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Accueil > Salle de lecture > Chronologies > L'Année 1807 |
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La Campagne d'hiver en Pologne se poursuit
Le 1er janvier 1807, au relais de Blonie, sur la route de Varsovie, Napoléon voit pour la première fois la comtesse Marie Walewska qui fait partie des Polonais venus acclamer l'Empereur. La retrouvant à Varsovie, Napoléon noua une idylle avec la comtesse qui se poursuivit au-delà de la campagne de Pologne et donna naissance à un garçon, Alexandre Walewski, reconnu par l'époux de Marie Walewska. Cette dernière resta toujours attachée à Napoléon qu'elle alla retrouver avec leur fils sur l'île d'Elbe. En réponse au décret de Berlin (21 novembre 1806), l'Angleterre décide le 7 janvier 1807 le blocus de tous les ports français en France et dans ses colonies. Le 7 janvier 1807 la ville de Breslau (Wroclaw), assiégée depuis le 6 décembre par Jérôme Bonaparte et Vandamme, se rend (capitulation officielle le 8). Ordre est donné au prince Jérôme de former trois blocus pour cerner à la fois Brieg, Kosel et Schweidnitz et de conserver à Breslau un corps de réserve d'infanterie, de cavalerie et d'artillerie. (Correspondance n°11575) Le 13 janvier 1807 , il est décidé par décret, de Varsovie, que le pont construit sur la Seine face au Camp de Mars porterait le nom de la victoire de Iéna du 14 octobre 1806 (art 1) . « Art 2 : Le quai sur lequel il doit s'appuyer, du côté de Chaillot, et qui doit être élargi et refait dans une nouvelle direction, s'appellera, dans la partie qui sera comprise entre la barrière et les pompes à feu, Quai de Billy, du nom du général tué dans cette bataille ».(Correspondance n°11619) Le 14 janvier 1807 est mise en place, par décret, une administration provisoire polonaise présidée par le maréchal comte Malachowski. Le 25 janvier 1807, se déroule le Combat de Mohrungen entre Bernadotte et Benningsen : « une colonne russe s'était portée sur Liebstadt, au-delà de la petite rivière de la Passarge […]. Le prince de Ponte-Corvo (Bernadotte), informé de ce mouvement, quitta Elbing, réunit ses troupes, se porta, avec la division Rivaud, au-devant de l'ennemi, et le rencontra auprès de Mohrungen […] Les ennemis furent battus, mis dans une déroute complète, poursuivi pendant quatre lieues et forcés de repasser la rivière de la Passarge. » (54e Bulletin de la Grande Armée, Varsovie, 27 janvier 1807) Lois : Est publié, en date du 25 janvier 1857, dans le Bulletin des lois : « l'Avis du conseil d'état sur la manière de compter les votes pour établir la majorité absolue dans un collège électoral ». (séance du 16 décembre 1806). Le 31 janvier 1807, l'impératrice Joséphine est de retour à Paris, au Palais des Tuileries. (Moniteur du 1er février 1807) Elle était allée jusqu'à Mayence, espérant rejoindre Napoléon à Varsovie. Mais tout à sa campagne de Pologne et sa nouvelle idylle avec la comtesse Walewska, l'Empereur écrivit plusieurs fois à sa femme pour l'en dissuader : « Ta douleur me touche ; mais il faut se soumettre aux événements ; il y a trop de pays à traverser depuis Mayence jusqu'à Varsovie […]. Je serais assez d'opinion que tu retournasses à Paris, où tu es nécessaire… » (Correspondance n°11543, du 2 janvier 1807) « La saison est froide, les chemins très-mauvais, peu sûrs (…) Rentre à Paris pour y passer l'hiver » (Correspondance n°11572, 7 janvier 1807) ; « Il est impossible que je permette à des femmes un voyage comme celui-ci (…). Retourne à Paris, sois-y gaie, contente ; peut-être y serai-je aussi bientôt » (Correspondance n°11679, 23 janvier 1807) La campagne de Pologne :
Le 3 février 1807 Napoléon remporte une nouvelle bataille à Olsztyn (Allenstein). Le lendemain c'est Ney qui bat les Prussiens sur la route de Liebstadt. Le 8 février 1807 a lieu la bataille d'Eylau, terrible affrontement contre les forces russes. Malgré de lourdes pertes de part et d'autre, le champs de bataille reste aux Français. Napoléon rapporte dans une lettre au général Duroc, le 9 février 1807 : « Il y a eu hier à Preussich-Eylau une bataille fort sanglante. Le champ de bataille nous est resté, mais si on a de part et d'autre perdu beaucoup de monde, mon éloignement me rend ma perte plus sensible. Corbineau [aide de camp de l'Empereur] a été enlevé par un boulet ; le maréchal Augereau a été légèrement blessé ; d'Hautpoul, Heudelet, quatre ou cinq autres généraux ont été blessés. » (Correspondance n°11789) Personnalités : Le 5 février 1807, décède à Londres Pascal Paoli, grand patriote corse et farouche défenseur de son indépendance. Il est enterré, selon sa volonté, dans le cimetière de St-Pancrace. En 1889, ses cendres ont été transférées à Morosaglia dans la chapelle familiale de sa maison natale devenue le Musée Départemental Pasquale Paoli. Le 10 février 1807 se réunit, pour un mois à Paris, le Grand Sanhédrin, l'assemblée de notables de la communauté juive. « M. David Sintzhem, rabbin de Strasbourg, a été nommé par S.E. le ministre de l'Intérieur, chef de cette assemblée. […] L'assemblée s'est constituée après la lecture du procès-verbal de la vérification des pouvoirs […].M. Furtado, président de la première assemblée, a fait un rappoirt très étendu sur les trois premiers points qui sont propres au sanhédrin et qui sont relatifs à la polygamie, à la répudiation et au mariage. » (Journal de l'Empire du 13 février 1807) Festivités populaires La Gazette de France du 11 février 1807 relate le carnaval d'avant Carême : « Le dernier jour du carnaval a été remarquable par l'affluence des masques, leur gaieté bruyante et l'ordre qui régnait sans effort au milieu de la foule innombrable qui les suivait. Rien ne prouve mieux que cette dernière circonstance l'esprit du peuple et les sentiments dont il est animé. S. M. l'Impératrice a daigné paraître sur le balcon des Tuileries, pour répondre aux acclamations dont elle était l'objet, et pour jouir un moment de ce spectacle à la fois tumultueux et tranquille. Le soir, tous les théâtres étaient remplis ; et, dans cette journée où la licence est une espèce de privilège, la joie publique, les discours, les mouvements populaires n'ont fait pour ainsi dire, que rendre hommage à la véritable liberté. » Fin de la campagne d'hiver en Pologne : Le 16 février 1807 a lieu le combat d'Ostrolenka. Savary, commandant par intérim le corps de Lannes, bouscule l'aile gauche des Russes qui vont déplorer 1 300 tués et 1 200 blessés. La sécurité de Varsovie est assurée, et Savary gratifié de 20 000 francs. Ce combat marque la fin des combats hivernaux en Pologne. Dès le lendemain, la Grande Armée prend ses quartiers d'hiver sur la rivière Passarge. Napoléon s'installe quant à lui à Osterode à partir du 21 février, pour y rester jusqu'au 1er avril. International Le 19 février 1807, l'Espagne adhère au Blocus continental. Le Premier ministre espagnol Godoy se range aux côtés de la France, et envoie en Allemagne un corps expéditionnaire de 8 000 hommes, qui sera placé sous les ordres de Bernadotte. Pour tout savoir sur le Blocus continental, consultez notre dossier bicentenaire Musique : Le 22 février 1807, la Symphonie n° 1 en do majeur op. 21 de Ludwig van Beethoven est jouée pour la première fois en France, au cours d'un concert donné par le Conservatoire de Musique. Première des neuf symphonies du compositeur allemand, cette oeuvre en quatre mouvements (Adagio molto. Allegro con brio / Andante cantabile con molto / Menuetto – Allegro molto e vivace / Finale – Adagio, allegro molto e vivace) fut composée à Vienne en 1799-1800 et dédicacée au baron Van Swieten, mélomane et ami de Wolfgang Amadeus Mozart. Art : Journal de l'Empire du 1er mars 1807 annonce la livraison prochaine à Paris de la statue colossale de Napoléon tout juste exécutée par Canova. Cette statue de marbre représentant Napoléon en Mars pacificateur ne sera livrée au Louvre qu'en 1811. Ne plaisant pas à l'Empereur qui la trouve trop "dénudée", elle ne sera pas exposée. Le duc de Wellington la fera placer au pied de l'escalier monumental d'Apsley House après la bataille de Waterloo. Elle s'y trouve encore.
