<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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La Création de la Confédération du Rhin, 12 juillet 1806

 


 
Page du traité © diplomatie.gouv.fr

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L'empire germanique étant vidé de sa substance, que pouvait-on lui substituer ? Au cours des six premiers mois de 1806, c'est encore à Paris que s'élabora une nouvelle structure, au cours de négociations qui se prolongèrent et menaçaient de s'enliser lorsque Napoléon décida de brusquer les choses.

Quelques semaines plus tard, l'empereur François II déposa la couronne allemande. La fin de ce Reich prestigieux, fondé en 962 par Othon le Grand, passa presque inaperçue en Allemagne.

Napoléon, qui avait refusé de prendre lui-même la couronne d'empereur germanique, comme le lui suggérait l'archichancelier Dalberg se contenta du titre de Protecteur de la Confédération du Rhin.

Il précisa de la façon la plus claire, dans une lettre au Prince Primat du 11 septembre, qu'il n'empièterait nullement sur l'indépendance des Etats membres. Celle-ci ne représentait donc pas une entité allemande de substitution, supérieure aux Etats. Certes, le traité n'avait pas rompu aussitôt tous les liens entre ces derniers, puisqu'il faisait de l'ex-archichancelier Dalberg un « Prince Primat » et laissait entrevoir une constitution fédérale.

Qu'était-ce alors que cette confédération ? En pratique elle se réduisit à une simple alliance militaire, avec une superpuissance servant de leader, mais dans le respect de l'indépendance de chacun, dès lors que les obligations militaires inscrites dans le traité étaient convenablement. Comme l'OTAN, la confédération germanique ne cessa de s'étendre au fil des ans à de nouveaux membres, passant de 16 adhérents en 1806 à plus de trente en 1808, y compris de nombreux Etats fort éloignés du Rhin, comme la Saxe ou le Mecklembourg. Néanmoins, elle ne coïncida jamais avec l'ancien empire germanique. Les deux grandes puissances allemandes, Autriche et Prusse en restèrent. Née de la victoire commune sur l'Autriche en 1805, elle fonctionna dès 1806 contre la Prusse, puis en 1809.

 
Juin 2006
 


 

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