<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 18, décembre 2013
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Reconnue d'utilité publique en 1987, la Fondation Napoléon encourage la recherche
en Histoire des périodes napoléoniennes, du Consulat, du Premier et du Second Empire,
favorise l'accès aux connaissances, et participe à la sauvegarde du patrimoine napoléonien.


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BOURSES D'ÉTUDES 2012 DE LA FONDATION NAPOLÉON

BOURSES D'ÉTUDES PREMIER EMPIRE 2012

  • L'Armée d'Italie : entre alliée et occupante sur le sol italien (1801-1814), par Giorgio Gremese

    Thèse sous la direction du professeur Jacques-Olivier Boudon, Université Paris IV Sorbonne

    Le rapport entre l'armée française et l'Italie de 1801 à 1814 permet l'étude des différents niveaux de l'action politique française sur ses interlocuteurs politiques, militaires et civils en Italie. Jusqu'à présent, aucune recherche n'a été menée sur l'Armée d'Italie que ce soit sur ses différentes composantes ou sur son rapport direct avec la société italienne. L'Italie constitue pourtant un cas particulièrement intéressant par son rapport strict et unique avec la France pendant toute la période napoléonienne. La recherche dans ce domaine ne s'appuie pas seulement sur les archives du Service Historique de la Défense, mais aussi sur des documents témoignant des relations diplomatiques entre les deux pays ainsi que sur les rapports et documents du ministère de la Guerre italien. Il faut ajouter à ce travail l'étude des archives locales en Italie. Ces documents attestent de la présence des troupes françaises et décrivent leur vie de garnison, le fonctionnement des réseaux instaurés avec l'économie et les manufactures locales, sans oublier le rapport avec la société locale du point de vue politique et démographique. L'exploitation des différentes sources archivistiques permettrait une recherche approfondie sur le rapport entre la France et l'Italie qui risquerait sans cela de rester incomplète. Ce travail apporterait en effet de précieuses informations non seulement pour l'histoire militaire de l'Armée d'Italie mais aussi pour l'étude sociale et politique de l'action menée dans un pays à la fois allié et occupé, tout ceci dans le cadre du plus grand dessein conçu par Napoléon pour l'Europe.


  • La pensée juridique de Pierre-Louis Roederer (1754-1835), par Johan Menichetti

    Thèse sous la direction du professeur Patrice Rolland, Université Paris Est Créteil

    Pierre-Louis Roederer est une personnalité citée par les historiens, mais reste paradoxalement peu connue. Sa pensée est en effet trop souvent survolée, tantôt pour décrire un soutien inconditionnel du bonapartisme, tantôt pour saisir, en quelques phrases, les positions modérées et conservatrices qui naissent et se développent après 1793. Pourtant, certaines parties de son ouvre, essentielles pour connaître l'esprit des institutions consulaires, seraient à redécouvrir. Classé parmi les « métaphysiciens » par le Premier Consul, Roederer est pourtant un véritable homme d'action : celle-ci s'inscrit dans un vaste système de pensée, qui aspire à la meilleure organisation sociale.
    L'objet de cette étude est d'analyser l'influence des sciences sociales du XVIIIe siècle sur sa pensée juridique. L'influence de la science économique se manifeste dans l'élaboration d'une théorie de l'association politique étroitement liée à la réalité des rapports de production des richesses. Le système juridique de Roederer aura pour objet de porter la figure du propriétaire au sommet de l'édifice social.
    L'importance que le juriste Roederer accorde à l'Idéologie et à « l'art social » révèle la place que la science juridique doit occuper : celle d'un instrument au service des « institutions morales ». Le droit fait d'abord partie d'un corps de sciences qui a pour vocation de « diriger les hommes sans les contraindre. »
    Cet intérêt pour l'organisation sociale va guider Roederer dans l'achèvement d'une théorie novatrice du régime représentatif, qui constitue l'ouvre de sa vie.