Faits divers : « On a donné hier, à l'Opéra, la première représentation du ballet Ulysse, [du danseur et chorégraphe Pitrot]. A l'ascension qui le termine, le mécanisme préparé et dirigé par le machiniste s'est brisé. L'actrice Melle Aubry est tombée sur le théâtre de vingt pieds de haut. Elle a eu une jambe cassée, une forte contusion à la tête et d'autres blessures. » (Bulletin du Ministère la police générale du 28 février 1807). L'Impératrice Joséphine, présente à la représentation est fortement marquée par l'incident qu'elle rapporte d'ailleurs dans une lettre datée du 1er mars et à laquelle Napoléon répond le 15 : « Je vois que tu as été fort émue de la catastrophe de la Minerve de l'opéra. Je suis bien aise de te voir sortir et te distraire. Ma santé est fort bonne. Mes affaires vont fort bien. » (Correspondance n° 12037). Il est vrai que l'Empereur a à ce moment d'autres chats à fouetter : la bataille d'Eylau vient d'avoir lieu et la campagne de Pologne s'achève. Le 5 mars 1807, Napoléon autorise le travail le dimanche ou tout autre jour de fêtes religieuses. « Il est contraire au droit divin d'empêcher l'homme qui a des besoins le dimanche pour gagner son pain. Le gouvernement ne pourrait imposer une telle loi que s'il donnait gratis du pain à ceux qui n'en ont pas. […] On doit bien se garder de se mettre dans la nécessité d'employer un jour des gendarmes à empêcher l'homme qui a besoin de son travail pour assurer sa subsistance de travailler le dimanche. […] L'observance du maigre le vendredi et celle du repos le jour du dimanche ne sont que des règles secondaires et très insignifiantes. Ce qui touche essentiellement aux commandements de l'Eglise, c'est de ne pas nuire à l'ordre social. […] Les sbires et les prisons ne doivent jamais être des moyens de ramener aux pratiques de la religion. » (Correspondance n°11936) Le 6 mars 1807, face aux difficultés de transports d'équipements rencontrées durant la campagne de Prusse, Napoléon lance l'idée des trains des équipages. « Je voudrais former des bataillons de transport des équipages militaires. Chaque bataillon aurait un conseil d'administration, et serait commandé par un homme ayant rang de capitaine dans la ligne. Chaque compagnie pourrait être composée de trente-deux caissons attelés de quatre chevaux chacun et conduits par deux hommes. […] Ainsi il y aurait dans une compagnie 32 caissons, 128 chevaux de trait et 64 hommes. On y ajouterait une forge de campagne, une voiture de rechanges de harnais et d'approvisionnements de réparations pour les caissons. Chaque compagnie serait divisée en quatre escouades chacune de huit caissons et commandée par un maréchal des logis chef. Six compagnies pourraient former un bataillon, qui se trouverait ainsi composé de 192 voitures, 78 chevaux et 384 hommes. » (Correspondance n°11945) Religion : Les séances du Grand Sanhédrin se sont clôturées le lundi 9 mars 1807. « L'assemblée en se séparant, a transmis son travail aux commissaires de l'Empereur, en les priant de le faire parvenir sous les yeux de Sa Majesté ». (Moniteur du 11 mars 1807) Charité : « L'association des Soeurs de la Charité, fondée par saint Vincent de Paul, compte, à présent, deux mille sujets en France, et le nombre des maisons qu'elle dessert est de deux cent quatre-vingts. Mme Deschaux est la supérieure générale de ces filles respectables, qui se consacrent à porter des secours à toute espèce de malades, dans les hôpitaux civils et militaires, à domicile, dans les prisons, et généralement partout où l'on rencontre l'humanité souffrante. Les Soeurs de la Charité s'occupent encore de l'instruction des pauvres filles. Elles donnent également leurs soins aux orphelins des deux sexes. La maison dite la Croix sera mise incessamment à leur disposition, conformément au décret impérial du 6 janvier dernier. Cette maison est beaucoup plus vaste que l'ancienne maison des Orphelines, qu'elles occupent, rue du Vieux-Colombier, et qui est destinée à devenir le chef-lieu des missionnaires de Saint-Lazare. » (Journal de l'Empire du 15 mars 1807) Le 25 mars 1807 se réunit, dans la salle des séances attenant à l'Hôtel de Ville, l'assemblée générale des députés des israélites de France et d'Italie. « Cette assemblée diffère du Grand Sanhédrin en ce que celui-ci est un Sénat qui se prononce souverainement sur les lois religieuses, au lieu de l'assemblée générale qui ne s'occupe que d'affaires civiles ». L'objet de l'assemblée était : 1. Le rapport du comité des neuf sur les opérations du Grand Sanhédrin ; 2. La discussion sur le voeu à émettre relativement à un décret impérial du 30 mai 1806 ; 3. L'adresse d'actions de grâce à rendre à l'homme immortel qui, répandant également ses bienfaits sur tous les citoyens, quelles que soient leurs opinions religieuses, a tendu une main protectrice aux israélites, trop longtemps méconnus, avilis, et les a rappelés aux droits comme aux devoirs de tous les membres de la grande famille… (Courrier français du 27 mars 1807) Fin mars 1807, on estime le coût humain de la bataille d'Eylau à 5000 hommes tués, blessés ou qui ne peuvent plus servir. Napoléon donne l'ordre de faire appel à 5000 conscrits de 1807 pour réparer cette perte. (Journal de l'Empire du 3 avril 1807) Le 1er avril 1807 Napoléon installe son quartier général à Finkenstein pour deux mois.
