Iéna-Auerstedt, 14 octobre 1806

Période : Directoire-Ier Empire
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1805

Fin octobre/début novembre
Rencontre de Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, et d'Alexandre, Tsar de Russie. Signature du Traité de Potsdam, un accord (secret) que la Prusse présenterait un ultimatum à Napoléon : la France doit se ranger aux accords de Lunéville, sinon la Prusse rejoint les alliés de la Troisième Coalition.
 
14 novembre
Le diplomate prussien, Haugwitz, part à la rencontre de Napoléon pour lui transmettre l'ultimatum.
 
28 novembre
Haugwitz a finalement accès à Napoléon à Brünn (l'empereur est en pleine préparation de la bataille imminente). En revanche, le Prussien ne présente pas d'ultimatum mais plutôt une lettre du roi. Napoléon croit que la Prusse n'est pas encore décidée quel parti elle allait prendre, et il renvoie Haugwitz à Vienne pour continuer les négociations avec Talleyrand.
 
2 décembre
Victoire de Napoléon à Austerlitz. L'empereur est d'ores et déjà en position de force pour négocier sa « paix glorieuse ».
 
3 décembre
Rencontre d'Alexandre Ier et de François II.
 
4 décembre
Napoléon et François II se rencontrent.
 
6 décembre
Signature d'un armistice avec l'Autriche.
 
10-12 décembre
Conclusion des traités de Brünn : le 10, la France conclue un traité avec la Bavière, récompensée de son appui par l'agrandissement de son territoire et l'obtention par son souverain du titre de roi. Les 11 et 12 décembre, la France signe le même type de traité avec les souverains du Wurtemberg et du Bade, le premier recevant une couronne royale, le second la dignité de grand-duc. Napoléon commence son oeuvre d'alliance et de patronage de la troisième Allemagne (entre la Prusse et l'Autriche).
 
15 décembre
Signature à Schönbrunn d'un traité d'alliance offensive et défensive franco-prussienne sub spe rati (c'est-à-dire, dans l'espérance qu'il sera ratifié par le roi de Prusse) : la Prusse cède Neuchâtel, Bayreuth et Ansbach et reçoit le Hanovre, possession anglaise occupée par les Français. En attendant l'après-Austerlitz, la Prusse a raté une occasion de poser son ultimatum. En position de faiblesse par rapport à la France, elle ne prend pas Hanovre mais l'accepte des mains d'autrui.
 
26 décembre
Traité de Presbourg entre la France et l'Autriche : en cédant de nombreux territoires au royaume d'Italie, à la Bavière, au Württemberg, au Bade et à la France, la Maison d'Autriche perd son influence en Italie et en Allemagne.
 


1806

3 janvier 1806
Napoléon poursuit sa politique d'influence sur la troisième Allemagne en concluant une alliance matrimoniale avec la Bavière, et en mariant le 14 son beau-fils et vice-roi d'Italie, Eugène de Beauharnais, à Augusta, fille du roi Bavière. Le 8 avril, la nièce de l'Impératrice Joséphine, Stéphanie de Beauharnais, épouse le prince héritier de Bade.
A Berlin, un Conseil d'Etat discute le traité de Schönbrunn et le modifie – le roi avait déjà biffé l'expression « alliance défensive/offensive » pour la remplacer par le mot « alliance » tout court.
 
14 janvier
Haugwitz part de Berlin pour Paris pour terminer la négociation.
 
23 janvier
En Grande-Bretagne, à la mort de William Pitt « le jeune », William Wyndham Grenville prend la tête du nouveau gouvernement, avec Charles James Fox comme secrétaire d'État aux Affaires étrangères, connu pour ses propos positifs envers la France.
 
24 janvier
Repli général et démobilisation des troupes prussiennes notamment à Wurtzbourg.
 
26 janvier
Retour de Napoléon à Paris.
 
9 février
Napoléon reçoit Haugwitz en audience. Il le traite froidement et le congédie brusquement dès qu'il apprend que les troupes prussiennes sont déjà en train de prendre possession de Hanovre.
 
15 février
Un nouveau traité est présenté à Haugwitz, qui confirme les clauses du traité du 15 décembre 1805, mais qui impose en plus que la Prusse cède la place (stratégiquement importante) de Wesel, de fermer ses ports aux Britanniques et de déclarer la guerre contre la Grande-Bretagne. Ce traité sera ratifié par Frédéric-Guillaume III le 26.
 
22 février
Fermeture des ports français au commerce anglais.
 
