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Napoléon et la Corse

 


 

En dehors des monuments d'Ajaccio et de Corte, peu de villes ou de sites ont conservé le souvenir de Napoléon. Certaines furent pourtant le lieu d'épisodes marquants de sa destinée. En voici une rapide évocation.

BASTIA

Bastia tire son nom de la forteresse (a bastia) que le gouverneur génois Leonello Lomellini fit construire vers 1380 sur un promontoire dominant la marine de Cardo. Dans la deuxième moitié du XVe siècle, un nouveau quartier commença à se développer autour de cette place forte primitive. Il prit le nom de Terra Nova par opposition à l'ancien bourg de Terra Vecchia qui bordait l'anse du port. Terra Nova accueillit le siège des gouverneurs génois de l'île tandis que Terra Vecchia restait le fief des Corses attirés par la prospérité de la ville. Du XVIe au XVIIIe siècles, Bastia vit croître son importance économique, politique et culturelle. La ville devint le centre politique de la Corse française de 1796 à 1811, prééminence qu'elle perdit quelques années au profit d'Ajaccio, puis qu'elle retrouva durant tout le XIXe siècle.

La découverte de Bastia commence souvent par Terra Vecchia et la place Saint-Nicolas. Issue de l'urbanisme du XIXe siècle qui développa la ville vers le nord, la place Saint-Nicolas fut aménagée grâce aux déblais provenant du percement du tunnel de la voie ferrée. Ce lieu fut celui des exécutions publiques jusqu'au XXe siècle. Agostino Giafferi, le chef de la révolte de la Crucetta réprimée férocement par Lucien Bonaparte et le général Casalta, y fut fusillé le 21 février 1798. Sous le Second Empire, on érigea sur cette place une statue en marbre de Napoléon en costume romain sculptée par le florentin Bartolini en 1853. La place Saint-Nicolas est aujourd'hui un lieu de promenade et de rencontre pour tous les Bastiais. En poursuivant la découverte de Bastia vers Terra Nova et la citadelle, on parvient au vieux port qui fut le témoin d'un épisode important de l'enfance de Napoléon. C'est en effet ici que le 17 décembre 1778, Charles Bonaparte, ses deux fils Joseph, Napoléon et leur oncle Joseph Fesch, embarquèrent pour la France. Fesch rejoignait le séminaire d'Aix et les petits Bonaparte le Collège d'Autin. Napoléon y resta trois mois avant d'intégrer l'école militaire de Brienne. Ce premier exil loin de la terre natale, cette séparation d'avec les siens devaient durer huit longues années. Mais durant toute sa formation scolaire, le futur Empereur fit montre d'un amour immodéré pour son île doublé d'un patriotisme ardent que professeurs et condisciples soulignèrent à maintes reprises.

Dans Terra Nova, le palais des Gouverneurs génois mérite une visite attentive. C'est dans les prisons de ce palais que fut enfermé le haut clergé romain déporté en Corse sur ordre de Napoléon en 1811. Il abrite aujourd'hui un musée d'ethnographie corse présentant l'histoire, la géologie et l'archéologie de l'île. Ce musée a la particularité de posséder une petite collection d'objets d'époque révolutionnaire, Premier et Second Empire. Bonbonnières, boîtes, éventails, miniatures, albums de gravures et jeux de cartes révolutionnaires, porcelaines, faïences et mobilier forment un bel ensemble auquel s'ajoute quelques pièces d'exception : petit Apollon de Canova, service en cristal de l'Impératrice Joséphine provenant de Malmaison, fragment sculpté de la colonne Vendôme représentant une tête de grognard, masque mortuaire de l'Empereur offert en 1834 à la ville de Bastia par Madame Mère suite à une demande des habitants en faveur de l'abrogation de la loi d'exil frappant les membres de la famille impériale, etc. Le musée d'ethnographie est actuellement fermé en raison des travaux qui s'y déroulent. Il devrait cependant rouvrir rapidement (renseignements au 04 95 31 09 12). Une bibliothèque spécialisée y est à la disposition des chercheurs. Il est à noter que le musée abrite la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse qui publie un bulletin depuis 1881.