« je viens de porter mon quartier général dans un très beau château, dans le genre de celui de Bessières, où j'ai beaucoup de cheminées, ce qui m'est fort agréable ; me levant souvent la nuit, j'aime à voir le feu. » (Lettre à Joséphine du 1er avril 1807, Correspondance n°12263) Vivant Denon, directeur général du musée du Louvre lance un concours pour la réalisation d'un tableau immortalisant la bataille d'Eylau, considérée comme l'un « de ces événements qui occupent dans l'histoire une place signalée ». Le sujet du tableau n'est pas la bataille en elle-même, mais ce qui survient lendemain, quand : « l'Empereur, visitant le champ de bataille, vient porter indistinctement des secours ». (Moniteur du 2 avril 1807) C'est le projet de Gros qui retiendra l'attention. Le 4 avril 1807 décède à Paris l'astronome Jérôme de Lalande âgé de 74 ans. Né à Bourg-en-Bresse le 2 juillet 1732, il étudie le Droit à Paris, où il rencontre l'astronome Delisle. Il suit alors ses cours au Collège de France et change progressivement de voie après une brève carrière d'avocat. Il part s'occuper de la station d'observation astronomique située à Berlin pour y étudier la parallaxe lunaire. Son remarquable travail le distingue et lui ouvre les portes de l'Académie des sciences de Berlin. Il étudie alors les planètes du système solaire et publie une nouvelles éditions des tables de Halley (1759). En 1762 il enseigne l'astronomie au Collège de France. Il laisse à la postérité l'image d'un scientifique érudit et original dont l'athéisme militant lui attira l'hostilité de Napoléon Ier. Avril 1807, on procède à l'appel en masse d'hommes sur l'année de 1808 quatre mois à peine après le dernier appel de conscription. La Gazette de France du 10 avril note : « un arrêté de M. le conseiller d'Etat, préfet du département de la Seine, enjoint à tous les conscrits de 1808 de se présenter, avant le 10 mai prochain, au chef-lieu de la municipalité de leur arrondissement, pour s'y faire inscrire. Tous les jeunes gens nés depuis le premier janvier 1788 jusqu'au 31 décembre de la même année inclusivement, font partie de la conscription ». Avril 1807, Napoléon décide de faire placer dans la salle des séances de l'Institut la statue du mathématicien français d'Alembert « qui dans le siècle dernier a le plus contribué » à l'avancée de cette science. « L'Empereur désire que la première classe [de l'Institut] voie dans cette détermination une preuve de son estime pour elle, et de sa volonté constante d'accorder des récompenses et de l'encouragement aux travaux de cette compagnie, qui importent tant à la prospérité et au bien des peuples. » (Journal de l'Empire, 12 avril 1807) Rappelons que Napoléon avait une connaissance approfondie des mathématiques pour lesquelles il vouait véritablement une passion et montrait de grandes dispositions remontant à sa jeunesse. Le 12 avril 1807, est publié dans le Journal de l'Empire le texte des décisions prises par le Grand Sanhédrin. Campagne de Pologne Le 16 avril 1807, à Anklam, Mortier bat les Suédois et contraint leur chef, Essen, à un armistice (Schlachtow), le 18 avril. Napoléon prévoie cette attaque comme les troupes suédoises passent la stratégique rivière Peene : il écrit ainsi au maréchal Brune « Les Suédois ayant passé la Peene, il est convenable que vous réunissiez toutes vos forces pour les inquiéter sur leur flanc droit. Du 12 au 15, le maréchal Mortier les attaquera avec des forces considérables. » et au Maréchal Mortier : « Mon Cousin, j'ai fait connaître à votre aide de camp, de vive voix, toutes les dispositions que j'ai ordonnées et qui vous seront transmises par le major général. J'espère que le 12 ou le 15, vous serez en mesure de repousser les Suédois. Votre premier but doit être de couvrir Stettin ; le second, de couvrir Berlin. Pour cela, il est indispensable de rejeter les Suédois de l'autre côté de la Peene.» (Correspondance n° 12327 et 12328, Finkenstein le 7 avril 1807) Avec l'armistice de Schlachtow, les Suédois conservent leur part de Poméranie et Straslsund. Le corps de Mortier est, lui, libre de rejoindre le reste de la Grande Armée qui se prépare à affronter les Russes. Architecture : Le 19 avril 1807, Napoléon apporte ses observations sur le rapport du ministre de l'Intérieur au sujet du concours pour « l'édification d'un temple à la gloire des Armées françaises sur l'emplacement de la Madeleine » « Sa Majesté a lu avec intérêt le rapport que le ministre de l'Intérieur lui a adressé le 2 de ce mois sur le concours de la Madeleine ordonné le 2 décembre dernier. L'Empereur ne se trouve pas assez éclairé pour donner la préférence à l'un des quatre projets que l'Institut a distingués. Il s'en rapporte parfaitement au ministre et à la classe des beaux-arts pour ce qui tient au bon goût et aux belles proportions. Mais il faut qu'il ait une opinion sur les dispositions intérieures, puisqu'il connaît mieux que personne l'usage auquel il destine ce monument » (Correspondance n°12414, Finkenstein, 19 avril 1807 ) Vie quotidienne : « Depuis les beaux jours, tout Paris est à la promenade. Les rentiers prennent le frais vers les boulevards du Marais ; les auteurs vont bouquiner sur les quais ; les mères de famille promènent leurs nourrissons vis-à-vis le Panorama [passage des Panoramas entre le boulevard Montmarte et la rue Saint-Marc] et sur le boulevard Montmartre, les élégantes, qui tiennent à étaler leurs riches équipages et leurs modes nouvelles, vont au bois de Boulogne ; et les femmes plus modestes, qui se contentent de faire admirer leurs charmes, vont aux Champs-Elysées où, regardées tour à tour par les jeunes gens à cheval et par les piétons, elles ont le plaisir de se moquer des belles qui vont au bois. » (Journal de Paris du 17 avril 1807) Rumeur diplomatique : Le Journal de l'Empire se fait l'écho d'une rumeur circulant à Hambourg en date du 19 avril 1807 : « l'Angleterre et la Russie ont sommé le Danemark de se déclarer pour l'une ou l'autre des parties belligérantes, attendu que sa neutralité ne pouvait être maintenue plus longtemps. » Ce n'est pas la première fois que le Danemark fait l'objet de pareilles notes diplomatiques et n'en a pas moins maintenue sa neutralité. Le Danemark a un atout majeur : le contrôle du Sund, le détroit servant de passage entre les deux puissances... (Journal de l'Empire, 29 Avril, 1807) Leçon fraternelle : Depuis le château de Finkenstein, Napoléon écrit une lettre acerbe à son frère Louis, roi de Hollande le 19 avril 1807, lui donnant au passage une leçon de politique : « Je ne suis pas surpris que les partis s'agitent en Hollande. Je n'ai cessé de vous le répéter : vous vous entourez mal ; vous n'êtes pas entre les mains de vos véritables amis […]. Vos vrais amis en Hollande sont les catholiques ; après eux, les hommes qu'on appelle jacobins, c'est-à-dire les hommes qui ont le plus à craindre du retour de l'ancienne dynastie. […] Un prince dont on dit “c'est un bon homme”, est un roi perdu. […] Ayez pour amis les anciens amis des Français. On vous dira qu'ils sont détestés : sornettes ! On le disait en France ; on le disait de mes généraux, de mes ministres, des sénateurs, des conseillers d'Etat. Vous qui avez assisté, à Paris, à tout ce que j'ai fait, vous n'avez donc rien vu ? » (Correspondance N° 12424) Le succès de la