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ARTICLES

Les chevaux de Napoléon

(Article de TRANIÉ Jean )

 Informations


Toujours au galop
Toujours des chevaux " entiers "
Les préférés : des arabes
Les plus célèbres des favoris
La seule monture impériale parvenue jusqu'à nous

De nombreuses autres montures " du rang de S.M. "



Ceux qui furent portraiturés



Quelques autres qui laissèrent une trace historique

Napoléon à la bataille de Wagram le 6 juillet 1809, par Horace Vernet.

Napoléon à la bataille de Wagram le 6 juillet 1809, par Horace Vernet.

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Qu'elles soient peintes, gravées ou sculptées, la plupart des oeuvres où figure Napoléon le montrent à cheval.
C'est autant le fait de la tradition, datant de l'époque romaine, de représenter empereurs, rois et princes, chevauchant fièrement, que parce qu'il fut certainement l'homme d'État qui passa le plus grand nombre d'heures en selle.


  Toujours au galop


Si l'on en croit Frédéric Masson, il fut " l'Homme qui, en sa vie, a fait le plus de chemin sur le dos d'un cheval ", comme il l'écrivit dans Jadis. En effet, en vingt ans, ne parcourut­il pas l'Europe en tout sens, assez souvent en berline de voyage, mais, comme il ne trouvait pas celle­ci assez rapide, beaucoup plus souvent à cheval, qu'il fût du " Service de l'Empereur " ou même simple bidet de poste ?
G.­A. Roulhac a précisé qu'il " fut amené à pratiquer le cheval, dans le temps et dans l'espace, infiniment plus qu'aucun sportif de notre temps ne le fera jamais ". Il ajoutait que " tous les témoignages concordent pour lui reconnaître une endurance, une hardiesse, un mépris du danger exceptionnels ".
Il ne connaissait d'ailleurs qu'une seule allure : le galop, qu'il menait à un train d'enfer, ravi de laisser en arrière les officiers de son état­major épuisés, ou même les cavaliers de son escorte dont les chevaux étaient plus chargés.
Ainsi Victor Dupuy, chef d'escadron de hussards, raconte dans Souvenirs militaires qu'en Pologne " un soir vers 8 ou 9 heures, l'Empereur arriva seul à l'improviste, mit pied à terre devant la maison du Staroste située sur la place, s'appuya sur un tonneau vide et demanda un verre d'eau qu'on lui apporta sur­le­champ. Il sollicita un cheval et se fit amener celui d'un officier de sa garde, se remit lestement en selle et reprit aussitôt la route de Varsovie au galop et y arriva seul, au milieu de la nuit, les chasseurs de sa garde n'ayant pu le rejoindre " !
Ce n'est qu'un exemple parmi nombre d'autres.



  Toujours des chevaux " entiers "


Si, en campagne, Napoléon utilisait quand il était pressé ­ ce qui était souvent le cas ­ le premier cheval de selle venu, qu'il soit de troupe ou même " bidet " de poste, il ne voulait pour son écurie personnelle que des chevaux " entiers ", c'est­à­dire non castrés. Ils étaient dits " du rang de Sa Majesté ".
Ainsi, à la suite de la campagne de Russie, ayant pu juger de la résistance de chevaux bretons, il voulut en utiliser mais se ravisa parce qu'ils étaient " hongres ".
Les chevaux dits " du rang de Sa Majesté " étaient au nombre de trente, répartis en dix brigades, dont l'effectif fut renouvelé plus de trois fois au cours du règne. Cela donne plus d'une centaine de montures impériales, parmi lesquelles seules quelques­unes atteignirent la célébrité, soit parce qu'elles furent favorites de l'Empereur, soit qu'il en monta certaines lors d'une bataille célèbre.
Aussi ne faut­il pas croire à la légende du " cheval de bataille " que Napoléon aurait choisi de monter plus spécialement, par superstition, à l'occasion de certain combat dont il ignorait à l'avance s'il aurait un nom dans l'Histoire. D'ailleurs, dans ces circonstances, pouvait­il rester de nombreuses heures en selle sans changer de monture ? Ainsi à Austerlitz, comment Cyrus ­ un arabe gris baptisé par la suite Austerlitz ­ aurait­il pu tenir les quarante­huit heures que l'Empereur resta, paraît­il, en selle ?
Toutes ces montures " du rang de sa Majesté " provenaient des haras impériaux répartis à Saint­Cloud, en Normandie et en Limousin, ou encore du haras sauvage du Grand­duché de Berg. Ces haras alimentaient les Écuries impériales situées aussi bien à Paris qu'à Saint­Cloud, à Meudon et à Viroflay.



