<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
IN ENGLISH

Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

Enrichissements récents :

Interview : Bruno Colson : l'art de la guerre de Napoléon (février 2012)
Quizz : Les grandes réformes sous le Consulat et l'Empire (juill. 2010)
Vient de paraitre : Les damnés de la République (roman)
anglegauche angledroit

ITINÉRAIRES ET PROMENADES


 

La bataille de Iéna

 


 



Le parcours débute devant la Pierre Napoléon. Elle se situe à environ 400 m du musée Cospeda 1806, sur la plus haute élévation du Landgrafenberg, au lieu-dit « Windknollen ». D'ici le visiteur découvre un splendide panorama d'Iéna et de la moyenne vallée de la Saale.
A l'origine cet endroit abritait une borne qui marquait la frontière entre Iéna et Cospeda. C'est légèrement en dessous de ce lieu-dit que Napoléon passa la nuit avec ses troupes. Il était arrivé à Iéna dans l'après-midi du 13 octobre, entre 14 h et 15 h et s'était rendu immédiatement sur le Landgrafenberg, tenu par les troupes françaises. « Il choisit l'emplacement de son bivouac et donna ses ordres », c'est là qu'il indiqua aux différents commandants de ses troupes les positions à occuper durant les combats du lendemain. « A la nuit tombante il monte à son bivouac. A 22 h, il va surveiller les travaux pour assurer un passage à l'artillerie jusqu'au sommet. Le mardi 14 à 1h, avec Suchet, il fait la reconnaissance sur la ligne des avant-postes. A 6h, il monte à cheval et passe entre les bataillons du 5ème corps qu'il harangue ».
Après la bataille, l'empereur passa la nuit au château (où se trouve actuellement le bâtiment principal de l'université) et se rendit le 15 octobre à Weimar.
Napoléon retourna sur le Landgrafenberg en 1808, à l'occasion de la rencontre des empereurs. C'est là qu'il promit à une délégation d'habitants d'Iéna de verser des dédommagements pour les dommages subis pendant la guerre. Après la Seconde Guerre Mondiale, la pierre fut perdue. Ce n'est qu'en 1991 qu'une nouvelle pierre fut mise en place.

Musée 1806 Iéna-Cospeda © Stadtmuseum Jena

Musée 1806 Iéna-Cospeda © Stadtmuseum Jena
  

Il faut ensuite parcourir environ 400 mètres pour atteindre la prochaine étape : le musée 1806 de Iéna - Cospéda.
Afin de mieux comprendre l'histoire des deux batailles et de percevoir avec plus de précision le contexte et les enjeux des événements qui se sont déroulés sur le site de Iéna, une visite du musée 1806-Iéna Cospeda s'impose tout d'abord. Il s'agit ici de découvrir des pièces liées à l'histoire de la bataille et de la guerre de 1806-1807, le musée présente de plus des cartes et des tableaux détaillés, des dioramas et des récits de témoins de l'époque. Il traite aussi des fardeaux de la guerre que les hommes eurent à porter, le quotidien des soldats, leurs uniformes et leurs armes sont aussi évoqués.
 


Nous proposons ensuite aux visiteurs de suivre les sites importants liés aux combats dans l'ordre chronologique du déroulement de la bataille et de découvrir les monuments de commémoration qui s'y trouvent.  
Sur des tables d'information, les « sites historiques importants » fournissent aux visiteurs des explications détaillées concernant les épisodes déterminants des combats. Sur un sol historique, les visiteurs embrassent le champ de bataille du regard avec la même perspective que les personnages dont l'histoire est racontée sur les tables en question.


Dornberg © Stadtmuseum Jena

Dornberg © Stadtmuseum Jena

Agrandir
  

Combats au Dornberg
Situé entre Krippendorf et Closewitz, le Dornberg marque le point le plus élevé du champ de bataille d'Iéna. De là, il était possible d'embrasser du regard l'ensemble du champ de bataille en direction du Nord et de l'Ouest. Napoléon avait pleinement conscience de l'énorme importance stratégique qui en résultait et il mit tout en oeuvre pour conquérir le Dornberg dès que les combats près d'Iéna furent engagés.
Pendant la nuit, des troupes françaises occupèrent le Landgrafenberg avec tout leur barda – un véritable exploit logistique, surtout quand on pense au transport des canons dans un terrain aussi difficilement accessible.
Le 14 octobre, à 6 heures, les Français passèrent à l'attaque au Dornberg. Les troupes saxonnes et prussiennes qui tenaient cette colline sous la direction du général Tauentzien purent dans un premier temps tenir tête aux troupes françaises. Mais, dans un épais brouillard, un nombre croissant de soldats français se pressait vers le Dornberg en passant par le plateau de Cospeda. Vers 9 heures, attendant désespérément un soutien qui ne venait pas, Tauentzien dut battre en retraite vers Isserstedt/Vierzehnheiligen face à la supériorité numérique des Français. Napoléon avait atteint son but et de là, il pouvait coordonner le déroulement des opérations dans les meilleures conditions.



