Sainte-Hélène

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Petit îlot perdu dans l’Océan Atlantique Sud, Sainte-Hélène fut choisi par le gouvernement anglais comme terre d’exil pour l’Empereur déchu. « Sainte-Hélène est l’endroit du monde le mieux choisi pour enfermer un tel personnage. A cette distance, dans ce lieu, toute intrigue sera interdite et, éloigné de l’Europe, il sera promptement oublié ». Le premier ministre anglais, Lord Liverpool, se trompait lourdement en proférant ces quelques paroles : c’est justement de Sainte-Hélène où s’éteignit Napoléon que la Légende prit son envol.

Débarquant du « Northumberland » le 17 octobre 1815, Napoléon passa sa première nuit sur l’île dans une modeste auberge aujourd’hui détruite. Le lendemain, il se rendit à Longwood House, la demeure destinée à l’accueillir lors de sa captivité. Il ne s’agissait alors que d’une bicoque située sur un plateau aride et dénudé que les Britanniques firent transformer pour recevoir l’Empereur et ses proches. Durant les travaux, il s’installa, dans la verdoyante vallée des Briars, dans un pavillon à proximité de la maison coloniale de William Balcombe.

En décembre, Napoléon rejoignit Longwood House où s’écoulèrent péniblement les dernières années de son existence. Entouré du baron Gourgaud, des généraux de Montholon, Bertrand et de leurs épouses, du comte de Las Cases, du chirurgien irlandais O’Meara et de quelques serviteurs, Napoléon organisa sa monotone vie quotidienne entre séances de travail, audiences et promenades, toujours sous la surveillance d’un officier britannique. A partir de 1819, poussé par le Dr O’Meara à prendre de l’exercice, il entreprit l’aménagement du jardin conférant ainsi au domaine l’agréable aspect qu’il présente aujourd’hui. Napoléon mourut le 5 mai 1821. Il fut inhumé selon ses dernières volontés le 9 mai suivant près d’une source dans la Vallée du Géranium, dénommée depuis Vallée du Tombeau.

A partir de 1854, Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l’achat de Longwood House et de la Vallée du Tombeau qui devinrent propriétés françaises en 1858. Gérés par le Ministère des Affaires étrangères, ces deux domaines restaurés dans leur aspect de 1821 sont ouverts au public. Composée de quelques pièces, Longwood House rassemble des vestiges du mobilier original, des souvenirs de l’Empereur et des oeuvres évoquant son fabuleux destin. Les communs attenants qui étaient occupés par les compagnons de Napoléon sont aujourd’hui habités par le consul honoraire de France, conservateur des Domaines français de Sainte-Hélène.

La Tombe à laquelle on accède par un sentier sinueux est entourée d’une grille sommée de fers de lance. La pierre tombale est vaste et blanche, sans inscription. Elle est entourée de nombreux arbres dont douze cyprès plantés en 1840 en souvenir des douze grandes victoires de Napoléon. Offert à la France en 1959 par l’arrière petite fille de William Balcombe, le pavillon des Briars a été aménagé à l’aide des mémoires des serviteurs. Un petit musée consacré à Sainte-Hélène et aux témoins anglais de l’exil y est installé.

Karine Huguenaud

Voir le site des Domaines français de Sainte-Hélène
Voir le blog du conservateur des domaines français, Michel Dancoisne-Martineau

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