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Austerlitz : La grande manoeuvre
(Article de SÉNÉCHAL Jean )



Austerlitz ! Sans aucun doute la victoire la plus prestigieuse remportée par Napoléon et sa Grande Armée née quelques mois auparavant sur les rivages boulonnais.
En ce 2 décembre 1995, nous avons commémoré le 190e anniversaire de cette grande bataille.
 Préliminaires
En ce mois d'août 1805, Napoléon, à la tête de l'armée qu'il a réunie au Camp de Boulogne, s'apprête à envahir l'Angleterre.
Tout est prêt, tout est calculé. Une flottille, construite pour cela, attend pour embarquer les troupes, les canons, les bagages comme on disait alors, quelques chevaux pour les premiers combats ; on aviserait ensuite sur place pour " monter " les cavaliers. On attendait surtout la flotte de haut bord, commandée par l'amiral Villeneuve, pour se rendre maître du passage " seulement six heures ". Villeneuve ne viendra pas ! L'Empereur apprend le 22 août qu'il est encore à Cadix où il s'est réfugié, bloqué par l'escadre anglaise. Napoléon fulmine :
­ "Quelle marine ! Quel amiral !... Tous ces préparatifs, toute cette armée, tout ce temps perdu pour rien ! Tous ces sacrifices inutiles !... À Cadix, quand je l'attends à Boulogne ! "
Une grande colère l'envahit, il ne cesse d'arpenter la pièce. Tout à coup, passant devant un bureau chargé de papiers, il les balaie d'un revers de main, et ordonne à Daru, silencieux et pétrifié :
­ "Mettez-vous là, et écrivez."
Et il dicte, quatre heures durant, le plan des opérations qui devaient mener en trois mois les armées françaises au coeur de l'Autriche. Cent mille combattants répartis de Brest à la Hollande allaient traverser la France et l'Allemagne, parcourir 1 800 kilomètres à pied. De Boulogne à Vienne, en passant par Ulm, Napoléon prévoit tout, les ordres de marche, les itinéraires, les étapes, les batailles, et jusqu'au jour où devront tomber les villes ennemies.
 La troisième coalition
Après la rupture du traité d'Amiens, l'Angleterre, avec William Pitt, n'a de cesse de trouver contre la France, qui se prépare à l'envahir, des alliés sur le continent.
Le jeune tzar Alexandre Ier joua un rôle actif dans la formation de cette troisième coalition. Bientôt, autour de l'Angleterre et de la Russie, qui avaient signé en avril 1805 la convention de Saint-Pétersbourg, l'Autriche, la Suède, plus tard Naples puis, après bien des hésitations, Frédéric-Guillaume III de Prusse, s'étaient réunis contre Napoléon.
Autrement dit, la France se trouvait, en cette fin de 1805, à peu près seule contre toute l'Europe.
Les coalisés comptaient 400 000 hommes sous les armes, et ils pensaient pouvoir s'ajouter bientôt les 200 000 prussiens de Frédéric-Guillaume.
Les lenteurs de la mise en place des dispositifs alliés favorisèrent les opérations des armées françaises.
Le 25 septembre, le général Mack avait pénétré en Bavière et occupé la place forte d'Ulm, pensant qu'elle constituerait un verrou pour les armées françaises franchissant la Forêt-Noire. La violation de la frontière bavaroise avait eu pour conséquence de ranger l'Électeur du côté des Français. Mack attendait l'armée de Koutouzof qui venait de pénétrer en Moravie.
Le plan était simple : les coalisés devaient concentrer leurs troupes sur le Rhin, attaquer le corps de 30 000 hommes qu'on signalait marchant sur Strasbourg. La victoire ne devait pas leur échapper.
 La Grande Armée arrive
Ce n'était pas, malheureusement pour le général Mack, 30 000 hommes, mais près de 200 000, que Napoléon dirigeait sur l'Alsace, et le terme du " voyage " était à Vienne. De toutes les troupes réunies depuis Brest jusqu'en Hollande, Napoléon avait fait " La Grande Armée ".
C'étaient sept corps, commandés par les chefs les plus prestigieux : Bernadotte, Marmont, Davout, Soult, Lannes, Ney, Augereau, qui se dirigeaient en marches rapides sur l'Autriche. Les armées d'Italie qui devaient rejoindre ces forces et en constituer le huitième corps étaient sous le commandement de Masséna. Le gros de la cavalerie était rassemblé sous les ordres du maréchal Murat. Enfin, la Garde Impériale, commandée par le maréchal Bessières, ne quittait guère Napoléon, et marchait avec le cinquième corps.
Alors que le général Mack attendait l'attaque de Napoléon au débouché de la Forêt-Noire, c'est en fait sur ses arrières, le 6 octobre, que le combat s'engagea, le coupant ainsi dès le début, des renforts de l'armée de Koutouzof.
Après la prise d'Augsbourg et de Memmingen, et le fait d'armes du pont d'Elchingen (Ney), le 15, Napoléon faisait donner l'assaut à la place. Le lendemain, Mack capitulait.
La route de Vienne était ouverte.
 La marche sur Vienne
Si la coalition avait perdu 65 000 hommes, il lui en restait encore 300 000, sans compter les réserves, et Napoléon ne pouvait plus espérer bénéficier de l'effet de surprise.
Le 16 octobre, jour même de la capitulation d'Ulm, Nelson infligeait à l'amiral Villeneuve la défaite de Trafalgar. Il fallait donc que Napoléon combatte sur le continent et emporte la décision. L'objectif était d'aller suffisamment vite, afin d'éviter le regroupement des forces coalisées, d'autant que la Prusse, abandonnant sa neutralité, se disposait à se ranger à leurs côtés.
L'Empereur, avec les corps d'armée de Davout, de Soult et de Lannes, la cavalerie et la Garde, commença à descendre le Danube. Ses flancs étaient protégés par Ney dans le Tyrol, Bernadotte et Marmont sur l'Inn. Les divisions Gazan et Dupont progressaient sur la rive gauche sous les ordres du maréchal Mortier.
Vienne n'était défendue que par les troupes austro-russes du général Koutouzof. Les Autrichiens étaient bien conscients qu'ils ne pourraient empêcher les Français de prendre la capitale ; ils envoyèrent à Napoléon le général Giulay avec mission de conclure un armistice. Mais l'Empereur ne voulait pas de suspension d'armes qui ne serait pas suivie de négociation de paix.

