Vase orné du portrait de la reine Hortense

Artiste(s) : DAGOTY (manufacture de)
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© Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier

S’inspirant d’une amphore antique, ce vase présente d’élégantes lignes mises en valeur par les différents traitements décoratifs de la porcelaine. Les parties dorées du col et du pied, ornées de motifs végétaux en or bruni, contrastent avec la panse du vase, d’un bleu délicat, sur lequel se détache le portrait en médaillon de la reine Hortense et, au revers, son chiffre couronné. De chaque côté, deux têtes de faunes offrant l’illusion du bronze patiné donnent naissance aux anses. Le socle est en marbre noir. C’est grâce à une étiquette collée au dos du socle que l’on attribue ce vase à la manufacture de Dagoty. Elle porte la rare mention « MANUFACTURE / de S.M. l’Imp. et Reine. / P.L. DAGOTY. », tandis que toutes les autres marques connues ne font référence qu’à l’impératrice des Français et ignorent totalement la reine d’Italie.

Cette manufacture de porcelaine, installée rue de Chevreuse dans le quartier du Montparnasse, avait été crée en 1800 par Pierre-Louis Dagoty (1771-1840). A une date que l’on ignore, mais qui est antérieure à mars 1807, il obtient le patronage de l’impératrice Joséphine. Elle ne sera pas une très bonne cliente, n’achetant du début de l’Empire au divorce que pour 10 333 F de marchandise alors que Dihl, qu’elle ne patronnait pas officiellement, lui en fournit pour 12 964 F. A sa mort, elle ne devait que 2 659 F au premier tandis que le second émargeait pour 6 804 F ; c’est d’ailleurs à Dihl qu’elle commandera plus tard son riche service dit à tableaux. Les porcelaines de Dagoty sont pourtant réputées pour la qualité de leur or et l’élégance de leurs formes ; c’est dans son magasin du boulevard Montmartre que l’on trouve comme l’indique l’Hermitte de la Chaussée d’Antin des « vases à cent louis destinés à recevoir une anémone de quinze sous ».

Le roi Louis fit venir en Hollande en 1808 plusieurs pièces de Dagoty afin d’aider les porcelainiers hollandais. Il est donc logique qu’il lui ait commandé des vases ornés du portrait de son épouse, la reine Hortense. Cet exemplaire provient d’une cousine d’Hortense, Joséphine-Marie Chamans de Lavalette (1802-1866) baronne de Forget, dont la mère était née Émilie de Beauharnais. On connaît un second exemplaire plus petit et avec de légères variantes au Napoleonmuseum d’Arenenberg en Suisse.

Bernard Chevallier, septembre 2006
Directeur du musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, conservateur général du patrimoine

Date :
vers 1806-1810
Technique :
porcelaine dure, marbre noir
Dimensions :
H = 29,8 cm
Lieux de conservation :
Paris, Fondation Napoléon, donation Lapeyre
Crédits :
© Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier
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