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Informations
Auteur : |
LAHLOU Raphaël |
Revue : |
Revue du Souvenir Napoléonien |
Numéro : |
440 |
Mois : |
avril-mai |
Année : |
2002 |
Pages : |
3-21 |
Notes
(1) Il s'agissait, en fait, d'un strict accord commercial et d'une convention d'amitié, en 27 articles, accord signé dans la propriété de Joseph Bonaparte (le plénipotentiaire principal pour cette négociation depuis l'hiver 1799, ventôse an VIII), le 30 septembre 1800. Cela en présence du Premier consul, son frère. L'acte diplomatique sera daté du 3 octobre et situé à Paris et ne sera ratifié par le Sénat américain que pour huit années avec une double exigence : le traité entre la France et les États-Unis de 1778 serait annulé ; et les problèmes causés par les indemnisations dues à la suite de la saisie des navires marchands américains opérée par les Français seraient examinés " à une date convenable ". Bonaparte abrogea l'alliance de 1778 et obtint un compromis pour la seconde question. L'inquiétude de Jefferson venait de ce que l'un de ces diplomates, Rufus King, ambassadeur à Londres, avait pu obtenir, habilement, en mai 1801, une copie du traité franco-espagnol, offrant ainsi à Jefferson la confirmation officielle de rumeurs et d'informations inquiétantes. L'avenir des États-Unis lui paraissait tenir sur une corde raide, tiraillé entre les intérêts contradictoires des Français, des Espagnols et des Anglais.
(2) Avec qui les États-Unis venaient de se lier à nouveau par un traité (accord Jay-Grenville) de commerce, maritime et sur les fourrures. Ce traité commercial américano-britannique, à l'origine du brusque refroidissement franco-américain, vint envenimer, entre 1794 et 1796, des problèmes déjà anciens : la cour de France n'avait pas trouvé convenable, en 1781, le fait que le pays, qu'elle venait si largement de contribuer à faire naître, ait signé, sans même une consultation préalable, un traité de paix séparé avec la Grande-Bretagne... Toutefois, des francophiles comme Jefferson voyaient dans cet accord commercial une rupture manifeste de la part de leur pays avec le principe de neutralité, auquel ils étaient assez hostiles, qui avait été proclamé, dans un contexte de grande division politique, par G. Washington en ce qui concernait le conflit entre la République française et la Grande-Bretagne. Les amis de la République française y trouvaient même une trahison envers l'ancien allié, en vertu du volet militaire des traités de 1778... Ce traité entraîna aux USA une cascade de démissions dans le gouvernement et des heurts au Congrès. Les relations diplomatiques franco-américaines furent rompues par la France le 15 novembre 1796 : à Paris, on refusait en effet d'accréditer les lettres de Charles Cotesworth Pinckney, successeur désigné de James Monroe. Et l'on était, aux États-Unis comme en France, en désaccord quant aux positions anglaises sur la neutralité maritime : pour les Français et les Américains le pavillon protégeait les marchandises. Pour le cabinet de Londres, soucieux de sa supériorité navale évidente, il ne pouvait en être question. Il s'ensuivit, du côté anglais autant que du côté français, une longue guerre de course dont les navires américains firent les frais ! (voir d'importants détails en note 3). La nomination de Talleyrand aux Relations extérieures devait contribuer à une détente entre les États-Unis et la France (facilitée par les gestes bienveillants de Bonaparte au moment de la mort de George Washington - gestes non exempts d'un souci de prestige personnel, du moins de volonté de comparaison avec " le Père de la Liberté américaine "). Parmi ces gestes essentiels de Bonaparte envers les USA, il faut souligner la libération effective des prisonniers américains détenus depuis l'état de guerre froide en France : cela fut notifié au secrétaire d'État américain par le consul des USA à Bordeaux, Barnet (rapport du 30 décembre 1799). Cette décision mit fin, discrètement, plus que les festivités de Mortefontaine, au conflit entre les deux pays. Pas exactement à la guerre de course... De cette détente allait sortir l'accord sur la Louisiane. Sur cet accord même et sur la politique de Bonaparte aux Antilles et à Saint-Domingue en particulier, il convient ici de souligner, outre le rôle de Joséphine, le fait que Bonaparte a été à la fois influencé par " les criailleries des colons ", comme il le dira plus tard, mais aussi par un certain nombre de diplomates de l'Ancien Régime, dont Barbé de Marbois et Malouet ou Lebrun sont parmi les meilleurs exemples ; on peut y adjoindre aussi, à des postes fondamentaux : Forfait, ancien ingénieur de la Marine, prédécesseur du contre-amiral Decrès au ministère, mais surtout, de 1800 à 1807, à la direction des colonies du ministère de la Marine : Guillemin de Vaivre, qui avait occupé le poste d'intendant général des colonies de 1783 à 1792. Ajoutons que, du côté américain, on assista aussi à ce travail des vétérans de la diplomatie américaine, qui vingt-cinq ans plus tôt, avaient su présider à la naissance de leur nation.
