<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
IN ENGLISH

Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

Enrichissements récents :

Musique et parole : Interlude musical sur le Premier Empire (discographie)
Interview : Bruno Colson : l'art de la guerre de Napoléon (février 2012)
Vient de paraitre : Les damnés de la République (roman)
anglegauche angledroit

ITINÉRAIRES ET PROMENADES


 

Les parcs

 


 







Agrandir
  

Parc Monceau
 
Sur un terrain acheté par le duc de Chartres en 1769, Carmontelle aménagea un jardin "d'illusion" remanié à l'anglaise par le jardinier-paysagiste Blaikie. Sous l'Empire, Napoléon, intéressé par le domaine, songea à lui donner une nouvelle destination comme ménagerie ou comme jardin particulier du Roi de Rome. Mais, c'est le Second Empire qui conféra à l'ensemble l'aspect que lui connaissons aujourd'hui. En 1860, à l'occasion de l'ouverture du boulevard Malesherbes, la ville de Paris s'en porta l'acquéreur et expropria les vingt hectares de l'ancien parc. La moitié fut vendue pour 8 millions à Pereire qui procéda à une vaste opération immobilière, tandis que l'autre partie était transformée en jardin par Haussmann et son équipe. Inauguré le 13 août 1861 par Napoléon III, le parc remporta auprès du public un succès immédiat, lié tant à sa réussite esthétique qu'au lotissement des terrains alentours. C'est en effet sur la plaine Monceau que la bourgeoisie triomphante de l'époque impériale fit élever ses hôtels particuliers. Les demeures jouxtant le parc devaient respecter certaines règles édictées par Haussmann, comme une bande de verdure de 15 mètres devant la demeure et une grille la séparant de l'espace public. Davioud dessina des grilles en accord avec la nouvelle richesse du quartier : de toutes celles conçues pour les espaces verts parisiens du Second Empire, ce sont les plus magnifiques.
 





  

L'ensemble du parc a été recomposé avec raffinement grâce aux artifices prisés par Alphand pour créer l'illusion d'une nature harmonieuse : rochers, cascades, petit pont enjambant un ruisseau, pièce d'eau, sentiers sinueux... La Rotonde dite Pavillon de Chartres, ancienne barrière d'octroi réalisée par Ledoux, fut restaurée par Davioud en pavillon des gardiens. Les "fabriques" - ces éléments décoratifs typiques de l'art des jardins du XVIIIe siècle - qui parsemaient l'ancienne "folie de Chartres", furent également conservées. Elles ajoutèrent encore au charme de l'ensemble comme en témoigne la Naumachie, cette colonnade provenant du tombeau inachevé de Henri II à Saint-Denis. Le parc Monceau abrite l'arbre le plus gros de la capitale : un platane d'Orient mesurant 7 mètres de circonférence à un mètre du sol.




  

Parc Montsouris (15,5 hectares)
 
Dans le but de faire pendant au parc des Buttes-Chaumont établi au nord, la création du parc Montsouris fut décidée par décret impérial en 1865 afin d'accueillir les populations du sud de la capitale. Commencé en 1867, il ne fut achevé qu'en 1878, la guerre de 1870 ayant considérablement retardé les travaux. Le terrain s'avérait particulièrement difficile à lotir en raison de deux lignes de chemin de fer qui le traversaient. Alphand transforma cet espace accidenté, adossé aux fortifications de thiers, en un véritable jardin à l'anglaise. Trois vastes pelouses plantées de bosquets et sillonnées de sentiers dessinent ce jardin au plan trapézoïdal. Il se termine à l'extrêmité nord-est par une grande pièce d'eau accueillant une nombreuse faune aquatique. Trois ponts relient entre elles les différentes parties et les voies ferrées ont été dissimulées dans des ravins entourés d'arbres.





  

On peut d'ailleurs y admirer quelques spécimens datant de la création du parc comme un peuplier de Virginie (à l'entrée nord), un cèdre du Liban (au nord du lac) ou un séquoia d'Amérique (à l'ouest du bâtiment de la météorologie). Outre les sculptures postérieures au Second Empire, le parc abrite une stèle de 5 mètres de haut, la mire de l'observatoire, oeuvre de Vaudoyer achevée en 1806. Après l'Exposition universelle de 1867 où il avait été présenté, on y installa le Bardo, réplique du palais d'été du Bey de Tunis. Le service météorologique s'installa en 1869 dans ce fragile mais splendide édifice de bois qui disparut malheureusement dans un incendie en 1991.

Parc du Ranelagh (6 hectares)
 
Tracé par Haussmann, le parc fut ouvert en 1860 sur l'emplacement dit "de la pelouse", un élégant point de rencontre où s'élevait le bal du Ranelagh qui vit danser Lucien Bonaparte, Barras, Tallien ou la belle Juliette Récamier. Le parc fait face au musée Marmottan qui abrite les collections d'un passionné du Premier Empire.






  

Parc des Buttes-chaumont (25 hectares)
 
Endroit de sinistre réputation qui prêta pendant quatre siècles ses pentes au gibet de Montfaucon, les Buttes-Chaumont furent exploitées à partir du XVIIIe siècle pour leurs carrières de calcaire. En 1814, elles furent le théâtre de violents combats entre les troupes françaises et les troupes alliées. Sous la Restauration, elles devinrent une décharge à ordures pour les quartiers alentour, tandis que des dépotoirs de vidange et des ateliers d'équarrissage s'y installaient. C'est dire si ce lieu paraissait peu propice à l'aménagement d'un espace vert ! Et pourtant, c'est sur ce terrain composé de glaise et de marne argileuse, donc impropre à la pousse d'une quelconque végétation, que Haussmann et Alphand décidèrent d'implanter un parc destiné aux populations du nord de la capitale. En effet, en 1860, Napoléon III voulut offrir un grand jardin aux habitants des nouvelles communes annexées de Belleville et de la Villette.





  

Trois années de travaux furent nécessaires, de 1864 à 1867, pour réaliser le magnifique paysage que nous connaissons aujourd'hui. Il fallut effectuer des terrassements, des remblaiements, apporter de la bonne terre, créer près de cinq kilomètres de routes, procéder aux plantations et réaliser les aménagements suivants : un lac de deux hectares dominé par un promontoire de 30 mètres résultant de l'exploitation des carrières ; installer une rotonde sur ce promontoire, le "temple de la Sybille", imité de celui de Tivoli par Davioud ; concevoir une grotte et une cascade fonctionnant avec l'eau pompée au canal Saint-Martin ; construire deux ponts, "le pont suspendu" et "le pont des Suicidés", huit pavillons de gardiens, des restaurants, un kiosque à musique...
Le parc fut inauguré dans l'enthousiasme général lors des festivités liées à l'Exposition universelle de 1867. Il est toujours aujourd'hui le témoin éclatant de la plus belle réussite du Second Empire en matière d'espace vert.
 
Karine Huguenaud (1997)


 

  Imprimer

 
Lettre d'info | Mon Napoleon.org | Plan du site | Contacts | Mettre dans vos favoris | Mentions légales | ISSN 2272-1800