1807 : De Friedland à Tilsit (juin- juillet)

Période : Directoire-Ier Empire
Partager

14 juin : Bataille de Friedland
Tôt dans la matinée, Bennigsen décide de passer la rivière Alle, se confronte aux troupes de Lannes et traverse de nouveau la rivière. Mais la topographie de Friedland l'empêche d'entrer dans Königsberg. Bennigsen installe ses troupes en face de Lannes et commence par attaquer l'aile gauche. Lannes tient, soutenu par les dragons de Grouchy et le 8e corps de Mortier.
La bataille s'affaiblit jusqu'à midi lorsque Napoléon arrive en scène. Voyant que Bennigsen se trouve dans une situation intenable, il dicte ses plans : une attaque puissante sur la gauche de Bennigsen par le 6e corps de Ney, suivie par des attaques sur le centre et la gauche.
Attaqués par trois côtés, les Russes sont mis en déroute et déplorent 20 000 blessés.
Toutefois, Napoléon ne les poursuit pas, il se prépare à une volte-face diplomatique Le traité avec Alexandre.
 
16 juin
La ville de Königsberg capitule. C'est Soult qui entre dans la ville. Napoléon écrit à Joséphine : « Königsberg est en mon pouvoir. J'y ai trouvé bien des canons, beaucoup de magasins, et enfin plus de 160 000 fusils venant d'Angleterre. »
(Correspondance n° 12760, Friedland, 16 juin 1807)
 
17 juin
« Napoléon porte son quartier général à la métairie de Druscken, près Klein-Schirrau ; le 18, il le porta à Skaisgirren ; le 19, à deux heures après-midi il entra à Tilsit. »
(80e Bulletin de la Grande Armée, Tilsit, 19 juin 1807)
 
21 juin
Un armistice franco-russe est signé. Napoléon écrit la veille à Talleyrand : « Je crois que je ferai ce soir un armistice qui aura pour limites le thalweg du Niémen et pour condition la reddition des places de Graudenz, Kolberg et Pillau. » (Correspondance n° 12872, Tilsit, 20 juin 1807)

Entrevues à Tilsit entre Alexandre Ier et Napoléon
« A partir du 21 juin [1807] on commença à transporter des poutres pour construire un pont flottant. En même temps, les parlementaires commencèrent à négocier un armistice. Les négociations durèrent jusqu'au 23 juin quand le maréchal Duroc adressa un ultimatum à Alexandre, concluant l'armistice avec la Russie le 24 juin. A 9 heures du soir, on donna l'ordre de bâtir deux baraques flottantes pour la rencontre des souverains, qui dut se passer au milieu de la rivière. 150 charpentiers français commencèrent à bâtir ces baraques et la première fut finie le 25 juin. Cette baraque ancrée flotta au milieu de la rivière [Niémen] aux environs de l'ancien pont. La seconde n'était pas encore finie. A midi et demi Napoléon en compagnie de ses maréchaux et 100 gardes montèrent à la rivière où ils s'embarquèrent sur une petite barque. Les gardes russes formèrent au bord en face. Les trompettes russes donnèrent le signal du départ. Les deux barques arrivèrent à la baraque en même temps. Napoléon et Alexandre s'embrassèrent et entrèrent dans la baraque. Cet entretien dura trois quarts d'heure, et la retraite se passa également. […]
Le 26 juin, on ordonna de donner la moitié de la ville aux Russes. Alexandre s'installa son quartier habituel dans la maison de Hinz, et de l'ouest d'une ligne se retraçant du nord au sud de la ville les Français évacuèrent leurs quartiers. Quelques régiments même quittèrent la ville. […]
A midi et demi la section alla sur les barques comme hier, mais à cette différence près que le tsar Alexandre arriva avec le roi [de Prusse]. L'entretien dura une heure et demie. […] A cinq heures, 800 gardes françaises des environs se mirent dans la rue Allemande avec une musique magnifique. La cavalerie sur le côté nord et l'infanterie au sud. Ils furent en rangs de la porte Allemande jusqu'à l'église. Napoléon les inspecta jusqu'à ce que 40 coups de canon annoncèrent l'arrivée d'Alexandre. […]
Le 27 juin, les deux empereurs manoeuvrèrent deux heures avec les gardes français, à intervalles réguliers on entendit les détonations. A six heures du soir, Alexandre et Constantine mangèrent chez Napoléon.
(Extraits du journal de Ernst Ludwig Siehr, conseiller de la commission de justice à Tilsit, juin-juillet 1807, in brochure du bicentenaire de Tilsit, ed. Bartheldruck, Arnstadt)
 
Du 28 juin au 6 juillet 1807, Napoléon Ier, Alexandre Ier et Frédéric-Guillaume III se réunissent quotidiennement en vue de la signature de la Paix…Les trois souverains prennent leurs repas ensemble, assistent aux manoeuvres et conversent longuement.
Napoléon écrit à Cambacérès le 3 juillet : « La meilleure harmonie continue à régner entre l'empereur de Russie, le roi de Prusse et moi. Nous sommes tous les trois dans cette petite ville. Il faudrait écrire fort longuement s'il fallait raconter toutes les petites choses ». (Correspondance n°12 843)
Et le même jour à Fouché : « Veillez à ce qu'il ne soit plus dit de sottises, directement ou indirectement, de la Russie. Tout porte à penser que notre système va se lier avec cette puissance d'une manière stable. » (Correspondance n°12 845).
 
5 juillet
Napoléon rencontre la reine Louise de Prusse, arrivée la veille à Picktupöhnen et la revoit le lendemain pour une rencontre plus officielle.
Récit : « La reine vint de Picktupöhnen à 5 heures et se dirigea vers la demeure du roi. Un quart d'heure plus tard, Napoléon en compagnie des princes Murat et Bertier ainsi que tous les maréchaux monta vers la reine, y resta une bonne demi-heure, alla chercher cAlexandre, et tous les deux montèrent en grande escorte par la porte de la ville retournant vers 7 heures et demie à la porte allemande. Quelques minutes plus tard, la reine arriva […] dans un carrosse attelé par 8 chevaux noirs […]. L'Empereur la reçut près du carrosse et la conduisit par la main […] La reine portait une robe blanche entrelacée d'argent. Le roi vint à cheval derrière le carrosse ; Alexandre était déjà chez Napoléon. A huit on mangea, et à dix heures le couple royal quitta la salle.
(Extraits du journal de Ernst Ludwig Siehr, conseiller de la commission de justice à Tilsit, juin-juillet 1807, in brochure du bicentenaire de Tilsit, ed. Bartheldruck, Arnstadt)

7 juillet
L'Empereur Napoléon Ier et le Tsar Alexandre Ier signent un traité de Paix à Tilsit
Napoléon annonce à son frère, le prince Jérôme qu'il vient de le faire reconnaître roi de Westphalie.
 
9 juillet
Talleyrand et le maréchal comte de Kalkreuth signent un traité entre la France et la Prusse qui complète le traité du 7 juillet.
 
12 juillet
Convention de Königsberg entre la France et la Prusse réglant les modalités d'évacuation du territoire demeuré prussien.
 
19 juillet
Le général Victor reçoit son bâton de maréchal d'Empire en récompense de sa brillante conduite à Friedland.

 
 
juillet 2007

Partager