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Le 20 janvier 1859, Jules Lermina adresse à Ferdinand de Lesseps
ce poème à la gloire de la gigantesque entreprise du percement
de listhme de Suez. Il laccompagne de ces quelques mots :
« Permettez moi de vous adresser cet envoi. Je ne suis quun de
plus qui vient demander une place à votre soleil. Je réclame donc
votre indulgence et même un peu de sympathie pour un adepte fervent
du travail et de lambition. »
« [...] Cest le marteau vibrant aux mains de la Pensée
Qui renverse le bloc que Jéhovah jeta,
Oui, jécoute et jentends dans ma tête baissée
Le bruit qui monte, marche et grandit : ...Les voila !
Un homme sest levé, grand entre tous les hommes
A qui ne suffit pas détendre au loin la main,
Qui dit frères prouvons enfin que nous le sommes !
Aujourdhui séparés, soyons unis demain !
Et cet homme a pour nom Lesseps ! Désert immense,
Prend ton bloc le plus dur, tes granits les plus beaux
Dresse toi pour crier : Gloire à lhomme de France !
Tu nauras pas servi toujours à des tombeaux !
Redis à lunivers, quand ardente, la foule
Par le passage ouvert vers toi sélancera
Dis lui, froide et massive au torrent qui sécoule,
Il avait nom Lesseps
Et chacun pensera ! [...] »
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