<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Du néoclassicisme à l’éclectisme, des prémices du romantisme à celles de l’impressionnisme, l’art des périodes napoléoniennes est multiple et continue de fasciner chercheurs, collectionneurs et simples amateurs. Amoureux des beaux-arts ou fin connaisseur des arts décoratifs, venez ici partager votre passion.

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Le tableau du mois - L'Hôtel Bonaparte, rue Chantereine (devenue rue des Victoires)
   

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L'Hôtel Bonaparte, rue Chantereine (devenue rue des Victoires)



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Auteur
REISET Gustave de

Date
1856

Technique
Graphite, aquarelle et gouache

Dimensions
H. 12 cm; L. 20 cm

Lieu de conservation
Fondation Napoléon, inv. 1151

Crédits
© Fondation Napoléon / François Doury

Commentaires

En octobre 1795, lorsque Napoléon Bonaparte tournait dans la rue Chantereine et continuait une longue allée formée par les murs des propriétés adjacentes, il se retrouvait devant la résidence privée, modeste en apparence, de Marie-Joseph-Rose de Tascher de la Pagerie. Leur aventure romantique commença entre ces murs que Joséphine louait à l'actrice Julie Carreau, maîtresse du vicomte de Ségur, qui avait fait construire la propriété pour elle. Ce fut également en ces lieux que Napoléon et Joséphine se marièrent le 9 mars 1796 et que Napoléon revint après ses victoires en Italie et en Autriche. La rue Chantereine fut alors rebaptisée rue des Victoires en son honneur. Et ce fut rue Chantereine/des Victoires qu'il orchestra le coup d'Etat qui le porta au pouvoir, le 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799).
 
En dépit de son importance historique, l'Hôtel Bonaparte ne survécut pas aux projets de construction du Second Empire : il fut démoli en 1862 pour faire place à l'actuelle rue de Châteaudun. Le dessin à l'aquarelle de Gustave de Reiset est l'une des rares images illustrant l'hôtel avant sa destruction. Une inscription sur le verso du dessin indique que Reiset le fit en 1856, six ans seulement avant la destruction de l'hôtel. Bien que son aquarelle capture une végétation luxuriante, écrin de la demeure, la maison elle-même a un air mélancolique, avec ses volets fermés ou rideaux tirés : aucun élément de la vie qui devait autrefois habiter ces chambres n'est mis en scène.
 
Pourtant, ce fut l'une des maisons les plus richement décorées et élégantes de Paris. Napoléon lui-même avait déclaré que « la maison [de Joséphine] était la meilleure de Paris », bien qu'il ait été, parfois, consterné par le montant des goûts luxueux de sa locataire. Il confiera ainsi à Las Cases à Sainte-Hélène : « Cette maison ne valait pas plus de 40 000 F[rancs]. Quelle fut ma surprise, mon indignation et ma mauvaise humeur, quand on me présenta le compte des meubles du salon, qui ne me semblaient rien de très extraordinaires, et qui montaient pourtant à la somme énorme de 120 000 à 130 000 F[rancs]. »
 
Mais Joséphine était la maîtresse de maison parisienne par excellence, et c'était là, dans le salon de l'Hôtel Bonaparte, que les puissants et les grands se réunissaient pour discuter et façonner le destin politique de la France et des Français. Pourtant, le dessin de Reiset dépeint le vide et non l'abondance. La seule silhouette présente dans cet espace pictural est une femme (une domestique, peut-être, portant chapeau et revêtue d'une robe ?) sur le perron de l'hôtel, évoquant les fantômes du passé. Et si, s'élèvent encore, sur la gauche du bâtiment, les vestiges du célèbre vestibule-tente, autrefois rayé bleu et blanc et coeur de l'univers social des Bonaparte, ils ont pris la même couleur que le reste de la maison : celle d'un beige grisâtre, symbole d'une gloire perdue.
 
Francesca Whitlum-Cooper, trad. Marie de Bruchard, novembre 2014

 
Du 15 octobre 2013 au 6 janvier 2014, le musée de Malmaison proposait une belle exposition consacrée à cet hôtel particulier disparu : un catalogue était édité à cette occasion.

   
   

 

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