Continuant leur progression, Murat et Lannes arrivèrent le 8 novembre à Saint-Polten. Les Austro-Russes décrochèrent, les Russes passèrent sur la rive gauche à Krems, les Autrichiens gagnant les Alpes en vue de faire leur jonction avec les archiducs Jean et Charles. Vienne devenait une proie facile. Le 11, Murat campait en vue de la ville.
Le même jour, les Russes qui venaient de franchir le Danube, tombaient à Dirnstein sur les divisions du maréchal Mortier. Les Russes étaient forts d'environ 40 000 hommes commandés par le général autrichien Schmidt. La division Gazan, composant l'avant-garde, comptait 5 000 hommes. Elle supporta les premiers combats qui durèrent deux jours et une nuit, et perdit la moitié de son effectif. Elle resta cependant maîtresse de Dirnstein grâce à l'arrivée de la division Dupont.
Les alliés avaient 2 500 tués et 1 500 prisonniers. Le général Schmidt était parmi les morts.
Pendant ce temps, l'armée française ayant traversé le Danube au pont de Thabor poursuivait Koutouzof, qui ne cherchait plus qu'à faire sa jonction avec l'armée russe de Pologne. De son côté, Buxhoewden, ayant renoncé à attaquer le Hanovre, se dirigeait également vers la Moravie.

C'est là que les deux armées russes réunies devaient faire face à la Grande Armée. Le 15 novembre, Napoléon entrait à Vienne. Murat, Soult et la Garde furent envoyés afin de couper la retraite de Koutouzof et d'empêcher le regroupement des forces russes. Murat, ayant rejoint ceux-ci à Hollabrunn le 16 novembre, accepta de signer une suspension d'armes. Prévenu, Napoléon, furieux, ordonna de rompre les pourparlers. Murat ne put battre que l'arrière-garde de Bagration. Le gros des forces de Koutouzof profitant de la trève faisait sa jonction avec l'armée de Pologne.
Le 19 novembre, les Français entraient à Brünn et y trouvaient un butin considérable, mais l'espoir de vaincre séparément les deux armées s'était envolé.
Napoléon, à quelques jours de l'anniversaire de son couronnement, était dans une situation inconfortable : l'armée était à plus de mille kilomètres de ses bases ; la situation intérieure du pays était fort sombre ; le Trésor Public en était réduit à demander une avance de 100 millions à la Banque de France ; les royalistes, opposants au régime, relevaient la tête ; cet anniversaire marquerait-il la fin de l'aventure ? Il fallait une décision militaire rapide, mais en fait celle-ci s'avérait difficile à obtenir.

Napoléon se trouvait au centre du dispositif ennemi : l'archiduc Ferdinand en Bohème, l'empereur François en Moravie, les archiducs Charles et Jean en Italie, pour ne parler que des plus rapprochés.
Cette position, solide en cas d'attaque séparée des Austro-Russes, devenait périlleuse si l'assaut était simultané.

