Cible peinte : Préliminaires de Paix conclus à Leoben, en Styrie, le 18 avril 1797.

Artiste(s) : Anonyme
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Le développement des sociétés de tir en Europe centrale, à partir de la fin du XVIIIe siècle a vu la création de cibles peintes destinées à des concours sportifs. Tout récemment mise en lumière par l’exposition La cible : des cibles peintes croates à l’art contemporain (musée de la Chasse et de la Nature, 20 décembre 2012 – 21 mars 2013), cette tradition persiste aujourd’hui en Croatie, en Autriche ou dans le sud de l’Allemagne. L’iconographie, variée, des cibles, inclut à côté de sujets cynégétiques, des sujets politiques témoignant de la diffusion de certains événements, locaux – comme la visite d’un souverain –, ou de plus vaste portée.
Il s’agit ici de la signature des préliminaires de Leoben, qui préparent le traité de Campo-Formio. Debout au centre, deux généraux se tendent simultanément le document qui résulte des négociations. Le peintre, qui pourrait s’être inspiré d’estampes, rend avec soin leur physionomie. Sur la gauche, en habit de général de division de l’armée française, se trouve Napoléon Bonaparte, agissant, sans mandat exprès cependant, pour le compte du Directoire. Dans le camp d’en face, on peut reconnaître deux officiers supérieurs autrichiens, en habit blanc et culotte écarlate, Henrich Johann, comte de Bellegarde, Feldmarschall-Leutnant et Maximilian Friedrich, comte de Merveldt, récemment promu General-Major. On remarque aussi la présence, en habits civils, de Marzio Mastrilli, marquis de Gallo ; ambassadeur du royaume de Naples à Vienne, qui jouissait de la confiance du chancelier Thugut.
Pour parfaire le tableau d’une si belle unité, Bonaparte lance un diplomatique « vive l’empereur ! » tandis que son interlocuteur, tout aussi à propos, et en français, s’écrie : « vive la République française ! ». Levant leurs chapeaux, les deux autres négociateurs autrichiens résument le sentiment général : « vive la paix ! ».
La représentation de l’événement sur une cible commandée par les notables de la ville libre de l’Empire qu’est Schwäbisch Hall témoigne du retentissement de la nouvelle de cette paix en Europe.
En 1806, après sa victoire sur l’Autriche, Napoléon se souvient de l’épisode et commande un tableau sur le sujet à Guillaume Guillon-Lethière ; l’esquisse en est conservée aujourd’hui au château de Versailles (MV 1493).

Emilie Robbe, conservateur du département moderne du musée de l’Armée.
mars 2013

Objet présenté à l’exposition Napoléon et l’Europe, du musée de l’Armée (27 mars au 14 juillet 2013).

Date :
Allemagne, Schwäbisch-Hall, 1797
Technique :
Huile sur bois
Dimensions :
Diam. = 68 cm
Lieux de conservation :
Schwäbisch-Hall, Hällisch-Fränkisches Museum, inv. 1986/143-83
Crédits :
© Hällisch-Fränkisches Museum, Schwäbisch Hall
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