(3) Sur ces points et l'importance de la Marine dans la diplomatie et la politique coloniale sous le Consulat et l'Empire, on consultera avec profit : Ulane Bonnel : La France, les États-Unis et la Guerre de Course (1797-1815), Nouvelles éditions Latines, 1961 ; l'ouvrage comporte d'importants tableaux sur le détail de la guerre de course et les prises françaises et de précieuses données chiffrées. Et sous sa direction, on peut saisir l'étonnant parcours de Charles-Pierre Claret de Fleurieu (1738-1810), négociateur du traité d'amitié et de commerce entre les États-Unis et la France de 1800 : directeur de la section Marine du conseil d'État jusqu'à sa mort en 1810. Il était membre de la marine française depuis 1752 : Fleurieu et la Marine de son temps, Economica, Paris, 1992. Sur le traité de 1800 (date officielle : 8 vendémiaire an IX) entre les USA et la France, ainsi que sur les autres points de cette étude, nous avons pu consulter, au Quai d'Orsay, la correspondance politique des diplomates relatives aux États-Unis : pour la période essentielle (1799-1815) : volumes 51 à 72 ; pour le traité lui-même : vol. 51-53. Et aux A.N.F., dans la série C13 52 : 284. Aux Archives Nationales : les séries AD, particulièrement : ADXV 40 : Traités de paix (1789-1815) ; ADXV 48 : Espagne (1789-1815) - États-Unis (1790-1839). Parmi les épisodes de la guerre de course, on peut encore faire mention de deux affaires sérieuses : celle de l'arraisonnement du navire américain Hope, le 7 avril 1797, par le corsaire francais Le Hardi : le navire fut ramené à Lorient et condamné pour transport de marchandises interdites ; les corsaires français agissaient en vertu d'un arrêté du Directoire du 2 mars de la même année, qui autorisait la visite à bord de tous les navires neutres rencontrés. Celle, enfin, au large des Antilles (île Nevis), le 9 février 1799, de la confrontation de la frégate américaine Constellation du capitaine Truxtun, vétéran solide de la guerre d'Indépendance, avec la frégate française l'Insurgente, démâtée par un coup de vent : cette première victoire navale américaine, obtenue en une heure, par une mer violente, coûta aux nôtres 29 tués et 41 blessés ; les Américains n'eurent à déplorer que 3 blessés. Un vaste programme d'organisation de la Navy américaine répondit à la fois, à partir de mai 1797 - (on créa en vue d'une guerre déclarée à la France le ministère de la Marine le 3 mai 1797 : le lancement de la première frégate de l'U.S.-Navy se fit le 10 mai, frégate United States. La même année furent lancées : la Constellation, la Constitution. L'USS Retaliation sera arraisonnée par les Français de l'Insurgente et de La Volontaire, aux Antilles, le 20 novembre 1798 ) - aux corsaires français puis, entre 1797 et 1802 aux felouques barbaresques : les efforts de commerce américain en Méditerranée étaient en effet contrariés par Alger et Tunis. Les États-Unis payaient tribut au bey de Tunis depuis le 28 août 1797. Ceci suivait les accords du même ordre avec Tripoli (1796), Alger (1795) et le royaume marocain (1787). Mais cela ne sera réglé qu'au prix d'une épreuve de force de vingt ans, qui ne s'achèvera qu'en juin 1815.
(4) Né à New York en 1746, mort à Clermont (État de New York) en 1813. Avocat de formation, il siégea au Congrès de Philadelphie et fut l'un des cinq rédacteurs de la déclaration d'Indépendance ; ministre des Affaires étrangères en 1780 - à l'époque où Barbé de Marbois, futur négociateur français de la question de Louisiane, devient chargé d'affaires de France aux États-Unis -, puis gouverneur de l'État de New York. Ambassadeur en France de 1801 à 1804, il devint à son retour aux USA un membre influent du Sénat fédéral. Il fut l'associé de Fulton qui, comme on sait, devait proposer sans succès à Bonaparte son sous-marin, comme arme offensive dans la Manche, contre les Anglais : le Nautilus effectua une plongée de plusieurs heures, mais fut repéré par les vigies anglaises. Le frère de Robert Livingston, Edward (1764-1836), secrétaire d'État, deviendra ambassadeur en France en 1832.
(5) C'est-à-dire : l'Alabama, l'Arkansas, le Colorado, les deux Dakotas, l'Illinois, l'Indiana, l'Iowa, le Kansas, le Kentucky, la Louisiane actuelle, naturellement, et le Minnesota, le Missouri, le Montana, le Nebraska, le Nouveau-Mexique, l'Oklahoma, le Tennessee, le Texas, le Wisconsin et le Wyoming. Cela représentait une superficie de 17 millions de kilomètres carrés. Pour l'actuelle Louisiane, sur un peu moins de quatre millions d'habitants, un million au moins est d'origine française.
