<i>Napoleonica La Revue</i>, revue internationale d'histoire des Premier et Second Empires napoléoniens, articles, bibliographies, documents, comptes rendus de livres, en français et en anglais : n° 19, juin 2014
IN ENGLISH

Du néoclassicisme à l’éclectisme, des prémices du romantisme à celles de l’impressionnisme, l’art des périodes napoléoniennes est multiple et continue de fasciner chercheurs, collectionneurs et simples amateurs. Amoureux des beaux-arts ou fin connaisseur des arts décoratifs, venez ici partager votre passion.

Enrichissements récents

Musées Chateaux et demeures : Le musée des Lettres et Manuscrits (Bruxelles)
Presse et publications : On en parle
Agenda : Théâtres romantiques à Paris
anglegauche angledroit
Le tableau des mois précédents - Le Sacre ou le Couronnement
   

LE TABLEAU DES MOIS PRECEDENTS

Chef-d'œuvre célèbre ou toile de petit maître méconnu, retrouvez ou découvrez chaque mois un nouveau tableau.

Pour tout renseignement, contactez-nous.

   

 Retour page d’Accueil

 Retour page de Section

 Pour voir les autres fiches

 

 

 

 

 Imprimer

Ajouter à votre sélection

 

Le Sacre ou le Couronnement

© Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier<br>

© Fondation Napoléon - Patrice Maurin-Berthier

   

Auteur
DAVID Jacques Louis (1748-1825)

Date
1805

Technique
plume, encre noire, lavis gris

Dimensions
H. 25,8 cm; L. 40,5 cm

Lieu de conservation
Paris, Fondation Napoléon

Commentaires

Commandé par Napoléon, sans destination précise, dès octobre 1804, Le Sacre de Napoléon (musée du Louvre) devait illustrer la cérémonie du 2 décembre suivant à Notre-Dame. Des trois autres tableaux prévus, un seul, La Distribution des Aigles, sera réalisé (Versailles).
David, le peintre de La Mort de Marat, que la réaction thermidorienne avait jeté en prison, était revenu aux sujets antiques avec Les Sabines, quand il trouva en Bonaparte le héros moderne que la peinture attendait. Après un portrait inachevé (1797-1798, Louvre) et une évocation équestre du passage du Saint-Bernard (1800, Malmaison), Le Sacre ouvrait une voie nouvelle pour l'artiste, qui trouva dans ce sujet « plus de ressources pour la peinture » qu'il ne s'y attendait. Il était d'ailleurs stimulé par le succès de son élève Gros, dont le Napoléon visitant les pestiférés de Jaffa, sujet contemporain haut en couleurs, triomphait au Salon de 1804.
« Peinture-portrait », comme il le nommait, Le Sacre fut exécuté avec l'assistance de Georges Rouget sur une vaste toile de 6,21 m. sur 9,79, plus grande croyait-il (à tort) que Les Noces de Cana de Véronèse. Commencé le 21 décembre 1805, dans un atelier installé dans l'église de l'ancien collège de Cluny, place de la Sorbonne, il fut achevé en novembre 1807 et retouché au début de 1808. Exposé seul au Louvre, puis au Salon de 1808, il fut montré encore en 1810 pour le Concours décennal, mais le remariage de l'Empereur cette année-là rendait impossible son installation dans un palais : le tableau le plus célèbre de l'Empire n'aura été vu par le public que pendant six mois au plus…

Signé et daté 1805, ce dessin capital est le plus abouti des trois connus offrant la composition entière, qui tous montrent encore l'empereur se couronnant lui-même. Le peintre tenait à ce geste hardi, d'ailleurs conforme à la réalité, mais qui donnait de Napoléon une image arrogante et provocatrice : Gérard, portraitiste bien en cour, lui suggéra de modifier sa figure et de montrer l'Empereur couronnant son épouse, ce que David fit sur la toile même. Napoléon, qui vit là « une petite intrigue de Joséphine avec David », devait féliciter le peintre d'avoir fait de lui un « chevalier français. »  De César, il devenait Bayard…
Ici, on  ne voit pas Madame Mère, notoirement absente le jour du sacre, qu'elle désapprouvait : Napoléon exigera qu'elle soit représentée. Le pape, mitre en tête, bénit : David renonça ensuite à ce geste, que Napoléon lui fit rétablir en janvier 1808. C'est à ce stade que la composition fit l'objet d'une esquisse peinte sur panneau, récemment détectée sous le Portrait de Pie VII et du cardinal Caprara du musée de Philadelphie.
 
Sylvain Laveissière 
Conservateur en chef du département des Peintures au Louvre

 
Ce tableau était présenté à l'exposition du musée de l'Armée, Napoléon et l'Europe, du 27 mars au 14 juillet 2013.

   
   

 

Voir les tableaux des mois précédents :

 OK

Haut de page

 

 

Lettre d'info | Mon Napoleon.org | Plan du site | Contacts | Mettre dans vos favoris | Mentions légales | ISSN 2272-1800