  Les préférés : des arabes


Si la presque totalité des peintres d'histoire représentèrent Napoléon chevauchant un arabe blanc, ce n'était pas de beaucoup son habitude car il en utilisa aussi des gris, des pommelés et des alezans. Parmi les autres races, il monta aussi des allemands, des limousins, des espagnols et même des persans. Par contre il ne voulut pas de bavarois qu'il jugeait grands et lourds comme les bretons. Il est vrai que l'un d'eux en Autriche l'avait fait tomber, en s'abattant sous lui, sans raison, chute qui fit s'évanouir Napoléon.
C'est lors de la campagne d'Égypte (1798-­1799) que Bonaparte fit connaissance du cheval arabe qui eut dorénavant sa préférence. Un cheik mameluck, El­Bekri, lui offrit même un splendide arabe de robe noire, que le général en chef accepta avec plaisir. D'autant plus qu'avec lui était joint un palefrenier : un certain mameluck Roustam qui ne le quitta plus pendant quinze ans.
G.­A. Roulhac a même été jusqu'à émettre l'idée très plausible que le cheval arabe rappelait au jeune général " les poneys corses et lui permettait de revenir à ses mauvaises habitudes " d'adolescence dans l'île de Beauté. En effet, comme l'a écrit Bonardi dans Bonaparte, enfant d'Ajaccio, les paysans des environs voyaient passer sur les mauvais sentiers un jeune sous­lieutenant d'artillerie aux longs cheveux, chevauchant un poney " plein d'ardeur, mais à peine dressé ". Les étriers chaussés longs, il se contentait de l'exciter de temps à autre d'un coup de cravache, laissant les rênes sur l'encolure. C'était vers 1786.
Il est vrai qu'à l'époque, il était frais émoulu de l'École militaire de Paris, où il n'avait reçu que de vagues leçons d'équitation. Encore qu'officier, il était piéton comme ses artilleurs et n'eut droit à un cheval que lorsqu'il passa commandant en 1793, lors du siège de Toulon .
Ce fut ce premier cheval réglementaire ­ dont le nom ne passa pas à la postérité ­ qui eut l'honneur d'ouvrir le " martyrologue " de ses dix­huit chevaux tués ou blessés. Peut­être même y en eut­il quelques­uns de plus ­ dont celui tué quelques instants avant le passage du célèbre pont d'Arcole (1797) si l'on en croit quelques chroniqueurs ­ car ce nombre donné par O'Meara ne correspond qu'à une période de quatorze ans, depuis l'organisation des Écuries consulaires en 1801 jusqu'au départ pour Sainte­Hélène.



  Les plus célèbres des favoris





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Le général Bonaparte à la bataille de Rivoli eut son cheval blessé sous lui. Le peintre d'histoire Philippoteaux (1815­1884) l'a représenté alors que remonté sur un alezan d'un de ses officiers d état-major, il récupère son chapeau que lui tend un officier de hussards de son escorte. Musée de Versailles.
Portraituré par le peintre Sevewied, citons d'abord Cyrus qui eut l'honneur d'assister à la bataille d'Austerlitz mais ne fut pas le seul à être monté par l'Empereur ce jour­là.
Plus célèbre est l'arabe gris Wagram que monta Napoléon à partir de 1809 et qui fut appelé ainsi en souvenir de sa victoire du 6 juillet. Il lui montra une particulière affection que lui rendait bien l'animal. Ainsi, quand il le voyait aux écuries, ce dernier frappait alternativement le sol de ses sabots de devant et ne s'arrêtait qu'après que Napoléon l'eut caressé et même embrassé. De même, lorsqu'il entendait les tambours battre " Aux champs ", ce qui annonçait l'arrivée de l'Empereur, il grattait le sol du sabot, agitait fièrement la tête et, quand il était monté, son allure " revêtait une beauté incomparable ".
On comprend qu'il fut emmené par Napoléon lors de son exil à l'île d'Elbe.