 Préparatifs de la bataille
Pendant les quelques jours de repos qu'il accorde à ses troupes, Napoléon se décide pour l'affrontement avec le principal adversaire : Koutouzof. Celui-ci dispose de 30 000 hommes qui s'ajoutent aux 70 000 de Buxhoewden.
Napoléon arrive le 20 à Brünn, y fixe son quartier général et prend aussitôt ses dispositions pour le choc qu'il espère imminent et décisif.
L'Empereur dispose pour le moment de deux corps seulement sur les huit qui constituent la Grande Armée, le quatrième sous les ordres de Soult, et le cinquième sous Lannes comprenant la division Suchet et la division Caffarelli, échangée contre celle de Gazan, très éprouvée à Dirnstein. Il dispose en outre de la Garde Impériale, des grenadiers sous les ordres de Duroc, Oudinot ayant été blessé à Hollabrünn. Cela fait un peu plus de 50 000 combattants.
À ce moment, on lui annonce que le général Giulay, accompagné de M. de Stadion, demande à nouveau à le voir pour discuter des conditions éventuelles d'un armistice et de la paix. L'Empereur ne peut négliger cette proposition, mais il ne renonce pas aux conditions qu'il a déjà posées lors des pourparlers qui ont eu lieu avant la prise de Vienne : possession des États Vénitiens, et les gages qu'il demandera pour ses alliés, les électeurs allemands de Wurtemberg, de Bade et de Bavière.

Les envoyés autrichiens se récrient devant ces exigences. Napoléon les renvoie à son ministre des Affaires étrangères, Talleyrand, qui vient d'arriver à Vienne. Cependant l'Empereur a compris, à travers une allusion d'un des négociateurs, que le danger prussien devient maintenant menaçant.
Au moment où il hésite encore entre une action militaire qu'il sait hasardeuse, et une paix dont les conclusions lui seraient peut-être défavorables demain, les coalisés lui facilitent la décision en passant à l'offensive.
Les alliés sont confiants. La jeunesse dorée russe avait imposé le général allemand Weirother comme conseiller. Il avait étudié les batailles napoléoniennes et en avait déduit que le déroulement du conflit de Castiglione pouvait s'appliquer ici. C'est à lui qu'est dû le plan de la bataille d'Austerlitz.
Le tzar Alexandre commande en chef est partisan de l'offensive. La supériorité numérique de l'armée l'y incite, d'autant que, n'ayant pas imaginé au début de la campagne que l'on pourrait reculer aussi loin, les magasins d'approvisionnements, vivres et équipements, n'avaient pas été prévus. Peut-être pourrait-on attendre les renforts de l'archiduc Ferdinand, du général Michelson venant de Pologne, des archiducs Charles et Jean, mais cela donnerait aussi à Napoléon le temps de rassembler d'autres corps d'armée !

Non, il faut attaquer, Alexandre en est convaincu.

On décide le 25 novembre de quitter Olmutz. Cinq colonnes sont formées et dirigées sur Brünn. Le 28, les alliés arrivent devant Wischau. Là une échauffourée remportée par les cavaliers russes persuade le tzar qu'il vient de remporter une grande victoire et que Napoléon n'est pas invincible. Les auspices sont donc favorables. Au moment de ce combat, le tzar apprend que le général Savary demande à le rencontrer pour lui remettre une lettre de Napoléon dont il est porteur :" Sire, j'envoie mon aide de camp, le général Savary près de Votre Majesté pour la complimenter sur son arrivée à l'armée. Je le charge de lui exprimer toute mon estime pour Elle, et mon désir de trouver des occasions qui lui prouvent combien j'ambitionne son amitié. Qu'Elle le reçoive avec cette bonté qui La distingue, et me tienne comme un des hommes les plus désireux de lui être agréable. Sur ce je prie Dieu qu'il veuille avoir Votre Majesté en sa sainte et digne garde. Napoléon. "
Ce n'est pas là une démarche d'un homme sûr de lui ! Après leur défaite au combat de Wischau, les Français se savent perdus : il faut les battre avant qu'ils n'aient eu le temps de s'enfuir ! Voilà ce que pense le tzar qui remet à l'envoyé une lettre pour " le chef du gouvernement français " mais, dès le lendemain, fait occuper Austerlitz et installe son quartier général au château.

En fait, Napoléon n'avait envoyé Savary que pour avoir une idée des projets russes. Apprenant la prise de Wischau, Napoléon pense maintenant que les alliés attaquent sans attendre les renforts, et cela lui est confirmé par les déclarations d'un officier bavarois déserteur : c'est bien l'armée ennemie entière qui s'avance.
Napoléon, depuis quelques jours, a soigneusement étudié la configuration des lieux qu'il occupe avec ses officiers :
­ "Messieurs, regardez bien ce terrain, leur dit-il, ce sera un champ de bataille et vous aurez un rôle à y jouer."
À nouveau, il envoie Savary au tzar pour lui proposer une entrevue. Celui-ci, tout en refusant, lui délègue cependant le prince Dolgorouki.
Devant les prétentions arrogantes de l'aide de camp d'Alexandre, Napoléon se retire. La bataille est maintenant certaine.
Dolgorouki est si convaincu que l'armée russe tient l'ennemi à sa merci qu'il déclare en arrivant à son camp :
­ Napoléon tremblait de peur. J'ai vu l'armée française à la veille de sa perte. Notre avant-garde suffirait à l'écraser.
Pour conforter cette opinion, Napoléon a ordonné de ne pas trop résister aux attaques de l'armée ennemie ; il se mêle lui-même, à pied, au repli de ses troupes.
Il avait écrit le 30 novembre aux commandants des 1er et 3e corps :
­ "Après-demain, nous allons livrer bataille ; hâtez-vous si vous voulez y prendre part. "
L'armée austro-russe avait mis cinq jours pour faire soixante-dix kilomètres. Ordres, contre-ordres donnés en plusieurs langues, avaient retardé sa progression. Ce n'est donc que le 1er décembre que les alliés se trouvent dans leur position d'attaque, face à l'armée française.