(6) La France conservait au moment de la cession d'une partie de la Louisiane à l'Espagne quelques représentants officiels chargés de régler le sort de la colonie : M. d'Abbadie, commissaire général de la Marine qui exerce les fonctions de " Directeur de la Louisiane ", ses seconds sont le commandant des troupes françaises, le capitaine Aubry et l'ordonnateur Foucault. Aubry remplacera M. d'Abbadie, décédé, dans sa charge en février 1765. Toujours en poste en 1768, Aubry se plaindra de la situation de la colonie et de l'ambiguïté de sa position en de nombreuses occasions, ainsi il écrira au secrétaire d'État Praslin, le 20 janvier 1768 (ANF, C 13 A 48, fol. 8-11) : " Ma position est des plus extraordinaires, je commande pour le Roy de France, et en même temps je gouverne la colonie comme si elle appartenait au Roy d'Espagne ; un commandant français forme des Français à une soumission espagnole ; le gouverneur d'Espagne me prie continuellement de rendre des ordonnances touchant la police et le commerce qui surprennent tout le monde... ". Une telle situation finit par mécontenter les Français de Louisiane. À La Nouvelle-Orléans, une révolte populaire, soigneusement préparée, éclate, les 28 et 29 octobre 1768, sous les ordres du procureur de La Frenière, de quelques administrateurs et vieux officiers et surtout du gendre du procureur : Jean Noyan, venu d'Acadie, avec une poignée de fidèles. 900 manifestants mettent en fuite les Espagnols. Le gouverneur Ulloa se repliera sur Cuba. Après avoir expédié une députation en France, les révoltés de Louisiane, sans être désavoués officiellement par le roi de France, ne seront cependant pas soutenus. Le général O'Reilly, d'origine irlandaise, arrivera d'Espagne à la fin d'août 1769, avec un contingent de 3 000 hommes. Pour pouvoir débarquer, il promettra le pardon aux insurgés ; mais aussitôt, il fera arrêter douze habitants, dont La Frenière et Noyan qui seront fusillés avec trois autres chefs. Seront sommairement prononcées : une peine de prison à vie, deux à dix ans, et trois à six ans. Le douzième habitant emprisonné, mourra des suites des blessures reçues au cours de son arrestation. L'ordonnateur Foucault, jugé responsable par Aubry, sera un temps renvoyé en France puis embastillé avant de poursuivre sa carrière aux Mascareignes.
(7) L'abbé Garnier (cf. référence de l'ouvrage en note 23) cite, en particulier, un rapport espagnol conservé à Washington : " ... L'administration de la Louisiane coûtait annuellement cinq cent trente-sept mille piastres ", et elle ne rapportait, grâce à la Douane, que " cent mille piastres ". Elle n'expédiait : " qu'un médiocre coton, peu de peaux, de l'indigo et du tabac ". Les Américains avaient obtenu le droit de transporter des marchandises par La Nouvelle-Orléans sans payer aucune taxe à l'Espagne. C'était une clause du Traité de San Lorenzo, signé à l'Escorial, par Thomas Pinckford, ambassadeur des États-Unis à Londres, le 27 octobre 1795. La frontière hispano-américaine était fixée, pour la Louisiane, au 31° de latitude nord, soit à l'est du Mississippi, actuelle frontière nord de l'État de Louisiane. À la même époque, le 19 août 1795, M. Randolph, General Attorney, remplaçant de Jay, avait été poussé à la démission : on le jugeait trop francophile. Le Traité de San Lorenzo sera rompu par l'Espagne le 16 octobre 1802. La Nouvelle-Orléans sera alors interdite aux Américains, jusqu'au 19 avril 1803. Il s'en suivra une crise assez sérieuse, qui donne un prix supplémentaire à la cession par la France de la Louisiane.
(8) Aux négociations de Bâle, l'Espagne avait eu, via notre ministre des Affaires étrangères, Barthélemy, le choix de nous rendre la Louisiane ou de nous céder sa partie de Saint-Domingue. Elle nous donnera Saint-Domingue ; là aussi, le sort de ces deux morceaux de notre Amérique fut lié. Comme il l'avait toujours été !
(9) Ce surnom de Louverture venait, disait-on parmi ses contemporains de ce que cet homme, que l'on pensait petit-fils d'un roi du Dahomey, " faisait ouverture " sur son passage.
(10) C'est en protestant contre une nouvelle politique menaçante des républicains de la Métropole (il était question d'un strict rétablissement du système colonial et de l'esclavage par le Directoire, en 1797 - lequel envisageait l'envoi d'un corps expéditionnaire, et venait de rayer des cadres militaires les officiers de couleur), que Toussaint Louverture radicalisa sans doute ses positions.
