<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
IN ENGLISH

Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

Enrichissements récents :

Revue de presse : - Tradition magazine, n°260, mars-avril 2012
Vient de paraitre : Les damnés de la République (roman)
Interview : Bruno Colson : l'art de la guerre de Napoléon (février 2012)
anglegauche angledroit
Napoleon
   

DICO D'ÉPOQUE


Pour découvrir ou retrouver l'origine d'un mot ou d'une expression des époques napoléoniennes.

Pour tout renseignement sur cette rubrique, contactez-nous

   
 Retour page d'Accueil
 Retour page de Section
 Retour page de Rubrique
         
   
 Imprimer

31 OU LE CHIFFRE DU " JOUR SANS PAIN "    

Dans les armées prusiennes, les mois de 31 jours étaient payés comme les mois de 30 jours mais sur la base de ces derniers : le chiffre 31 a donc été très vite qualifié de " jour sans pain ", notamment dans les jeux d'argent. 

 
 
LES " LOIN-DES-BALLES "    

Relativement méprisés par les soldats, qui les jugeaient peureux et lâches, les musiciens, qui ne participaient pas aux batailles, étaient dénommés les " loin-des-balles ".

 
 
BISTROT DÉRIVÉ DU RUSSE « BISTRA »    

L'étymologie du mot français « bistrot » remonterait à la campagne de Russie. Alors que les hussards de la Grande Armée allaient se restaurer et s'amuser dans les tavernes en Russie, les cosaques présents, pour ne pas les croiser, terminaient rapidement leur boisson pour partir, se disant entre eux : « bistra » ce qui signifie « vite » dans la langue de Tolstoï. Ne comprenant rien au russe, les soldats français se donnaient alors rendez-vous dans les lieux où l'on disait « bistra », qui devint « bistro » puis se francisa en « bistrot » à leur retour en France. Ce terme désigna donc les lieux de débit de boissons, les cafés, les bars.
Une autre étymologie est aussi avancée : le mot viendrait des cosaques qui, lors de l'occupation de Paris par les Russes (mars 1814) auraient eu l'habitude de dire dans les bars, impatients à être servis : « bistra, bistra ! ».

 
 
LE BLEU RAYMOND    

Le bleu Raymond est une teinte de bleu, dont la technique d'obtention était particulièrement adaptée aux tissus de soie. La technique de mordançage a été inventée en 1810-1810 par J.-M. Raymond et nécessite deux étapes : tout d'abord on utilise le fer pour mordancer le tissu dans un premier bain, puis un mélande de ferrocyanure de potassium dans un deuxième bain qui doit absolument être effectué dans une cuve ou un récipient dans tout autre métal que le cuivre.
  
Michel Pastoureau a écrit un essai passionnant sur la couleur Bleu, paru en 2000 aux éditions du Seuil. (existe également en poche).

 
 
L'ANCÊTRE DU BLUSH    

Il ne fait pas bon être trop maquillée sous le Second Empire !
Au théâtre, les comédiennes ne supportent plus les maquillages de l'époque, bien trop gras. De plus, un trop plein de fard est synonyme de femme de mauvaise vie.
Alexandre-Napoléon Bourjois va remédier à ceci en créant le "fard à rosir" en 1863 : constitué de poudre, sa texture est très appréciée, ainsi que son apparence, veloutée.

 
 
LE BOTTIN    

Statisticien et administrateur, Sébastien Bottin (1764-1853) se voit confier, par le préfet du département du Bas-Rhin, la mission d'établir des statistiques, publiées en 3 volumes entre 1804 et 1815. Bottin décide de compléter ce travail avec un Annuaire ou liste alphabétique des commerçants du département. Puis en 1819, il reprend l'édition de l'Almanach du commerce de Paris, des départements et de l'étranger (créé en 1797), et le renomme Almanach-Bottin. Après sa mort, l'éditeur-imprimeur Firmin-Didot reprend cet ouvrage et le fond avec celui qu'il publie déjà, l'Annuaire du commerce. Enfin, en 1882, une société anonyme est créée pour publier et gérer l'Annuaire du commerce Didot-Bottin.

 
 
IL NE MANQUE PAS UN BOUTON DE GUÊTRE    

Si l'on ne porte plus de guêtres, l'expression "il ne manque pas un bouton de guêtre" désigne, mais avec un brin d'ironie, que tous les détails sont prêts. Si l'origine historique de cette allusion remonte à la guerre de 1870 , on l'utilise toujours de nos jours notamment les économistes !

