<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 18, décembre 2013
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Pour découvrir l'histoire napoléonienne, pas à pas, parfaire ses connaissances et poursuivre des recherches personnelles, pour tous les amateurs et les historiens passionnés, laissez-vous guider parmi un riche ensemble d'articles et de dossiers thématiques, d'images commentées, d'outils pour travailler.

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NAPOLEONICA LA REVUE

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ARTICLES

Musiques au quotidien sous l'Empire : 2ème ateliers d'histoire de la Fondation Napoléon (24 mars 2009)

(Article de DELAGE Irène )

 Informations

"La romance", par Laure Schnapper
"La musique qui raconte l'époque", par Peter Hicks
"Le concert instrumental", par Hervé Audéon
"La vie musicale des salons impériaux de Joséphine, Elisa et Pauline", par Bernard Chevallier
"La musique d'église", par Yves Bruley
"L'opéra italien", par Jean Mongrédien
"L'opéra de Paris", par David Chaillou
Partenariats

Ce 24 mars 2009 s'est tenue une journée assurément exceptionnelle à la bibliothèque Marmottan de Boulogne. Ce lieu prestigieux accueillait les 2èmes ateliers d'histoire de la Fondation Napoléon, consacrés aux Musiques au quotidien sous le Premier Empire. Le public a écouté avec une attention soutenue les interventions, et a fait un triomphe aux chanteurs et musiciens qui ont illustré les différents exposés.
Ces interventions feront l'objet d'un numéro spécial de Napoleonica. La Revue.


  "La romance", par Laure Schnapper


La première intervention a été consacrée à "la romance", par Laure Schnapper, professeur agrégé à EHESS et spécialiste de la musique et de la vie musicale en France dans la première moitié du XIXe. Genre musical (et littéraire) très prisé sous l'Empire, la romance s'inscrivait dans le mouvement troubadour, alors en vogue. Son caractère sentimental plaisait au public féminin et inspira des compositrices comme la Reine Hortense ou la célèbre Sophie Gail. Sorte d'opéra de chambre, la romance en 3 couplets offrait une mélodie simple à chanter.
La soprano Véronique Chevallier interpréta avec une délicatesse stylée quelques airs au charme encore troublant. Le public ne manqua pas de saluer le talent de cette artiste qui, après des études au Conservatoire supérieur de Genève puis au Peabody Conservatory de Baltimore, a exploré le répertoire baroque avec les Arts florissants de William Christie. Sur différentes scènes internationales, on a pu l'entendre dans La Bohème de Puccini (Peabody Conservatory), Riders to the Sea de R.Vaughan Williams (Les Arts Florissants), et Gloria de Vivaldi (La Schola Cantorum de Paris) et prochainement dans Cosi fan tutte de Mozart. Elle était accompagnée au piano par Peter Hicks. Ce dernier, organisateur de la journée, responsable des relations internationales à la Fondation Napoléon et Visiting professor de l'université de Bath, est également musicien et chanteur classique (formation musicale à Londres puis à Cambridge, au sein du choeur de la chapelle de Saint John's College et dans The Bach Choir ; premier prix de hautbois et de piano, premier prix de chant du Festival Marenzio). En 2004, il a monté et dirigé, à l'Eglise de la Madeleine, la Messe du Sacre de Lesueur et Paisiello à l'occasion du bicentenaire du sacre de Napoléon.
 
Airs interprétés :
- « Bayard mourant », d'Etienne Nicolas Méhul (chanté en duo avec Peter Hicks)
- « Serment d'amour », de Nicolas Dalayrac (pastoral)
- « N'est-ce pas d'elle ? » de Sophie Gail (robuste)
- « Rose d'amour », de Pierre-Jean Garat (doux)
 
Pour compléter, sur napoleon.org :
- Partant pour la Syrie

Malheureusement, en raison de problème technique, l'écoute de la conférence n'est pas possible.


  "La musique qui raconte l'époque", par Peter Hicks


Lors de la seconde intervention de la journée, Peter Hicks a exploré un genre peu étudié, la "musique programmatique", qui "raconte l'époque". Il a interprété au piano trois oeuvres-tableaux de batailles, de Bernard Viguerie (La Bataille de Maringo), Jacques-Marie Beauvarlet  Charpentier (Austerlitz) et Daniel Steibelt. Sur les partitions, les motifs, très expressifs,  sont alors explicités de titres évoquant les différentes étapes de la bataille "Commandement", "Attaque", "Arrivée des ennemis", "Colonne de grenadiers enfonçant la gauche de l'ennemi", "Accents plaintifs des blessés", etc.
 
