<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

Enrichissements récents :

Revue de presse : - Tradition magazine, n°260, mars-avril 2012
Interview : Bruno Colson : l'art de la guerre de Napoléon (février 2012)
A Table : LE NAPOLEON (gâteau russe)
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ITINÉRAIRES ET PROMENADES


 

Les jardins

 


 






  

Jardin des Tuileries et du Carrousel (28 ha)
 
Situé entre la place de la Concorde et le Louvre, les jardins des Tuileries et du Carrousel sont contemporains de l'édification du palais des Tuileries par Catherine de Médicis en 1564. Un siècle plus tard, Le Nôtre en reprit le tracé pour composer un exemple parfait du jardin à la française. Lieu de la promenade publique mondaine au XVIIIe siècle, le jardin des Tuileries resta ouvert à tous au XIXème, tandis que la partie la plus proche du palais, bientôt nommée jardin du Carrousel, était liée à la demeure du souverain. Sous le Second Empire, ce jardin fut aménagé à l'anglaise pour l'usage privé de Napoléon III et de la famille impériale. La destruction du palais des Tuileries lors de la Commune rendit cet espace au public.
Dans le jardin des Tuileries ouvert à tous, Napoléon III respecta la structure classique déjà existante. Il fit cependant édifier le Jeu de Paume pour les distractions du prince impérial. Après avoir accueilli les collections impressionnistes, c'est un espace aujourd'hui dévolu à l'art contemporain.




  

Jardin du Luxembourg (224 500 m2)
 
Jardin lié au palais du Luxembourg construit par Marie de Médicis au début du XVIIe siècle, il passa dans l'héritage du frère de Louis XIII, Gaston d'Orléans, qui l'ouvrit au public. Après maintes vicissitudes, il fut amputé une première fois quand le comte de Provence en prit possession. Durant la Révolution, il fut tour à tour jardin du palais transformé en prison, puis jardin du palais siège du gouvernement du Directoire pour finir sous l'Empire, jardin du palais du Sénat. C'est sous le Second Empire qu'il connut ses bouleversements les plus importants. Un décret du 28 novembre 1865 prévoyait la destruction d'un tiers du jardin : 10 hectares de nature "sauvage" allaient disparaître en dépit des réactions protestataires comme une pétition de 10 000 signatures.





  

Le 18 février 1866, Napoléon III visita le jardin et confirma l'amputation de 12 hectares parmi lesquels la célèbre Pépinière des Chartreux. Un ordonnancement classique supplanta ainsi l'aspect romantique du lieu et le jardin du Luxembourg fut fixé dans son périmètre actuel. Davioud installa ses fameuses grilles, on divisa en square les terrains près de l'Observatoire et le jardin fut peuplé de statues (aujourd'hui, on en dénombre près de quatre-vingt). La fontaine Médicis fut décorée en 1864 des groupes de Polyphème et d'Acis et Galatée par Ottin tandis que Gisors lui adossait en 1866 la fontaine du Regard, d'époque Empire, déplacée par le percement de la rue de Rennes.
Seule fausse note dans la politique des Espaces verts du Second Empire, le Luxembourg est aujourd'hui l'un des jardins les plus animés de la capitale.







  

Jardin Robert-Cavelier-de-la-Salle (11154 m2)  - Jardin Marco-Polo (10903 m2)
 
Ces deux jardins furent aménagés en 1867 entre le Luxembourg et l'Observatoire. Situés sur une partie de l'antique château Vauvert que l'on disait habité par le diable (d'où l'expression "aller au diable Vauvert !"), ils sont plantés chacun de quatre rangées de majestueux marroniers à fleurs blanches, taillés en marquise et décorés de parterres fleuris où se dressent des statues dues aux plus fameux sculpteurs du Second Empire : La Nuit par Gumery et Le Crépuscule par Crauk dans le jardin Cavelier de la Salle ; Le Jour par Perraud et L'Aurore par Jouffroy dans le jardin Marco Polo. Cette magnifique perspective s'achève avec la célèbre fontaine des Quatre Parties du Monde. Oeuvre collective exécutée en bronze sous la direction de Davioud, elle est surtout remarquable pour sa partie supérieure due au génie de Carpeaux.