 Positions françaises et austro-russes
La route de Moravie se dirige vers le nord, de Vienne à Brünn, puis au sortir de Brünn, oblique vers Olmutz à l'est. C'est dans cet angle que Napoléon a installé ses positions depuis le 29 novembre. Elles s'appuient à gauche, près de la route d'Olmutz, sur les hauteurs couvertes de sapins, se prolongent en biais vers la route de Vienne, et aboutissent à des étangs que les habitants ont transformés en viviers. Devant cette ligne coule un ruisseau appelé Goldbach par les gens du pays. Il traverse plusieurs villages occupés maintenant par les avant-gardes françaises : Girzikowitz, Puntowitz, Kobelnitz, Sokolnitz, Ellnitz et Monitz.
Le plan allié consiste en une attaque frontale au nord, menée par Bagration, le grand-duc Constantin et le prince Lichtenstein, et un contournement par le sud du gros de l'armée descendant du plateau de Pratzen, coupant ainsi les forces françaises de la route de Vienne.
Si c'est l'armée russe qui attaque, c'est Napoléon qui va diriger la bataille.
 
L'Empereur a placé à sa gauche les divisions Suchet et Caffarelli du maréchal Lannes,
avec en soutien toute la cavalerie de Murat, les cuirassiers des généraux Hautpoul et Nansouty, les dragons des généraux Walther et Beaumont et les chasseurs des généraux Milhaut et Kellermann. Sur le mamelon du Santon, d'où l'Empereur a étudié le champ de bataille, est établi le 17e léger avec 18 pièces de canon (on distingue encore aujourd'hui les fortifications sommaires de cette redoute naturelle). Au centre sont positionnées les trois divisions de Soult : celles de Vandamme et de Saint-Hilaire, puis la division Legrand, renforcée notamment d'un détachement de cavalerie légère commandé par le général Margaron, avec six pièces de canon. Très en arrière à Gross Raigern, se trouvent la division Friant du 3e corps et la division de cavalerie du général Bourcier.
Derrière Lannes et Soult sont en réserve, le corps de Bernadotte (division Drouet et Rivaud), les grenadiers de Oudinot et la Garde Impériale. L'Empereur s'installe au milieu de la réserve sur un point où il peut voir toute l'étendue du champ de bataille.

Comme Napoléon prend quelques instants de repos, on vient l'aviser d'importants mouvements ennemis.
Dans le but d'encourager les déplacements qu'il devine chez l'ennemi, l'Empereur ordonne à Murat de faire avancer quelques détachements de cavalerie devant les lignes françaises et de les replier précipitamment, feignant la plus grande terreur dès que les alliés seront en vue.
Puis il dicte la proclamation célèbre, par laquelle il annonce à toute son armée quelle faute va commettre l'ennemi, et la manoeuvre qu'il va effectuer pour en profiter :
" Soldats,
" L'armée russe se présente devant vous pour venger l'armée autrichienne d'Ulm. Ce sont ces mêmes bataillons que vous avez battus à Hollabrünn, et que vous avez constamment poursuivis jusqu'ici.
" Les positions que nous occupons sont formidables, et pendant qu'ils marcheront pour tourner ma droite, ils me présenteront le flanc.
" Soldats, je dirigerai moi-même vos bataillons. Je me tiendrai loin du feu, si, avec votre bravoure accoutumée, vous portez le désordre et la confusion dans les rangs ennemis. Mais si la victoire était un moment incertaine, vous verriez votre Empereur s'exposer aux premiers coups ; car la victoire ne saurait hésiter, dans cette journée surtout où il s'agit de l'honneur de l'infanterie française, qui importe tant à l'honneur de toute la nation.
" Que, sous prétexte d'emmener les blessés, on ne dégarnisse pas les rangs, et que chacun soit bien pénétré de cette pensée, qu'il faut vaincre ces stipendiés de l'Angleterre, et qui sont animés d'une si grande haine contre notre nation.
" Cette victoire finira la campagne, et nous pourrons reprendre nos quartiers d'hiver, où nous seront joints par les nouvelles armées qui se forment en France, et alors la paix que je ferai sera digne de mon peuple, de vous et de moi. "
" Napoléon. "

