Corbeille de mariage de Joséphine

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Au XVIIIe siècle, la tradition voulait qu’un époux offre à sa femme une corbeille de mariage. À l’occasion de son mariage avec le jeune général Bonaparte en mars 1796, la veuve Beauharnais trouve ainsi dans son trousseau cette corbeille destinée à conserver bijoux et autres atours féminins. Ce délicat panier recouvert d’étoffe est aussi appelé « sultan ».

L’élégante simplicité de l’objet et la qualité des matières utilisées sont à l’image de l’extrême raffinement de Joséphine. De forme ovale à six pans coupés, la corbeille est fermée par un couvercle surmonté d’une sphère en cuivre et sur lequel se dessinait jadis en fils d’argent la lettre J. Porté par un piédouche monté sur un socle rectangulaire, l’objet est entièrement recouvert de soie blanche, aujourd’hui jaunie par le temps, et orné d’un décor en fils d’argent de perles, de feuilles, d’encadrements d’oves et de cannelures. Deux anneaux en cuivre servent de anses. Conservée dans les collections de la famille impériale, la corbeille de mariage de Joséphine fut offerte par le prince et la princesse Napoléon au château de Malmaison en 1979.

Ce bel objet témoigne d’un mariage précipité, une union dictée tant par la raison que par la passion : les bans sont publiés moins de quatre mois après la première rencontre de Bonaparte et de Joséphine à l’automne 1795. Si le jeune général est fou amoureux de la belle créole, il trouve également dans cette union un moyen de s’attacher aux milieux influents du Directoire. Joséphine quant à elle, certes moins éprise, voit dans l’avenir prometteur de Bonaparte un appui nécessaire à sa position précaire et un soutien pour l’éducation de ses deux enfants, Eugène et Hortense. La cérémonie, truffée d’irrégularités, se déroule très simplement le 19 ventôse an IV (9 mars 1796) dans la salle des mariages de l’ancienne mairie du IIe arrondissement de Paris, sise dans l’Hôtel de Mondragon. Quant à la cérémonie religieuse, il faudra attendre la veille du Sacre, en décembre 1804, pour que le cardinal Fesch unisse les deux époux dans la chapelle des Tuileries.

Karine Huguenaud, avril 2003

Date :
1796
Technique :
Soie, argent, cuivre, papier maché
Dimensions :
H = 0,44 m, L = 0,54 m, P = 0,30 m
Lieux de conservation :
Rueil-Malmaison, musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau
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