Arc de Triomphe du Carrousel – Paris

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S'inscrivant dans la grande tradition des arcs antiques, l'arc de Triomphe du Carrousel fut érigé par Percier et Fontaine de 1806 à 1808 en commémoration des victoires napoléoniennes de 1805. Conçu à l'origine comme monumentale porte d'entrée du Palais des Tuileries, l'arc du Carrousel conserva heureusement son harmonie suite à la destruction de ce dernier en 1871. Bien au contraire, il s'ouvrit sur une exceptionnelle perspective en direction des Champs-Elysées et de l'arc de triomphe de l'Etoile. 

Directement inspiré dans ses proportions de l'arc de Septime Sévère à Rome, l'arc du Carrousel réutilise volontairement un vocabulaire décoratif antique : colonnes corinthiennes de marbre blanc et rouge, bas-reliefs retraçant les épisodes majeurs de la campagne et quadrige (char de quatre chevaux) à son sommet. A chacune des huit colonnes correspond une statue différente d'un soldat de la Grande Armée : un cuirassier (par Taunay), un dragon (par Corbet), un grenadier à cheval (par Chinard), un chasseur de cavalerie (par Faucou), un grenadier (par Dardel), un canonnier (par Bridan), un carabinier (par Mouton) et un sapeur (par Dumont, qui aurait pris comme modèle Mariole, un soldat connu pour sa force, à l'origine de la célèbre expression « faire le mariole » !). Cette série de statues est intéressante par la vérité des attitudes et la précision des uniformes à une époque où seules prévalaient la nudité et l'idéalisation à l'antique.  
 
Les bas-reliefs narrent les événements suivants : face au Louvre, La Capitulation d'Ulm par Cartellier et La Bataille d'Austerlitz par Esparcieux ; côté rue de Rivoli, L'Entrée à Munich et Napoléon ramenant le roi de bavière par Clodion ; face au jardin des Tuileries, L'Entrée à Vienne par Deseine et L'Entrevue des deux empereurs par Ramey ; côté Seine La Paix de Presbourg par Lesueur. 
A l'origine, le célèbre groupe de bronze des Chevaux de Saint-Marc enlevé à la basilique de Venise surmontait le monument. Remplacé par des copies après sa restitution en 1815, il fut complété par une allégorie de la Restauration encadrée de deux Victoires, oeuvre de Bosio.

Karine Huguenaud



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