Plan des fortifications, île d’Elbe. Plan de Porto Ferrajo, an 10 (1802)

Artiste(s) : Vincent Charles-Humbert-Marie
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Ce plan de Portoferraio, fait en 1802 par le baron Charles Humbert Marie Vincent, premier directeur des fortifications de l’île d’Elbe, montre tous les bâtiments militaires de la ville, en notant ceux qui sont rattachés à Forte Stella et ceux qui le sont à Forte Falcone. il indique également les fronts défensifs à l’extérieur et à l’intérieur de la ville fortifiée.

La représentation de la zone occupée par le bastion d’I Mulini est particulièrement intéressante sur cette carte : elle montre l’état du bastion avant qu’il ne soit complètement transformé sur intervention directe de Napoléon.
Ici sont présentés tous les bâtiments que, douze ans plus tard, l’Empereur fera démolir afin de transformer cette forteresse militaire dans le lieu de sa résidence.

En haut, à gauche, on peut voir les quatre moulins à vent et le bâtiment qui, en partie démoli, allait devenir le théâtre impérial. Les petites dépendances autour de la structure principale devaient aussi disparaître au profit de jardins d’apparat et l’ancienne prison devait être rasée pour faire place à des écuries pour loger les huit cousins ou chevaux du rang (c’est-à-dire, les chevaux de l’État) que Napoléon allait amener avec lui sur l’île d’Elbe, à savoir Ingénu (également connu sous le nom Wagram), l’Intendant (animal nommé Coco) et Tauris, qui avait accompagné Napoléon en Russie et qui devait le suivre à Paris pour les Cent-Jours.

Les bâtiments non démolis correspondaient à ceux du pavillon au sud de la résidence principale déjà destinés à accueillir les officiers ainsi que les cuisines attachées au Convento di San Francesco, que les Français transformèrent  en garnison en 1803.

Vincent dans son Mémorial de L’Ile d’Elbe ou détails sur l’arrivée et le séjour de Napoléon dans l’Ile d’Elbe, écrit à Portoferraio en 1814, raconta en détail tous les endroits de l’île qu’il avait visités, souvent à l’aube, avec l’Empereur. Napoléon avait fait sa connaissance plusieurs années auparavant car il fit la remarque suivante aux commissaires des puissances alliées à bord de la frégate qui l’amenait dans la baie de Portoferraio, le 3 mai 1814 : « Le colonel Vincent est l’homme qui a le mieux jugé les événements. J’ai fait de grosses sottises pour ne pas l’avoir écouté, et je ne serais pas ici si je l’avais bien connu. »

Il est particulièrement intéressant de mettre ce plan en regard de celui de 1841 tiré du cadastre toscan afin de voir l’évolution des bâtiments et les aménagements que Napoléon y fit pour en faire sa résidence d’été.

Roberta Martinelli et Velia Gini Bartoli, conservateur du palais I Mulini et architecte attachée au projet de restauration,
novembre 2013

Découvrez le palais I Mulini à Portoferraio dans le compte rendu de novembre 2013 de ces deux auteurs.

Date :
1802
Technique :
Mine de plomb avec rehauts d'aquarelle
Dimensions :
H = 89 cm, L = 100 cm
Lieux de conservation :
Istituto Storico e di Cultura del Genio dell'Arma ( ISCAG ) Roma, Ft. 13 / B 880
Crédits :
Mario Setter, Rome
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