présentation
parcs et jardins
ravages de la tempête
restitution historique
participation
crédits


Le parc sous l'Empire

Le parc de Malmaison fut l'œuvre de Joséphine, le reflet de sa sensibilité et de son charme. Dès 1800, l'épouse du Premier Consul envisagea de créer un parc paysager qui fut en harmonie avec le château. Les deux architectes Percier et Fontaine travaillèrent donc à l'organisation des jardins, en même temps qu'ils restructuraient la demeure. Mais leurs propositions ne plurent pas ainsi qu'en témoigne Fontaine dans son Journal : " Mme Bonaparte ne veut rien qu'à l'anglaise. Rien que du tortueux, du mouvementé, de l'accidenté, avec précipices, rivières, temple […] Elle a pris un jardinier anglais qui, comme les artistes de ce genre, trouve que la plantation que nous faisons est manquée ". Refusant le projet des architectes, Joséphine fit alors appel à Jean-Marie Morel " le patriarche des Jardins anglais ", qui ne donna pas plus satisfaction. C'est à Louis Martin Berthault, surnommé le " Le Nôtre du XIXe siècle ", que l'on doit le dessin définitif du parc à partir de 1808.

Dégageant la vaste pelouse côté jardin, ménageant des points de vues sur l'aqueduc de Marly ou le château de Saint-Germain, Berthault réussit à allier la beauté irrégulière d'un parc à l'anglaise à la tradition héritée du XVIIIe siècle de la fabrique pittoresque. Une rivière rythmée de cascades serpentait au milieu de cette étendue aux courbes aimables, enserrait de ses bras une île puis s'élargissait en un petit lac navigable. Sapins, peupliers, érables, frênes et saules se déployaient au bord de l'eau tandis que rhododendrons et fougères peuplaient l'îlot où des fleurs rares prenaient abri sous les ombrages. Les vastes pelouses menaient aux collines couvertes de peupliers et de platanes puis de hautes futaies de marronniers, de chênes, de châtaigniers et d'arbres exotiques. Des petits ponts de bois ou de pierre enjambaient la rivière où glissaient doucement des cygnes blancs ainsi qu'un couple de cygnes noirs ramenés d'Australie par l'expédition Baudin en 1803. Divers monuments, statues et vases de bronze ou de marbre, étaient disséminés ça et là encadrés par des bosquets d'arbustes et de buissons fleuris : le petit Temple de l'Amour, le bassin de Neptune, l'Apollon du Belvédère, la Diane chasseresse, le Vase du printemps, etc. Au loin, le regard s'égarait vers de denses forêts.

De 60 hectares lors de l'acquisition du château en 1799, le domaine de Malmaison s'agrandit considérablement par des achats successifs (dont Bois-Préau en 1810) et des échanges divers. A la mort de l'Impératrice en 1814, Malmaison s'étendait sur 726 hectares, dont 70 hectares de parc clos de murs sur lequel étaient concentrées la plupart des espèces en cours d'acclimatation.


Joséphine et la Botanique

Remarquable par son étendue et son dessin, le parc de Malmaison le fut aussi par la richesse de ses collections botaniques. Joséphine en fit une " vaste pépinière d'essai ". Sous les ordres de ses architectes, travaillaient des jardiniers, l'anglais Howatson, puis Félix Delahaye. Axant entièrement son domaine sur l'acclimatation de plantes et d'animaux, Joséphine s'attacha les services de scientifiques dont elle fit ses intendants, Brisseau de Mirbel en 1803, Lelieur de Ville-sur-Arce en 1805 et enfin Aimé Bonpland de 1808 à 1814. Elle fit travailler des botanistes, Ventenat, Bonpland et le dessinateur Redouté, dont elle fit publier les travaux dans des ouvrages célèbres (Le Jardin de la Malmaison par Ventenat en 1803, Plantes rares cultivées à Navarre et à Malmaison par Bonpland en 1813). Elle entretenait de plus des relations suivies avec nombre de pépiniéristes étrangers, parmi lesquels John Kennedy, le plus grand spécialiste des roses Outre-Manche. Tout ce travail s'effectuait en étroite collaboration avec le Muséum National d'Histoire naturelle.

Les plantes exotiques, venues du monde entier, étaient soignées dans une serre chaude construite par Morel en 1804. Mais il y avait également une volière et une ménagerie, qui, trop coûteuses, furent peu à peu délaissées au profit de la serre. Le château vivait en parfaite symbiose avec la nature : il était journellement orné de bouquets de fleurs, et des volières décoraient le vestibule.
Afin de rendre le domaine rentable, Joséphine installa une bergerie située au-delà du parc enclos, dans laquelle elle fit élever jusqu'à 2000 moutons mérinos venus d'Espagne. De même, elle eut une " vacherie " installée près de l'étang de Saint-Cucufa.


Le parc après l'Empire

Passé en héritage au prince Eugène, fils de l'Impératrice, le domaine fut vendu en 1828 par la veuve de celui-ci, Auguste-Amélie de Bavière. Un témoin de l'époque note lors d'une visite : " Je ne reconnus pas le parc, les arbustes rares qui s'y trouvaient à chaque pas avaient été vendus sur pied, à la place d'un bel ombrage de rhododendrons, je ne trouvai qu'un trou massif de fleurs, je voyais de hautes luzernes…Jamais destruction ne fut plus prompte et si complète ". Un premier lotissement eut lieu en 1829, et diverses transformations furent effectuées. On construisit entre autres les bâtiments du pavillon des voitures, tandis que les anciens communs étaient rasés.
Ce fut surtout à partir du Second Empire qu'intervinrent les plus importantes transformations. Dès 1854, le château de Bois-Préau était reconstruit par son propriétaire, et en 1877 un nouveau lotissement intervenait qui donnait sa physionomie actuelle au domaine, morcelant l'ancien parc enclos. Seuls six hectares subsistaient à Malmaison, dix-sept à Bois-Préau, lorsqu'intervinrent les donations faites à l'Etat en 1904 (Malmaison) et 1926 (Bois-Préau).