6 mars
Dans un esprit d'ouverture et de détente, Fox envoie une lettre à Talleyrand, l'informant qu'un dénommé Guillet de La Gebrillière, arrêté puis relâché sur le sol anglais, cherchait à assassiner Napoléon.
 
27 mars
La Prusse ferme ses ports aux bateaux anglais.
 
30 mars
« Acte des Tuileries » proclamant officiellement Joseph, roi de Naples et de Sicile.
 
1er avril
Talleyrand répond favorablement à Fox, en proposant la réunion de plénipotentiaires.
 
8 avril
Comme déjà convenu entre Grande-Bretagne et Russie, Fox propose à Talleyrand que les Russes soient associés aux discussions de paix entre la France et a Grande-Bretagne.
 
11 mai
L'Angleterre déclare la guerre à la Prusse.
 
23 mai
Celui qui sera le plénipotentiaire britannique, Lord Seymour, comte de Yarmouth, jusqu'alors prisonnier de guerre à Amiens, est libéré par décret impérial pour conduire les pourparlers.
 
24 mai
Traité portant création d'un royaume de Hollande, qui remplace la République batave.
 
5 juin
Napoléon proclame son frère Louis Bonaparte roi de Hollande.
 
6 juin
Napoléon reçoit le nouvel ambassadeur turc, Mouhib Effendi. Les relations diplomatiques sont relancées entre les deux puissances et Napoléon compte sur la Sublime Porte pour contrer la Russie.
 
14 juin
Arrivée à Paris de Lord Seymour, comte de Yarmouth, plénipotentiaire anglais (qui était rentré en Angleterre). Il emmène avec lui une proposition du gouvernement britannique de négociation.
 
1er juillet
La Prusse signe un traité d'alliance avec la Russie.
 
8 juillet
Après deux mois passés à Vienne en discussion avec les ambassadeurs français et britannique, le chargé d'affaires russe, Oubril, arrive à Paris pour conduire les négociations côté russe. En Russie, le ministre des Affaires étrangères, Czartoryski, est remplacé par le Baron Budberg.
 
11 juillet
Afin de conserver toutes les chances d'une paix, Talleyrand fait croire à Napoléon que Yarmouth attend une lettre positive de Fox sur la question de la Sicile (que la France veut réunir au royaume de Naples). Au début des négociations la Grande-Bretagne n'était pas d'accord sur une cession de la Sicile.
 
12 juillet
Signature du traité de Paris, portant création de la Confédération du Rhin (Rheinbund). Il est ratifié le 19 par Napoléon et les membres contractants.
 
21 juillet
En dépit de l'accord russo-britannique de négocier ensemble, Oubril est amené par le général Clarke (remplaçant Talleyrand) à signer un traité de paix franco-russe, tout en sachant qu'il outrepassait ses instructions.
 
31 juillet
Un renfort et un négociateur plus hardi, Lord Lauderdale, est envoyé par le gouvernement britannique pour soutenir Yarmouth. Il apporte avec lui un nouveau projet de traité franco-britannique. Les Russes ayant déjà signé la paix avec France, les Britanniques s'empressent de faire de même. Les concessions dans ce nouveau traité étaient (entre autres) : que la famille régnant sur la Sicile recevrait autres territoires en réparation pour la perte de la Sicile ; que la Grande-Bretagne accepterait non seulement de reconnaître le titre impérial à Napoléon mais aussi les titres de tous ceux nommés ou promus par Napoléon ; que tous les acquis de la France depuis 1797 seraient respectés ; que les Bourbons devrait quitter l'Angleterre pour s'installer en Ecosse ou Irlande ; que tous les chefs chouans désignés par la France seraient déportés au Canada. Celui-ci sera rejeté par Napoléon estimant que « sa rédaction [lui] paraît encore loin de la maturité. »
 
1er août
Les membres de la Confédération du Rhin déclarent se séparer définitivement du Saint Empire.
 
6 août
François II abandonne son titre d'Empereur du Saint Empire romain germanique.
 
9 août
Mobilisation des troupes prussiennes, auxquelles se rallient celles de la Saxe.
 
25 août
Sur ordre de Napoléon, exécution de Palm, libraire de la ville libre de Nuremberg, pour avoir fait circuler un pamphlet encourageant la résistance allemande contre Napoléon.
 
3 septembre
Napoléon apprend le refus russe de ratifier le traité de paix. Dans une lettre à son frère, Joseph, datée du même jour, l'empereur imagine que c'est le changement des ministres en Russie qui est à la base de ce refus. Dans la même lettre, il ajoute que l'empereur russe, Alexandre, ne lui avait donné qu'une seule raison : qu'il ne signerait pas sans les Britanniques.
 
