Le Canada et Napoléon

Auteur(s) : PAGÉ Sylvain
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En septembre 1805, un navire battant pavillon américain en provenance de New York vient mouiller dans le port de Bordeaux après une longue traversée de l’Atlantique. À son bord se trouve un homme âgé, malade, chargé d’une lettre qu’il doit, si possible, remettre en main propre à un ministre de l’Empereur.
Cette lettre est en fait une pétition adressée par une petite communauté de Canadiens à Napoléon Ier, Empereur des Français, le suppliant de tout entreprendre pour que le peuple du Canada puisse retourner sous l’Empire de la France et porter de nouveau le nom glorieux de Français. Parti de la région de Montréal au printemps en compagnie de son fils, on sait que cet homme, Jean-Baptiste Noreau, a gagné New York et que, de là, il s’est embarqué seul pour la France. Une fois arrivé sur le vieux continent, trop mal en point pour continuer son périple vers Paris, Noreau s’est installé à l’hospice de Bordeaux d’où, le 19 septembre, il a écrit à l’Empereur, offrant de se rendre à Paris lui faire un exposé sur la situation de l’État de Québec (1). À cette lettre, il adjoignit la pétition dont il était le porteur.
Napoléon a-t-il jamais lu cette lettre ? C’est peu probable. Noreau Père attendra en vain une réponse. D’ailleurs, on perd sa trace peu après. Seul vestige de son passage en France et des espoirs qu’il portait, sa missive se retrouve bientôt dans un carton qui ira dormir sur les tablettes des archives du ministère des Affaires étrangères.

Carte de Montréal vers 1800, auteur et origine inconnus

Une colonie au statut particulier : le Canada au sein de l’empire britannique

À la fin de la guerre de Sept ans, la France subit les dictats de l’Angleterre victorieuse : forcé de choisir entre ses possessions de Saint-Domingue et celles de la Nouvelle-France, Louis XV opte pour la canne à sucre plutôt que pour les fourrures. Conquise en 1760 par les troupes anglaises, cédée par le traité de Paris en 1763, la Nouvelle-France prend officiellement le nom d’Amérique du Nord britannique en 1791. Scindée, la même année, en deux territoires (le Haut-Canada et le Bas-Canada), cette vaste étendue de terre est désormais colonie anglaise. Le Haut-Canada (2) est faiblement peuplé par des « loyalistes », fidèles sujets du roi d’Angleterre ayant fui la révolution américaine. Le Bas-Canada (3), lui, constitue un territoire au statut particulier : sa population d’environ 200 000 âmes en 1800 est francophone à 90%, le système juridique administrant son territoire demeure français, et la religion catholique y est tolérée, une première dans le système colonial britannique.
En 1763, la Nouvelle-France assiste impuissante à l’exode de sa noblesse qui rentre en France selon les termes proposés par le traité de Paris. Resteront sur place quelques commerçants, avocats et notaires qui deviendront bientôt la nouvelle élite de cette population francophone encore méfiante face au nouveau maître anglais. Il faut dire que le spectacle des fermes brûlées par l’envahisseur en 1760 a laissé des marques. Pourtant, profitant du vacuum créé par le départ des nobles, la nouvelle classe dirigeante, bientôt accompagnée du clergé catholique, saura tirer son épingle du nouveau jeu politique imposé par le régime colonial britannique: majoritaires, les francophones utiliseront le parlementarisme anglais pour s’imposer, à la minorité commerçante anglaise qui dirige maintenant la colonie. Société fortement hiérarchisée, la population canadienne-française suivra ses nouveaux maîtres notables avec autant de dévouement qu’elle suivait les seigneurs et nobles avant la conquête.
À l’époque du Consulat et de l’Empire, la vaste majorité des habitants du Bas-Canada est donc de souche francophone et vit principalement de la terre. » Regroupés autour des clochés paroissiaux et encadrés par la seigneurie, où l’espace ne manquait pas, ces noyaux de population étaient isolés les uns des autres et entretenaient peu de contacts avec le monde extérieur » (4). Certes, les habitants de Québec, Trois-Rivières et Montréal, villes portuaires au trafic croissant durant toute la période, sont un peu mieux informés que leurs homologues de la campagne mais encore là, les habitants du Canada se sentent plus des témoins éloignés que des parties impliquées dans les événements qui secouent l’Europe. À titre d’exemple, la défaite française d’Aboukir le 1er août 1798 ne sera connue à Québec que le 8 novembre suivant. Les nouvelles circulent parfois plus rapidement en provenance des États-Unis que par la voie plus traditionnelle du fleuve Saint-Laurent mais il y a quand même un décalage qui fait qu’il est difficile de départager les rumeurs et spéculations des faits avérés, autre facteur qui contribue au sentiment d’éloignement des Canadiens (5). Notons enfin qu’il existe un fort sentiment d’appartenance chez les habitants vivant à toute fin pratique en autarcie, dans un climat peu hospitalier. Même lorsque la colonie portait le nom de Nouvelle-France, ses habitants se désignaient eux-mêmes sous le vocable de  » Canadiens  » plutôt que de « Français ». Sous le nouveau régime colonial, on distinguera les Canadiens des Britanniques par les noms de nouveaux et d’anciens sujets.
Au moment où Bonaparte accède au pouvoir, le Bas-Canada est une colonie britannique au visage francophone et agricole, en retrait des affrontements qui marquent l’Europe.