Un autre des chevaux impériaux donné par le prince Eugène de Beauharnais, un alezan issu d'une jument limousine et d'un étalon anglais, fut Roitelet. Un jour de 1809 lors d'une revue, ce grand cheval trop ardent emporta son cavalier dans les rangs des grenadiers dont quelques-­uns furent renversés. De ce fait, l'Empereur le tint à l'écart quelques années, mais il fit quand même partie de la brigade de trente chevaux emmenés pour son seul service au début de la campagne de Russie en 1812. Cet équipage léger comptait en plus quarante-­six autres montures pour la suite ­ c'est-­à-dire le Grand Ecuyer, le chirurgien, le piqueur, le mameluck et trois palefreniers ­ les officiers d'état­major, les pages, les domestiques, etc..., dont toutes étaient susceptibles, en cas de nécessité, de remplacer celle de l'Empereur.

C'est ainsi que lors de la retraite de Russie, tous les chevaux de la suite tenant mal sur la neige verglacée, il lui fut amené Roitelet qui le conduisit sans un faux­ pas. L'histoire ne dit pas si celui­ci était mieux " ferré à glace " que les autres ?
Napoléon le montait encore, le 29 avril 1813, à Lutzen, lorsqu'un boulet vint roussir le poil de Roitelet sans que celui­ci ne bronche. La chronique rapporte que, quelques jours après, l'impérial cavalier vint voir aux écuries si le poil repoussait.
Une seconde fois à Arcis­-sur-­Aube, le 1er mars 1814, le destin sauva le même cheval et son cavalier quand une bombe s'enfonça dans la terre à dix pas d'eux. L'Empereur pour soutenir le moral de ses Marie­Louise, poussa Roitelet vers le projectile, pensant peut­être qu'il n'était qu'un simple boulet. Celui­ci explosant, l'animal fit un écart ­ sans doute sous l'effet du souffle ­ projetant à terre Napoléon qui dit en se relevant : " Allons, nous en sommes encore quitte pour la peur ! ".


  La seule monture impériale parvenue jusqu'à nous


Le célèbre Vizir

Le célèbre Vizir

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Vizir, fut aussi un des favoris de l'Empereur qui le monta à partir de 1805 et l'emmena à Sainte­Hélène dix ans plus tard. Seul à être conservé, empaillé au musée de l'Armée, non loin de son maître dormant de son dernier sommeil sous le Dôme des invalides, il lui avait été offert par le sultan de Turquie, alors qu'il se proposait d'envahir l'Angleterre.
De race arabe, sa robe est " fleur de pêcher presque blanche, à tous crins, légèrement truitée alezan ", et il mesure seulement 1,35 m. Sur sa cuisse gauche apparaît toujours la marque des Ecuries impériales : un N couronné. Il mourut en France en 1826.
Selon une lettre d'un Britannique, John Greaves, de Manchester, datée du 23 juillet 1839, lors de " la campagne de Russie le cheval resta en France où il fut confié aux soins d'un certain M. de Chaulaire jusqu'au retour de l'Empereur; il fut alors remis à son illustre maître et resta avec lui jusqu'à la fin de la guerre. A ce moment, sur le désir manifesté par l'Empereur, le cheval fut renvoyé à M. de Chaulaire et ce gentleman le conserva jusqu'à sa mort. En 1826, M. de Chaulaire le fit alors empailler et écrivit l'histoire de ce cheval extraordinaire ".

Le célèbre Vizir

Le célèbre Vizir

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Cette lettre semble bizarre, quand l'on sait que Frédéric Masson signale qu'à Sainte­Hélène " l'Ecurie que commandait Gourgaud se composait de 10 chevaux... dont le Vizir ". Il semble que John Greaves n'ait pas su que M. de Chaulaire devait être un fonctionnaire des Écuries Impériales, et qu'il ait ignoré que Vizir avait été aux écuries de Longwood.
Dans la suite de sa lettre notre Britannique raconte que : " Peu après, M. de Chaulaire fut obligé de quitter la France pour raisons politiques et ses biens furent confisqués. J'habitais alors Boulogne et je me rendis acquéreur de cette précieuse relique que j'emportai en Angleterre avec l'intention d'en faire présent au British Museum, mais j'ai depuis changé d'avis et je préfère vous l'offrir. Les Français étaient si attachés à ce cheval, parce qu'il avait appartenu à l'Empereur, que j'eus beaucoup de difficultés à le faire sortir de France, mais j'y parvins pourtant avec l'aide du consul d'Angleterre qui me conseilla de faire enlever le rembourrage de mon cheval empaillé, car les Douanes anglaises de Douvres ne le laisseraient pas passer sans cela ".
Par la suite, J. Greaves légua en 1839 Vizir empaillé à la Société d'Histoire naturelle de Manchester, qui le laissa dans sa caisse, laquelle fut retournée au musée du Louvre le 29 juin 1868. Ce ne fut qu'après la guerre de 1870 qu'elle fut retrouvée dans un de ses greniers avant d'être remise ultérieurement au musée de l'Armée où Vizir est dorénavant exposé.
Un autre cheval de Napoléon a les honneurs d'un musée : c'est Marengo dont le squelette est conservé à l'Imperial War Museum à Londres.