C'est en 1870, lors de la déclaration de guerre de la France à la Prusse, que cette expression apparaît. Chacun a eu le temps de se préparer : la tension entre les deux pays est constante depuis au moins quatre ans. Le 15 juillet, lorsque les chambres votent la mobilisation, les pacifistes se montrent réticents. « Vous n'êtes pas prêts », avertit Adolphe Thiers. « Nous sommes prêts et archi-prêts, rétorque le maréchal Le Boeuf, ministre de la guerre. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats. »

 
 
MENTEUR COMME UN BULLETIN    

Les Bulletins de la Grande Armée n'avaient pas la réputation de rapporter les faits dans une perspective d'information mais bien de propagande du régime napoléonien.

 
 
CANARD : DE LA FAUSSE NOUVELLE AU JOURNAL À SENSATION !    

Désignant de manière impertinente l'Aigle, symbole impérial, le canard était synonyme de nouvelle fausse ou exagérée : l'Aigle impérial figurait sur les Bulletins de la Grande Armée, publiés dans un objectif de propagande de la gloire napoléonienne.
Puis, le terme s'est étendu aux feuilles volantes et petits journaux, colportant nouvelles sensasionnelles et faits divers atroces.
 
De nos jours, le terme est assez souvent employé sans tonalité péjorative et désigne un quotidien.

Jean-Pierre Seguin : Canards du siècle passé. Pierre Horay éditeur, 1969.

 
 
CARRÉ D'INFANTERIE    

Lors de la campagne d'Egypte et plus particulièrement du combat de Chebreis, les soldats français sont harcelés par les attaques éclairs des Mamelucks. Pour y faire face, Napoléon fait former chacune de ses divisions en carré. Au centre se placent les équipages et la cavalerie, aux angles des carrés on positionne l'artillerie.

 
 
LES CENT-JOURS    

C'est le préfet de la Seine Chabrol, qui est à l'origine de cette expression, alors qu'il s'adressait à Louis XVIII de retour de Gand le 8 juillet 1815, après sa fuite : " Cent jours se sont écoulés depuis le moment fatal où votre magesté, forcée de s'arracher aux affections les pluschères, quitta sa capitale au milieu des larmes et des lamentations publiques. "
 
J. Tulard : Dictionnaire Napoléon. Paris : Flammarion, 2ème édit. 1999, vol. 1, p. 412

 
 
LE "CERTIF"    

En 1866, Victor Duruy, alors ministre de l'Instruction publique, institue le certificat d'études primaires, premier diplôme exigé pour la titularisation dans les administrations, services publics et collectivités territoriales.
L'examen deviendra obligatoire par la loi de 1882.

 
 
LA CLARINETTE À CINQ PIEDS    

... le fusil du soldat !

 
 
LA PAILLE ET LE FOIN AU SECOURS DES CONSCRITS !    

Les conscrits étant issus du monde rural, le plus souvent ne sachant ni lire ni écrire, les instructeurs eurent recours à diverses astuces pour les former.
Le traditionnel " Droite - Gauche " fut ainsi remplacé par " Paille - Foin ", alors que l'on avait mis de la paille dans la chaussure droite des conscrits, et du foin dans la gauche.
 
Raporté par A. Pigeard : L'armée de Napoléon. Organisation et vie quotidienne, Ed. Tallandier, 2000, p. 194-195.

 
 
DES FEMMES COSAQUÉES    

Le passage des Cosaques dans les provinces françaises en 1814 fut un épisode dramatique pour les populations locales : pillages, mutilations et tueries, etc.
Traumatisés, les gens parlèrent alors de femmes "cosaquées", c'est-à-dire qui furent violées par des cosaques.

 
 
LES ÉCREVISSES DE NAPOLÉON    

C'est en raison de la couleur rouge de leur uniformes, que les gardes municipaux de la capitale étaient surnommés "les écrevisses de Napoléon" par les Parisiens, peu avares en doux qualificatifs !
 
La légion de police de Paris avait été supprimée en 1796, et il fallut attendre le 4 octobre 1802 pour qu'une nouvelle Garde municipale soit créée. Une demi-brigade d'infanterie fut chargée de surveiller ports et barrières de la ville, tandis qu'une seconde demi-brigade était destinée à la surveillance des marchés et des théâtres. La Garde municipale comprenait également un escadron de dragons.
 
Pour entrer dans la Garde municipale, le prétendant devait avoir fait au moins cinq campagnes, mesurer 1,65 m et savoir lire et écrire.

