Les grandes demeures de Corse

Exposition
du 09/10/2020 au 10/01/2021
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La maison natale de Napoléon Bonaparte à Ajaccio abrite jusqu’au 10 janvier 2021 une exposition présentant l’architecture privée des familles patriciennes corses au temps des Bonaparte 1769-1870. Cette exposition est illustrée des dessins de Pierre-Alexandre Soulat.

MàJ 30/10/2020 : En raison des conditions sanitaires actuelles et du reconfinement prévu jusqu’au 1er décembre 2020, l’exposition ne sera pas accessible durant quatre semaines.

Cette exposition est accompagnée de la publication d’un riche catalogue coédité par la maison Albiana et le musée national de la Maison Bonaparte.
Lire la préface d’A. Lefébure, c
onservateur général du patrimoine, directeur du Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préaux et la présentation par Jean-Marc Olivesi, conservateur général du patrimoine au Musée national de la Maison Bonaparte

 

Les grandes demeures de Corse
© Albiana - Musée national de la Maison Bonaparte 2020

Présentation  de l’exposition

Qu’il s’agisse de la masse du bâtiment dans l’espace urbain, du décor de ses façades et du rythme des baies, du plan, de la distribution intérieure, les demeures patriciennes en Corse forment un corpus homogène mais présentant quelques variantes. Puis, l’accession au pouvoir de la famille Bonaparte va entrainer des familles parentes et alliées à construire des demeures pour illustrer le rang social auquel elles sont arrivées.

La Maison Bonaparte dispose à la fois d’un grand salon, d’une galerie, d’une salle à manger et d’un fumoir… Les Bonaparte ont connu à la fois les plans très articulés et complexes des hôtels particuliers parisiens, dont les espaces correspondent à des fonctions plus différenciées, et les grandes demeures de Provence ou de Lombardie.

Si le musée national est avant tout le berceau d’une personnalité parmi les plus illustres de l’histoire de l’Humanité, il abrite aussi l’une des plus importantes, des plus intéressantes et des mieux conservées parmi les demeures corses datant du siècle d’or de l’île : le XVIIIe siècle.

Cette diversité de l’organisation de l’espace n’a d’égale que celle des différentes strates de la notabilité corse : L’aristocratie d’origine génoise :  ces Doria, Giustiniani, Spinola installés en Corse, coexiste avec  les feudataires corses ( Signori de Bozzi, della Rocca, Leca, Istria, Ornano dans le sud, Gentile et da Mari dans le Cap…), les familles de Caporali dans le centre de l’île, les Benemeriti (ceux qui ont bien mérité de la République de Gênes) dans les présides, les familles devenues éminentes par des charges de notaires, de juristes ou de magnifiques anciens (Bonaparte). Pour autant, si cette élite est très diverse, on ne saurait dire que tel type architectural corresponde aux Signori, aux caporali, ou aux benemeriti…

Chaque famille, en fonction de son histoire particulière, de ses prétentions dans la société du temps (proximité avec un grand seigneur français ou italien, enrichissement considérable aux Indes ou dans des campagnes militaires, juristes reconnus (maintenus) nobles par la monarchie française ; les chantiers que lancent ces familles ne correspondent pas à une situation, mais semblent accompagner un changement de statut en cours. Puis, à de rares moments, des familles plus anciennes, titillées par ces grands chantiers, peuvent décider d’agrandir ou de mettre au goût du jour leurs demeures ancestrales.

Il en était peut-être de même pour les demeures comme pour les vêtements : Ils ne devaient pas signifier trop la distance sociale, tout en marquant le rang du propriétaire. La construction de grandes demeures comme celles de l’élite corse est impensable pour les gens du peuple, mais du moins ces demeures patriciennes ne les écrasent pas par l’originalité de leur plan, la science de leurs références architecturales ou l’ornementation de leur décor. L’ampleur de la demeure signifie le rang social du propriétaire et sa puissance dans la communauté, mais elle ne l’isole pas complètement de ses compatriotes. Cette aménité sociale ayant été la clé du succès de l’indépendance corse. Plus généralement les façades très ornementées sont rares. C’est ainsi que la maison Bonaparte a gardé la simplicité de sa façade, tandis que les décors de façade en trompe-l’œil du palais Pozzo di Borgo et le décor de frontons, cordons, bandeaux et tables de la maison Piazza-Alessandrini à Oletta datent seulement du début du XXe siècle.

Lire le dossier de presse

 

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