<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Du néoclassicisme à l’éclectisme, des prémices du romantisme à celles de l’impressionnisme, l’art des périodes napoléoniennes est multiple et continue de fasciner chercheurs, collectionneurs et simples amateurs. Amoureux des beaux-arts ou fin connaisseur des arts décoratifs, venez ici partager votre passion.

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Napoléon III remettant au baron Haussmann le décret d'annexion des communes limitrophes (16 février 1859)



   

Auteur
YVON Adolphe (1817-1893)

Date
1865

Technique
Huile sur toile

Dimensions
H. 327 m; L. 230 m

Lieu de conservation
Musée Carnavalet (1979)

Crédits
© Roger-Viollet

Commentaires

Elève de Paul Delaroche (1797-1856), Adolphe Yvon est principalement un peintre de batailles, l'auteur du Maréchal Ney soutenant l'arrière-garde de la Grande Armée pendant la Retraite de Russie (1856 ; conservé à la Manchester Art Gallery), de la Prise de la tour de Malakoff par le général Mac-Mahon, le 8 septembre 1855 (salon de 1857 ; Château de Versailles et de Trianon), du Combat dans la gorge de Malakoff, le 8 septembre 1855 (1859 ; Château de Versailles et de Trianon), de la Courtine de Malakoff, 8 septembre 1855 (1859 ; Château de Versailles et de Trianon), ou encore de Napoléon III donne ses ordres à la bataille de Solférino, le 24 juin 1859 (1861 ; Château de Versailles et de Trianon). Artiste soucieux du détail, Yvon offre un style didactique manquant parfois de charisme, mais sa palette de couleurs, nuancée, donne une certaine humanité à ses personnages. Apprécié de Napoléon III, il en fit le portrait (1868), après celui du Prince Impérial (1861). Yvon fut professeur à l'École des Beaux-Arts, et professeur de dessin à l'École polytechnique.
 
Souvent sollicité pour répondre à des commandes du pouvoir, Yvon peint ce Napoléon III remettant au baron Haussmann le décret d'annexion des communes limitrophes à la demande du conseil municipal pour orner sa salle des séances. Mais cette toile déplût au conseil, qui jugea conventionnelle la représentation de cet événement majeur de l'histoire de Paris et demanda à Yvon une seconde toile. Cette dernière, mettant en scène la réception du préfet Haussmann et du conseil municipal par le couple impérial dans tous les fastes de la cour, a, ironie du sort, disparu dans l'incendie de l'Hôtel de Ville lors de la Commune en 1871. C'est donc la première oeuvre "recalée", présentée ici, qui célèbre seule aujourd'hui l'agrandissement de Paris.
 
Le 9 février 1859, un décret annonçait l'extension des limites de Paris, avec l'intégration des communes comprises entre l'ancien mur des fermiers généraux, construit entre 1782 et 1787, et l'enceinte fortifiée érigée par Adolphe Thiers entre 1841 et 1846. Plus exactement, quatre communes devaient être complètement absorbées et 20 autres amputées d'une partie plus ou moins grande de leur territoire, sur les 81 communes que comptait alors le département de la Seine. Ce nouveau Paris, dont la surface allait plus que doubler (passant de 3 288 à 7 088 ha), devrait ensuite être redécoupé en vingt arrondissements, de taille équivalente, suivant la loi du 16 juin 1859 et le décret d'application du 1er novembre suivant.
A cette occasion, conformément à l'ordonnance royale du 10 mai 1829, une enquête publique allait être conduite, pendant deux semaines, auprès du 1,6 million d'habitants concernés par cette double opération d'annexion et de redécoupage.
Fortement décidée par le pouvoir, cette évolution administrative recouvrait des enjeux politiques et économiques, mais aussi sociaux et identitaires, de nombreux habitants furent fortement opposés à une opération perçue comme imposée et qui allait bouleverser leur environnement urbain.
 
C'est sous le regard, voire la caution, de l'Empereur Napoléon Ier, dont le portrait en pied en haut à droite (sans doute L'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, par JL David) surplombe la scène, qu'Yvon raconte l'officialisation de l'annexion. L'impression d'instantané en est la caractéristique principale : Napoléon III tend vers son préfet le décret qu'il vient manifestement juste de signer, la plume encore dans la main droite abaissée vers le sol, le baron Haussmann s'avance franchement vers l'Empereur, alors que des membres du conseil semblent encore entrer dans la pièce par une porte ouverte en arrière-plan à gauche. La qualité de la spontanéité perd cependant de son efficacité par l'expression figée des personnages, et n'est pas mise en valeur par le manque de solennité de la scène.

 
Irène Delage, 8 février 2013

   
   

 

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