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[Parc du Ranelagh](6 hectares)
Tracé par Haussmann, le parc fut ouvert en 1860 sur l'emplacement dit de la Pelouse, un élégant point de rencontre où s'élevait le bal du Ranelagh qui vit danser Lucien Bonaparte, Barras, Tallien ou la belle Juliette Récamier. Le parcs fait face au musée Marmottan qui abrite les collections d'un passionné du Premier Empire.
[Bois de Boulogne]( 845 hectares)
Le Bois de Boulogne est une survivance de l'antique forêt de Rouvray où Isabelle de France, soeur de Saint-Louis, s'était retirée pour fonder l'abbaye de Longchamp. Le moulin du même nom est aujourd'hui le seul vestige de l'abbaye. Au XIVe siècle, des pèlerins revenant de Boulogne-sur-Mer obtinrent d'y élever une église d'où le nom du lieu qui s'imposa sous Louis XI. Au XVIe siècle, François Ier y fit bâtir le château de Madrid aujourd'hui disparu. Alors qu'au XVIIe siècle, Lonchamp fut une promenade prisée, de magnifiques demeures s'y développèrent au cours du XVIIIe siècle : les châteaux de la Muette et de Neuilly, la Folie Saint-James et Bagatelle. Sous la Révolution, le bois connut une destruction presque totale. Grâce à Bonaparte, le Bois de Boulogne reprit vie : il fut nettoyé, reboisé et des allées furent ouvertes. Cependant, les troupes alliées qui y campèrent en 1814 et 1815 le laissèrent à l'état de lande désertique. En 1848, le bois devint propriété de l'Etat. En 1852, Napoléon III le céda à la ville de Paris avec obligation pour elle de l'aménager en promenade publique et de l'entretenir. L'Empereur souhaitait en effet en faire une sorte de Hyde Park parisien. Des allées sinueuses furent tracées, les lacs Supérieur et Inférieur furent créés avec deux îles reliées entre elles, la Grande Cascade fut conçue à partir de rochers amenés de Fontainebleau et grâce à d'immenses travaux hydrauliques, trois rivières furent dessinées, 400 000 arbres plantés sans compter les innombrables massifs de fleurs. Il faut ajouter à cela la réalisation de l'hippodrome de Longchamp et les diverses concessions accordées à des sociétés comme le jardin d'Acclimatation ou le Pré-Catelan. Tous ces travaux furent suivis de près par Napoléon III qui voyait là la réalisation parfaite de ses conceptions en matière d'espace vert. En 1857, il fit édifier par Davioud, à la pointe sud du lac Inférieur, un petit pavillon dénommé le "Kiosque de l'Empereur" réservé à son usage personnel. Restauré en 1985 à l'identique, ce charmant pavillon témoigne de l'engouement de la société impériale pour le Bois de Boulogne. Le succès fut tel que le Bois s'imposa bientôt comme la promenade incontournable de l'élite sociale du Second Empire qui se donnait là chaque jour le spectacle de sa propre vanité.
[Jardins de l'avenue Foch](66 200 m2)
Pour relier Paris et le Bois de Boulogne nouvellement aménagé, Napoléon III souhaitait une voie majestueuse en accord avec l'élégance de l'ouest de la capitale. Ce fut l'avenue Foch qui s'appelait alors avenue de l'Impératrice. Décidée par une loi de 1864, ouverte en 1865, l'avenue de l'Impératrice se voulait dans l'esprit de ses concepteurs la plus belle avenue du monde. De fait, tout sera mis en oeuvre à cette fin. Avec une voie carrossable et deux allées latérales, l'une réservée aux piétons et l'autre aux cavaliers, avec des contre-allées et des chaussées aménagées devant les immeubles, l'avenue atteindra près de 140 mètres de large sur 1,5 kilomètres de long. La décoration de cette voie impériale fut confiée à Alphand qui garnit les jardins de toutes les espèces d'arbres et d'arbustes acclimatées à Paris, soit près de 4 000 essences différentes. Aujourd'hui, parmi les arbres remarquables de cette promenade, se trouvent quelques spécimens centenaires dont trois platanes, un marronnier d'Inde, un Sophora du Japon, un orme de Sibérie et un tulipier de Virginie. Dès 1855, avant même que les arbres soient plantés ou juste épanouis, alors que l'avenue était encore en construction et les immeubles en projet, l'avenue de l'Impératrice devint un lieu à la mode où se côtoyaient l'aristocratie et le demi-monde, où les cavaliers élégants et les attelages rutilants rivalisaient de prestance en se rendant au bois de Boulogne.
C'est ici que s'achève cet itinéraire des promenades du Second Empire qui nous a conduit des jardins impériaux aux plus modestes squares de quartier et des parcs populaires aux plus somptueux espaces verts réservés à la haute société. C'est en tout plus de 1 830 hectares qui furent créés et réaménagés sous le Second Empire, soit près de 80% des actuels espaces verts de la capitale. Mais avant de se quitter, il convient de rendre un dernier hommage à celui qui contribua pour la plus grande partie à la réalisation de cet ensemble magnifique, Adolphe Alphand. C'est entre les numéros 17 et 22 de l'avenue Foch qu'un monument fut élevé à sa mémoire en 1899 par Dalou et Formigé. Il figure l'ingénieur debout, sur un piédestal, entouré de quatre de ses collaborateurs, devant un petit monument en exèdre supportant deux bas-reliefs symboliques de son oeuvre : l'un montre des ouvriers effectuant des travaux de terrassement et de pavement, l'autre des jardiniers occupés à la plantation d'un arbre.
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