(11) Il retournera à Saint-Domingue avec le général Leclerc ; enfermé ensuite au fort de Joux, en même temps que Toussaint Louverture qui y mourra, il s'en évadera, prendra un temps le pouvoir dans son île, avant d'être à son tour renversé et de se laisser finalement mourir de faim.
(12) Une autre expédition, visant la Guadeloupe, elle aussi agitée, fut aussi organisée dans le même temps et conduite par Antoine Richepanse.
(13) Bernard Petit a évoqué son sort après son arrestation, nous prions les lecteurs de la présente étude de se reporter utilement à sa notule (Souvenir Napoléonien, n° 436, page 71). Ceux qui souhaiteraient mieux saisir cette étonnante figure peuvent lire la biographie publiée par Pierre Pluchon : Toussaint Louverture, Fayard, Paris, 1989, 650 pages. Achevons notre portrait de Toussaint Louverture en lui laissant le dernier mot : " En me renversant, on n'a abattu à Saint-Domingue que le tronc de l'arbre de la liberté des nègres, il repoussera par les racines, parce qu'elles sont profondes et nombreuses " (propos tenus par Toussaint au général divisionnaire français Jean Savary, au moment de l'embarquement du futur captif de Joux sur la frégate la Créole).
(14) Est-il un ancêtre de Stephen Pichon, qui dirigera énergiquement la défense des Légations de Pékin pendant la révolte des Boxers en 1900 et sera, quelques années plus tard, ministre des Affaires étrangères ? Ce serait un bel exemple de dynastie diplomatique : toujours est-il que Louis-André, baron Pichon (1771-1854) entra dans la carrière sous la Révolution ; second secrétaire de légation aux États-Unis en 1793, il fut rappelé dans les services du Ministère en 1796 ; le 13 ventôse an VIII, il fut nommé secrétaire de la commission chargée des négociations de paix entre la France et les USA ; de nouveau en poste aux États-Unis du 7 mars 1801 au 15 septembre 1804 : il fut rappelé et destitué pour avoir tenu des propos peu favorables à l'Empire ou bien peut-être à cause de malversations commises dans ses fonctions (Archives du Quai d'Orsay : Organisation du ministère des Affaires Étrangères (vol. 9 et 10) et Finances (vol. 18) ; Correspondance politique : États-Unis : vol. 53-56). Il s'attachera à Jérôme, roi de Westphalie, et le servira de 1807 à 1812. Rallié à Louis XVIII, il sera maître des Requêtes au conseil d'État (1814), commissaire général de l'administration de Guadeloupe et de Martinique (1817) ; enfin, secrétaire général au ministère de la Justice (1819), conseiller d'État (1820) ; et pour finir, baron héréditaire à l'avènement de Charles X, négociateur du règlement des différends avec Haïti (1830). Il fut enfin l'un des premiers intendants civils de l'Algérie (de janvier à mai 1832, se heurtant à l'ancien " séide de Napoléon ", Savary, duc de Rovigo) et conservera sous Louis-Philippe son poste au conseil d'État.
(15) Pierre Salinger, ancien conseiller du Président Kennedy, dans son ouvrage La France et le Nouveau-Monde (cf. référence en note n° 23), page 227, donne les noms des délégués américains et de leurs interlocuteurs français. Ces derniers, par qui le scandale arriva, le 18 octobre 1797, furent : Beaumarchais, Jean Hottinguer, Lucien Hauteval (deux Suisses) et Bellamy, banquier américain établi à Hambourg. S'y ajoute une femme, proche de Talleyrand, Madame de Villette qui conseilla de prime abord le versement des pots de vin. La réponse américaine, faite par Charles Pinckney qui avait été le malheureux successeur de Monroe, récusé par la France en 1796, est savoureuse : " Des millions pour la défense, Messieurs, mais pas un penny de tribut. Non ! Pas un sou... ". Les représentants français demandèrent dix millions de dollars d'emprunt en préalable à toute négociation. On y ajoutait l'exigence d'une somme de 250 000 dollars pour Talleyrand. Le président John Adams, pour contrer les derniers éléments francophones (dont Jefferson) du Congrès, rendit le scandale public le 3 avril 1798. Selon sa femme, Abigaïl, les " Jacobins du Sénat et de la Chambre en furent eux-mêmes écoeurés... ". Dès juin et juillet, suivirent en réaction des lois restrictives quant aux étrangers et de dispositions " anti subversives " : loi contre tout citoyen américain coupable d'entraver le pouvoir fédéral ou d'attaques et de publications contre le président, le Gouvernement ou le Congrès ; une loi de nationalisation portant à quatorze ans de résidence (et non plus cinq) la période permettant l'obtention de la citoyenneté américaine ; deux lois sur la déportation des étrangers, susceptibles de sédition ou ressortissants d'un pays en guerre avec les États-Unis. La loi sur la résidence sera ramenée à cinq ans en 1802.