vaccination : Le Moniteur Universel du 24 avril 1807 rend compte d'une note faite à Lyon le 18 avril 1807 selon laquelle un certain « M. Creyton, médecin à Anse a vacciné en cinq ans plus de deux mille personnes : Il a été démontré que grâce à cette vaccination massive durant ces cinq années le nombre d'enfants morts a baissé des deux tiers. » A partir du 15 prairial an XII (3 juin 1804) chaque département français était pourvu d'une société de lutte contre la variole. Ces sociétés ont pour mission de favoriser la vaccination, dont le principe avait été découvert puis appliqué pour la première fois en 1796, par le médecin et naturaliste anglais Edward Jenner (1749-1823). Carrousel : « Depuis quelques jours, des ouvriers sont occupés à descendre les chevaux de Venise qui décoraient la grille des Tuileries. Ils seront attelés à un quadrige qui doit être élevé sur l'arc de triomphe qu'on bâtit sur la place du Carrousel. Ce quadrige, le premier monument de ce genre vu en France, sera exécuté par M. Lemot, l'un de nos meilleurs statuaires. » (Gazette de France du 25 avril 1807) Joséphine honore de sa présence le 9e exercice du Conservatoire impérial de musique le 26 avril 1807 : « Elle était accompagnée de Son Exc. le ministre de l'intérieur et de M. le conseiller d'Etat Fourcroy, directeur général de l'Instruction publique. […] Sa Majesté a bien voulu témoigner à M. Sarrette, directeur du Conservatoire, sa satisfaction sur la brillante exécution du concert et sur les succès dus à ses efforts, à son zèle, et à l'enseignement des professeurs distingués qui président à cet établissement. Pour en donner au conservatoire un témoignage particulier, Sa Majesté a daigné donner à M. Sarrette, l'espérance d'attacher à son service M. Habeneck aîné, élève, qui venait d'exécuter d'une manière remarquable un concerto de violon et qui lui avait paru fixer spécialement la bienveillance du public et l'affection de ses camarades. » (Moniteur du 28 avril 1807) Architecture : Avril 1807, les Parisiens découvrent la décoration de la porte du Louvre en face du pont des Arts : « Le public y a vu avec plaisir le grand aigle déployé et couronné par deux génies, qui en fait le principal ornement, et avec surprise le même emblème répété plus bas, mais d'une exécution plus massive. » (Journal de Paris du 29 avril 1807) « Ce portique est d'une grande richesse et offre déjà l'idée de la magnificence que promet l'achèvement de ce majestueux édifice ». (Gazette de France du 30 avril 1807) Famille impériale : Le 5 mai 1807, à La Haye (Pays-Bas), Napoléon Charles Bonaparte, le fils aîné du Roi Louis et de la Reine Hortense, meurt de la rougeole. « Mardi dernier, 5 mai, à 5 heures du soir, est mort à La Haye, entre les bras de ses augustes parents, le jeune prince Napoléon-Charles, prince royal de Hollande, né à Paris le [11] octobre 1802. […] Le jeune prince laisse des regrets proportionnés aux belles espérances qu'il donnait et aux heureuses qualités que le développement précoce de son esprit permettait déjà de découvrir en lui… » (Gazette de France du 10 mai 1807)
Le jeune prince, auquel l'Empereur songea un temps pour lui succéder, fut immortalisé aux côtés de sa mère sur le tableau du sacre peint par David. Le 12 mai, l'Empereur, qui avait fait envoyé son médecin Corvisart au chevet de l'enfant, n'est toujours pas au courant de ce décès, puisqu'il écrit à l'Impératrice : « Napoléon est guéri, à ce que l'on me mande […] J'espère qu'il a été vacciné, et qu'il sera quitte au moins de la petite vérole. » (Correspondance n° 12574). Deux jours plus tard, il partage sa peine avec Joséphine : « Je conçois tout le chagrin que doit te causer la mort de ce pauvre Napoléon ; tu peux comprendre la peine que j'éprouve… » (Correspondance n°12577) Mode : « Les petites maîtresses ont, pour la toilette du matin, commandé ces jours derniers,de petits bonnets en mousseline-gaze rayée à jour, avec une seule barbe et de gros plis sur le devant. Aux épis de blé en herbe ont succédé des épis de couleur de paille ; cependant on porte encore de la verdure, du houx notamment. Les fleurs nouvelles sont l'ananas et le palma-christi. Parmi les coiffures de fantaisie figurent encore les capotes d'écailles en paille luisante. » (Journal de Paris, 6 mai 1807) Ecouen, maison modèle d'éducation : Le 15 mai 1807 : Napoléon dicte une note sur la formation intellectuelle et morale des jeunes filles de la Légion d'honneur qui rentreront dès octobre 1807 dans la nouvelle maison d'éducation à Ecouen sous la direction de Madame Campan. « Il faut que l'établissement d'Ecouen soit beau dans tout ce qui est monument, et qu'il soit simple dans tout ce qui est éducation. Gardez-vous de suivre l'exemple de l'ancien établissement de Saint-Cyr, où l'on dépensait des sommes considérables, et où l'on élevait mal les demoiselles. L'emploi et la distribution du temps sont des objets qui exigent principalement votre attention. Qu'apprendra-t-on aux demoiselles qui seront élevées à Ecouen ? Il faut commencer par la religion dans toute la sévérité.[…] La religion est une importante affaire dans une institution publique de demoiselles. Elle est, quoi qu'on en puisse dire, le plus sûr garant pour les mères et pour les maris. Elevez-nous des croyantes et non pas des raisonneuses..[…] Presque toute la science qui y sera enseignée doit être celle de l'Evangile. Je désire qu'il en sorte, non des femmes très agréables, mais des femmes vertueuses. […] Il faut ensuite apprendre aux élèves à chiffrer, à écrire, et les principes de leur langue, afin qu'elles sachent l'orthographe. Il faut leur apprendre un peu de géographie et d'histoire, mais bien se garder de leur montrer ni le latin ni aucune langue étrangère […] Mais, en général, il faut les occuper toutes, pendant les trois quarts de la journée, à des ouvrages manuels ; .[…] Je voudrais .[…] qu'une jeune fille sortant d'Ecouen pour se trouver à la tête d'un petit ménage sût travailler ses robes, raccommoder les vêtements de son mari, faire la layette de ses enfants, procurer des douceurs à sa petite famille […]. Quant à l'habillement, il doit être uniforme. Il faut choisir des matières très-communes et leur donner des formes agréables. […] . Quant à la nourriture, elle ne saurait être trop simple : de la soupe, du bouilli et une petite entrée. Il ne faut rien de plus. .[…] La danse est nécessaire à la santé des élèves, mais il faut un genre de danse gaie et qui ne soit pas danse d'opéra. J'accorde aussi la musique, mais la musique vocale seulement. .[…] Les hommes, à la seule exception du directeur, doivent être exclus de cet établissement. Il ne doit jamais en entrer dans son enceinte, sous quelque prétexte que ce puisse être. .