  

Jardins des Champs-Elysées ( 13,7 hectares)
 
Cette promenade créée au XVIIe siècle par Le Nôtre devint bien national en 1792. Les Chevaux de Marly, oeuvre de Guillaume Coustou commandée par Louis XIV, furent alors installés à l'entrée des jardins, place de la Concorde, sur des piédestaux dessinés par David. De mars 1814 à mars 1816, les troupes alliées campant aux Champs-Elysées dévastèrent complètement les lieux. Sous le Second Empire, les jardins devinrent un lieu à la mode grâce à l'implantation de cafés, de restaurants et de théâtres avant d'être aménagés à l'anglaise par Alphand en 1858 : pelouses vallonnées, massifs d'arbres et d'arbustes rares, corbeilles de fleurs composent encore aujourd'hui un paysage inchangé depuis plus de cent ans. A la place des Petits et Grands Palais construits pour l'Exposition universelle de 1900, s'élevait le Palais de l'Industrie, immense construction métallique qui accueillit la première Exposition universelle française en 1855. Durant le reste de l'Empire, c'est là que se déroulèrent les Salons artistiques et notamment le fameux Salon des Refusés de 1863. Le théâtre du Rond-Point (ancien Palais des Glaces) est une réalisation de Davioud inaugurée en 1860. Le théâtre Marigny, quant à lui, est du à Charles Garnier.


L'avenue Foch

L'avenue Foch
  

Jardins de l'avenue Foch (66 200 m2)
 
Pour relier Paris et le Bois de Boulogne nouvellement aménagé, Napoléon III souhaitait une voie majestueuse en accord avec l'élégance de l'ouest de la capitale. Ce fut l'avenue Foch qui s'appelait alors avenue de l'Impératrice. Décidée par une loi de 1864, ouverte en 1865, l'avenue de l'Impératrice se voulait dans l'esprit de ses concepteurs la plus belle avenue du monde. De fait, tout sera mis en oeuvre à cette fin.
Avec une voie carrossable et deux allées latérales, l'une réservée aux piétons et l'autre aux cavaliers, avec des contre-allées et des chaussées aménagées devant les immeubles, l'avenue atteindra près de 140 mètres de large sur 1,5 kilomètres de long. La décoration de cette voie impériale fut confiée à Alphand qui garnit les jardins de toutes les espèces d'arbres et d'arbustes acclimatées à Paris, soit près de 4 000 essences différentes. Aujourd'hui, parmi les arbres remarquables de cette promenade, se trouvent quelques spécimens centenaires dont trois platanes, un marronnier d'Inde, un Sophora du Japon, un orme de Sibérie et un tulipier de Virginie. Dès 1855, avant même que les arbres soient plantés ou juste épanouis, alors que l'avenue était encore en construction et les immeubles en projet, l'avenue de l'Impératrice devint un lieu à la mode où se côtoyaient l'aristocratie et le demi-monde, où les cavaliers élégants et les attelages rutilants rivalisaient de prestance en se rendant au bois de Boulogne.
C'est entre les numéros 17 et 22 de l'avenue Foch qu'un monument fut élevé à la mémoire d'Alphand en 1899 par Dalou et Formigé. Il figure l'ingénieur debout, sur un piédestal, entouré de quatre de ses collaborateurs, devant un petit monument en exèdre supportant deux bas-reliefs symboliques de son oeuvre : l'un montre des ouvriers effectuant des travaux de terrassement et de pavement, l'autre des jardiniers occupés à la plantation d'un arbre.
 
Karine Huguenaud (1997)



 

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