Morceaux interprétés :
- de Bernard Viguérie, Bataille de Maringo (sic), Pièce Militaire et Historique pour le Forte Piano avec accompagnement de violon et basse. Dédiée à l'armée de réserve.
Sections titrées : « Commandement », « Appel des Trompettes », « Attaque »
- de Jacques-Marie Beauvarlet Charpentier, Pièce militaire et historique pour le Forte-Piano avec accompagnement du Violon Précédée des Réjouissances du Camp Français pour l'anniversaire du couronnement de S. M. l'Empereur Napoléon. Dédiée à la Grande Armée. Bataille d'Austerlitz, donnée le II frimaire an 14 (2 décembre 1805). Sections titrées : « Accens plaintifs des blessés », « L'empereur visite le champ de bataille », « Son coeur magnanime est ému à ce triste spectacle », « Walze dans le genre russe (Les soldats Français font exécuter des Walzes par les musiciens de la garde impériale russe faite prisonnière) »
- Daniel Gottlieb Steibelt, Incendie de Moscou. Sections titrées : « Désespoir », « Invocation à Dieu », « Voeux pour la Conservation d'Alexandre (sur l'air God save the King)», « Plainte du vaincu, sur l'air Allons enfans de la patrie »

Pour compléter, sur napoleon.org :
- La bataille de Maringo
- La bataille d'Austerlitz

Ecouter la conférence sur napoleon.org en cliquant ici (fichier mp3).


  "Le concert instrumental", par Hervé Audéon


Chargé de recherche au CNRS depuis 1998, après des études de musique et de musicologie (thèse de doctorat sur "Le Concerto pour piano à Paris entre 1795 et 1815"), Hervé Audéon consacre ses recherches à la musique instrumentale en France aux XVIIIe et XIXe siècles, notamment le piano et l'orchestre, l'étude de leur répertoire et des pratiques musicales qui s'y rattachent. Il évoqua les différents aspects, musicaux mais aussi sociaux et économiques, du "concert instrumental" qui se développa à partir du Directoire, alors que sous l'Ancien Régime ce divertissement relevait du privilège aristocratique. Il présenta notamment des oeuvres de Hyacinte Jadin (1776-1800) et de Herold (1791-1833), qui fut le professeur des princesses Murat.

Ecouter la conférence sur napoleon.org en cliquant ici (fichier mp3).


  "La vie musicale des salons impériaux de Joséphine, Elisa et Pauline", par Bernard Chevallier


Directeur de 1989 à 2008 du musée national du château de Malmaison et de ses "annexes" (Bois-Préau mais aussi maison Bonaparte d'Ajaccio, musée napoléonien et africain de l'île d'Aix, collection des domaines français de Sainte-Hélène), vice-président de la Fondation Napoléon, Bernard Chevallier a fait revivre l'atmosphère de la vie musicale des salons impériaux. Mélomane et musicienne, l'impératrice Joséphine fit beaucoup pour les arts musicaux, encourageant la production musicale sous le règne de son époux. En 1805, elle fit venir le compositeur Spontini à Paris et l'engagea à son service. Si l'intérêt de Pauline Bonaparte pour la musique suivait le cours de ses attachements sentimentaux, la reine Hortense et la princesse Elisa montrèrent un goût réel et avisé pour la musique et, en ce qui concerne la première, un talent reconnu de compositrice (Romances parmi lesquelles Partant pour la Syrie). Elisa soutint Giovanni Païsiello (1741-1816), qui lui dédicaça son opéra Proserpine (1803). Les salons privées permettaient aux élites de goûter le talent de musiciens et de chanteurs professionnels, comme le baryton Pierre-Jean Garat (1762-1823), coqueluche de son temps, mais aussi celui d'amateurs doués, comme la générale Moreau, pianiste reconnue, ou la maréchale Ney, chanteuse à la voix d'or. La soprano Véronique Chevallier interpréta des airs de l'époque, accompagnée au piano par Peter Hicks.
 
Airs interprétés :
- de la Reine Hortense, « Partant pour la Syrie », chanté et joué par Peter Hicks
- de Blangini, Six ariettes italiennes avec accompagnement de piano-forte composées et dédiées à Madame la Maréchale Ney par Felix Blangini, Maitre de Chapelle de S.A.S Electorale Palatine de Bavière, Paris s.d.
Arietta 4, « Ah pour une autre belle » (doux et gentillet)
Arietta 3 « Ah belle Corisandre » (alla Bolleros – vigoureux)
Arietta 5 « Mi sento il cor trafiggere » soprane + piano (passionato)
 
Pour compléter, sur napoleon.org :
- Partant pour la Syrie

Ecouter la conférence sur napoleon.org en cliquant ici (fichier mp3).


