Aigle de drapeau du 6e régiment de Chasseurs à cheval

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© Fondation Napoléon

Symbole traditionnel de l’héraldique, l’aigle fut adoptée par le décret du 10 juillet 1804 stipulant que le sceau et les armes de l’Empire seraient : « d’azur à l’aigle à l’antique d’or, empiétant un foudre du même ». Associé depuis la plus haute antiquité aux victoires militaires, l’oiseau de Jupiter avait été l’emblème de la Rome impériale. Il fut aussi celui du Premier Empire. A l’image des enseignes des armées romaines, Napoléon fit placer une aigle de bronze doré au sommet de la hampe des drapeaux de ses régiments. La distribution de ces aigles donna lieu à une grande cérémonie au Champ-de-Mars, le 5 décembre 1804, trois jours après le Sacre, cérémonie pendant laquelle le nouvel Empereur fit prêter serment à son armée : « Soldats, voilà vos drapeaux ! Ces aigles vous serviront toujours de point de ralliement ; elles seront partout où votre empereur jugera leur présence nécessaire pour la défense de son trône et de son peuple. Vous jurez de sacrifier votre vie pour les défendre, et de les maintenir constamment, par votre courage, sur le chemin de la victoire« .

Fondues en bronze par Thomire d’après un dessin Chaudet, les aigles de drapeau ont la tête tournée à droite, les ailes légèrement éployées, une serre sur le fuseau de Jupiter sans le foudre. Elles reposent sur un caisson portant le numéro du régiment auquel se rattache une douille permettant la fixation de la hampe. Trois modèles ont été produits durant l’Empire. Le premier, celui de 1804, est le plus remarquable tant par son allure générale que par sa qualité de ciselure. Le second, modèle de 1810-1811 dit « allégé », fut l’occasion pour Thomire de réduire le poids jugé excessif du modèle de 1804. Enfin, le troisième modèle dit des Cent-Jours fut exécuté pour remplacer les aigles qui avaient été détruites lors de la première Restauration. D’une facture moins soignée, ces aigles fabriquées dans l’urgence présentent quelques différences avec les modèles précédents : attitude plus ramassée, ailes plus courtes, bec presque fermé. Les numéros des caissons sont ceux des anciennes aigles récupérés par le fondeur en charge de leur destruction et offerts à Napoléon lors de son retour à Paris.

C’est au troisième modèle, celui des Cent-Jours, qu’appartient cette aigle du 6e de chasseurs à cheval. Alors que beaucoup furent brisées après la chute de l’Empire pour éviter d’être rendues, celle-ci fut sauvée par le colonel de Faudoas (1788-1844) qui servit dans l’armée du Nord en Belgique et combattit à Waterloo.

Karine Huguenaud, septembre 2003

Pièce présentée à l’exposition Napoléon et Wellington : destin croisés, au musée Wellington de Waterloo (21 mars – 31 juillet 2015).

Date :
1815
Technique :
bronze doré
Dimensions :
H = 30 cm
Lieux de conservation :
Fondation Napoléon, donation Lapeyre
Crédits :
© Fondation Napoléon - P. Maurin-Berthier
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