<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
IN ENGLISH

Du néoclassicisme à l’éclectisme, des prémices du romantisme à celles de l’impressionnisme, l’art des périodes napoléoniennes est multiple et continue de fasciner chercheurs, collectionneurs et simples amateurs. Amoureux des beaux-arts ou fin connaisseur des arts décoratifs, venez ici partager votre passion.

Enrichissements récents

Tableau du mois : Groupe de chênes, Apremont
Musées Chateaux et demeures : Le musée des Lettres et Manuscrits (Bruxelles)
Agenda : Théâtres romantiques à Paris
anglegauche angledroit
Le tableau du mois - Portrait en pied de Talleyrand (1808)
   

LE TABLEAU DU MOIS

Chef-d'œuvre célèbre ou toile de petit maître méconnu, retrouvez ou découvrez chaque mois un nouveau tableau.

Pour tout renseignement, contactez-nous.

   

 Retour page d’Accueil

 Retour page de Section

 Pour voir les autres fiches

 

 

 

 

 Imprimer

Ajouter à votre sélection

 

Portrait en pied de Talleyrand (1808)

Portrait de Talleyrand par Gérard © The Metropolitan Museum of Art

Portrait de Talleyrand par Gérard © The Metropolitan Museum of Art

Agrandir


   

Auteur
GERARD François (baron) (1770-1837)

Date
1808

Technique
Huile sur toile

Dimensions
H. 213 cm; L. 147 cm

Lieu de conservation
Lieu de conservation : The Metropolitan Museum of Art de New York


Crédits
© The Metropolitan Museum of Art

Commentaires

Ce portrait de Charles Maurice de Talleyrand Périgord (1754-1838), prince de Bénévent, est à l'image de la réputation de son sujet : impavide et serein, un léger sourire (narquois ?) aux lèvres. Lorsque Gérard le peint courant de l'année 1807-1808, Talleyrand a quitté ses fonctions de ministre des Relations extérieures auprès de Napoléon depuis le 10 août 1807 en raison d'un désaccord avec les projets de l'Empereur de rapprochement avec la Russie. Cela ne l'empêche pas de recevoir, le 14 août 1807, le titre de vice-grand-électeur de l'Empire, et d'accompagner Napoléon en tant que conseiller en septembre 1808 lors des négociations d'Erfurt (dont Nicolas Gosse a fait un tableau). À cette occasion, il manipule les deux empereurs russe et français pour saboter l'accord dont la conclusion mitigée se noue le 14 octobre 1808, le jour-même où est exposée pour la première fois cette toile au Salon de 1808.
 
Commandé par Talleyrand pour enrichir sa collection privée, ce tableau a donc été « prémédité » pour être présenté au Salon en signe de la réussite éclatante du prince de Bénévent. Contrairement au portrait de 1807 par Prud'hon conservé au musée Carnavalet, où il pose en habit de grand chambellan, Talleyrand est représenté ici dans un costume relativement informel et simple, ce qui rehausse ses insignes de la Légion d'honneur, dont il porte le grand cordon décerné par Napoléon en 1805. Le tableau le figure dans un cadre privé et confortable de style Louis XVI (le détail n'est pas fortuit à l'heure de l'apogée du style Empire) : son fauteuil, datant des années 1770, a été probablement fabriqué par le menuisier Georges Jacob (1739-1814), fondateur d'une dynastie de menuisiers et ébénistes dominant la première moitié du XIXe s.. Sa posture est sérieuse mais détendue : Talleyrand travaille, comme l'atteste la présence du bureau, des papiers et de l'encrier, et le vice-grand-électeur se tourne vers le spectateur en croisant les jambes avec nonchalance.
 
Servant la renommée de son sujet par sa présence au Salon, ce portrait sera modifié et son histoire raconte beaucoup de la personnalité politique de son commanditaire et de ses relations au pouvoir. Quelque temps plus tard, vers 1814-1815, au moment de la chute du Premier Empire à laquelle il participe avec enthousiasme, Talleyrand demande en effet à Gérard d'ajouter d'autres signes distinctifs au portrait : l'emblème de l'Ordre de la Toison d'Or, suspendue à un ruban et que Ferdinand d'Espagne lui décerne au congrès de Vienne, et des modifications sur la Légion d'honneur introduites sous Louis XVIII, désormais sur le trône. Ces ajouts montrent sa nouvelle allégeance : le tableau change, au gré des propres allégences de Talleyrand...
 
Le portrait est resté dans la famille Talleyrand par la lignée du neveu du prince de Bénévent jusqu'en 2012 où il a été vendu par l'intermédiaire du marchand Wildenstein au Metropolitan Museum of Arts de New York. Une estampe d'après ce tableau est conservée à Versailles.
 
Pour en savoir plus : Talleyrand, le prince immobile, d'Emmanuel de Waresquiel, où l'auteur évoque la réaction de Goethe en voyant une reproduction de ce tableau, ainsi que la relation entretenue par Talleyrand et Gérard : ami de la future épouse du prince, dont il fera un portrait fort connu en 1803, le peintre lui doit d'avoir poursuivi sa carrière sous la Restauration.
 
Marie de Bruchard, mai 2015

   
   

 

Voir les tableaux des mois précédents :

 OK

Haut de page

 

 

Lettre d'info | Mon Napoleon.org | Plan du site | Contacts | Mettre dans vos favoris | Mentions légales | ISSN 2272-1800