En quittant Bastia, prendre la D 80 en direction du Cap Corse. A l'extrémité septentrionale de l'île, le Cap Corse constitue une véritable péninsule longue de 37 km sur environ 14 km de large. Les villages y sont en altitude et sont reliés à leur marine, le port, par des rivières torrentueuses. La plus importante de ces marines, Macinaggio, appartenant à la commune de Rogliano, vit à plusieurs reprises passer des acteurs de l'histoire napoléonienne. Une plaque commémorative apposée en 1937 sur la poste évoque ces passages : "Souvenirs historiques. Le 13 juillet 1790 Pascal Paoli revenant d'exil s'écria en débarquant ici " Ô ma patrie je t'ai laissé esclave et je te retrouve libre ". Le 10 mai 1793 Napoléon Bonaparte venant d'Ajaccio débarque à Macinaggio, se rend à Bastia puis à Toulon pour accomplir son prestigieux destin. Il ne devait plus revoir son île ". Cette plaque omet de mentionner un autre personnage de la famille impériale qui trouva refuge à Macinaggio. Il s'agit de l'Impératrice Eugénie qui, lors du retour de Suez en 1869 où elle avait inauguré le canal, s'abrita d'une tempête dans le petit port.

CALVI

Capitale de la Balagne, Calvi fut fondée par des seigneurs insulaires au milieu du XIIIe siècle. Cédée à Gênes en 1280, la cité possédait déjà un fortin transformé au cours des années en citadelle aujourd'hui classée monument historique. Au XVe et XVIe siècles des travaux importants lui donnèrent son aspect actuel. Selon sa devise, Calvi resta toujours fidèle à Gênes. Place forte stratégique, elle résista ainsi à Paoli et à ses troupes en 1755 et en 1768. Ne pouvant obtenir le contrôle de la cité et de son port, Paoli dut se résoudre à fonder un autre port à une trentaine de kilomètres, l'Ile Rousse.

Lors du siège de 1794, pendant la Révolution, Calvi fut le théâtre d'une résistance héroïque. Les troupes françaises enfermées dans la citadelle furent assiégées pendant quarante jours par les Anglais alliés de Paoli. Sous le commandement du général Stuart, les assaillants se répartirent sur les collines alentours et bombardèrent intensivement la cité. Ravagée par des milliers de boulets et d'obus, Calvi offrit sa reddition et la garnison française se retira avec les honneurs le 10 août 1794. Le siège de Calvi mit en lumière un personnage déterminant de l'épopée napoléonienne, le futur vainqueur d'Aboukir et de Trafalgar, Horatio Nelson, commandant de vaisseau de l'escadre anglaise qui perdit son oeil droit lors d'un assaut de ce terrible siège. Outre cet épisode célèbre, la citadelle fut le témoin d'un autre événement de l'histoire napoléonienne. C'est en effet de Calvi que la famille Bonaparte fuyant Ajaccio s'embarqua le 11 juin 1793 pour Toulon. Une plaque commémorative apposée sur l'ancienne gendarmerie rappelle : "Dans cette maison fut reçu par Laurent Giubega son parrain, Napoléon Bonaparte fuyant Ajaccio avec toute sa famille. Mai-juin 1793. "

En prenant le petit train côtier qui conduit en été de Calvi à l'Ile Rousse, il est possible de s'arrêter à Algajola le long de la plage d'Aregno. A environ 500 m se trouve une carrière abandonnée de granit porphyrique rose et jaune. Cette carrière qui servit en 1810 à la réalisation du socle de la colonne Vendôme conserve un étrange monument, une colonne inachevée commandée dans la première moitié du XIXe siècle par la ville d'Ajaccio en l'honneur du plus illustre de ses enfants, Napoléon Ier. La colonne d'une longueur de 17 m pour un diamètre de 2,74 m présente 32 faces et pèse 272 tonnes. Elle fut taillée par des ouvriers italiens en 1836 mais jamais transportée à Ajaccio. Depuis, cette colonne qui devait supporter la réplique de la statue de Seurre conservée aux Invalides, gît sur ce terrain déserté.