  • Bourse « MINOU AMIR-ASLANI » 2012 : La résistance conservatrice à l'individualisme juridique. Doctrine civiliste et initiatives législatives (1789-1830), par Marion Narran

    Thèse sous la direction du professeur Jean-Luc Coronel de Boissezon, Université Montpellier I

    « Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée : elle est finie ». La célèbre conclusion de la proclamation des Consuls de la République du 24 frimaire an VIII (15 décembre 1799), en posant dès le départ le rapport tout d'ambiguïté que Napoléon Bonaparte aura vis-à-vis de la législation révolutionnaire, résume les enjeux de cette étude. L'aspiration de « finir la révolution » s'est développée, du point de vue juridique, en réaction aux bouleversements intervenus pour le plus grand nombre dans la vie privée sous l'emprise du droit civil issu des quatre premières années de la Révolution, dont le dénominateur commun fut l'individualisme juridique. Préparée par la Contre-Révolution et prolongée par la réaction thermidorienne, la résistance à cet individualisme a été une dimension du grand projet de codification civile immortalisé par Napoléon.
    Toutefois le Code Napoléon, code « transitionnel », ne ménage pas moins de concessions à la législation révolutionnaire. Si la Restauration de 1814 pouvait laisser prévoir une réaction, cette fois complète, contre l'individualisme juridique, tel n'a pas été le cas, Louis XVIII faisant notamment le choix décisif de la conservation du « Code civil des Français ». C'est ponctuellement que des modifications y sont apportées, dont la principale est la loi Bonald du 8 mai 1816, loi d'abrogation du divorce. Des projets et débats relatifs notamment au droit de propriété et au droit des successions sont portés par le parti ultra.
    La Révolution de 1830, en faisant pour la première fois converger le principe monarchique et la doctrine libérale dont l'individualisme est le fondement, privera la résistance des conservateurs à l'individualisme juridique de l'un des ressorts essentiels de sa logique institutionnelle : elle ne reparaîtra guère, avec suffisamment de force, que sous le Second Empire, autour de Frédéric Le Play en particulier.

    La Fondation Napoléon et Me Ardavan Amir-Aslani sont convenus que, pendant cinq ans, une bourse d’études de la Fondation Napoléon porterait le nom de Mme Minou Amir-Aslani.
    Minou Amir-Aslani, née à Téhéran le 18 janvier 1935 et décédée à Paris le 13 septembre 2010, fut une grande dame passionnée de littérature et d’histoire. Particulièrement intéressée par l’histoire de la Révolution française et du Premier Empire, elle éprouva un réel intérêt pour la vie de l’Empereur Napoléon 1er et du rôle joué par ce dernier dans la codification des lois et dans l’organisation du système judiciaire français.
    Née en Iran à un moment déjà trouble de l’histoire de ce pays, elle n’a cessé, tout au long de sa vie, passée principalement en France et en Allemagne, d’œuvrer pour l’ouverture d’esprit et de l’acceptation de l’autre dans sa différence. Admiratrice de l’enseignement de l’histoire et du droit en France, pays de tradition de droit civil qui influença le système judiciaire et le droit positif de son pays d’origine, elle a toujours accordé le plus grand respect à la recherche universitaire. Elle considérait que la seule voie qui valait la peine d’être empruntée était celle de la quête de la connaissance, garante de l’indépendance d’esprit et de la liberté de ceux qui choisissaient de la prendre.


BOURSES D'ÉTUDES SECOND EMPIRE 2012

  • Théophile Silvestre (1823-1876), critique d'art, par Lyne Penet

    Thèse sous la direction du professeur Bertrand Tillier, Université Paris I Panthéon Sorbonne

    Depuis les travaux fondateurs de Jean-Paul Bouillon dans les années 1980, la critique d'art du XIXe siècle a bénéficié d'un regain d'intérêt dans l'historiographie contemporaine. Malgré cela, la période du Second Empire reste encore mal connue. Notre thèse est donc consacrée à l'un des critiques d'art de cette période : Théophile Silvestre. Après une approche biographique de son parcours, on montrera comment, dans son premier grand ouvrage critique Histoire des artistes vivants, Silvestre choisit d'étudier les peintres et sculpteurs les plus célèbres de son temps pour examiner la validité de leur notoriété. Se sentant confronté à un monde malade, en perte d'idéal, Silvestre est à la recherche des artistes qui sauront régénérer l'art et la vie. Ainsi, Delacroix, dont l'imagination puissante transfigure le réel, est consacré comme « le plus grand artiste du XIXe siècle ». Après la mort de Delacroix, Silvestre dirige ses préférences vers les peintres de l'école de Barbizon qui, comme lui, tournent le dos au monde nouveau qui s'élabore selon les directives du progrès et de l'industrie, et dont la peinture semble un remède possible aux maux de la société moderne. Chargé de rédiger le catalogue de la collection d'Alfred Bruyas, Silvestre s'attachera à consacrer Delacroix et le romantisme, faisant du musée le rempart à la décadence de l'art moderne. De l'Histoire des artistes vivants au catalogue de la Galerie Bruyas, notre thèse montrera donc quels vestiges de son temps Silvestre a voulu laisser aux historiens futurs et comment il s'est fait le gardien moral de l'histoire de l'art en donnant à son siècle la forme d'une pièce de musée, déjà classée et déjà jugée.