(16) Signalons à nos lecteurs qu'un colloque international du bicentenaire de la Paix d'Amiens a eu lieu, le 9 mars 2002, à Amiens, Place Dewailly, salle Dewailly. Le colloque fut organisé par la Société des Antiquaires et le Musée de Picardie, et par le Centre d'Études Napoléoniennes présidé par le professeur Fernand-Émile Beaucour (voir p. 79).
(17) Il fut aussi un ancien Intendant de Saint-Domingue de 1785 à 1790 : sa politique de réforme fut approuvée par le roi Louis XVI ; appelé à la Direction du Trésor par Bonaparte, puis à la Cour des Comptes, il se ralliera aux Bourbons et, sous le ministère Richelieu, sera brièvement Garde des Sceaux, avant de retrouver jusqu'en 1834 la Cour des Comptes.
(18) Les États-Unis verseront à la France 60 millions, le restant devant couvrir la dette française concernant les indemnités dues à la suite des saisies maritimes commises entre 1794 et 1797 (soit les 20 millions restants). Les États-Unis se chargèrent avec un grand souci de régler fort honorablement ce point qui avait longtemps été une épine au flanc des deux nations. La tractation représentait donc grâce à Barbé de Marbois 15 millions de dollars de l'époque.
(19) Selon un mémoire non daté, vers 1800, dû à Goupilleau de Fontenay (A.N.F. 13 b 1) la population française (essentiellement venue de l'ouest de la France et acadienne) se montait à près de vingt mille " Blancs " : " Le gouverneur espagnol, qui a senti tout le prix de cette colonie de braves gens, formant rempart au Mexique contre la Nouvelle Angleterre, a cherché à se les attacher (...) ". Il poursuit : " La colonie est encore régie par (...) la coutume de Paris et tous les emplois, exceptés ceux de Gouverneur, d'Intendant et de Premier-Juge, sont exercés par des habitants du pays ". Ce chiffre est peut-être sous estimé : quelques années plus tôt des rapports espagnols fixaient la population acadienne et française à plus de 32 000 habitants. Pour ce qui concerne le traité de 1803, il faut, quant aux populations ajouter la précision qui suit : dans l'attente de la formation d'un État, les habitants devaient être protégés dans leurs biens et leurs cultes : d'où les efforts du préfet de Laussat, auprès de l'Espagne, pour le recouvrement des fonds des Ursulines par exemple, jusqu'à son départ au printemps 1804. (Sur ce point : Quai d'Orsay, A.N.F. et pour la question religieuse spécifiquement : abbé Garnier, opus cit.).
(20) L'abbé Garnier qui cite également ce document que nous avons pu consulter, ajoute qu'au même moment, Laussat préparait activement à cette date l'expédition Victor (un premier corps de 3 000 hommes, puis une seconde vague de sept mille, et une flotte importante de douze navires : voilà l'effectif prévu pour cette " Opération Louisiane " ; ces troupes seraient appuyées ensuite par celles de Saint-Domingue) laquelle n'aura pas lieu, mais est méditée depuis le courant de 1801 et préparée effectivement dans l'été 1802 -, ce qui est exact et confirmé par de nombreux documents. Les craintes américaines, exprimées ainsi au printemps 1803, avant l'accord final franco-américain, n'étaient pas infondées. La réponse de Laussat était pertinente : on peut voir dans cet entretien un ensemble de hantises américaines qui seront confirmées plus d'un demi-siècle plus tard, par la Guerre de Sécession et les Guerres indiennes...
(21) Le cas d'Aaron Burr, ancien vice-président de la République américaine est, dans ce domaine, significatif : entre juillet et septembre 1805, il se rendit secrètement le long du Mississippi, et particulièrement à La Nouvelle-Orléans ; on pensa alors qu'il pouvait devenir gouverneur du Territoire d'Orléans. Son but semble avoir été bien différent : son ami le général James Wilkinson (qui après la guerre d'Indépendance avait tenté d'y créer un État indépendant dans le Sud-Ouest), gouverneur du Territoire de Louisiane, révélera en 1806 un complot organisé par Burr pour renverser le gouvernement fédéral, en reprenant le projet d'État indépendant du Sud-Ouest, avec La Nouvelle-Orléans pour capitale, puis pour envahir le Mexique. Les historiens sont encore partagés sur la véracité des accusations de Wilkinson. Des procès s'ensuivirent, qui déchargèrent Burr de l'accusation de haute trahison, pour la troisième fois, en septembre 1807. Il est considéré comme avéré que Burr, avec l'aide d'un influent homme d'affaires irlandais, Harman Blennerhasset, a voulu mener dans ces territoires une entreprise d'annexion aux dépens de l'Espagne (dont le projet fut publiquement condamné par Jefferson) : il aurait rassemblé des hommes pour conquérir le Bastrop Grant, région frontalière de la Louisiane espagnole. Et, enfin, il aurait proposé à un officier de Marine, le commandement d'une expédition contre le Mexique. Burr demanda, en vain, des subsides anglais. C'est le seul fait absolument établi, dans cette ténébreuse affaire. On blâma publiquement Burr, mais les charges furent abandonnées.