Combats près de Rödigen
Peu après, des troupes françaises affrontèrent des unités prussiennes et saxonnes près du village de Rödigen. La veille des combats, le général Holtzendorf y avait prit ses quartiers et avait réparti ses soldats sur plusieurs villages. Cette séparation géographique fut un grand handicap lorsque les combats furent engagés. Ce n'est qu'à grand peine que Holtzendorf  parvint à former ses troupes. Vers 10 heures, la ligne de bataille prussienne se trouvait entre Rödigen et Lehesten. Très rapidement, Holtzendorf dut s'avouer vaincu face aux attaques françaises pour battre en retraite vers Apolda. Ainsi, la voie était libre pour les Français, leur permettant d'attaquer l'aile gauche de l'armée prussienne-saxonne près de Krippendorf. La bataille était entrée dans une phase décisive.

Le Monument Bissing est situé entre les petites communes de Rödigen et Lehesten. Il rappelle l'histoire du premier lieutenant saxon August von Bissing qui trouva la mort dans les combats de Rödigen.


combats près de Vierzehnheiligen © Stadtmuseum Jena

combats près de Vierzehnheiligen © Stadtmuseum Jena

Agrandir
  

Combats près de Vierzehnheiligen
Après la conquête du Dornberg, Napoléon pouvait voir qu'une grande partie des troupes prussiennes-saxonnes avait pris position dans la plaine située derrière Vierzehnheiligen. Peu après, cette petite ville, connue pour son église médiévale, se trouvait au centre des combats. Vers 10 heures, les combats faisaient rage. Dans un premier temps, les Prussiens, placés sous le commandement du prince von Hohenlohe-Ingelfingen, purent stopper les attaques françaises. Mais c'est alors que le prince fit une erreur monumentale. Il fit tenir une fine ligne par ses troupes, reliant Isserstedt,Vierzehnheiligen et Krippendorf – sans occuper les villages et sans faire appel à la cavalerie dont il disposait. Peu soutenus, ses soldats durent résister plus de deux heures aux tirs des tirailleurs français qui, bien à couvert dans les villages, pouvaient tirer à loisir sur les lignes ennemies. Entre-temps, Napoléon avait fait amener des troupes et des canons supplémentaires depuis le Dornberg, qui infligèrent de sévères pertes aux troupes prussiennes-saxonnes. Depuis Rödigen, la cavalerie française commença à enfoncer les lignes de défense prussiennes sur le flanc gauche. Vers 13 heures, le carnage atteignit son apogée – la ligne prussienne ne put résister plus longtemps. Dès lors, on ne voyait plus grand-chose de la discipline prussienne. Des régiments entiers de l'armée des alliés Prussiens et Saxons cherchèrent leur salut dans la fuite. La bataille d'Iéna avait pris un tournant décisif.
Situation : Chemin de l'Europe entre Vierzehnheiligen et Krippendorf



Moulin de Krippendorf © Stadtmuseum Jena

Moulin de Krippendorf © Stadtmuseum Jena

Agrandir
  

L'ancien moulin à vent de Krippendorf est visible de loin au Nord de Krippendorf, il servait déjà de point d'orientation important à Napoléon pendant les combats et reste un témoignage vivant des événements d'octobre 1806.
 
Monument Eberhard : Il est question ici des environs du moulin historique de Krippendorf. Des champs s'étendent à perte de vue et il est difficile de s'imaginer l'horrible carnage qui y eut lieu il y a 200 ans. Seul un étroit sentier entre Vierzehnheiligen et Krippendorf, bordé de cerisiers, rappelle cet épisode sanglant.



Le « chemin de l'Europe » marque les positions prussiennes durant les combats de Vierzehnheiligen. Les soldats avaient été contraints de rester « plantés » là les uns à côté des autres, tout comme les arbres de nos jours. Le monument commémore la mort du commandant du régiment d'infanterie Grawert, major von Eberhard, tombé au cours des combats. Il se situe aussi sur le chemin de l'Europe. Le projet « chemin de l'Europe » a été lancé en 2003 par l'association « Lebensraum Gönnatal e.V. » et symbolise le passage d'un statut d'ennemis héréditaires à une Europe unifiée. Au cours de ces dernières années et avec le soutien de différents partenaires, cette association a installé tout au long du chemin des tableaux portant des citations et a planté toute une série d'arbres.
 
En 1806, la petite commune de Vierzehnheiligen se trouvait en plein coeur de la bataille de Iéna. Un monument près de l'église du village, conçu selon des plans du Prof. Max Unger de Berlin, fut inauguré le 14 octobre 1906, à l'occasion du 100ème anniversaire de la bataille. Ce monument évoque les victimes et un tableau en bronze porte le nom de 53 officier prussiens.