BOURSES D'ÉTUDES PREMIER ET SECOND EMPIRE 2012

  • L'autorité de l'État en Lorraine au XIXe siècle (vers 1800-vers 1880). Caractères, exercice, contestation, par François-Xavier Martischang

    Thèse sous la direction du professeur Jean El Gammal, Université de Lorraine, Nancy

    S'inscrivant dans le regain d'intérêt récent des historiens pour la question de l'autorité, que l'on peut définir, d'après le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Larousse, comme le « droit du pouvoir de commander, de se faire obéir », cette thèse se propose d'étudier l'autorité de l'État à travers le prisme de l'autorité de trois de ses représentants en province (les préfets, les sous-préfets et les maires), de 1800, date de la réorganisation de l'administration par Napoléon Bonaparte, au début des années 1880, lorsque la Troisième République est parvenue à s'imposer durablement.
    Étudier la relation d'autorité » entre les représentants de l'État et la population en province implique, tout d'abord, de définir, au travers d'une approche normative, quels étaient les fondements de l'autorité de ces représentants. Il sera alors possible d'analyser, à une échelle aussi fine que possible, l'exercice concret et quotidien de cette autorité à partir des documents de la pratique. Enfin, il conviendra de se tourner vers les manifestations d'adhésion, de respect ou de contestation des gouvernés, afin de déterminer dans quelle mesure la population a accepté ou refusé cette autorité.
    Afin de disposer d'un terrain d'enquête suffisamment large pour couvrir des situations différentes, tout en restant relativement restreint, de manière à mener des analyses aussi précisément conceptualisées que possible, nous avons fait le choix d'inscrire ce travail dans le cadre géographique des quatre départements lorrains (Meuse, Meurtre, Moselle et Vosges).
    Nous espérons ainsi apporter de nouveaux éclairages sur quelques thèmes particulièrement importants, comme la construction de l'État au cours du XIXe siècle, les relations de pouvoirs entre gouvernants et gouvernés et la démocratisation du pays, ou encore la construction de la nation.
    Ce travail s'inscrit donc au carrefour de l'histoire sociale, de l'histoire politique et de l'histoire culturelle.


  • L'adaptation et le rejet du style « Premier Empire » dans l'orfèvrerie du XIXe siècle en Europe centrale et de l'Est, par Karolina Stefanski

    Thèse sous la direction du professeur Bénédicte Savoy, Université technique de Berlin, Allemagne

    Outre une influence politique majeure, l'omniprésence du pouvoir napoléonien s'est également largement manifestée à travers les arts décoratifs. La préférence de Napoléon Ier pour l'orfèvrerie a changé les traditions des orfèvres français et les a promus à un niveau élevé de production. Avec l'aide des architectes Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine, Napoléon Ier a établi un style neuf avec la création de nouveaux symboles et motifs décoratifs, mettant ainsi au point un système à la fois imité ou rejeté dans le reste de l'Europe.
    Quels sont les pays d'Europe centrale et de l'Est qui vont adopter et imiter cette iconographie du Premier Empire dans leur production d'orfèvrerie au cours du XIXe siècle ? Quels pays vont, au contraire, refuser de la diffuser et pourquoi ? En quoi l'orfèvrerie civile des pays d'Europe centrale et d'Europe de l'Est diffère-t-elle de celle de la France durant le Premier Empire ? Quels objets et quelles formes ont été produits dans ces pays respectifs, et que pouvons-nous en déduire ?
    L'objectif de ce travail est de constater l'influence et le rejet du style Premier Empire dans l'orfèvrerie de l'Europe centrale et de l'Europe de l'Est au XIXe siècle. Ce projet de recherche intègrera des analyses culturelles, sociales, historiques, politiques, techniques et artistiques, et établira un corpus d'objets d'orfèvrerie civile dans des collections privées et publiques des pays d'Allemagne, d'Autriche, d'Hongrie, de Pologne et de Russie (Saint-Pétersbourg).
 
 
 

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