(22) Il mit un jour la tête de Jean Laffite à prix ; celui-ci lui rendit la politesse dès le lendemain matin ! Laffite qui tenait une garnison à Galveston, en 1816, y accueillit un temps les proscrits bonapartistes du " Champ d'Asile " que mentionne Balzac, sur un ton ironique dans La Rabouilleuse. Le " Champ d'Asile " mériterait un article complet.
(23) Les lecteurs de la présente étude qui souhaitent creuser davantage les diverses questions qui y sont traitées peuvent, avec profit, se reporter aux ouvrages sélectionnés ici (pour Audubon, se reporter à la note n° 25) o Question de Louisiane : 1. Autour de Barbé - (ou de) Marbois : a) Deviosse, Jean : Barbé-Marbois, l'homme qui vendit la Louisiane, Olivier Orban, Paris, 1989. b) Barbé-Marbois, François : Histoire de la Louisiane et de la cession de cette colonie par la France aux États-Unis. Paris, Imprimerie Firmin-Didot, 1829. Avec les recoupements faits par le Père Garnier, la version de l'entretien de Saint-Cloud du 10 avril 1803 est celle-ci : " Je connais, dit Bonaparte, tout le prix de la Louisiane et j'ai voulu réparer la faute du législateur français qui l'abandonna (...) et je l'aie à peine recouvrée que je suis sur le point de la perdre. Mais si elle m'échappe, elle coûtera plus cher, un jour, à ceux qui me forceront à m'en séparer, qu'à ceux à qui je vais la remettre. Les Anglais ont vingt vaisseaux dans le Golfe du Mexique (...). Ils (...) intriguent à Saint-Domingue (...). La conquête de la Louisiane serait facile pour eux. Je n'ai pas un moment à perdre pour la mettre hors de leur atteinte. (...). Je songe à la céder aux États-Unis. (...). Mais je considère déjà la colonie comme perdue toute entière, et il me semble qu'entre les mains de cette puissance naissante, elle sera plus utile à la politique et même au commerce de la France ". Il demande les avis respectifs de Barbé de Marbois puis de Decrès. Barbé de Marbois dit clairement : " La guerre avec l'Angleterre est inévitable ; d'ailleurs, sans y employer leur flotte, les Anglais peuvent gagner la Louisiane par les Grands Lacs. La France n'a là-bas ni troupes, ni vaisseaux : une frontière non fortifiée de quatre cent lieues. Si les Anglais ne s'en saisissent pas, les Américains le feront. (...). (...) Vous ne faites que céder à la nécessité. (...) La Louisiane libre (...) offre plus de chances de profits que la Louisiane soumise au monopole. Des comptoirs sont aujourd'hui préférables aux colonies, et même, (...) laissez faire le commerce ". Decrès, interrogé ensuite, ne cache pas ses vues diamétralement différentes. Il voit aussi, d'une façon un peu courte, en la Louisiane une compensation possible et sûre à Saint-Domingue... Parmi les opposants à la cession se trouvent également Joseph et Lucien Bonaparte (il s'emportera vivement, dans le bureau de son frère, contre cette idée). Il est également un fait certain : les Américains n'auraient peut-être pas accepté le retour définitif de la Louisiane à la France, mais à coup sûr, comme Bonaparte, l'on pouvait avec raison penser que jamais les Anglais ne seraient mieux tolérés sur le Mississippi : ils avaient été chassés par les Américains de la rive gauche en 1783. De ce refus (et de l'agressivité britannique) naîtra le conflit de 1812-1814.
2. Sur les sources générales relatives à la Louisiane et aux relations franco-louisianaises : Menier M.-A., Taillemite Et. et Forges (de) G. : Inventaire de la correspondance à l'arrivée en provenance de la Louisiane (1675-1819. Séries C13). 2 volumes , Paris Archives Nationales de France, 1976 et 1983.