Eglise de Iéna le soir du 14 octobre 1806 © Stadtmuseum Jena

Eglise de Iéna le soir du 14 octobre 1806 © Stadtmuseum Jena

Agrandir
  

Combats à la Schnecke
Alors que les combats atteignaient leur apogée, une division saxonne observait le déroulement des opérations depuis une colline en dehors du Mühltal d'Iéna, au lieu-dit la «Schnecke», près de Vierzehnheiligen. Ceux qui se rendent aujourd'hui à Iéna depuis Weimar traversent le Mühltal avec de nombreux virages à partir d'Isserstedt. En 1806, contrairement à nos jours, la vallée n'était pas encore boisée. Les collines environnantes offraient un bon point de vue sur le champ de bataille près de Vierzehnheiligen. Ici, les Saxons attendaient les ordres du commandant en chef prussien, le prince Hohenlohe-Ingelfingen qui n'arrivait pas. Ils n'obtinrent aucune information concrète concernant le déroulement des opérations et on ne les appela en pas renfort. Ils se contentèrent donc d'attendre, bien à l'abri dans le Mühltal, en attendant les attaques des troupes françaises qui, dans un premier temps, n'eurent pas lieu. Ce n'est que vers 13 heures – la partie était jouée depuis longtemps près de Vierzehnheiligen – que se déroulèrent des combats à la Schnecke entre les troupes saxonnes et des unités françaises du corps d'armée d'Angereau. Les Français avaient également remporté cette bataille aux environs de 14.30 heurs. Une partie des Saxons fut faite prisonnière, l'autre s'enfuit.
Situation: au Sud de la B 7, près d'Isserstedt.


Combats au Sperlingsberg © Stadtmuseum Jena

Combats au Sperlingsberg © Stadtmuseum Jena

Agrandir
  

Combats au Sperlingsberg
Le dernier chapitre de la bataille d'Iéna fut écrit avec les combats au Sperlingsberg, près de Kapellendorf. Le 12 octobre, le prince de Hohenlohe-Ingelfingen avait installé sont quartier général dans le château de cette petite ville. Après la défaite de Vierzehnheiligen, une grande partie des troupes prussiennes et saxonnes vint se réfugier à Kappellendorf pour se joindre aux corps d'armée du général Rüchel, que Hohenlohe-Ingelfingen avait déjà appelé au secours quelques heures auparavant. Les tentatives du général visant à intégrer les fuyards dans ses troupes pour reformer un corps d'armée échouèrent. Malgré tout, il lança une contre-attaque aux environs de 14 heures au Sperlingsberg avec des troupes reposées – en montée, sans connaître les forces de l'ennemi. L'offensive de Rüchel échoua face au feu de l'artillerie de l'armée française. En seulement 30 minutes, la troupe comptant 15.000 hommes fut défaite.
Situation: Route entre Kappellendorf et Großromstedt


Le château de Kappellendorf est une étape essentielle de notre parcours.
Il se situe dans le triangle entre Apolda – Iéna et Weimar. Ce château fort, datant du milieu du XIIème siècle peut s'enorgueillir d'une histoire mouvementée. Du 12 au 14 octobre de 1806, il abrita le quartier général de l'armée des alliés Prussiens et Saxons sous le commandement du prince Hohenlohe-Ingelfingen. Non loin du château, on peut voir une tour commémorative sur le Sperlingsberg qui rappelle les derniers combats de la bataille d'Iéna. Le château abrite un tableau de F.L. Schuster « Le bataillon des fantassins saxons ‘Aus dem Winkel' dans la bataille d'Iéna ».

A l'extérieur il convient de se rendre aux endroits où ont été érigés deux monuments, d'une part celui dédié au bataillon de fantassins saxons « Aus dem Winkel » et au commandant auquel il doit son nom, Julius Heinrich aus dem Winkel, il se trouve au milieu de champs, il faut prendre le chemin communal entre Hohlstedt et Kappellendorf.

Le second monument est une tour en pierre à chaux, d'une hauteur de 12 m, inaugurée le 14 octobre 1906 sur le Sperlingsberg, une colline à l'est de Kappellendorf. Cette tour est dédiée aux morts du corps d'armée de Rüchel qui fut défait en cet endroit durant la dernière bataille d'Iéna. Du sommet de la tour, les visiteurs découvrent un splendide panorama embrassant le Weimarer Land jusqu'à Ettersberg.
Situation: entre Kappellendorf & Großromstedt

 
Juin 2006


 

  Imprimer

 
Les parcours :
Lettre d'info | Mon Napoleon.org | Plan du site | Contacts | Mettre dans vos favoris | Mentions légales | ISSN 2272-1800