 La bataille
Le 1er décembre au soir, après avoir effectué une nouvelle inspection et constaté que ses instructions avaient été suivies, Napoléon s'étend sur son lit de camp, et s'y endort bientôt.
Suite à un petit engagement devant Tellnitz, on réveille l'Empereur ; celui-ci constate aussitôt ainsi la justesse de ses prévisions. Avec quelques officiers, il saute en selle, descend la colline, s'avance entre les lignes afin d'évaluer l'importance des attaquants ennemis. Las, la petite troupe est prise à partie par un détachement de cosaques, a du mal à se dégager, mais parvient néanmoins à revenir dans les lignes françaises.
Revenant vers son bivouac, il passe devant les régiments, suscite l'enthousiasme des troupes qui allument des torches pour éclairer ses pas, et qui crient : " Vive l'Empereur ! ".
Les officiers alliés qui observent les lignes françaises sont surpris par ces lueurs et ces cris dans la nuit : Dolgorouki, dans sa superbe, pense que l'armée est en train de lever le camp, et que quelque arrière-garde donne le change par des feux et des acclamations. Ayant rassuré les siens, il annonce le début de l'attaque pour cinq heures.
 2 décembre 5 heures
Il fait encore nuit noire. Le centre, les réserves et l'aile droite du général Bagration restent sur leurs positions. Mais comme Napoléon l'avait espéré, les Autrichiens qui formaient la gauche du dispositif allié descendent du plateau de Pratzen, la 3e colonne de Przybysewski croisant la 5e colonne formée de la cavalerie de Lichtenstein ! D'où un beau désordre et un retard dans l'exécution des ordres ! Langeron est obligé d'arrêter ses troupes, Przybysewski doit en faire autant ; quand les cavaliers sont enfin passés, une heure a été perdue.
Ce qui a permis aux Français, déjà attaqués par la seconde colonne, de renforcer leur défense.
Contre-attaquant aussitôt baïonnette au canon, ils contraignent les Autrichiens à reculer et à repasser le Goldbach en désordre.

Débouche alors la 3e colonne du général Przybysewski. Elle attaque le château de Sokolnitz. La manoeuvre d'enveloppement est en cours.
Douze bataillons de Langeron assaillent Sokolnitz, tandis que vingt-neuf bataillons austro-russes attaquent Tellnitz. Les Français se retirent.
Ayant regroupé leurs troupes, le maréchal Davout et Friand repartent à l'assaut, soutenus par les cavaliers de Bourcier.
Avec 1 500 fantassins du 3e de ligne, 6 000 hommes du 3e corps et 2 800 cavaliers, les Français ont arrêté plus de 50 000 fantassins et cavaliers russes.

À dix heures, Tellnitz, Sokolnitz et la ligne du Goldbach sont entre nos mains, et le plan mis sur pied pour écraser Napoléon est désormais impossible à réaliser.
Maintenant le plan français commence à entrer en exécution.
Un brouillard d'hiver couvre la campagne, seules les éminences du terrain émergent de cette mer blanche.
Les corps de l'armée française se mettent en marche et font halte dans les fonds cachés par la brume.
Napoléon rassemble ses chefs de corps pour les instructions finales. Auprès de lui attendent Berthier, Junot et Bessières. Arrivent le maréchal Murat, en tenue chamarée, le maréchal Davout, qui rejoint aussitôt ses troupes engagées à Tellnitz, le maréchal Bernadotte, le maréchal Soult, dont les bataillons occupent le centre du dispositif, enfin le maréchal Lannes.

Attaqués dans Tellnitz et Sokolnitz, la division Friand du maréchal Davout et la division Legrand du maréchal Soult doivent tenir le plus longtemps possible, ne reculer que pied à pied, harcelant sans cesse l'ennemi jusqu'à ce que les colonnes austro-russes soient coupées de leurs arrières. Elles accompliront point par point les ordres reçus.
Lannes et Murat, sur la route d'Olmutz, doivent tenir en échec et refouler si possible la droite ennemie.
Soult, avec ses deux divisions doit attendre que les troupes ennemies aient dégarni le plateau de Pratzen (pour attaquer la droite du dispositif français). Il devra attaquer entre Girsikowitz et Puntowitz, traverser le Goldbach, remonter les pentes du plateau et couper ainsi en deux l'armée ennemie.
Napoléon, la Garde, les grenadiers et le corps de Bernadotte, restent en réserve derrière Soult pour l'appuyer dans les cas difficiles.

L'Empereur s'est porté au bord du monticule. Il dirige sa lunette vers les colonnes Russes qui attaquent Tellnitz, et déclare aux officiers qui l'entourent : 
  Ils sont les plus nombreux : ils auraient pu penser m'attaquer et me vaincre. Non, ce qu'ils veulent, c'est nous couper de Vienne et capturer l'armée française. Ils me croient bien jeune ! Ils s'en repentiront.