[…] Mon intention est que, sous ce rapport, la maison d'Ecouen soit sous une règle aussi exacte que les couvents de religieuses… (Correspondance n°12585, Finkenstein 15 mai 1807) Exposition : L'exposition publique des esquisses pour le concours de la Bataille d'Eylau commence le 18 mai 1807, pour une quinzaine de jours, dans la galerie du Musée Napoléon : « Les esquisses des tableaux de la bataille d'Eylau sont au nombre de vingt-cinq. […] ; Jamais exposition semblable n'avait attiré un si grand nombre d'amateurs ». (Journal de l'Empire des 19 et 20 mai 1807) Cérémonie : La translation aux Invalides de l'épée de Frédéric le Grand a lieu le 17 mai 1807 lors d'une grande cérémonie solennelle. Cette épée avait été prise en octobre 1806 à Potsdam par Napoléon. « La translation aux Invalides de l'épée de Frédéric le Grand a présenté un spectacle plein d'intérêt. […] Dès le matin, la place du Carrousel et toutes les avenues des Tuileries étaient couvertes d'un peuple innombrable. A l'heure indiquée par le programme, on a vu sortir du palais impérial des Tuileries, au bruit de plusieurs salves d'artillerie, les voitures de MM. Les grands officiers de l'Empire, celles de LL. Exc. les ministres de Sa Majesté, et celle de SAS Mgr le prince architrésorier de l'Empire. Suivait un char triomphal, magnifiquement décoré. Il portait deux cent quatre-vingts drapeaux conquis dans la dernière campagne. S. Exc. M. le maréchal Moncey paraissait ensuite à cheval, au milieu de quelques officiers de son état-major ; il tenait à la main l'épée de Frédéric le Grand et les décorations de ce monarque. […] L'église des Invalides avait été décorée avec beaucoup de soin et de goût. Dans le lieu le plus élevé, et à l'entrée du Dôme, on avait placé le trône, couvert de riches draperies. […] SAS le prince archichancelier est descendu pour remettre entre les mains de M. le gouverneur des Invalides l'épée de Frédéric […], ainsi que les décorations du monarque prussien. […] » (Journal de l'Empire, 19 mai 1807) Campagne de Pologne : Après deux mois de siège, Dantzig capitule le 24 mai 1807. « Nous trouvons dans cette importante place une immense artillerie, des magasins considérables de marchandises anglaises et du blé pour nourrir l'armée pendant deux ans ». (Correspondance n°12646, 25 mai 1807) Le maréchal Lefebvre, qui a tenu le siège du côté français, passe trois jours à négocier avec le général prussien Kalkreuth. Il est conclu (en accord avec Napoléon – Correspondance n°12629 du 22 mai 1807) que « la garnison défilera avec les honneurs de la guerre ». Napoléon se montre généreux car il s'agit de mettre un terme au siège avant l'été et de repositionner ses troupes ailleurs. Napoléon ordonne ensuite le siège du fort de Weichselmünde mais le général russe Kamenski, positionné sur place fuit avec ses troupes. La garnison capitule peu de temps après. Pour récompenser Lefebvre de ses services, Napoléon lui accorde le titre de Duc de Dantzig dans une lettre au Sénat, en date du 28 mai 1807 (Correspondance n° 12666). Il n'en informe pas directement l'intéressé comme on peut le lire dans une lettre adressée au maréchal le 29 mai : Je suis « très satisfait de vos services, et je vous en ai déjà donné des preuves, que vous apprendrez aux premières nouvelles de Paris et qui ne vous laisseront aucun doute sur le cas que je fais de vous » (Correspondance n° 12683) Constantinople, le 27 mai 1807, le sultan Sélim III est renversé et remplacé par Mustafa IV. Après la défaite de la flotte anglaise aux Dardanelles (mars 1807), l'amélioration des relations franco-ottomanes fragilise la position du sultan Selim III. Ses janissaires, hostiles à sa politique de réforme, dénoncent les dangers d'une alliance avec la France et tentent d'expliquer le déclin de l'Empire ottoman par la politique de réformes anti-islamiques du sultan. Une insurrection éclate alorsdans l'armée le 25 mai 1807. Six jours plus tard, le grand mufti de Constantinople apporte sa caution aux rebelles en promulguant une fatwâ appelant à la déposition de Selim III. Très affecté par la mort du fils d'Hortense emporté vraisemblablement par le croup, et le chagrin de cette dernière, Napoléon se sensibilise à cette maladie. Le 4 juin 1807, il écrit à Champagny : « Depuis vingt ans il s'est manifesté une maladie appelée croup, qui enlève beaucoup d'enfants dans le nord de l'Europe. Depuis quelques années elle se propage en France. Nous désirons que vous proposiez un prix de 12 000 francs, qui sera donné au médecin auteur du meilleur mémoire sur cette maladie et sur la manière de la traiter. » (Correspondance n°12717)
Paris, 2 juin 1807. « On a découvert, depuis quelques années, les quatre faces de l'église de Saint-Sulpice, du côté du levant, du nord et du couchant ; celle qui regarde le midi, vers le Luxembourg, était encore masquée par une rangée de maisons qui s'avançaient jusqu'au pied du mur de l'église ; on les abat en ce moment, et ces démolitions prolongeant circulairement la place de l'ancien séminaire jusqu'à la rue des fossoyeurs, compléteront les dégagements de ce magnifique édifice. » (Journal de l'Empire du 3 juin 1807) Campagne de Pologne 1807 Le 8 juin, Napoléon arrive à Deppen, au camp du maréchal Ney. Le 10 juin : Bataille de Heilsberg. Le 14 juin : Victoire de Napoléon sur les Russes de Bennigsen à Friedland. Juin 1807 marque le départ de nombreux conscrits. Le Bulletin du ministère de la police générale mentionne ainsi : - Le 5 juin 1807, Paris. Départ de cinquante conscrits pour le 2e régiment de chasseurs et le 3e hussards. Le lendemain cinquante autres sont partis pour Rennes, destinés à l'artillerie à cheval. - Le 8 juin, vingt-cinq conscrits sont partis de Maëstricht, destinés au 25e régiment de dragons. - Le 9 juin cent cinquante conscrits sont partis pour La Rochelle, destinés au 66e régiment d'infanterie de ligne. Cent vingt conscrits sont partis pour Vérone, destinés au recrutement du 9e régiment d'infanterie de ligne. - Le 10 juin : Deux cents quarante conscrits sont partis aujourd'hui pour la légion de Lille. - Le 12 juin : Cent cinq conscrits sont partis aujourd'hui pour La Rochelle, destinés au 82e de ligne. - Le 13 juin : Cent dix conscrits sont partis pour Strasbourg, destinés au 100e régiment d'infanterie de ligne… (Bulletin du Ministère de la police générale du 6 au 14 juin 1807) La ville de Königsberg capitule le 16 juin 1807. C'est Soult qui entre dans la ville. Napoléon écrit à Joséphine : « Königsberg est en mon pouvoir. J'y ai trouvé bien des canons, beaucoup de magasins, et enfin plus de 160 000 fusils venant d'Angleterre. » (Correspondance n° 12760, Friedland, 16 juin 1807) « Le 17 juin, Napoléon porte son quartier général à la métairie de Druscken, près Klein-Schirrau ; le 18, il le porta à Skaisgirren ; le 19, à deux heures après-midi il entra à Tilsit. » (80e Bulletin de la Grande Armée, Tilsit, 19 juin 1807) Un armistice franco-russe est signé le 21 juin 1807. Napoléon écrit la veille à Talleyrand : « Je crois que je ferai ce soir un armistice qui aura pour limites le thalweg du Niémen et pour condition la reddition des places de Graudenz, Kolberg et Pillau. » (Correspondance n° 12872, Tilsit, 20 juin 1807) Entrevues à Tilsit entre Alexandre Ier et Napoléon « A partir du 21 juin [1807] on commença à transporter des poutres pour construire un pont flottant. En même temps, les parlementaires commencèrent à négocier un armistice. Les négociations durèrent jusqu'au 23 juin quand le maréchal Duroc adressa un ultimatum à Alexandre, concluant l'armistice avec la Russie le 24 juin. A 9 heures du soir, on donna l'ordre de bâtir deux baraques flottantes pour la rencontre des souverains, qui dut se passer au milieu de la rivière. 