  "La musique d'église", par Yves Bruley


Professeur agrégé d'histoire, chargé de mission auprès de l'Académie des sciences morales et politiques et maître de conférences à Sciences-Po, Yves Bruley a mis en lumière les différentes variétés de la "musique d'église". La signature du Concordat en 1801 permit à la musique de retrouver le chemin officiel du coeur des fidèles. Si les campagnes ne retrouvèrent pas la "densité sonore de l'Ancien Régime" (Alain Corbin) avec la sonnerie des cloches, le plain chant, enrichi de traditions locales, anima de nouveau la vie religieuse des Français, de même que les cantiques (en français). La "musique d'église du chef de l'Etat" prit un réel  essor à partir de l'instauration de l'Empire. En 1804, Giovanni Païsiello (1741-1816) est remplacé par Jean-François Lesueur (1760-1837), comme maître de la chapelle des Tuileries à partir de 1804, en charge des compositions des cérémonies officielles.

Peter Hicks et six chanteurs du choeur de l'église anglicane Saint-Georges de Paris, interprétèrent un extrait d'une messe de l'époque, soliste ténor Stephen Razafindratsima.
 
Air interprété :
- « In media nocte », Air de ténor et choeur de la 3eme Messe Solennelle de Jean-François Lesueur
 
Pour compléter, sur napoleon.org :
- La messe du sacre de Napoléon, concert à la Madeleine (2004)

Ecouter la conférence sur napoleon.org en cliquant ici (fichier mp3). 


  "L'opéra italien", par Jean Mongrédien


Le professeur Jean Mongrédien, ancien titulaire de la chaire d'histoire de la musique française des XVIIIe et XIXe siècles, a évoqué la place de l'opéra italien en France, genre musical qui avait toutes les faveurs du Premier Consul puis de l'Empereur. L'opéra italien fut amené en France par Mazarin, mais fut encouragé sous sa forme "buffa", au détriment de l'opéra "seria" qui fut interdit sous la pression de Lully. En 1801, une troupe de chanteurs italiens s'installa à Paris et bénéficia du soutien de Bonaparte sous la forme de subventions importantes, jusqu'à 120 000 francs par an. 10 à 20 opéras "buffa" étaient créés chaque année (la plupart était traduit en français car le public ne comprenait pas l'italien). En 1810, Napoléon alla plus loin en permettant l'interprétation d'opéras "seria" : le premier a être interprété à Paris fut Pirro, composé en 1787 par Paisiello. La vie musicale était source de nombreuses et intenses polémiques, l'un des exemples les plus marquants fut l'accueil de la musique de Mozart, peu appréciée par les critiques musicaux, plutôt conservateurs dans leurs goûts, mais encensée et admirée par les musiciens, les chanteurs, les professeurs de musique et le public, avides de nouveautés et de modernité. Véronique Chevallier interpréta des airs de Paisiello, accompagné au piano par Peter Hicks.
 
Airs interprétés :
- « Felice Pastorella », air de Gli Schiavi per amore (en Do majeur)
- « Rien ne peut calmer ma peine » (paroles de M. Moline), de Barbier de Séville, (en Fa majeur)
- « Chi mi mostra, chi m'addita dova sta il mio dolce amore », air de Gli Schiavi per amore (en La majeur)

Ecouter la conférence sur napoleon.org en cliquant ici (fichier mp3). 


  "L'opéra de Paris", par David Chaillou


La journée se termina avec David Chaillou, maître de conférences à l'Université d'Artois, grand prix de la Fondation Napoléon pour son ouvrage Napoléon et l'opéra (2004 ; Fayard), mais aussi interprète et compositeur. La production musicale de l'Opéra fut mise au service de la propagande de la gloire impériale, les compositeurs usant alors de la transposition à des époques antérieures, et de la mise en scène de héros de l'Antiquité (en 1809, l'opéra Fernando Cortes ou la conquête du Mexique de Spontini était bien destiné à célébrer la conquête de l'Espagne par Napoléon).

Pour compléter, sur napoleon.org :
- Napoléon et l'Opéra de Paris, de David Chaillou

Ecouter la conférence sur napoleon.org en cliquant ici (fichier mp3).


  Partenariats


Ces 2ème ateliers ont été réalisés en partenariat avec :
 
- la Bibliothèque Marmottan, de Boulogne, qui a assuré l'accueil du public et la gestion technique des interprétations musicales : que sa directrice, Madame Nathalie Baucher, en soit remerciée ;
- le magazine Connaissance des Arts, qui a assuré l'enregistrement des exposés, disponibles sur le site de Radio Classique et sur napoleon.org.


 


 
     
 
 

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Auteur :

DELAGE Irène

Mois :

mars

Année :

2009

 

 
 

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