 
 
UN ÉTOUFFOIR    

" C'est une de ces réunions [...] où des escrocs amènent les gens sans expérience pour les duper. "
 
Rapport de la préfecture de police du 22 pluviôse an X

 
 
LES FEMMES ROUGES    

Dans une lettre à l'impératrice Marie-Louise, datant du 24 septembre 1812, Napoléon évoque. Les « femmes rouges ». Il nomme ainsi les « premières dames » qui portent des robes couleur amarante, du même ton que l'habit des chambellans de l'Impératrice.
 
(Source : Napoléon Bonaparte, La correspondance générale, tome 12, note de Th. Lentz, Paris, Fayard, à paraître)

 
 
FRENCH CANCAN    

Dans les années 1845, le bal Malbille, en bordure des Champs Elysées, est très populaire.
En 1850, la "cancaneuse" Céleste Mogador s'y produit avec une nouvelle danse de son invention le "chahut cancan".
Sir Charles Morton, enthousiasmé par ce quadrille, le produit sur la scène de l'Oxford à Londres sous le nom de French Cancan.
Censuré en Grande-Bretagne il rencontre, pour ne plus en démordre, un franc succès à Paris.

 
 
LA GASTRONOMIE    

C'est pendant la période napoléonienne que le terme "gastronomie" voit le jour. Il réunit la maîtrise culinaire et la qualité des produits utilisés.
S'ensuivent alors le premier "jury dégustateur", ainsi qu'un nouveau genre littéraire : la critique gastronomique.

 
 
LES GROGNARDS DE LA GRANDE ARMÉE    

Face aux mauvaises conditions de vie en campagne, notamment en Pologne en 1807, mais aussi en raison du versement irrégulier de leur solde, les soldats de la Grande Armée ne cessaient d'exprimer leur mécontentement, Napoléon Ier les surnommant alors les " grognards ".

 
 
GUILLOTINE SÈCHE    

En 1854, les bagnards de France sont dorénavant déportés à Cayenne, en Guyanne, dans le but d'exploiter et peupler les terres coloniales.
Mais les conditions de vie étant déplorables, les détenus meurent lentement et sûrement, succombant aux épidémies de fièvre jaune et condamnations à mort arbitraire.
Cette lente agonie prendra le nom de guillotine sèche.

 
 
LES HOMARDS    

En raison de la couleur rouge de leur uniforme, les soldats anglais étaient surnommés les " homards " par les Français.

 
 
LES INDIENS    

Compagnons ouvriers qui créèrent le 5 mai 1804 une société clandestine appelée Devoir de Liberté, destinée à organiser et maintenir une résistance ou tout au moins une attention soutenue aux lois concernant le travail des ouvriers : livret (dénommé "infernal" par Aragon dans son roman "La semaine sainte"), droit de s'associer, etc...

 
 
JOHNNY CRAPAUD    

Pendant les guerres napoléoniennes, les marins anglais désignaient les Français sous le nom de "Johnny Crapaud".
 
The name "Johnny Crapaud" was used by English sailors during the Napoleonic wars to designate a Frenchman. The ancient Flemings used to call the French "Crapaud Franchos," in allusion to the toads borne originally in the arms of France.

(Source: Brewer's Dictionary of Phrase and Fable, 1898)

 
 
LES MAISONS D'ÉDUCATION DE LA LÉGION D'HONNEUR    

Après la bataille d'Austerlitz, le 2 décembre 1805, les soldats disparus laissent un grand nombre d'orphelins et d'orphelines. Les garçons ont aussitôt leur place dans les lycées d'Etat ou les Ecoles militaires, mais aucune institution n'est prévue alors pour les filles.
Napoléon, soucieux de leur sort, signe le 15 décembre 1805, un décret de création de trois Maisons destinées aux demoiselles, aboutissement d'une réflexion entamée depuis plusieursd mois. Chaque établissement doit accueillir cent enfants élevées sur les fonds de la Légion d'honneur.
Aujourd'hui, subsistent deux Maisons d'Education de la Légion d'honneur, celle de Saint-Denis et celle de Saint-Germain-en-Laye.

A lire sur napoleon.org : Madame Campan et les maisons d'Education de la Légion d'honneur.

 
 
LES MARIE-LOUISE    

Ce sont les conscrits des classes 1813-1814, car c'est l'impératrice Marie-Louise qui signa alors les décrets en l'absence de Napoléon.