3. Autorités françaises en Louisiane sous Bonaparte, opérations diplomatiques pour la cession : a) Pastwa, Marie-Joséphine : Mémoirs of my life, by Pierre-Clément de Laussat (a translation), Louisiana State University Press (Bâton Rouge) and London, 1978 : consulté à Cambridge (G.-B.), à la Bibliothèque de l'Université, en 1995. Souci d'une justification précise et méthodique et mélancolie du séjour louisianais sont les deux principaux points forts de cet étonnant document. b) Garnier, abbé Michaël : Bonaparte et la Louisiane. S.P.M., coll. Kronos, 1992, Paris. Dans ce bel ouvrage sont reproduits des documents des fonds français, anglais, espagnols et surtout américains : pièces souvent données in extenso et essentielles ; il en ressort qu'au nom du libre commerce sur le Mississippi, qui était la clé du commerce intérieur et extérieur des USA, les représentants de la haute assemblée n'auraient jamais pu accepter la réalisation concrète d'un projet tel que l'expédition Victor. Parmi les réactions les plus significatives, en séance le 18 février 1803, celles, virulentes, du sénateur Ross, de Pennsylvanie, qui souhaitait la création d'un arsenal sur le fleuve, et de Samuel White, du Delaware, qui proposait d'envahir la Louisiane. Plus modérés furent les avis du sénateur Clinton, de New York, refusant que son pays veuille jouer le rôle d'une nation conquérante, et qu'il devienne " un nouveau Don Quichotte ", chargé de " relever les peuples dans la détresse, de les arracher aux crocs d'États Puissants "... et du sénateur Jackson, de Géorgie, qui estimait : " Le gentleman du Delaware nous a dit que Bonaparte est le héros de la France, le conquérant de l'Italie, le tyran de l'Allemagne, et que ses légions sont invincibles. On nous a dit de nous hâter de saisir la Louisiane, tant qu'elle était entre les mains d'Espagnols indolents, de ne pas attendre le César des temps modernes ; mais pour autant que je respecte cette gloire et l'exploit de cet homme extraordinaire, je crois que nous n'avons rien à craindre de lui. Bonaparte (...) dans notre Sud serait perdu, malgré tous ses talents martiaux. Ses pièces et les chevaux de son artillerie lui rendraient peu de services dans nos terrains marécageux. Il ne trouverait plus la campagne d'Italie, coupée de ruisseaux (sic !) que ses canons peuvent franchir à loisir et des villes fortifiées, mais des rivières larges de plusieurs lieues, des marais mortels, impénétrables à des Européens (sic !). Avec un corps de dix mille hommes recrutés parmi nos adroits fusiliers, ses lauriers seraient arrachés de son front et, du fond du coeur, il souhaiterait être encore dans les plaines d'Italie ". L'ouvrage du Père Garnier reproduit un fonds suffisant pour qui n'est pas chercheur et voudrait cependant une vue détaillée de la question de Louisiane.
4. Relations franco-américaines 1794-1815 : a) Poniatowski, Michel-Casimir, Prince : Talleyrand aux États-Unis (1794-1796). Librairie académique Perrin, Paris, 1977. b) Salinger, Pierre : La France et le Nouveau-Monde. Robert Laffont, Paris, 1976. c) Murat, Inès, Princesse : Napoléon et le rêve américain. Fayard, idem, 1976, 330 pages.
5. L'importance de la Louisiane et le territoire américain après la cession : a) Crété, Liliane : La vie quotidienne en Louisiane (1815-1830). Hachette, 1978. b) Foucrier, Annick : Lewis et Clark : la traversée d'un continent (1803-1806). Houdiard éditeur, 2000. Coll. " Biographies américaines ". o Question de Saint-Domingue : Outre la biographie de Toussaint Louverture déjà mentionnée : a) Mézière, Henri : Le général Leclerc (1772-1802) et l'expédition de Saint-Domingue. Tallandier, 1990. b) Guilmot A.-N.-J. et Dembowski L.-M. : Journal et voyage à Saint-Domingue (1802). Éditions Tesseidre, 1997, 178 pages.
(24) Le conflit ne s'acheva que par une " paix blanche " obtenue par le Traité de Gand du 24 décembre 1814. Ainsi fut terminée une guerre déclarée le 19 juin 1812. Mais la nouvelle de la Paix de Gand n'est pas connue aux États-Unis avant le 11 février 1815. De sorte qu'une bataille décisive sera effectivement gagnée par le général Andrew Jackson (1767-1845) et les boucaniers de Jean Laffite contre les troupes anglaises, qui attaquèrent vainement la Nouvelle-Orléans, le 8 janvier 1815. Le " Général " Dominique You (on trouve aussi Roux ou encore Laffite), bras droit de Laffite, peut-être son oncle ou l'un de ses frères, du reste, ancien sergent dans la Grande Armée sans doute, s'y montra vaillant au point que lorsqu'il mourut de nombreuses années plus tard, La Nouvelle-Orléans lui fit de superbes funérailles (on serait tenté d'user du refrain de Brassens en l'honneur de ce vieux flibustier : " Pas nationales, non, mais presque ! "). Huit mille Anglais sous les ordres du général Pakenham, beau-frère de Wellington, furent mis en échec par Jackson, qui regroupait autour de lui environ cinq mille hommes : soldats réguliers, civils volontaires, des Noirs du Bataillon des Hommes de couleur libres, et l'apport décisif des hommes de Laffite, de leurs munitions, venus au moment crucial de Barataria Bay. Pakenham et son second, le général Gibbs furent tués, et avec eux tombèrent plus de deux mille hommes, tués ou blessés. Les Américains déplorèrent quarante-cinq tués. Il est à noter, enfin, que les mesures d'organisation maritime prises contre la France, à partir de la crise de 1796, assurèrent de solides victoires américaines, parfois même humiliantes, contre la Royal Navy. Malheureux sur terre, jusqu'en 1813, les U.S.A., remportèrent ainsi des succès marquants et rapides dans la guerre navale. Toutefois, le 25 août 1814, les Américains devaient subir une épreuve de plus : l'incendie par 4000 soldats britanniques, sous le commandement du général Ross, de la capitale Washington.
