Témoins et témoignages
Jules LERMINA,
L’Isthme de Suez, 1859.
(Centre historique des Archives nationales, 278 AP10)


Le 20 janvier 1859, Jules Lermina adresse à Ferdinand de Lesseps ce poème à la gloire de la gigantesque entreprise du percement de l’isthme de Suez. Il l’accompagne de ces quelques mots :

    « Permettez moi de vous adresser cet envoi. Je ne suis qu’un de plus qui vient demander une place à votre soleil. Je réclame donc votre indulgence et même un peu de sympathie pour un adepte fervent du travail et de l’ambition. »

    « [...]
    C’est le marteau vibrant aux mains de la Pensée
    Qui renverse le bloc que Jéhovah jeta,
    Oui, j’écoute et j’entends dans ma tête baissée
    Le bruit qui monte, marche et grandit : ...Les voila !
    Un homme s’est levé, grand entre tous les hommes
    A qui ne suffit pas d’étendre au loin la main,
    Qui dit frères prouvons enfin que nous le sommes !
    Aujourd’hui séparés, soyons unis demain !

    Et cet homme a pour nom Lesseps ! Désert immense,
    Prend ton bloc le plus dur, tes granits les plus beaux
    Dresse toi pour crier : Gloire à l’homme de France !
    Tu n’auras pas servi toujours à des tombeaux !
    Redis à l’univers, quand ardente, la foule
    Par le passage ouvert vers toi s’élancera
    Dis lui, froide et massive au torrent qui s’écoule,
    Il avait nom Lesseps
    Et chacun pensera ! [...] »