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Bol à punch au chiffre de l'impératrice Joséphine

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Auteur :
BIENNAIS Martin-Guillaume (1764-1843)

Date :
vers 1805-1810

Technique :
Argent doré

Dimensions :
H. 25,5 cm; D. 32 cm

Lieu de conservation :
Paris, Fondation Napoléon

Crédits :
© Fondation Napoléon - P. Maurin-Berthier

Commentaires

Le mot punch vient du persan qui signifie cinq, car il désigne une boisson composée de cinq éléments, du thé, du sucre, de l'eau-de-vie ou du rhum, de la cannelle et du citron. Contenu dans un bol qui pouvait être d'orfèvrerie ou de porcelaine, il était servi dans des tasses à thé à l'aide de cuillers spéciales. Tout grand service d'argent ou de vermeil se devait de comporter un bol à punch et celui de l'impératrice Joséphine fut livré par le grand orfèvre Martin-Guillaume Biennais. Ce bol à punch en vermeil se compose d'une grande coupe reposant sur un piédouche en forme de cloche et sur un socle carré porté par des pieds en griffes sur lequel apparaît la signature : « BIENNAIS ORF.re de L.L. M.M. IMPERIALES ET ROYALES A PARIS ». Sur le galbe, au-dessus d'une frise de lauriers, un bas-relief figure le Dieu Neptune jeune conduisant deux chevaux marins. Il est encadré de part et d'autre par des putti ailés brandissant des couronnes et montés à gauche sur un cheval, à droite sur un taureau. Les anses sont rattachées au bol par des têtes d'hommes barbus. Le chiffre couronné de Joséphine est gravé sur la panse de la coupe.
 
Le bol à punch de l'impératrice Joséphine, accompagné de ses trois cuillers, était conservé à Malmaison dans une pièce située sous la bibliothèque avec le reste de l'orfèvrerie. A la mort de l'Impératrice, une des trois cuillers échut au prince Eugène, tandis que les deux autres et le bol firent partie du lot de la reine Hortense. On retrouve le bol dans la chambre à coucher de la reine dans sa maison de Constance où elle résida au début de son exil ; sa présence dans une chambre à coucher n'était pas incongrue, il était en effet d'usage de prendre un peu de punch quelques instants avant de se coucher, ce qui procurait un sommeil doux et tranquille.
 
En septembre 1827, le bol à punch est envoyé en Italie au moment où Hortense loue un appartement au premier étage du palais Ruspoli. On perd ensuite sa trace jusqu'à sa réapparition en vente publique et son acquisition en 1981 par Martial Lapeyre. D'autres bols à punch semblables ont été livrés par Biennais, entre autres pour le thé de l'Empereur (Edimbourg, Royal Scottish Museum) et pour le service du grand-duc Nicolas Pavlovitch, futur tsar Nicolas Ier.
 
Bernard Chevallier
Conservateur général honoraire du patrimoine

Ancien directeur du musée national de Malmaison

 
   
 

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