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Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

Enrichissements récents :

Musique et parole : Interlude musical sur le Premier Empire (discographie)
Sites, musées et monuments : Le musée des Lettres et Manuscrits (Bruxelles)
Revue de presse : - Tradition magazine, n°260, mars-avril 2012
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ITINÉRAIRES ET PROMENADES


 

Première journée : Chateaubriand, Balzac

 


 



Notre itinéraire commence avec l'évocation du plus grand écrivain du début du XIXe siècle : François-René de Chateaubriand (1768-1848). L'auteur du Génie du Christianisme (1802) se rallia au Consulat fasciné par la personnalité exceptionnelle de Bonaparte. Cette fascination réciproque amena le Premier Consul à lui confier dès 1803 un poste d'ambassadeur à Rome auprès du cardinal Fesch puis une charge de ministre dans le Valais. Mais l'assassinat du duc d'Enghien en 1804 marqua la rupture et, Chateaubriand, à travers un article paru dans le Mercure en 1807, se fit l'opposant le plus déterminé de Bonaparte : "Lorsque, dans le silence de l'abjection, l'on entend plus retentir que la chaîne de l'esclave et la voix du délateur ; lorsque tout tremble devant le tyran, et qu'il est aussi dangereux d'encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l'historien paraît, chargé de la vengeance des peuples". 
 
Après cette parution, l'écrivain fut sommé par la police impériale de s'éloigner de Paris. Commença alors l'exil dans le domaine de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry. C'est là qu'il rédigea une grande partie des Mémoires d'Outre-tombe, récit d'une vie étroitement mêlée à l'histoire. En 1814, il fit paraître un pamphlet intitulé De Buonaparte et des Bourbons dans lequel il dénonçait l'usurpateur et où il reniait jusqu'au génie militaire de l'Empereur. Mais dans les Mémoires, qui ne parurent qu'après sa mort en 1848, Chateaubriand dévoila peu à peu son admiration pour Napoléon, consacrant près d'un tiers de cette oeuvre au héros de l'épopée. Tout en rectifiant certaines de ses précédentes condamnations, l'écrivain porta un regard critique sur l'homme et ses actions : "Bonaparte n'est point grand par ses paroles, ses discours, ses écrits, par l'amour des libertés qu'il n'a jamais eu et n'a jamais prétendu établir ; il est grand pour avoir créé un gouvernement régulier et puissant, un code de lois adopté en divers pays, des cours de justice, des écoles, une administration forte, active, intelligente, et sur laquelle nous vivons encore ; il est grand pour avoir ressuscité, éclairé et géré supérieurement l'Italie ; il est grand pour avoir fait renaître en France l'ordre du sein du chaos [...] il est grand surtout pour être né de lui seul, pour avoir su, lui, se faire obéir de trente six millions de sujets à l'époque où aucune illusion n'environne les trônes [...] pour avoir rempli dix années de tels prodiges qu'on a peine aujourd'hui à les comprendre". 
 
De son vivant, Napoléon ne fut pas célébré par des auteurs dont la postérité s'est souvenue. "J'ai pour moi la petite littérature et contre moi la grande" s'exclamait lucidement l'Empereur. En effet, outre l'opposition de Chateaubriand, il faut citer celles des deux autres figures littéraires marquantes de l'Empire, Germaine de Staël, exilée à Coppet en Suisse dès 1803 pour la hardiesse de ses conceptions politiques, religieuses et sociales, et Benjamin Constant, lui aussi exilé à Coppet, auteur du violent pamphlet De l'esprit de conquête et de l'usurpation paru en 1814. 
 
Notre itinéraire nous ramène ensuite vers Paris, à Passy, plus exactement au 47 rue Raynouard où nous attend la Maison de Balzac
 
Honoré de Balzac (1799-1850), géant de la littérature française s'il en est un, a puisé son énergie créatrice dans l'épopée napoléonienne. N'avait-il pas inscrit sur un buste de Bonaparte qui trônait sur la cheminée de son cabinet de travail rue Cassini : "Ce qu'il a entrepris par l'épée, je l'accomplirai par la plume". Balzac a projeté l'ombre de l'Empereur sur toute La Comédie Humaine en observant et en analysant le fonctionnement de la société issue de la Révolution, une société que Napoléon a largement contribué à forger.
Le travail même de l'écriture était pour Balzac une comparaison perpétuelle avec l'épopée : "Dès lors tout s'agite ; les idées s'ébranlent comme les bataillons de la Grande Armée [...] Les souvenirs arrivent au pas de charge, enseignes déployées ; la cavalerie légère des comparaisons se développe par un magnifique galop ; l'artillerie de la logique accourt avec son train et ses gargousses ; les traits d'esprit arrivent en tirailleurs. Les figures se dressent, le papier se couvre d'encre car la lutte commence et finit par des torrents d'eau noire, comme la bataille par sa poudre noire. Chaque jour est un Austerlitz de la création".
 
"Notre Napoléon littéraire" tel que le qualifiait Paul Bourget, a mis en scène l'Empereur à plusieurs reprises dans ses romans ou nouvelles. De façon directe dans Une Ténébreuse Affaire, roman historique et policier appartenant aux scènes de la vie politique, de façon indirecte dans les scènes de la vie privée avec Une Double Famille ou bien le célèbre Colonel Chabert que tous croyaient mort sur le champ de bataille d'Eylau. Le Médecin de Campagne (scènes de la vie de campagne) permit à l'écrivain de composer le texte le plus important de toute la Comédie Humaine sur l'épopée napoléonienne, à partir du témoignage d'un vieux soldat de l'empire dénommé Goguelat. Les scènes de la vie militaire devaient, dans le plan initial de la comédie, retracer toute l'envergure de cette épopée. L'auteur ne réalisa que deux livres sur la vingtaine prévue : Les Chouans et Une passion dans le désert, curieuse nouvelle mettant en scène un soldat de l'armée d'Egypte. Parmi les Etudes philosophiques, il est à noter El Verdugo qui se situe pendant la campagne d'Espagne et une singulière nouvelle intitulée Adieu, où Balzac transporte soudainement son lecteur dans les plaines glacées de la Russie à travers une poignante description du passage de la Bérésina.


 

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