Bureau dit de Cambacérès, Grande bibliothèque – Bureau ministre de la Justice

Artiste(s) : JACOB-DESMALTER François-Honoré Georges
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Depuis le XVIIIe siècle, la Grande bibliothèque de l’hôtel de Bourvallais, situé place Vendôme, a accueilli successivement le cabinet de travail du chancelier puis le bureau des ministres de la Justice. Le ministre y travaille et y accueille ses visiteurs encore aujourd’hui. Ils peuvent y admirer ce meuble à huit pieds, en acajou et bronze doré, reposant sur un socle, situé entre les deux presses à sceller, appelé « bureau de Cambacérès ».

Bureau dit de Cambacérès, Grande bibliothèque – Bureau ministre de la Justice
Bureau dit de Cambacérès, ministère de la Justice, Hôtel de Bourvallais place Vendôme © DICOMMinistère de la Justice

On connaît plusieurs bureaux censés avoir appartenu à Jean-Jacques-Régis de Cambacérès (1753-1824), archichancelier de l’Empire et détenteur des sceaux, illustrant l’aura du personnage et sa réputation d’administrateur. Celui du ministère de l’Intérieur a été, en réalité, commandé par le ministre Emmanuel Crétet, comte de Champmol (1747-1809 ; ministre de l’Intérieur ) et livré à l’un de ses successeurs, Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet (1766-1823 ; ministre de l’Intérieur ). Le bureau du ministère de l’Action et des Comptes publics est réputé avoir servi à la signature du Code civil. Il a en fait été livré en 1811 pour le ministre du Trésor Nicolas François, comte Mollien, (1758-1850).
Le bureau du ministère de la Justice est en réalité une table. Le voisinage des presses à sceller, ainsi que ses grandes dimensions, indiquent qu’il pouvait avoir un lien avec le scellement des actes officiels. Sa commande par Cambacérès, alors détenteur des Sceaux, est, sinon certaine, au moins probable. Le livre de comptes de l’archichancelier pour l’année 1812 révèle la commande au célèbre ébéniste François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter (1770–1841) d’un bureau pour la somme de 5 000 francs.
On connaît également ce bureau sous le nom de « table du Concordat », appellation suggérant un lien avec la signature en 1801 de ce document organisant les relations entre l’État et l’Église. Néanmoins, le décor des bronzes (têtes de dieu antique, étoiles, chapiteaux égyptisants à palmettes) situe plutôt sa fabrication dans les années 1810, comme les presses à sceller.

Texte du département des archives, de la documentation et du patrimoine du ministère de la Justice, août 2021

Voir la fiche présentant les presses à sceller.

Date :
1812
Lieux de conservation :
Ministère de la Justice, Hôtel de Bourvallais place Vendôme, Paris
Crédits :
© DICOM\Ministère de la Justice
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