À cet instant, le soleil, que le brouillard avait caché jusqu'alors, un soleil d'hiver, couleur de sang, se montre et répand sa lumière sur la plaine. Ce soleil, le légendaire soleil d'Austerlitz, allait marquer cette journée mémorable.
Le brouillard en se dissipant fait apparaître les hauteurs de Pratzen presque entièrement dégarnies de troupes. Napoléon dit alors à ses officiers :
­ Allons, finissons cette campagne par un coup de tonnerre qui confonde l'ennemi ! Il agite alors son mouchoir, et envoie d'un geste Lannes et Murat, qui courrent rejoindre leurs troupes au grand galop.

À sept heures, la bataille fait rage près des étangs, le combat va s'engager maintenant à l'autre extrémité des lignes, sur la route d'Olmutz. La colline du Santon, où a été installé le 17e d'infanterie légère du général Claparède est le pivot de la défense de la gauche française.
Les canons tonnent, et les deux divisions du maréchal Lannes s'ébranlent à la rencontre des quatre-vingt-deux bataillons austro-russes du général Bagration. La division Suchet est au nord dans les contreforts boisés qui bordent la route d'Olmutz. La division Caffarelli, avec la cavalerie légère de Kellermann et les dragons entrent dans la plaine, plus au sud.

Les uhlans de la réserve russe attaquent. Kellermann replie ses cavaliers parmi les bataillons de Caffarelli. Ceux-ci, par une fusillade nourrie, accueillent les Russes dont l'élan est ainsi brisé. Le général russe Essen est mortellement atteint. Les escadrons ennemis essaient de se regrouper. À ce moment les cavaliers de Kellermann surgissent sabre au clair et dispersent les Russes. Le prince de Lichtenstein envoie aussitôt des renforts, mais les dragons français chargent à leur tour. Après quelques minutes de ce féroce combat, chaque cavalerie se replie laissant le terrain jonché d'hommes et de chevaux.
L'infanterie s'avance alors. Les Russes dirigent sur les troupes françaises toute leur artillerie ­ quarante pièces de canon. Une décharge enlève en entier le groupe de tambours du premier régiment de Caffarelli. Malgré cela les Français avancent et marchent déjà sur Blazowitz. Sur les ordres de Lannes, le colonel Castex prend le commandement du 1er bataillon du 137e léger. En entrant dans le village, il est frappé d'une balle en plein front, mais ses soldats s'élancent et prennent le village qu'avait occupé le matin un détachement de la garde russe.

Pendant ce temps, Bagration tente de prendre le Santon. Ses troupes entrent dans Bozonitz au pied du mamelon, mais sont bientôt forcées de se retirer vers Pozoritz. Contre-attaquant à son tour, Suchet traverse Bozonitz et attaque l'infanterie russe dans Pozoritz. La cavalerie autrichienne tente de se regrouper sur le plateau de Pratzen, laissant un espace libre dans lequel les troupes de Lannes s'engouffrent aussitôt, consacrant ainsi la rupture des lignes ennemies.
Le général Ouvarof, avec les escadrons dont il peut disposer, tente de colmater cette brèche dans la droite de l'armée alliée. Il est accueilli d'abord par un feu nourri des hommes de Caffarelli, puis la cavalerie lourde de Murat, entrant à son tour dans la bataille, disperse les escadrons austro-russes qui s'enfuient vers le plateau d'Austerlitz.

Lannes poursuivant son effort, aidé par les cuirassiers de Murat, force les Russes à se replier vers Rauswitz.
À midi, il a fait 4 000 prisonniers, tué ou blessé 2 000 Russes. De plus il s'est emparé de la plus grande partie des équipages ennemis.
Il arrête sa progression, ignorant le sort de l'ensemble de la bataille.

 Le plateau de Pratzen
À huit heures et demie, au sud l'attaque russe progresse vers Tellnitz, au nord, l'attaque française s'approche de Blazowitz. Restent autour de Napoléon, Berthier et son état-major, les maréchaux Bernadotte et Soult. Celui-ci est impatient de mener ses troupes à l'assaut. L'Empereur tempère son ardeur :
­ Combien vous faut-il de temps pour arriver sur les hauteurs de Pratzen avec vos divisions ?
­ Moins de vingt minutes, répond le maréchal.
­ Dans ce cas, attendons encore un quart d'heure.

À neuf heures, enfin, les divisions Vandamme et Saint-Hilaire reçoivent l'ordre d'attaquer.
Elles traversent le Goldbach à Puntowitz et à Girzikowitz et commencent à remonter la pente.
Le quartier général de Koutouzof est installé à Krzenowitz. Vers neuf heures, sur la foi des rapports qu'il reçoit, il estime la situation satisfaisante : les Français ont déjà perdu Tellnitz et Sokolnitz, même sans que la quatrième colonne commandée par le général Kollowrath soit entrée en action.

