<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
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Du néoclassicisme à l’éclectisme, des prémices du romantisme à celles de l’impressionnisme, l’art des périodes napoléoniennes est multiple et continue de fasciner chercheurs, collectionneurs et simples amateurs. Amoureux des beaux-arts ou fin connaisseur des arts décoratifs, venez ici partager votre passion.

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La princesse Mathilde, buste par Carpeaux


   

Auteur :
CARPEAUX Jean-Baptiste (1827-1875)

Date :
1862

Technique :
marbre

Dimensions :
H. 95, 3 cm; L. 70, 4 cm; P. 43, 7 cm

Lieu de conservation :
Paris, musée d'Orsay

Crédits :
RMN

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C'est dans la Ville éternelle où, fort de son Prix de Rome obtenu en 1856 Carpeaux poursuivait son cursus académique, que le succès vint à la rencontre de l'artiste. Son envoi au Salon de 1859 du Pêcheur à la coquille, un charmant petit Napolitain, bien que sévèrement critiqué à cause du sujet jugé trop peu élevé, séduisit le public parisien. Puis, c'est le groupe d'Ugolin, chef-d'oeuvre aux accents michelangelesques, qui fit l'admiration de la communauté française à Rome, parmi lesquels Alexandre Dumas fils, qui restera un ami fidèle, ou le futur surintendant des Beaux-Arts, le comte de Nieuwerkerke, qui vint le féliciter en personne en 1861.
 
A son retour à Paris en février 1862, Carpeaux se mit à fréquenter le salon de la princesse Mathilde, présenté par ses amis de Rome, le marquis de Piennes, chambellan de la Cour et grand écuyer de l'Impératrice, et la marquise de La Valette, épouse de l'ambassadeur de France auprès du Saint-Siège. Le buste qu'il exécuta alors de la cousine de l'Empereur, dont le marbre fut exposé au Salon de 1863, consacra sa notoriété et fit de lui un familier de la Cour.
 
Le buste de Mathilde s'inscrit dans la tradition du grand portrait d'apparat à la française. Cette oeuvre ample et puissante mêle les attributs de la souveraineté impériale - les abeilles qui ornent la robe, le drapé majestueux du manteau d'hermine, le diadème à l'aigle ou le collier de perles, présent de Napoléon Ier à la mère de la princesse - à une observation très sensible du modèle. Une sensibilité qu'une seconde version, dépouillée de tous les emblèmes du pouvoir et destinée aux familiers de la princesse, notamment Sainte Beuve, révèle plus finement.
 
S'il fut un artiste officiel sous le Second Empire, Carpeaux n'en reste pas moins un créateur de génie qui sut conjuguer des influences classiques et baroques aux passions des grands romantiques du XIXe siècle. Le magnifique portrait de Mathilde s'affirme par cette somptuosité héritée des grands maîtres du passé, une somptuosité que n'atteindront pas les autres portraits de la famille impériale, le tendre groupe du Prince et de son chien Néro en 1866 ou le buste poignant de Napoléon III achevé après la mort du souverain en 1873. Quant aux effigies de l'impératrice Eugénie, elles resteront à l'état d'esquisses.
 
Karine Huguenaud

Re-découvrez l'oeuvre peinte de Carpeaux avec un Bal aux Tuileries.

 
   
 

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