<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

Enrichissements récents :

Littérature et poésie : Mémorial de Sir Hudson Lowe, relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène
Revue de presse : - Tradition magazine, n°260, mars-avril 2012
A Table : LE NAPOLEON (gâteau russe)
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ITINÉRAIRES ET PROMENADES


 

L'URBANISME ET LA STATUAIRE

 


 



Statue de Bonaparte en Premier Consul, place Foch © Fondation Napoléon

Statue de Bonaparte en Premier Consul, place Foch © Fondation Napoléon
  

Ce troisième circuit ajaccien va nous permettre d'évoquer les aménagements urbains effectués sous le Premier Empire tout en partant à la rencontre des monuments élevés postérieurement en l'honneur de Napoléon. 
Le point de départ se situe place du général Foch devant la Fontaine des Quatre Lions. Cette fontaine de granit corse fut édifiée en 1827 sur les plans de Maglioli. La statue en marbre est l'oeuvre de Maximilien Laboureur ; elle figure Bonaparte en Premier Consul drapé d'une toge romaine. Les dimensions modestes et originales de la place, la parfaite intégration du monument dans l'espace, la statue dont la silhouette se découpe à merveille sur le ciel ou sur les façades blanches et ocres donnent au lieu un charme incomparable.


Emprunter l'avenue du premier Consul pour parvenir place du général de Gaulle, ancienne place du Diamant. Cette place fut inaugurée en 1802 sous le nom de place Bonaparte par le préfet Miot. Elle témoigne des nouvelles conceptions qui se firent jour en matière d'urbanisme à la fin du XVIIIe siècle et qui prônaient un rationalisme nouveau tout en s'inspirant des villes de l'Antiquité : goût des grandes artères, rues se coupant à angle droit, place carrée très dégagée pour les cérémonies et les fêtes, symétrie, etc.
Dans cet esprit, le préfet Miot commanda en l'An IX (1801-1802) à l'ingénieur des ponts et chaussées, le maltais Petrucci, un grand plan de la ville d'Ajaccio qui prévoyait la destruction des remparts autour de la place de l'Olmo (place Foch) et celle de la porte de la ville qui comprimaient trop la cité. Il envisageait le développement de celle-ci sur des jardins particuliers au-delà de l'actuelle rue Fesch. Ce plan fut remplacé par un autre réalisé, selon la légende, sous la direction même de Napoléon. Deux copies en ont été conservées dont l'une porte au dos l'inscription « plan d'agrandissement et d'embellissement d'Ajaccio envoyé de Paris par le cardinal Fesch avec la mention « anciens plans approuvés et exécutés en partie ». Les murailles furent effectivement abattues ainsi que le bastion du Diamant mais la nouvelle idée fut d'esquisser les deux grands axes de la ville et de réaliser la place Bonaparte. Ce plan mit ainsi en oeuvre la préfiguration du cours Napoléon grâce à l'arasement d'une colline dont témoignent encore aujourd'hui des à pics derrière la poste et celle du cours Grandval. Les déblais servirent à gagner un nouvel espace sur la mer, en contrebas de la rue Fesch, qui permit la construction du quartier du Pughjolu. La plupart de ces travaux ne furent achevés que bien plus tard au XIXe siècle.

Napoléon et ses frères, place de Gaulle © Fondation Napoléon

Napoléon et ses frères, place de Gaulle © Fondation Napoléon
  

La place de Gaulle est un bel espace d'environ deux hectares dont la terrasse offre une vue magnifique sur le golfe d'Ajaccio. Un grand monument y a été élevé sous le Second Empire à la gloire de Napoléon et de ses frères. Il se compose d'une statue équestre de Napoléon Ier en costume romain entourée des statues en pied de Joseph, Lucien, Louis et Jérôme montées sur un piédestal de granit rose. L'ensemble fut conçu par Viollet-le-Duc. Les statues de bronze sont respectivement l'oeuvre de Barye, Petit, Thomas et Maillet.

