<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

Enrichissements récents :

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Revue de presse : - Tradition magazine, n°260, mars-avril 2012
Quizz : Les grandes réformes sous le Consulat et l'Empire (juill. 2010)
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ITINÉRAIRES ET PROMENADES


 

Les bois

 


 






  

Bois de Vincennes (995 hectares)
 
Réserve de chasse des rois de France, le Bois de Vincennes est célèbre pour avoir abrité Saint-Louis qui, selon la légende, rendait la justice sous un de ses chênes. C'est Philippe VI puis Charles V qui construisirent le château, embelli sous Louis XIV. A la Révolution, le domaine fut classé bien national. Napoléon Ier transforma le château en arsenal en 1808 et fit raser les huit tours d'enceinte hormis celle dite du village. En 1857, Napoléon III confia à Alphand un vaste plan d'aménagement et d'embellissement particulièrement difficile à réaliser en raison de l'implantation des champs de tir et des camps de manoeuvre du fort militaire en plein milieu du bois. Alphand conserva l'ordonnance générale des grands axes, mais transforma en parc à l'anglaise les pelouses et les espaces vides en les reliant par des chemins sinueux. Il fit creuser et aménager successivement trois lacs, le lac des Minimes et ses trois îles, le lac de Gravelle et le lac de Saint-Mandé. En 1860, un sénatus-consulte cédait à la ville de Paris 934 hectares de bois avec charge pour elle de poursuivre les travaux. La butte de Gravelle et le lac de Daumesnil avec les îles de Bercy et de Reuilly furent ainsi créés et l'établissement d'enseignement horticole de la ville de Paris y fut implanté en 1867 (arboretum de Breuil). Le parc zoologique et le parc floral, tous deux de création plus récente, constituent aujourd'hui les lieux les plus visités du Bois de Vincennes.
 





  

Bois de Boulogne ( 845 hectares)
 
Le Bois de Boulogne est une survivance de l'antique forêt de Rouvray où Isabelle de France, soeur de Saint-Louis, s'était retirée pour fonder l'abbaye de Longchamp. Le moulin du même nom est aujourd'hui le seul vestige de l'abbaye. Au XIVe siècle, des pèlerins revenant de Boulogne-sur-Mer obtinrent d'y élever une église d'où le nom du lieu qui s'imposa sous Louis XI. Au XVIe siècle, François Ier y fit bâtir le château de Madrid aujourd'hui disparu. Alors qu'au XVIIe siècle, Lonchamp fut une promenade prisée, de magnifiques demeures s'y développèrent au cours du XVIIIe siècle : les châteaux de la Muette et de Neuilly, la Folie Saint-James et Bagatelle. Sous la Révolution, le bois connut une destruction presque totale. Grâce à Bonaparte, le Bois de Boulogne reprit vie : il fut nettoyé, reboisé et des allées furent ouvertes.





  

Cependant, les troupes alliées qui y campèrent en 1814 et 1815 le laissèrent à l'état de lande désertique. En 1848, le bois devint propriété de l'Etat. En 1852, Napoléon III le céda à la ville de Paris avec obligation pour elle de l'aménager en promenade publique et de l'entretenir. L'Empereur souhaitait en effet en faire une sorte de Hyde Park parisien. Des allées sinueuses furent tracées, les lacs Supérieur et Inférieur furent créés avec deux îles reliées entre elles, la Grande Cascade fut conçue à partir de rochers amenés de Fontainebleau et grâce à d'immenses travaux hydrauliques, trois rivières furent dessinées, 400 000 arbres plantés sans compter les innombrables massifs de fleurs. Il faut ajouter à cela la réalisation de l'hippodrome de Longchamp et les diverses concessions accordées à des sociétés comme le jardin d'Acclimatation ou le Pré-Catelan.




  

Tous ces travaux furent suivis de près par Napoléon III qui voyait là la réalisation parfaite de ses conceptions en matière d'espace vert. En 1857, il fit édifier par Davioud, à la pointe sud du lac Inférieur, un petit pavillon dénommé le "Kiosque de l'Empereur" réservé à son usage personnel. Restauré en 1985 à l'identique, ce charmant pavillon témoigne de l'engouement de la société impériale pour le Bois de Boulogne. Le succès fut tel que le Bois s'imposa bientôt comme la promenade incontournable de l'élite sociale du Second Empire qui se donnait là chaque jour le spectacle de sa propre vanité.
 
Karine Huguenaud (1997)



 

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