<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Pour vivre sa passion de l’histoire aujourd’hui, un magazine, des jeux et des animations à picorer suivant son humeur, des rencontres avec des personnalités de l’histoire napoléonienne, et des actualités et des informations à suivre chaque jour.

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Parcs et Jardins : les promenades parisiennes du Second Empire

 


 
Le patinage au bois de Boulogne © Fondation Napoléon

Le patinage au bois de Boulogne © Fondation Napoléon

" De toutes les améliorations exécutées à Paris sous le Second Empire, il n'en est aucune qui mérite plus d'éloges, plus de sincère admiration, que celles exécutées par la section des Promenades et Plantations de Paris... Paris, de carrière qu'elle était, se transforme en "bouquet"". Ce jugement d'un contemporain, César Daly, paru dans la Revue de l'Architecture en 1863, témoigne, en dépit de son exagération, de l'accueil enthousiaste qui accompagne la création des espaces verts voulus par l'Empereur. 

Si la disparition du vieux Paris et les travaux transformant la capitale en un immense chantier provoquent au départ indignation et protestations, la réalisation rapide de certains projets fait taire les plus virulents opposants. En quelques mois par exemple, Paris s'entiche du Bois de Boulogne. On vient déguster des glaces au Chalet des Iles, faire du canotage, observer la faune et la flore le long des berges, admirer le modèle réduit d'un bateau de haute mer, La Ville de Nantes, récemment présenté à l'exposition universelle de 1855 et ancré désormais au milieu du lac supérieur.

Les promenades du dimanche s'étendent bientôt à tous les jours de la semaine. On vient se donner en spectacle au Bois d'autant plus que la mode est lancée par le couple impérial lui-même. Il n'est pas rare d'apercevoir l'Impératrice à cheval, entourée de ses dames de compagnie, galoper à bride abattue dans les allées du Bois ou bien de voir l'Empereur conduisant lui même son phaéton, à vive allure, accompagné de deux grooms assis derrière lui. Le Bois de Boulogne s'impose ainsi bien vite comme la scène privilégiée du spectacle mondain de l'après-midi, les théâtres, l'Opéra et les restaurants prenant le relais la nuit. Les Goncourt, toujours si "sympathiques" vis à vis de leurs contemporains, résument cyniquement cet engouement : "Ce serait un grand débarras de la bêtise chic et de l'imbécillité élégante, qu'une machine infernale qui par un beau jour, tuerait tout le Paris faisant de 4 à 6 heures, le tour du lac du Bois de Boulogne". Fasciné par ces promeneurs nantis, le petit peuple de Paris ne tarde pas lui aussi à venir guetter leurs passages le dimanche. Alors, peu à peu, gêné par cette promiscuité sociale, la "bonne" société délaisse les allées du bois le dimanche, se réservant les autres jours de la semaine.
 
L'une des distractions les plus prisées par cette élite est le patinage à glace. Napoléon III, qui a appris à patiner lors de sa jeunesse à Augsbourg et à Arenenberg, fait réaliser à cet effet par Alphand un lac peu profond près du jardin d'acclimatation. L'Impératrice elle-même est très à l'aise sur la glace et le couple impérial offre des fêtes somptueuses sur le petit lac gelé. La mode est lancée. Les parisiens, durant les mois d'hiver, s'essayent à ce nouveau sport et tandis que les plus habiles patineurs, encore rares, font l'admiration de tous, les autres utilisent luges et traîneaux.

Le Pré Catelan et le jardin d'Acclimatation constituent eux aussi des attractions importantes du Bois de Boulogne. Moyennant un droit d'entrée, le promeneur élégant peut découvrir dans le premier un théâtre de marionnettes italiennes, un autre de magie, un cabinet de lecture, une laiterie, une salle de concert, un théâtre de plein air et un établissement de photographie. Passé l'engouement de la nouveauté, le Pré Catelan attire peu de monde et ferme en 1861. En revanche, le jardin d'Acclimatation avec son jardin zoologique connaît un succès réel qui s'est maintenu jusqu'à notre époque. La passion des courses, largement alimentée par le duc de Morny, trouve son accomplissement à l'hippodrome de Longchamp où le Tout-Paris vient assister dans une ambiance électrique au Grand Prix. Zola nous en a laissé de mémorables pages dans Nana.

Tous ces divertissements s'adressent à une foule aisée. Au nord et à l'est de Paris, la fréquentation des espaces verts se fait plus populaire. Venues en omnibus ou en train, des familles entières passent la journée au Bois de Vincennes, déjeunant sur l'herbe et canotant sur les lacs le dimanche. La semaine, le grand domaine demeure presque désert car la société chic dédaigne Vincennes au profit de l'ouest parisien et du Bois de Boulogne. Les Buttes-Chaumont connaissent le même problème : les ouvriers ne peuvent s'y rendre que durant leur jour de repos et le parc, en dépit de son paysage grandiose, est situé dans des quartiers trop mal famés pour une fréquentation plus bourgeoise. Au centre de Paris, la fréquentation des squares et des grands jardins est plus mélangée. Le petit monde des commerçants, celui des étudiants, la petite et moyenne bourgeoisie s'approprient rapidement les espaces qui lui sont destinés pour simplement s'y délasser, venir y écouter quelque concert ou offrir aux enfants d'agréables espaces de jeux. En somme, rien de très différent par rapport à aujourd'hui.  K.H.


 

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