiers travaux, au palais royal ou au pavillon de Tervueren, témoignent de sa parfaite maîtrise des formules néoclassiques apprises à l’école parisienne. Rentré en France en 1827, il s’impose dès le Salon de 1833 comme l’un des sculpteurs majeurs de sa génération avec le Jeune pêcheur napolitain qui initie le genre pittoresque en sculpture. Après l’inauguration en 1836 du Départ des volontaires, Rude devient le sculpteur des gloires républicaines et impériales. Sa série des grands hommes, dominée par le Napoléon s’éveillant à l’Immortalité, compte également le Maréchal Ney, le général Bertrand, le savant Monge ou encore le polémiste Cavaignac. Moins connue, son œuvre religieuse révèle l’hétéroclisme de ses sources, puisées à la Renaissance italienne pour le Baptême de l’église de la Madeleine ou au réalisme des maîtres bourguignons pour le Calvaire de Saint Vincent de Paul. Fidèle à ses maîtres, il revient à la fin de sa carrière aux sujets mythologiques auxquels il confère un naturalisme nouveau. Rude, qui reçoit une médaille d’honneur lors de l’Exposition universelle de 1855, est considéré par Apollinaire comme le père de la sculpture moderne. Il a été le maître de toute la génération des sculpteurs du Second Empire, à commencer par Jean Baptiste Carpeaux, et a largement inspiré les œuvres de Dalou, Rodin et Bourdelle. L’œuvre de Rude n’avait pas bénéficié d’une étude d’ensemble depuis le début du XXe siècle. Cette thèse vient combler ce manque à travers un essai biographique et un catalogue raisonné.
 
 
 

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