150 charpentiers français commencèrent à bâtir ces baraques et la première fut finie le 25 juin. Cette baraque ancrée flotta au milieu de la rivière [Niémen] aux environs de l'ancien pont. La seconde n'était pas encore finie. A midi et demi Napoléon en compagnie de ses maréchaux et 100 gardes montèrent à la rivière où ils s'embarquèrent sur une petite barque. Les gardes russes formèrent au bord en face. Les trompettes russes donnèrent le signal du départ. Les deux barques arrivèrent à la baraque en même temps. Napoléon et Alexandre s'embrassèrent et entrèrent dans la baraque. Cet entretien dura trois quarts d'heure, et la retraite se passa également. […] Le 26 juin, on ordonna de donner la moitié de la ville aux Russes. Alexandre s'installa son quartier habituel dans la maison de Hinz, et de l'ouest d'une ligne se retraçant du nord au sud de la ville les Français évacuèrent leurs quartiers. Quelques régiments même quittèrent la ville. [...] A midi et demi la section alla sur les barques comme hier, mais à cette différence près que le tsar Alexandre arriva avec le roi [de Prusse]. L'entretien dura une heure et demie. […] A cinq heures, 800 gardes françaises des environs se mirent dans la rue Allemande avec une musique magnifique. La cavalerie sur le côté nord et l'infanterie au sud. Ils furent en rangs de la porte Allemande jusqu'à l'église. Napoléon les inspecta jusqu'à ce que 40 coups de canon annoncèrent l'arrivée d'Alexandre. […] Le 27 juin, les deux empereurs manoeuvrèrent deux heures avec les gardes français, à intervalles réguliers on entendit les détonations. A six heures du soir, Alexandre et Constantine mangèrent chez Napoléon. (Extraits du journal de Ernst Ludwig Siehr, conseiller de la commission de justice à Tilsit, juin-juillet 1807, in brochure du bicentenaire de Tilsit, ed. Bartheldruck, Arnstadt) Du 28 juin au 6 juillet 1807, Napoléon Ier, Alexandre Ier et Frédéric-Guillaume III se réunissent quotidiennement en vue de la signature de la Paix…Les trois souverains prennent leurs repas ensemble, assistent aux manoeuvres et conversent longuement. Napoléon écrit à Cambacérès le 3 juillet : « La meilleure harmonie continue à régner entre l'empereur de Russie, le roi de Prusse et moi. Nous sommes tous les trois dans cette petite ville. Il faudrait écrire fort longuement s'il fallait raconter toutes les petites choses ». (Correspondance n°12 843) Et le même jour à Fouché : « Veillez à ce qu'il ne soit plus dit de sottises, directement ou indirectement, de la Russie. Tout porte à penser que notre système va se lier avec cette puissance d'une manière stable. » (Correspondance n°12 845). Architecture « Les travaux pour la restauration de l'église Saint-Denis sont très avancés. L'intérieur est réparé à neuf. De très beau vitraux, ornées de dessins en couleur, répandent un jour doux sur toute l'enceinte du temple. Dans un des bas-côtés de la nef, sur la droite, sont deux autels expiatoires, l'un est destiné à la race Mérovingienne ; l'autre à la dynastie Carolingienne. Au milieu des deux autels est une colonne sur laquelle doivent être soutenues les statues des rois de France qui ont eu le titre d'Empereur. Le lieu où sont élevés ces deux autels doit être décoré d'abeilles… » (Gazette de France du 2 juillet 1807) Le 3 septembre 1807, le Code civil, promulgué par la loi du 21 mars 1804, paraît dans une nouvelle édition sous le nom de Code Napoléon. L'édition de 1814 reprendra le titre original. Ce code reste encore aujourd'hui la source principale du droit civil français : plus de la moitié des articles restent ceux d'origine.
Le 4 septembre 1807 est célébré le service funèbre à Notre Dame pour M. Portalis , ministre des Cultes et l'un des pères du Code civil, décédé à Paris le 25 août 1807. C'est son fils qui assure son intérim mais ne lui succède pas. Bigot de Préameneu sera en effet nommé ministre des Cultes par l'Empereur, le 4 janvier 1808. Paris : Gazette de France du 11 septembre 1807 : « La public va bientôt jouir de deux monuments nouveaux. La colonne de la place du Grand Châtelet est achevée : on était occupé, hier (le 9), à y installer la statue qu'elle doit supporter et qui est en plomb. C'est, à ce qu'on peut présumer, une Victoire ou une Renommée. D'une autre part, le Palais du Corps législatif est parvenu à sa hauteur ; on en pose en ce moment, le couronnement, et toutes les bases des colonnes qui doivent orner la façade septentrionale sont assises. » Le 15 septembre 1807 est promulgué le Code de Commerce qui entrera en application le 1er janvier 1808. Le 16 septembre 1807, est créée la Cour des Comptes. Juridiction financière étroitement liée à l'Empereur, la Cour des comptes doit garantir la régularité de l'emploi des deniers publics. Le Code de Commerce et la création de la Cour des Comptes s'inscrivent dans la grande oeuvreoeuvre de réorganisation de la France amorcée au lendemain du coup d'Etat du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799). Pour Bonaparte, il s'agit de reconstruire la société et pour la fixer de « jeter sur le sol quelques masses de granit ». En quelques années sont ainsi établis les fondements de l'Etat français moderne : Le Code civil (1804), Le Code d'instruction criminelle (1808), Le Code pénal (1810) mais aussi la Banque de France (1800), la Légion d'honneur (1802), Le franc germinal (1803), Le conseil des prud'hommes (1806), l'Université impériale (1806) L'Empereur : Alors que l'Empereur assiste à Paris, le 20 septembre 1807, à une représentation à l'Opéra comique, l'orchestre se met à jouer au milieu des plus vifs applaudissements, l'air : Où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille ? (Journal de l'Empire du 22 septembre 1807) Napoléon rejoint, à partir du 21 septembre 1807, pour une longue période de repos, Fontainebleau. Il en repartira le 16 novembre pour rejoindre l'Italie. Paris : Le 24 septembre 1807 se terminent les travaux de maçonnerie de la colonne Vendôme. (Journal de l'Empire du 25 septembre 1807). « Les travaux entrepris le 15 août, pour l'aplanissement du boulevard de la Madeleine, sont presque entièrement terminés [le 28 septembre 1807]. Déjà le public se promène sur cette nouvelle esplanade. Sous huit ou dix jours, cette partie des boulevards redeviendra libre pour les voitures. » (Gazette de France du 29 septembre 1807) Blocus continental : Dans une lettre du 29 septembre 1807, Napoléon rappelle fermement à son frère Louis, Roi de Hollande, les devoirs de la Hollande envers la France et la position à adopter envers l'Angleterre suite au décret impérial de 1806 instaurant le blocus continental. « Vos intentions pour fermer les communications de la Hollande avec l'Angleterre ne sont par remplies. Le gouvernement hollandais continue à donner des passe-ports pour Hambourg, par mer, ce qui veut dire évidemment pour l'Angleterre. Des marchands d'Amsterdam sont partis, il y a peu de jours, pour Londres, sur des bateaux. A la dernière foire de Rotterdam, toutes les boutiques étaient remplies de marchandises anglaises, et aucune n'a été saisie. Je ne puis donc que vous faire connaître que, si les marchandises anglaises ne sont pas arrêtées, surtout du côté de mes frontières, j'enverrai des colonnes mobiles pour les confisquer et en arrêter les propriétaires. Je ne parle pas de l'attachement que vous devez à la France. Par son alliance, par les traités, les Hollandais n'ont pas le droit de faire le commerce avec l'Angleterre, et ce sont ses alliés les plus chauds et les plus nécessaires. On n'est point roi quand on ne sait pas se faire obéir chez soi. » (Lettre du 29 septembre 1807, Correspondance n°13196, à Louis Napoléon, roi de Hollande.) Artisanat : « On exécute en tapisserie, à la manufacture impériale des Gobelins, le beau tableau de M. Gros, représentant la Visite du général en chef de l'armée d'Egypte à l'hospice des pestiférés de Jaffa. On assure que cette tapisserie est destinée à orner un des principaux appartements du palais des Tuileries. » (Moniteur du 30 septembre 1807) Mode : « Quand il fait mauvais, tel est le costume d'une jolie femme : un chapeau noir, des souliers noirs, un cachemire noir, une robe noire, des rubans amarante, une ceinture amarante, des plumes amarante. On dirait une furie de l'Opéra. »