Si, au nord, sur la route d'Olmutz, la situation n'est pas aussi brillante, il faut se remémorer que le plan allié prévoit la manoeuvre d'encerclement de la droite française vers les étangs, au sud ; dans les autres secteurs l'important est d'immobiliser l'ennemi. C'est bien ce qui est réalisé à ce moment.
Le tzar s'étonne auprès de Koutouzof que l'attaque vers Sokolnitz, qui doit consacrer la victoire des troupes coalisées, ne soit pas encore engagée.
Le général en chef donne l'ordre à Miladorowitch de commencer la descente, tandis qu'il va voir près du bord du plateau où en sont les combats. La brume est presque dissipée. On aperçoit confusément les troupes ennemies sur les hauteurs opposées. À gauche, en bas, la fusillade devient plus distincte. Koutouzof se tourne vers un aide de camp, lui demande sa lunette d'approche, mais l'ordonnance sursaute, et le bras tendu vers le pied du plateau :
­ "Regardez ! là, devant nous ! Ce sont les Français ! "

Les officiers s'arrachent la lunette, changent d'expression, la terreur se lit sur leurs traits.
En hâte, on arrête la quatrième colonne (infanterie du général autrichien Kollowrath ­ bataillons russes du général Miladorowitch), et on lui ordonne de se déployer devant le village de Pratzen. On demande également de l'aide au prince de Lichtenstein, engagé près de Blazowitch, qui envoie quatre régiments russes.
Toujours confiant, Dolgorouki devance la réponse du tzar Alexandre, devant qui on s'inquiétait :
­ "Avant une heure, ils seront refoulés. "

La division Saint-Hilaire prend le pas de charge, bouscule les détachements de Miladorowitch, s'empare du village de Pratzen, qu'elle traverse sans s'arrêter. Le général Morand (10e léger) s'établit sur le plateau, soutenu par la 1re brigade du général Thiébault, tandis que la division Vandamme prend position près du mamelon de Stari-Winobradi qui domine le plateau. Thiébault, avec sa batterie de douze canons, tire à boulet et mitraille sur les Autrichiens qui se débandent sur le revers du plateau. Vandamme attaque alors les Russes à la baïonnette, les obligeant à fuir en abandonnant leur artillerie. Il revient vers le mamelon de Stari-Winobradi, l'attaque avec le 24e léger du général Schiner et le 4e de ligne dont le colonel est Joseph Bonaparte. Il gravit la pente, culbute l'ennemi et s'empare des canons et de leurs servants.

À onze heures, Soult s'établit sur le plateau et s'efforce de concrétiser la rupture des armées alliées.
Koutouzof regroupe encore ses forces : les troupes de Kollowrath et de Miladorowitch, une brigade du corps de Langeron, la garde impériale russe du prince Constantin, et fond sur la brigade Thiébault, isolée du reste de la division par le ravin de Pratzen.
Les Austro-Russes se sont rapprochés jusqu'à trente pas des Français, précédés de deux officiers qui crient :
­ "Ne tirez pas, nous sommes Bavarois."
Lorsque la supercherie est découverte, la position des Français est précaire.
Le général Saint-Hilaire, ayant consulté les généraux Morand et Thiébault sur le parti à prendre, décide :
­ "En avant, et pas de prisonniers."

L'ennemi est culbuté, les uns dans la vallée du Goldbach, les autres de l'autre côté du plateau.
Le général Koutouzof est blessé. Côté français, le colonel Mazars est tué, le général Saint-Hilaire blessé, et de nombreux officiers hors de combat.
Pendant ce temps, la brigade Varé refoule les Austro-Russes de Kollowrath vers Krzenowitz.
Un détachement de cavalerie de la garde russe, regroupant les fuyards, repart à l'assaut. Le 4e de ligne du frère de l'Empereur, se retrouve au milieu des combats, est bousculé et accuse de grandes pertes.

Il est une heure. La situation des Français n'est pas déterminante.
Arrive l'Empereur sur le plateau de Pratzen, suivi de la réserve : Bernadotte, la Garde et les grenadiers.
Le grand-duc Constantin, après avoir bousculé les deux bataillons de Vandamme, lance toute la garde impériale russe sur le flanc de l'attaque française. La brigade Kaminski tente, près de Sokolnitz, un dernier effort.
Alors, Napoléon se tourne vers Rapp :
­ "Il y a là du désordre, il faut le réparer."

Rapp prend le commandement d'un régiment de chasseurs à cheval auquel il adjoint l'escadron des mamelucks de la garde. Ordener suit avec les grenadiers à cheval. Bernadotte a détaché la division Drouet (colonel Gérard) pour contrer l'infanterie russe.
Les Français s'élancent, enfoncent la cavalerie russe. Une deuxième charge de cavalerie commandée par le prince Repnine s'effectue. Le colonel Morland est tué. Arrivent en renfort les grenadiers à cheval d'Ordener. La mêlée est impressionnante. La cavalerie française parvient à disperser les chevaliers-gardes d'Alexandre.
Enfin, le combat se termine ; Rapp s'approche de l'Empereur, suivi d'un illustre prisonnier, le prince Repnine lui-même.
Général de brigade depuis le 29 août 1803, Rapp vient de forcer la victoire. Blessé dans les combats, il sera nommé par Napoléon, à la fin de cette journée, général de division (confirmé dans son grade le 24 décembre 1805).
Pendant ce temps, les trois régiments de la division Drouet refoulent l'infanterie russe, privée de la protection de la cavalerie, sur Krzenowitz et Austerlitz.