 
 
LE MAUVE    

C'est grâce à un jeune chimiste de dix-neuf ans, William Henry Perkins (1838-1907) que l'on doit la couleur mauve. Au départ prénommé mauvéine, cette couleur jusqu'ici inconnue, rencontre un franc succès.
Après l'édition du "Lilas Penny" timbre mauve britannique, c'est au tour de la Reine Victoria puis de l'impératrice Eugénie d'honorer cette couleur lors de l'Exposition internationale de 1862.
Cette découverte marque l'entrée sur le marché des couleurs de synthèse permettant une nouvelle palette de tons.

 
 
APPARITION DE L'ADJECTIF " NAPOLÉONIEN "    

C'est vers 1850 que le terme " napoléonien " apparaît : qui a rapport à Napoléon Ier, et par extension, à Napoléon III. C'est également à cette époque que l'on commence à parler d '" épopée napoléonienne ".
 
Référence : Le Petit Robert. Dictionnaire de langue française, Paris : 1986, p. 1255

 
 
NOURRICE SÈCHE    

Ce terme est attribué aux nourrices qui ayant fini la charge d'allaiter l'enfant de la famille, restent au sein de la famille pour une période indéterminée.
 

 
 
DE L'OPÉRA-BOUFFE À L'OPÉRETTE    

A partir de 1850, Jacques Offenbach introduit au sein des opéras parisiens l'opérette qui va prendre peu à peu le pas sur l'opéra-bouffe. A l'origine, ce dernier ne comporte que des parties chantées et son caractère est résolument comique. L'opérette est souvent parodique ou satirique et va introduire des parties dialoguées.

 
 
"BOIRE COMME UN POLONAIS"    

Lors de la campagne d'Espagne de 1808, Napoléon s'apprêtait à livrer la bataille de Samosierra quand l'un de ses camps militaires se fit attaquer en pleine nuit. L'alcool battant son plein, seuls les soldats polonais réussirent à se défendre. Les citant en exemple à ses soldats français, Napoléon aurait dit : "Messieurs, soyez saouls, mais soyez saouls comme des Polonais". Une façon de les encourager à rester dignes et maîtres de leurs émotions en toutes situations, quel que soit le niveau de leur peur ou de leur ivresse, à l'instar des Polonais " dopés " à la vodka.

 
 
TRAVAILLER POUR LE ROI DE PRUSSE    

Dans les armées prussiennes, les soldes étaient payées pour 30 jours, ceci même pour les mois de 31 jours. Ainsi travailler pour le roi de Prusse (ou le 31e jour du mois) signifiait travailler pour rien.
 
Comme souvent, l'origine d'une expression n'est pas unique. "Travailler pour le roi de Prusse" serait lié à la Guerre de Sept Ans entre les coalitions Angleterre-Prusse-Hanovre et France-Autriche-Suède-Russie-Espagne-Saxe. Cette guerre prit fin le 15 février 1763 : malgré sa défaite, le roi de Prusse Frédéric II de Hohenzollern, reçut la Poméranie et la Prusse orientale.

 
 
SAINT NAPOLÉON, PATRON DES GUERRIERS    

Au début du XIXe, Napoléon Bonaparte convainc le Vatican de canoniser un nouveau saint dont la fête coïncide avec son anniversaire, le 15 août.
Le cardinal Caprara répond à cette demande en inventant « saint Napoléon », du nom d'un martyr romain, Néopolis, qui aurait été exécuté pour avoir refusé de faire allégeance à l'empereur Maximien.
Fêté de 1806 à 1813, abandonné à la Restauration, remis à l'ordre du jour par Napoléon III,  la Saint Napoléon ne sera plus célébrée officiellement par la suite, et la fête nationale, ramenée au 14 juillet.
 

 
 
LES SOLDATS À LA CRÈME    

En raison de la couleur blanche de leur uniforme, les soldats autrichiens étaient dénommés les soldats " à la crème " par les Français.

 
 
SOULIERS VERNIS    

Vers 1860, grâce au chemin de fer, l'attraction pour les villes thermales est de plus en plus forte.
Nobles et autres curistes se font alors surnommés les "souliers vernis" par les populations des stations balnéaires.

 
 
LES JARDINS PUBLICS TIVOLI    

Outre les plaisirs de la promenade des jardins publics traditionels, les tivoli proposaient des attractions diverses et permettaient aux promeneurs de se désaltérer dans des cafés. L'entrée était payante.
Les attractions, proposées pour adultes et enfants, remportaient un grand succès, notamment avec l'apparition des montagnes russes en 1804.

 
 
   
 
   Haut de page
 
 
Lettre d'info | Mon Napoleon.org | Plan du site | Contacts | Mettre dans vos favoris | Mentions légales | ISSN 2272-1800