(25) John James Audubon, né à Saint-Domingue est d'origine nantaise. Il fut l'un des élèves de David. Grand admirateur de Napoléon, comme son père ancien officier de marine, il n'eut cependant de cesse d'éviter la conscription en France et y échappa grâce à un passeport louisianais, faux et " pourvu d'un titre ronflant "... Fort attaché à la Louisiane, il y peignit sans doute le plus grand nombre de ses fabuleux Oiseaux d'Amérique (1827-1838). Il était fort lié avec certains membres de la famille Bonaparte. La bibliothèque municipale de Nantes conserve un important fonds au sujet d'Audubon. Sa consultation, en 1995, est l'origine lointaine de cet article. Ses passionnants Journaux et récits, réunis en deux volumes, ont été publiés par les soins de la bibliothèque et de la Librairie l'Atalante en 1992 sous la direction de M. Ben Forkner, qui fut longtemps professeur à l'Université de Louisiane. Sur Audubon, on pourra se reporter également à : Chatelin, Yvon : Audubon, peintre, naturaliste, aventurier. France-Empire, 2001, 464 pages. Et Gourdin, Henri : Audubon : un Buffon de génie. Éditions Dolmens, 338 pages. Ajoutons que M. Bernard Lugan a publié à la Librairie Académique Perrin, en 1999, une Histoire de la Louisiane française (1682-1804) à laquelle le lecteur soucieux d'approfondissements autant que de vues générales mais claires pourra se reporter. Et signalons enfin, sur Jean Laffite (1782- 1854), natif lui aussi de Saint-Domingue et qui est sans doute d'origine nantaise, et sur ses boucaniers, le beau roman de Jean-François Deniau, La Désirade. Quant à la période marxiste de la carrière mouvementée du flibustier, elle est étayée en particulier par l'ouvrage, en anglais, de Stanley Clisby Arthur : Jean Laffite, gentleman rover. New Orleans Press, 1952. La thèse de M. Arthur, le meilleur biographe de Laffite, s'appuie sur un échange multiple de correspondances qui n'émanent pas du seul Jean Laffite : on y trouve en particulier des prises de position d'Abraham Lincoln, sollicité, en tant que sénateur de l'Illinois, par son beau-frère, lié à Laffite. Il n'est pas impossible que Lincoln ait lu le manuscrit original ou bien les épreuves elles-mêmes du Manifeste du Communisme... Décidément, la Louisiane aura croisé le destin de nombre de Présidents américains de bien étrange façon ! Laffite, Audubon, Bonaparte : trois dimensions du rêve louisianais et caraïbe, différentes mais pas nécessairement contradictoires ! Les réfugiés français et créoles de Saint-Domingue, établis par milliers aux États-Unis depuis les troubles de 1791 et, par vagues successives, au moment de l'Indépendance proclamée par Dessalines étaient installés en Louisiane ainsi qu'à Philadelphie, où ils avaient pu rejoindre, essentiellement dans les pensions de famille de la Deuxième rue, sur les rives de la Delaware, les quelques trois mille émigrés qui, à partir essentiellement de décembre 1793, se regroupaient autour d'un journal en français, le Courrier de l'Amérique, qui existait depuis 1784.
(26) Indication donnée par notre ami Herbert. R. Brown (ancien haut magistrat à la Cour Suprême de l'État de l'Ohio), à Cambridge, en juillet 1995, qui ajouta : " Avant la Guerre de Sécession, les débats dans les Tribunaux de Louisiane se faisaient en français et en anglais. Et Edward Livingston avait rédigé son code avec deux juristes créoles ! ". Ce code concernait, en 1804, plus de cinquante mille Français de Louisiane. Parmi les Français installés en Amérique en perspective de profits à faire avec la France, en 1800, il faut signaler une famille appelée à un brillant avenir industriel : les Du Pont de Nemours, en particulier Eleuthère-Irénée, brillant chimiste disciple de Lavoisier, débarqué avec les siens à Rhode Island, puis installé en 1802 dans le Delaware, pour fabriquer de la poudre à canon avec un associé venu de Saint-Domingue...
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