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BOURSES D'ETUDES


 Jean-Joseph Perraud (1819-1876) et la sculpture néo-classique sous le Second Empire par Christiane Dotal

Thèse d'histoire de l'art
Sous la direction du Professeur Paulette Choné
Université de Bourgogne à Dijon

La sculpture française du XIXe et en particulier celle qui se développe sous le Second Empire sont encore trop souvent mal connues, voire dénigrées. En 1979, l'exposition sur l'Art en France sous le Second Empire amorçait la recherche sur ce sujet et laissait percevoir l'existence d'un véritable phénomène artistique sous le Second Empire. En 1986, l'ouverture du Musée d'Orsay et l'exposition du Grand Palais, La sculpture française au XIXe siécle, mettaient au jour l'importance de cet art. D'autres manifestations plus récentes, notamment l'exposition rétrospective sur le sculpteur Préault, démontrent l'importance des études monographiques, indispensables à la compréhension d'un courant artistique. Le plus souvent, le Second Empire est globalement intégré au études sur le XIXème siècle. "Pompier", "Néo-classicisme tardif" ou encore "Eclectisme" continuent malheureusement parfois à définir négativement l'art de cette période.

Si de nombreux courants se développent sous le Second Empire, le style néo-classique demeure la première référence esthétique du gouvernement. Les programmes architecturaux (le Nouveau Louvre, l'Opéra, les gares) que l'on doit à Napoléon III sont de grands chantiers pour les sculpteurs. La persistance de la sculpture néo-classique dans les Salons illustre le goût de l'Etat qui démontre là encore par ses achats le succès de ce style. Cette politique artistique permet la découverte de talents et la survie de bon nombre d'entre eux.

Le choix d'une figure célèbre représentant la sculpture néo-classique sous le Second Empire n'est pas fortuit. Jean-Joseph Perraud (1819-1876) suit le parcours exemplaire d'un artiste officiel. Après son apprentissage à Salins (Jura) puis à Lyon, il est reçu à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1843, dans l'atelier de Ramey et Dumont. Il remporte le premier Grand Prix de Rome en 1847 et part pour Rome à la fin de la même année. Il y reste cinq ans pensionnaire de l'Académie de France sous le directorat d'Alaux. De retour en France en 1852, il présente régulièrement des oeuvres au Salon où il obtint la médaille d'honneur à deux reprises. Plusieurs oeuvres lui sont achetées ou commandées par l'Etat sous le Second Empire, l'Enfance de Bacchus, le Désespoir. Il participe au décor du Louvre, de l'Opéra, de la Bibliothèque Nationale et d'autres établissements publics. En 1865 il est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts en remplacement de Nanteuil.

L'étude scientifique et stylistique des oeuvres révèle le véritable rôle de l'Etat dans le développement de la sculpture néo-classique, elle permettra de dresser un tableau des artistes dits néo-classiques, soit par le sujet de leur oeuvre, soit par le style qu'ils utilisent : Cavelier, Guillaume, Gumery, Elias-Robert, Thomas, Millet, Jouffroy. Tous ces artistes bénéficièrent de nombreuses commandes de l'Etat.

Le style néo-classique du Second Empire a sa véritable originalité empreinte du goût de Napoléon III mais aussi d'autres courants, cet art n'est pas le pastiche, et de l'art gréco-romain , et de l'art du Ier Empire. Prôné par l'Institut ce style résiste aux autres courants, romantisme, réalisme, sans se scléroser comme on a souvent voulu l'avancer.


Titulaire d'une maîtrise et d'un DEA d'histoire de l'art, Christiane Dotal est chargée de missions aux musées des Beaux-Arts de Besançon en 1996, et de Lons-le-Saulnier en 1997.

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