9 septembre
Convention matrimoniale entre la France et le Wurtemberg, concernant l'union de Jérôme Bonaparte et de Catherine de Wurtemberg (elle sera célébrée le 22 août 1807).
 
12 septembre
Les Prussiens envahissent la Saxe pour la forcer à faire partie de sa coalition. Les Saxons seront les seuls à se battre aux côtés des Prussiens à Iéna.
 
13 septembre
Décès du secrétaire d'État aux Affaires étrangères anglais Fox, remplacé par Grey.
Napoléon ordonne à Berthier de se rendre à Würzburg (et non plus à Bamberg) ainsi qu'aux corps de Ney, Augereau et Davout.
 
20 septembre
Napoléon en appelle à ses alliés de la Confédération du Rhin.
 
25 septembre
Napoléon quitte Paris pour rejoindre la Grande Armée.
 
28 septembre
Napoléon arrive à Mayence.
 
1er octobre
L'ambassadeur prussien Knobelsdorf remet à Talleyrand une lettre de Frédéric-Guillaume III pour Napoléon, véritable ultimatum prussien : les troupes françaises doivent se retirer derrière le Rhin, et la Confédération du Rhin être dissoute.
 
2 octobre
Napoléon arrive à Wurtzbourg où il rencontre les princes allemands.
 
4 octobre
Après un mois de négociation dans le vide, Lauderdale présente aux négociateurs français un nouveau traité. La Sicile n'est plus un sujet d'échange. Le traité est nettement moins conciliant. Les Russes n'avaient-ils pas rejeté leur première tentative d'accord ? Bien conscient que la proposition ne sera pas acceptée, Lauderdale demande ses passeports et quitte la France le 9 octobre, les négociations ont échouées.
 
7 octobre
Napoléon prend connaissance de l'ultimatum prussien.
A la veille de la fin de l'ultimatum prussien, la Grande Armée se met en marche vers Berlin.
 
8-11 octobre
Les soldats français franchissent les défilés de Frankenwald.
 
8 octobre
Premier combat entre les troupes françaises et prussiennes à Saalburg.
 
9 octobre
A Schleiz, la cavalerie de Murat, appuyée par le 3e division du corps de Bernadotte, bat un corps de Prussiens et de Saxons commandés par Tauentzien. 400 Prussiens et Saxons sont tués ou pris.
 
10 octobre
Défaite prussienne à Saalfeld, marquée par la mort du prince Louis, cousin de Frédéric-Guillaume III.
Prise de Leipzig par Lannes et Suchet.
 
14 octobre
Double victoire française, Napoléon à Iéna, et Davout à Auerstaedt.
 
15 octobre
Le roi Frédéric-Guillaume écrit à Napoléon pour lui demander ces conditions de paix.
 
16 octobre
L'armée prussienne capitule à Erfurt face à Murat.
 
17 octobre
Défaite prussienne à Halle face à Bernadotte.
 
22 octobre
Rencontre entre l'envoyé prussien Lucchesini et un Napoléon intransigeant.
 
23 octobre
Napoléon confisque les territoires prussiens compris entre le Rhin et l'Elbe, les États du duc de Brunswick, le Hanovre et le pays d'Osnabruck, tandis que la région de Ost-Frise est attribuée au roi de Hollande. L'électorat de Saxe et la principauté de Hesse-Cassel sont placés sous administration française.
 
24 octobre
Capitulation prussienne à Potsdam.
 
25 octobre
Spandau capitule devant Lannes.
 
26 octobre
Le corps d'armée de Davout entre dans Berlin, tandis que Lasalle et Grouchy prennent Zehdenick.
Napoléon se recueille sur le tombeau de Frédéric le Grand.
 
27 octobre
Napoléon fait son entrée à Berlin.
 
28 octobre
Hohenlohe capitule à Prenzlau.
 
30 octobre
Stettin capitule devant les cavaliers du général Lasalle.
 
3 novembre
Napoléon adresse une proclamation au Polonais pour les faire se soulever.
 
7 novembre
Blücher capitule à Lübeck face à Bernadotte.
 
8 novembre
Capitulation de Magdebourg devant Ney.
 
16 novembre
Signature d'un armistice franco-prussien, non ratifié par Frédéric-Guillaume.
Le 32e Bulletin de la Grande Armée annonce la fin de la campagne de Prusse.
 
 
 
Auteurs : I. Delage et P. Hicks, octbore 2006

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