BONIFACIO

Célèbre pour son extraordinaire situation au sommet d'une falaise de calcaire blanc, Bonifacio s'apparente à une presqu'île. Cette position stratégique s'imposa pour la construction de la citadelle qui dominait et surveillait le détroit séparant la Corse de la Sardaigne. D'origine incertaine, la cité fut conquise par les Génois à la fin du XIIe siècle. De cette époque date la formation du premier Castrum dont il ne reste aujourd'hui que des traces. Tirant parti de ce site naturel, la cité s'entoura progressivement de remparts accompagnés de puissants bastions. Dans l'un de ceux-ci, le bastion de l'Etendard, ancienne tour reconvertie au XVIe siècle pour l'installation des pièces d'artillerie, a été aménagé un petit musée où sont reconstituées des scènes du passé préhistorique et historique des lieux. Des mannequins de cire y figurent les épisodes les plus représentatifs : " La dame de Bonifacio ", " Scène du corps de Garde génois ", " Le passage de Charles-Quint ", " Bonaparte à Bonifacio ", " Le naufrage de la Sémillante ", etc.

C'est dans la rue des Deux Empereurs, dans la vieille ville, que la tradition place le séjour du jeune lieutenant colonel Bonaparte en 1793. Au n°4 de cette rue où fut logé l'empereur Charles Quint de retour d'Alger en 1541, une plaque commémorative rappelle qu'un autre futur empereur, Napoléon Bonaparte, vécut dans cette demeure aux mois de février-mars 1793 lors de la préparation de l'expédition de la Maddalena. Au retour de celle-ci qui fut un échec total, Bonaparte pris à partie par des marins échappa de justesse à une tentative d'assassinat.
Sous le Second Empire, Bonifacio fut le témoin d'un terrible drame de la mer. Le 14 février 1855, La Sémillante, l'une des dernières frégates en bois et à voiles construites en France, quitta le port de Toulon en direction de Constantinople avec à son bord 301 marins d'équipage et 392 soldats envoyés en renfort aux troupes françaises combattant en Crimée. Dans la nuit du 15 février, une violente tempête précipita la frégate contre les récifs de Bonifacio. Il n'y eu aucun survivant. Deux cimetières furent ouverts sur l'île Lavezzi.

D'autres lieux parlent en Corse de l'épopée napoléonienne. Il s'agit surtout des villages où des proches de l'Empereur virent le jour : Bisinchi du canton de Morosaglia où naquit l'abbé Ange Vignali (1784-1836) qui donna l'extrême onction à Napoléon, reçut son dernier soupir et conduisit la cérémonie funèbre à Sainte-Hélène ; Lama, lieu de naissance de Jean Noël Santini, fidèle qui suivit Napoléon en exil et finit sa vie comme gardien du tombeau de l'Empereur aux Invalides ; Morsiglia où se trouve encore la maison natale du Dr Antommarchi, médecin de Napoléon à Sainte-Hélène ; Bastelica où naquit Nunzio François Costa (1763-1832) qui participa à l'expédition de Sardaigne avec Bonaparte et qui aida Letizia et ses enfants à fuir Ajaccio. Devenu capitaine de gendarmerie, il se rendit par deux fois à l'Ile d'Elbe. La Porta d'Ampugnagni est le village natal de François Paoli, lieutenant de la compagnie de Gendarmerie de la Méditerranée qui commanda la gendarmerie de l'Ile d'Elbe en 1814. François Filidoro naquit à Porto Vecchio, il fut le capitaine du port de Porto-Ferrajo passé aux ordres de Napoléon quand celui-ci s'exila à l'Ile d'Elbe. On peut encore citer Olmeta-di-Tuda et la Porta où naquit et vécut Horace Sébastiani, général de division qui servit à Austerlitz, en Espagne, en Russie et pendant la campagne de France, ou Soveria où se trouve la maison natale de Jean-Baptiste Cervoni, général de division tué en 1809 à Eckmühl.

Le point commun de tous ces Corses fut sans doute leur extrême fidélité à l'Empereur ; la plupart le suivirent d'ailleurs en exil et au soir de sa vie, Napoléon se souvint de nombre d'entre eux. 21 Corses figurent en effet sur son testament parmi lesquels apparaissent les figures les plus chères de son enfance, sa nourrice Camilla Illari, l'abbé Recco, Nunzio Costa, Jérôme Levie et les amis et partisans de Bocognagno. Cette volonté de saluer une dernière fois les compagnons de son enfance et de sa jeunesse témoigne du noble attachement et de la sincère gratitude de l'Empereur envers ses compatriotes.


 

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