  De nombreuses autres montures " du rang de S.M. "


Aboukir

Aboukir

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Des cent et quelques chevaux qui eurent l'honneur d'être montés par l'Empereur seuls quelques­uns sont connus par leur nom et leur présence dans un événement célèbre.
Déjà, parmi les favoris moins fameux, l'on peut citer Styrie avec lequel Bonaparte monta au Grand Saint­Bernard et qu'il chevauchait à Marengo le 14 juin 1800. Il devait l'avoir en particulière affection car, après cette seconde campagne d'Italie, il lui fit réserver un " repos luxueux ".

Familier

Familier

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Il y eut aussi Cyrus qui assista à la bataille d'Austerlitz ainsi que l'Intendant plus spécialement réservé aux parades revues et entrées triomphales en raison de son calme lors des cérémonies. Les grognards de la Garde impériale le surnommèrent même " Coco " !
Un autre, Tauris, fut chevauché par l'Empereur pour son entrée à Moscou le 14 septembre 1812. C'était un gris pommelé qu'il avait fait acheter en Russie quelques jours auparavant pour 1260 F, et qu'il montait encore lors du passage de la Bérésina, fin novembre suivant. Encore que l'Empereur ait regagné la France à la suite de la retraite de Russie, d'abord en traineau, puis en berline, Tauris rejoignit la France puisque ce fut lui qui fut monté de Golfe­-Juan à Paris, lors du " Vol de l'Aigle ", en mars 1815

Cheikh

Cheikh

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Il fut aussi sa monture à Waterloo et tandis que Napoléon partait pour Paris en berline, Tauris rejoignit Malmaison, où le souverain le donna à M. de Montarau. Par ta suite celui­ci le promenait, paraît­il, " chaque matin autour de la colonne de la Grande Armée ".
Napoléon offrait aussi assez souvent des chevaux en cadeau, soit pour des raisons diplomatiques, ou simplement par amitié ou en reconnaissance. Ainsi, en 1806, il offrit Commode au roi de Bavière, puis à la princesse de Bade l'Étoile et l'Éthiopienne, ainsi qu'en 1807 Sélim à l'empereur de Russie Alexandre 1er lors du traité de Tilsitt. Ce fut sans doute pour la seconde raison, qu'il offrit, parmi d'autres, Soliman au général Vharville et, en 1811, Fauvette à M. de Kergariou.

Triomphant

Triomphant

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Nombre de ses chevaux furent baptisés pour rappeler une victoire, il en fut ainsi pour : Marengo, Austerlitz, Wagram. D'autres reçurent un nom marquant leur origine, tel que : Calvados, Cid, Cordoue, Sagonte, ou le déjà cité Sélim. D'autres encore furent dénommés pour marquer leurs qualités ou leurs défauts, tels Bouffon, Conquérant, Extrême, Folâtre, Gracieux, Timide, etc...


  Ceux qui furent portraiturés


Sahara

Sahara

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Encore qu'il y ait des centaines de tableaux et des milliers de gravures ou dessins montrant Napoléon à cheval, la presque totalité ne présentent pas le " portrait " authentique de ces montures.
En fait, on ne peut être certain que de vingt­trois oeuvres représentant les montures " du rang de S.M. ". Celles­ci furent commandées spécialement à deux peintres, dont Horace Vernet pour dix d'entre eux, les autres à un artiste animalier maintenant oublié, Sevewied.

Major

Major

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La comptabilité du Grand Ecuyer, nous apprend que furent une première fois " remis 1 000 F à M. Horace Vernet pour les portraits de quatre chevaux : Vizir, Gisors, Lowska, Favori. Une seconde fois furent remis au même artiste 1 500 F pour les portraits de six chevaux : Harbet, Néron, Wagram, Calvados, Tamerlan, l'Hippogriffe.

