L’arrivée de Marie-Louise à Compiègne

Artiste(s) : ISABEY Jean-Baptiste
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© Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier

Cumulant les charges au fil des années, Isabey fut tour à tour peintre dessinateur du Cabinet de Sa Majesté, des cérémonies et des relations extérieures, ordonnateur des réjouissances publiques et des fêtes particulières aux Tuileries, dessinateur du Sceau et des Titres, premier peintre de la chambre de l’impératrice Joséphine, décorateur des Théâtres impériaux et professeur de dessin de l’impératrice Marie-Louise, fonction où il succéda à Prud’hon. Sa nature aimable le fit vite apprécier de la nouvelle épouse de Napoléon, lui, le proche de Joséphine, qui avait tant craint pour sa position après le divorce.

Accaparé par ses fonctions et par la production des portraits miniatures de Napoléon essentiellement destinés aux présents diplomatiques, Isabey a exécuté sous l’Empire quelques grands dessins à la sépia dont certains furent exposés aux Salons : La visite du Premier Consul à la manufacture des frères Sévène à Rouen en 1804 et La visite de l’Empereur à la manufacture d’Oberkampf, à Jouy en 1806.
De dimension plus modeste, L’arrivée de Marie-Louise à Compiègne met en scène de façon protocolaire une rencontre qui le fut bien peu. C’est à Soissons, le 27 mars 1810, au cours d’une réception organisée par la municipalité que devaient avoir lieu les présentations de la fille de l’Empereur d’Autriche et de l’Empereur des Français. Cédant à son impatience, ce dernier se précipita au devant de la future impératrice sur la route de Soissons, bondit dans son carrosse à l’occasion d’un relais, expédia la cérémonie municipale et, arrivé au château de Compiègne où la Cour attendait fébrilement le couple, se contenta d’une rapide présentation à la famille avant de disparaître avec Marie-Louise dans ses appartements.

Isabey peignit la nouvelle impératrice à plusieurs reprises. Au Salon de 1810 sont exposés deux portraits à l’aquarelle de Marie-Louise et de Napoléon en costume de mariage envoyés par la suite à François Ier d’Autriche (Schatzkammer, Kunsthistorisches Museum,Vienne). En 1811, la naissance du roi de Rome, lui donne l’occasion de commémorer la scène de remise de l’enfant entre l’Empereur et la nouvelle mère. Il fournit bien sûr des miniatures et donne en 1812 un portrait de Marie-Louise couronnée de roses, caractéristique de la manière vaporeuse et flatteuse qui séduisit tant de modèles féminins à la fin de l’Empire et sous la Restauration.

Karine Huguenaud, février 2005

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