 Fin de la bataille
Deux heures après-midi. Ce qui reste de l'aile droite de Bagration se replie, les cavaliers de Lichtenstein fuient au-delà d'Austerlitz. La garde russe est anéantie, toutes les troupes du centre à la droite sont en retraite. Seules les colonnes de l'aile gauche qui devaient encercler les troupes de l'Empereur résistent sur le Goldbach, elles sont maintenant coupées de leurs arrières.
La garde du plateau est confiée aux troupes de Bernadotte. Napoléon réunit le corps d'armée de Soult, y adjoint les bataillons de la Garde, les grenadiers d'Oudinot avec 40 pièces de canon, et descend par ces chemins qu'ont emprunté le matin même les troupes alliées.

Autour de Tellnitz, la division Friand tient tête depuis les premières heures aux colonnes alliées. Friand a eu quatre chevaux tués sous lui. Davout se demande s'il pourra tenir encore ses positions. Buxhoewden pense pouvoir obtenir la décision, quand sur ses arrières arrivent les grenadiers d'Oudinot, Napoléon à la tête de la Garde Impériale, et le corps de Soult. Les batteries françaises entrent en action et causent de grandes pertes aux Russes.
Les colonnes de Langeron et de Pribyschewski tentent de se replier le long du Goldbach vers le nord. La cavalerie française se lance à la poursuite des fuyards, en capturant la plupart, dont le général Pribyschewski.

Le corps d'armée du maréchal Soult arrive alors sur le versant du plateau. Buxhoewden avec quatre régiments, se replie sur Auzerd, au nord des étangs, Langeron se joint à lui. Les Russes commencent à pénétrer dans le village, mais Vandamme, avec sa division dévalant du plateau, y entre de son côté. Buxhoewden est blessé, parvient à s'enfuir, mais ses troupes ne pouvant plus avancer se précipitent vers les étangs glacés, pensant pouvoir s'enfuir par cette voie.
La glace ne peut évidemment résister au poids des hommes, des chevaux et des canons. Elle se brise bientôt.
Napoléon fait tirer à boulets rouges sur la partie qui résiste encore, et la déroute est complète.
 
Par ailleurs, Soult, soutenu par les dragons de Beaumont, vient à bout de la dernière résistance des troupes russes. Les cavaliers se saisissent en quelques instants de milliers de prisonniers et de leur artillerie.
Quatre heures du soir. Le soleil commence à décliner. Le prince Bagration, le général Ouvarof font retraite vers Welspitz et Austerlitz. Le prince de Lichtenstein et le grand-duc Constantin se replient également vers le château d'Austerlitz. Toutes les troupes alliées sont en déroute.
Les blessés et les mourants sont entassés dans les granges et les églises. Koutouzof a fait installer aux entrées, un écriteau rédigé en français : " Je recommande ces malheureux à la générosité de l'Empereur Napoléon et à l'humanité de ses braves soldats. "


 Le bilan
Les pertes des armées coalisées sont élevées : 9 officiers supérieurs, 800 officiers, 10 000 soldats tués, 10 000 blessés ou disparus, 20 000 prisonniers, 45 drapeaux, 186 pièces de canon, dont le bronze servira à édifier l'ornement de la colonne Vendôme.
Les armées françaises ont eu 1 290 tués et 6 943 blessés.
Les forces austro-russes représentaient 93 000 hommes. Celles des armées françaises étaient de 71 000 hommes ; seulement 45 000 ont participé à la bataille.
Dès le lendemain, Napoléon installe son quartier général au château d'Austerlitz. Les soldats appelaient déjà les combats qu'ils venaient de vivre : la Bataille des Trois Empereurs, la Bataille de l'Anniversaire.
Napoléon prit la décision de l'appeler : la Bataille d'Austerlitz.
Puis il rédigea la célèbre proclamation,
Austerlitz, 12 frimaire an XIV,
" Soldats, je suis content de vous... il vous suffira de dire : j'étais à Austerlitz, pour que l'on vous réponde : Voilà un brave. "
Auteur : SÉNÉCHAL Jean
Revue : Revue du Souvenir Napoléonien
Numéro : 404
Mois : 11-12
Année : 1995
Pages : 4-23

  Jacques Garnier : "Austerlitz : la bataille rêvée de Napoléon"
  Dossier spécial : Austerlitz, 2 décembre 1805, sur le site napoleon.org


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