<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

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Napoléon et la Corse

 


 

Le patrimoine culturel corse est d'une infinie richesse. Il est impossible d'évoquer ici la diversité des trésors offerts à la curiosité du visiteur - archéologie préhistorique, protohistorique et gréco-romaine, art médiéval, école de peinture corse, architecture sacrée baroque, etc. Nous nous contenterons de donner quelques indications sur les visites et les excursions à effectuer à Ajaccio et dans ses environs. Dans un des circuits napoléoniens d'Ajaccio, deux tours, celle de la Parata et celle du Capitello, ont été citées. De nombreuses autres constructions du même type jalonnent les rivages de la Corse. Un résumé sur l'histoire de ces tours dites génoises vous invite à les découvrir.

AJACCIO

Ajaccio ne se réduit pas à la cité génoise et à la ville impériale, berceau de Napoléon Ier. Elle connut en effet un développement urbain intéressant dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle lié à l'expansion du tourisme. Jusqu'à la première guerre mondiale, la Corse fut une destination réservée à quelques privilégiés. Aux premiers voyageurs de l'époque romantique succéda l'aristocratie anglaise. Dès 1830 des bateaux à vapeur relièrent Ajaccio à Nice ou Marseille en une nuit. La ville devint alors le lieu de villégiature des Anglais attirés par la douceur du climat et séduits par la beauté sauvage de la nature. A l'ouest d'Ajaccio, le " quartier des étrangers ", idéalement situé entre la mer et le cours Grandval, fut le témoin de cet engouement mondain. Villas privées et hôtels de luxe y attirèrent le tourisme international de Sissi à Joseph Conrad. En remontant le cours Grandval vers la place d'Austerlitz, on peut encore observer quelques bâtiments de cette période, villas cossues ou grand hôtels reconvertis. Le Grand Hôtel Continental devenu le siège de la Collectivité territoriale de Corse offre un exemple parfait de cette " Belle Epoque " et nous transporte dans l'univers luxueux des palaces du début du siècle. Le magnifique jardin exotique qui précède l'édifice fut aménagé par les premiers propriétaires. Un peu plus haut, le château Conti est une grande demeure construite par un receveur général des Finances du Second Empire, Etienne Conti. Plus loin, au 2 cours du général Leclerc, une riche écossaise, Miss Campbell, fit construire une église anglicane en granit du pays. Destiné aux touristes anglais installés à Ajaccio, elle fut ouverte au culte en 1878. En prenant la rue Miss Campbell puis la rue Gabriel Péri, on rejoint le front de mer et le casino érigé en 1934. Dans les années 30, le thermalisme commençait à se développer entraînant de plus en plus de touristes. Après une interruption pendant la seconde guerre mondiale, le tourisme reprit pleinement en Corse dans les années 60 et l'île de beauté demeure aujourd'hui l'une des destinations préférées des vacanciers européens.
Outre ses richesses architecturales, la région d'Ajaccio possède une faune et une flore encore préservées. Les environs de la cité offrent de belles excursions pédestres permettant leur découverte. L'Office national des Forêts propose également des randonnées dans les forêts domaniales de Chiavari et de San Antone à proximité d'Ajaccio (voir Info pratiques). Voici quelques circuits faciles à effectuer toutefois en respectant les précautions d'usage (eau, protection contre le soleil et bonnes chaussures !).
Le sentier des Crêtes (1h30) propose une promenade à flanc de montagne depuis le bois des Anglais jusqu'à Vignola. Culminant à 370 m, il offre un point de vue magnifique sur le golfe d'Ajaccio. Le retour peut s'effectuer par la ligne 5 des bus.
La corniche du Couchant (1h30) prend son point de départ à 1 km environ avant la tour de la Parata. Le chemin conduit jusqu'aux plages de Capo di Feno par un sentier en corniche qui domine la mer de 50 m. Les points de vue sur les Iles Sanguinaires y sont nombreux et magnifiques. Le retour s'effectue par le même chemin ou par la route qui part de la plage pour rejoindre la route des Sanguinaires.
Le rocher de Gozzi (3h) est accessible par la D81 en direction de Calvi et Cargèse. Prendre à droite au croisement de la route d'Appietto puis s'arrêter à la chapelle San Chirgu. Le chemin commence derrière celle-ci. Il mène jusqu'à un nid d'aigle où les comtes de Cinarca avaient érigées une fortification dont on devine les traces.
La tour de Capo di Muro (1h30) est indiquée sur la route D155 après le lieu dit Acqua Doria. Prendre sur la droite jusqu'à l'indication du début du chemin qui s'enfonce dans le maquis en direction de la tour de Capo di Muro. De celle-ci, on peut apercevoir 7 des 90 tours qui composaient le dispositif de surveillance des côtes corses.

LES TOURS GENOISES

Les tours que l'on dénomme improprement génoises - car toutes ne le sont pas - sont une composante essentielle du paysage côtier de l'île. Tout en conférant aux lieux où elles sont érigées un charme supplémentaire, elles sont un témoignage direct de l'histoire de l'île. La construction des tours côtières s'inscrivit dans la politique de défense du littoral corse depuis la fin du XVe siècle jusqu'au XVIIe. L'Office de Saint-Georges puis la République de Gênes furent à l'origine de cette politique relayés ensuite par les Corses eux-mêmes. Le système de défense ainsi mis en place visait à lutter contre la piraterie, véritable fléau qui dévastait régulièrement les plaines littorales. L'érection des tours s'accéléra au XVIe siècle et un plan de construction fut même établi le 25 juin 1593. Aucune tour ne pouvait être édifiée sans l'autorisation du gouverneur et les frais étaient répartis entre tous les habitants bénéficiant du rôle protecteur de la tour gardée par deux ou quatre personnes, les Torreggiani. Certaines tours optèrent pour une forme carrée telle la tour de Porto mais la plus grande partie des quatre-vingt-dix tours recensées sont rondes. Oscillant entre 12 et 17 mètres de hauteur, elles furent aussi bien construites au niveau de la mer qu'en altitude. Trois parties aisément repérables composent ces constructions : la base, massive et aveugle, le tronc percé de portes, baies et meurtrières et enfin la terrasse, plate forme à mâchicoulis parfois surmontée d'une guérite. Pour plus de renseignements consulter les ouvrages de A. M. Graziani, Les Tours littorales, Editions A. Piazzola, 1992 et de G. Méria et F. Rombaldi, Les Tours du littoral de la Corse, La Marge, 1990.


 

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