(Journal de Paris du 1er octobre 1807) Prusse : Après la paix de Tilsit, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume est contraint de placer Heinrich Friedrich Karl vom Stein (1757 - 1831), le 4 octobre 1807, à la tête de l'administration civile. Entre les deux hommes le climat est loin d'être cordial depuis le refus par Stein, alors ministre des Affaires étrangères, d'entamer des pourparlers de paix avec les Français après les défaites d'Iéna et d'Auerstaedt. Refus qui avait conduit au renvoi de Stein le 3 janvier 1807. Dès son arrivée à Königsberg, Stein soumet au roi un grand plan de réformes (le programme de Nassau) et le 9 octobre publie un premier édit par lequel il supprime la sujétion héréditaire et la libre transmission de la propriété foncière, abolissant le servage héréditaire. Il s'attire dès lors la haine des Junkers. Personnalités de l'Empire : M. Méneval, secrétaire du cabinet de l'Empereur, épouse le lundi 5 octobre 1807, civilement en fin de journée, et religieusement en l'église Saint Roch à minuit, Aimée Virginie Joséphine Comte de Montvernot, cousine d'Auguste Comte. « On dit que l'Empereur qui a signé au contrat, a, de plus fait aux époux un très beau présent de noces. » (Courrier de l'Europe et des Spectacles du 8 octobre 1807) Théâtre : Le Journal de Paris du 6 octobre 1807 : « Théâtre Français. Il y avait foule hier à la représentation de la Gouvernante et de Madame de Sévigné, pour la rentrée de Melle Mars. Le public a témoigné à cette charmante actrice, par quatre ou cinq reprises et applaudissements, le plaisir qu'il avait à la revoir… » Courrier de l'Europe : « On convient généralement qu'elle est parfaite dans son genre ; que personne ne l'égale pour la naïveté, la grâce et l'art de faire valoir un mot heureux. (…) On nous promet beaucoup de nouveautés. Le théâtre français se lasse enfin de sa léthargie.» La guerre menace le Portugal : Pour poursuivre l'isolement de l'Angleterre et renforcer ainsi le Blocus continental, Napoléon regarde désormais vers le Portugal dont il compte fermer les ports au commerce britannique. Pour mener à bien ses plans, Napoléon se tourne vers Charles IV, le roi d'Espagne, qu'il considère comme le fidèle allié de sa couronne. Il attend de ce dernier qu'il l'aide à « arracher le Portugal à l'influence de l'Angleterre et à forcer cette dernière puissance à désirer et à demander la paix ». (Correspondance n° 13131, 8 octobre 1807). Des négociations secrètes s'ouvrent alors entre la France et l'Espagne. Pendant ce temps, les troupes françaises se mettent déjà en route pour le Portugal… Anniversaire de Iéna : Un an après la mémorable victoire d'Iéna, Paris fête ce premier anniversaire. A cette occasion, un concert est organisé sur la terrasse du palais des Tuileries paré de lumière. La veille les grands théâtres avaient été ouverts gratuitement (Moniteur 16 octobre). C'est aussi l'occasion pour le Musée impérial d'ouvrir les salles où sont exposées les oeuvres, les monuments conquis durant la dernière campagne (1806-1807). « 50 statues, 80 bustes, 196 bronzes, un grand nombre de tableaux, pour la plupart des écoles flamandes, et quelques-uns de leurs plus grands maîtres (Rubens, Van Huysum, etc.); plusieurs armures, une multitude d'objets de curiosité, la plupart monuments du moyen âge, font de cette exposition une des plus nombreuses et des plus variées que l'on ait encore vues.[…] Qu'il nous suffise de dire aujourd'hui que ces monuments multipliés des victoires du héros français, remplissent une salle nouvellement ouverte au rez-de-chaussée du musée des statues, le grand salon des expositions ordinaires, la galerie d'Apollon dans toute sa longueur, et le beau salon d'Apollon, à l'extrémité de cette galerie. » (15 octobre 1807, Moniteur et Journal de l'Empire) Portugal : Napoléon se décide à déclarer la guerre au Portugal et écrit en ce sens, le 20 octobre 1807, à Champagny, ministre des Relations extérieures : « Mon intention est que vous fassiez, le 22, la notification à la légation de Portugal que la guerre est déclarée, et qu'ils aient à quitter Paris sous vingt-quatre heures et mes Etats sous quinze jours. Mon intention est en même temps que vous écriviez au ministre de la Marine de donner l'ordre à tous mes bâtiments de guerre et corsaires de courir sur le pavillon portugais. » (Correspondance n°13274) Dès le 23 octobre, Napoléon propose un projet de convention sur la division du Portugal en trois parties, déterminées par des plénipotentiaires nommés par la France et l'Espagne. (Correspondance n° 13287) La France et l'Espagne signent un traité à Fontainebleau le 27 octobre 1807 condamnant la maison de Bragance au Portugal et se partagent l'influence des différentes provinces le composant. Ce traité, qui doit resté secret (art.14), déclenche l'expédition de Junot au Portugal (Correspondance n°13314). Danemark : La Russie s'oppose à l'Angleterre Suite au bombardement de Copenhague (Danemark) par la flotte anglaise le 2 septembre 1807, la Russie s'oppose à l'Angleterre. « Les événements qui viennent de se passer à Copenhague ont vivement irrité les Russes. La Russie était depuis longtemps accoutumée à traiter le Danemark avec une grande bonté ; cet Etat était sous sa protection immédiate ; on ne pouvait s'imaginer que les Anglais pussent jamais se résoudre à violer avec autant d'éclat la neutralité d'un pays dont les rapports avec la Russie étaient aussi intimes. » (Ministère de la police générale. Bulletin du 3 novembre 1807). L'influence russe sur la Scandinavie est d'ailleurs acceptée par Napoléon au lendemain de Tilsit comme le précise une lettre à Alexandre Ier en date du 4 juillet 1807 : « La politique de l'Empereur Napoléon est que son influence immédiate ne dépasse pas l'Elbe ; et cette politique, il l'a adoptée, parce que c'est la seule qui puisse se concilier avec le système d'amitié sincère et constant qu'il veut contacter avec le grand empire du Nord.» (Correspondance N°12849) Les mesures prises par le tsar Alexandre Ier sont claires. Dès le 31 octobre 1807, il rompt toute relation avec l'Angleterre et exige que la paix soit conclue entre la France et l'Angleterre. La France signe un traité de paix avec le Danemark La France signe, le 31 octobre 1807, un traité d'alliance avec le Danemark mais refuse toutes les exceptions au blocus demandées par le négociateur danois : «S.M. l'Empereur des Français, roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, et S. M. le Roi de Danemark, ayant jugé convenable d'unir et de combiner leurs forces dans la guerre qu'ils ont à soutenir