Une plaque porte l'inscription suivante : « A la mémoire de Napoléon Ier et des ses frères, la Corse reconnaissante. Sous le règne de Napoléon III, ce monument a été érigé par les soins du prince Napoléon-Jérôme à l'aide de souscriptions volontaires et inauguré le 15 mai 1865». A cette occasion, le prince Napoléon prononça un sévère discours à l'encontre de la politique de l'Empereur. Le scandale qui s'ensuivit provoqua la démission du prince Napoléon de son poste de vice-président du Conseil privé ainsi que de celui de président de la commission chargée d'organiser l'Exposition universelle de 1867.

Prendre le cours Grandval dont nous avons vu qu'il avait été amorcé en 1801. Cette grande artère fut prolongée en 1862 et reçut le nom de Joseph Grandval, un industriel marseillais d'origine corse. Poursuivre dans le cours du général Leclerc pour arriver place d'Austerlitz traditionnellement appelée du Casone en souvenir d'une ancienne bâtisse appartenant aux Jésuites. Un ensemble monumental y a été inauguré le 15 août 1938 à la gloire de Napoléon Ier. Il se présente comme un grand promontoire composé d'un plan incliné maçonné recouvert d'inscriptions au sommet duquel s'élève une petite pyramide à degrés supportant la réplique en bronze de la statue de Seurre qui couronnait la colonne Vendôme et qui se trouve aujourd'hui aux Invalides. L'ensemble est encadré de deux aigles portant les dates de naissance et de mort de Napoléon. Véritable métaphore architecturale du triomphe au sens antique du terme, ce monument est l'expression parfaite d'une apothéose à la romaine.

Le Monument du Casone place d'Austerlitz © Fondation Napoléon

Le Monument du Casone place d'Austerlitz © Fondation Napoléon
  

Les inscriptions gravées ne font que renforcer cette quasi déification du personnage : « Napoléon Ier Empereur des Français 1804-1815 Nous l'avons vu gravir superbe les premiers échelons des Cieux ». Suivent les noms de la plupart des batailles victorieuses de l'épopée depuis Montenotte jusqu'à Ligny sous Fleurus. L'action civile est ensuite évoquée par les termes de « Code civil, Université, Banque de France, Légion d'Honneur, Cour des Comptes ».

En contrebas de ce monument à l'esthétique et à la symbolique contestables, à gauche, se situe la Grotte Napoléon. Quelques grands rochers au milieu des oliviers forment cette grotte où, selon la légende, le petit Napoléon se réfugiait souvent pendant son enfance. Combien d'auteurs ont glosé sur les rêves du petit garçon lors de ces retraites solitaires, rêves de conquête, rêves de gloire, rêves d'empire...



La Grotte Napoléon © Fondation Napoléon

La Grotte Napoléon © Fondation Napoléon
  

Il est vrai que beaucoup mettent en avant la fascination du jeune garçon pour la Rome antique, au point que lors de jeux organisés par l'abbé Recco, le prélat qui fut chargé de l'instruction des frères Bonaparte à Ajaccio, Napoléon refusa catégoriquement de faire partie du camp des Carthaginois car seul le camp des Romains pouvait être le vainqueur. Dès cette époque, il manifesta la volonté d'être soldat et plusieurs anecdotes rapportées par Joseph ou Madame Mère en témoignèrent par la suite. Petit garçon vif et turbulent, il avait sur son frère aîné, Joseph, un ascendant complet, au point que bien plus tard, l'Empereur adressera en riant cette remarque à son fils le Roi de Rome alors âgé de deux ans : « Paresseux, à ton âge, je battais déjà Joseph ».

Le retour s'effectue par le même chemin jusqu'au cours Napoléon. En suivant celui-ci, au n°12, faire une halte au Grand Café Napoléon. Les établissements de restauration entrent rarement dans la description de nos itinéraires mais celui-ci vaut le détour. La vaste salle est décorée de dizaines de belles gravures relatant les principaux événements du Consulat et de l'Empire. Elle constitue à elle seule un résumé historique qu'il est particulièrement intéressant de contempler.
Poursuivre jusqu'à la place Abbatucci où s'élève une statue du général du même nom. Jean-Charles Abbatucci est né à Zicavo en 1770. Nommé général en 1795, il fut tué en 1796 à Huningue en Alsace. Cette statue de bronze, oeuvre de Vital-Dubray, a été installée en 1854.

 
© Textes et images (sauf mention contraire) Fondation Napoléon - Karine Huguenaud, 1998

 

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