Belle

Belle

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Par ailleurs Sevewied reçut 1 690 F pour la commande des portraits de treize chevaux : Kurde, Labrador, Cyrus, Cid, Cordoue, Sara, Sagonta, l'Epicurien, l'Intendant, l'Embelli, le Gessner, le Bréant, le Wuzbourg.
Hormis ceux déjà nommés qui ont laissé leurs noms dans l'Histoire napoléonienne, pas de moins de dix­sept de ces montures " du rang de S.M. " seraient restées totalement inconnues si elles n'avaient eu l'honneur d'être distinguées, peut­être par l'Empereur lui­même, pour être portraiturées.

Distingué

Distingué

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En réalité, les portraits de ces vingt­trois chevaux sont les seuls pour lesquels l'on peut avoir une certitude, tous les autres ­ même représentés par les plus grands artistes du XlXe siècle dans des scènes historiques ­ n'offrant aucune garantie de ressemblance.


  Quelques autres qui laissèrent une trace historique


Dessin Christian ­Henry Tavard.

Dessin Christian ­Henry Tavard.

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Parmi ceux-­ci l'on peut citer la monture de l'Empereur utilisée lors de la folle étape Valladolid-­Burgos, un fort et beau brun dénommé Montevideo. Également les quatre chevaux réservés spécialement à Napoléon pour l'entrevue d'Erfurt avec le Tsar fin septembre 1808 : Bouffon, Artaxercés , Aly et Coceyre, qui faisaient partie d'un convoi de trente-­trois montures des Ecuries impériales. En faisaient aussi partie : l'Extrême et Sultan réservés au général Caulaincourt qui dirigeait le convoi et était accompagné du général Nansouty qui montait Folâtre. Parti le 7 septembre 1808, le convoi ne mit pas moins de dix­neuf jours pour parcourir les 816 km du trajet !
Quelques jours plus tard, le Grand Ecuyer fit partir pour Mayence, le 23 septembre 1808, quatre autres montures qui devaient y attendre les ordres du souverain-; c'étaient : Conquérant, l'Estime, Russe et Timide.

Parmi les achats effectués pour l'Empereur, citons, entre autres, celui fait en avril 1808 par le général Sébastiani pour un total de 25 989 F, pour sept chevaux ayant nom : Arabella, Babylonien, Euphrate, Hahim, Harbet, Helavert et Héricle. En 1812, le marchand de chevaux Vincent vendit à 1 200 F chaque : Lydienne et Lyre. Puis en 1814, un certain Rivière lui céda neuf chevaux pour 7300 F, ce qui donne un prix unitaire bien moindre qu'en 1808. Ces montures destinées à l'auguste cavalier avaient nom : Naïade, Nankin, Naïade, Naturaliste, Naufragé, Nausicaa, Navigateur, Navire et Ninon. Ce fut, semble­t­il, le dernier achat du souverain.

Remarquons que ces étalons avaient des noms commençant par certaines lettres telles que H et N, indiquant l'année de leur entrée aux Écuries impériales. A l'origine cette habitude n'était pas appliquée aux montures réservées à Napoléon mais seulement à celles du " rang des écuyers ", et ceci depuis 1801, année de création des Écuries du Premier Consul. Ainsi 1809 était désigné par la lettre H, 8e de l'alphabet ; L indiquait 1812 et N 1814. La réglementation pour les seuls chevaux des écuyers dut être étendue à ceux de l'Empereur vers 1808­1809, sauf erreur.
Il y a encore sans doute beaucoup à écrire sur les chevaux de Napoléon et il serait intéressant d'arriver à en dresser une liste plus complète sans croire d'ailleurs que l'on puisse en obtenir une vraiment exhaustive. Peut­être nos lecteurs pourraient­ils nous aider à la compléter ?

 
C.­H.T.
 
Christian­ Henry Tavard, journaliste, dessinateur et écrivain, a publié de nombreux articles sur l'histoire du cheval, telle que " Plaisirs équestres ". On lui doit un grand ouvrage L'habit du cheval, devenu classique et plusieurs livres sur les armes, les armures et les coiffures militaires, anciennes et modernes.
 
=> Page de la Maison Impériale tenant le cheval de Napoléon lors d'une réception en Moravie, en décembre 1805, après Austerlitz. D'après le tableau de Gros à Versailles.


 
     
 
 

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 Informations

Auteur :

TRANIÉ Jean

Revue :

Revue du Souvenir Napoléonien

Numéro :

395

Mois :

mai-juin

Année :

1994

Pages :

23-30

En savoir plus

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