contre le même ennemi, ont résolu de conclure un traité de paix. (…) Chacune des deux Hautes Parties Contractantes emploiera, contre l'ennemi commun (l'Angleterre), la totalité de ses forces de terre et de mer (…) (art. 2)». Famille impériale : Le Journal de l'Empire du 30 octobre 1807 annonce la nouvelle grossesse de la Reine Hortense : « S.M. la reine de Hollande est grosse de trois mois. On dit que son état retardera son retour en Hollande, et que MM. Corvisart et Beaudeloque pensent qu'elle ne pourra pas voyager avant plusieurs mois. ». Le 20 avril 1808, naîtra le troisième fils de Louis et Hortense, le futur Napoléon III. Portugal Napoléon donne ses ordres à Junot : « Je désire que le 26, au plus tard, toute la 1re division avec son artillerie arrive à Alcantara, pendant que la 2e sera en marche sur Alcantara et que la 3e aura déjà dépassé Ciudad-Rodrigo, et que le 1er décembre toute mon armée soit réunie à Alcantara. Si les Portugais ne font aucune défense, et que vous puissiez marcher sans obstacle, vous entrerez même avant cette époque en Portugal, afin de réunir toute votre armée à Abrantès ». (…) Les Anglais font sortir à force leurs troupes de Copenhague, il ne faut pas que, par défaut de lenteur, vous vous laissiez prévenir. (…) » (Correspondance n°13314, 31 octobre 1807) Relations internationales
Napoléon reçoit le comte Tolstoï, ambassadeur du tsar Alexandre Ier, le 6 novembre 1807 à Fontainebleau. Napoléon rapporte cette entrevue à Savary : « Nous sommes convenus qu'il écrirait au prince de Kourakine, et que je lui remettrais un projet de note pour décider la cour de Vienne à déclarer la guerre à l'Angleterre (…) Je lui ai [fait] comprendre que tout ce qui pouvait resserrer nos liens me convenait ; que le monde était assez grand pour nos deux puissances (…) » (Correspondance n°13339, 7 novembre 1807) Décès : Louis Auguste Le Tonnellier de Breteuil, diplomate puis ministre de Louis XVI, meurt à Paris le 2 novembre 1807. « M. de Breteuil, ministre de Paris avant la révolution, vient de mourir à Paris, dans un âge avancé, et à la suite d'une maladie douloureuse. On n'a point oublié que c'est à lui nous devons un des grands embellissements de Paris, dans la démolition des maisons qui surchargeaient le Pont-au-Change, et obstruaient le quai de Gèvres » (Courrier de l'Europe et des spectacles du 6 novembre 1807). Revenu en France en 1802, à la faveur d'une amnistie après un exil de treize ans, il avait été élu membre honoraire de l'Académie des Sciences et de l'Académie des inscriptions et belles lettres. Blocus continental Napoléon réunit à l'Empire le territoire de Flessingue (avant-port d'Anvers, alors sous le contrôle de Louis, roi de Hollande) pour lutter contre l'Angleterre, dans le cadre du Blocus continental. Il signe ainsi un traité franco-hollandais le 11 novembre 1807. En échange de ce territoire, Louis récupère la Frise orientale, territoire voisin de la Hollande. Toujours dans ce cadre Napoléon écrit ce même jour : « Toute marchandise anglaise prohibée en France ne peut entrer par le Rhin ; soit qu'elle aille sur la rive gauche, soit qu'elle aille sur la rive droite, on doit l'empêcher. » (Correspondance n°13347) Le Conseil britannique, de son côté, donne l'ordre, le 11 novembre 1807, à tout navire neutre de faire escale en Grande-Bretagne avant d'accoster sur le continent européen. Westphalie Napoléon fait parvenir à son frère Jérôme, le 15 novembre 1807, une constitution toute faite pour son royaume de Westphalie. Il lui écrit : « Cette constitution renferme les conditions auxquelles je renonce à tous mes droits de conquête et à mes droits acquis sur votre pays. Vous devez la suivre fidèlement. » (Correspondance n°13 361) Créé de toute pièce, le royaume de Westphalie a besoin d'un ciment institutionnel. Lié par un contrat préalable, le pacte de la famille impériale, le roi de Westphalie est alors révocable (art.7). « Le Code Napoléon forme la loi civile du royaume de Westphalie à compter du 1er janvier 1808 » (art.45). (Correspondance n°13 362). Napoléon en Italie Napoléon débute son second voyage en Italie, à partir du 16 novembre 1807. Ce voyage se poursuivra jusqu'au 1er janvier 1808. Le Bulletin de la Police générale rapporte « Dans toutes les sociétés, on s'entretient des causes du départ de SM de Fontainebleau et des motifs de son voyage en Italie » (Bulletin du 17 novembre 1807). Nombreux mettent cet éloignement sur le compte de la possible dissolution du mariage impérial. Le 11 novembre dans une lettre à Eugène de Beauharnais, il avait évoqué son intention de réunir la Toscane au Royaume d'Italie (Correspondance n° 13346), ce qui ne se fera pas. Campagne de 1806-1807 La municipalité de Paris reçoit officiellement, le 25 novembre 1807, à la barrière de la Villette la Garde impériale revenant de Pologne après la campagne de 1806-1807. Cette réception a été représentée par Nicolas Antoine Taunay et Edouard Detaille Napoléon bâtisseur : Napoléon commande à Montalivet, directeur général des Ponts et Chaussées, le 23 novembre 1807, un projet de décret portant création d'une nouvelle commune au mont Cenis (Alpes du Nord). Composée de trois hameaux, nouvellement créés, la commune du Mont-Cenis, doit être occupée par les habitants de la Ferrière et de Novalèse. Napoléon prévoit tout dans le moindre détail et écrit : « Que tout cela ne soit bâti comme cela le serait à Paris, mais de la manière dont les habitants bâtissent dans les montagnes, de manière que cela ne soit pas trop coûteux ». (Correspondance n° 13366) Portugal : La Grande Armée de Napoléon, commandée par les généraux Junot, Dupont et Moncey, entre dans Lisbonne avec 25 000 hommes le 30 novembre 1807. Ils trouvent la capitale abandonnée. La veille, la famille régente (Maison de Bragance) et la Cour ont fui vers le Brésil. Le régent, méfiant, a fait préalablement encloué toutes les batteries dominant l'estuaire. Impossible pour les Français de les arrêter dans leur fuite. Ce départ est un véritable échec pour Junot. Le Brésil, la plus importante des colonies du Portugal, offre alors, avec ses mines d'or et de diamants, un refuge de choix à la famille royale portugaise qui s'installe à Rio de Janeiro. Régate à Venise : Pour l'anniversaire du Sacre et d'Austerlitz, la ville de Venise offre à Napoléon, alors en déplacement en Italie, une fête somptueuse avec régate le 2 décembre 1807. : « Le 2 décembre, l'Empereur, après avoir vu lancer une frégate à l'arsenal, présida à deux heures, aux jeux de la régate. La régate est une course de gondoles divisée en trois concours. La première a eu lieu entre les bateaux montés par un seul conducteur ; la deuxième et la troisième entre des bateaux montés par deux conducteurs. La carrière était le canal qui traverse la ville dans toute la longueur. Les belles péottes qui avaient servi à l'entrée de l'Empereur fendaient la foule et préparaient le passage aux gondoles de la course. Sa Majesté s'était placée, avec toute sa cour, sur le balcon d'un palais [Baldi] qui domine sur le canal et au pied duquel était le but. » (Le Moniteur du 11 décembre 1807) Cette fête a été immortalisée par le peintre Giuseppe Borsato avec une toile intitulée : L'Empereur Napoléon Ier préside la régate à Venise le 2 décembre 1807. |
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