Velléité de reconquête : la France révolutionnaire et le Canada

Le conflit entre la France révolutionnaire et l’Angleterre a tôt fait de soulever dans la nouvelle République la question des anciennes possessions françaises du Canada. En effet, dès 1793, et jusqu’au Consulat, les ministères de la Guerre et des Relations extérieures reçoivent des plans d’invasion du Canada soumis par des citoyens qui semblent autant soucieux de gloire et de fortune personnelle que d’assurer à la France un nouvel avenir en Amérique. La majeure partie de ces projets propose de frapper à l’automne, par la voie du fleuve Saint-Laurent, au moment où les derniers convois anglais quittent le Canada (6) et où la colonie ne peut recevoir de renforts de Londres puisque l’hiver interdit toute navigation pendant presque six mois. Selon nombre de ces plans, un corps de dix mille hommes, agissant avec célérité et audace, suffirait amplement à reconquérir l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, puis de là, à progresser par bonds le long du Saint-Laurent jusqu’à Québec et Montréal.
Mais de tels plans sont loin de susciter un enthousiasme débridé chez les dirigeants de la République. En réalité, on ne voit que trois initiatives plus ou moins sérieuses menées en ce sens. La première a lieu en 1793, au moment où la France envoie Edmond-Charles Genet comme nouveau représentant de la Révolution auprès des États-Unis. Une fois sur place, celui-ci demande aux consuls de France à New-York et Boston de recueillir des renseignements sur l’état d’esprit des Canadiens et la situation dans cette colonie. Convaincu que les Canadiens sont mal disposés envers les Anglais, Genet entreprend bientôt une campagne de subversion afin de provoquer un soulèvement populaire. Il confie alors à un jeune Canadien de vingt ans, Henri Mézière, le texte d’une adresse des Français libres à leur frères du Canada qui doit exciter le ferment révolutionnaire des habitants francophones de la région du Saint-Laurent. Mézière passe la frontière avec 350 copies de l’adresse dans ses sacoches. Une fois à Montréal, il en distribue des exemplaires à quelques amis, chargeant ces derniers de les faire circuler. Ce texte de 8 pages (7) lance l’appel suivant aux Canadiens : « Imitez les exemples des peuples de l’Amérique et de la France. Rompez donc avec un gouvernement qui dégénère de jour en jour et qui est devenu le plus cruel ennemi de la liberté des peuples. Partout on retrouve des traces du despotisme, de l’avidité, des cruautés du roi d’Angleterre. Il est temps de renverser un trône où s’est trop longtemps assise l’hypocrisie et l’imposture. Ne craignez rien de George III, de ses soldats en trop petit nombre pour s’opposer avec succès à votre valeur. Le moment est favorable et l’insurrection est pour vous le plus saint des devoirs. Rappelez-vous qu’étant nés Français, vous serez toujours enviés, persécutés par les rois anglais, et que ce titre sera plus que jamais aujourd’hui un motif d’exclusion de tous les emplois » (8). Par peur de la délation et parce que les amis de Mézière ne croient pas que l’esprit populaire se porte vers de tels gestes, le texte ne sera jamais même distribué. Il parviendra tout de même aux autorités britanniques à Montréal et Mézière, dont la tête est mise à prix, va bientôt se réfugier aux États-Unis.
Qu’à cela ne tienne, Genet n’abandonne pas ses visées quant au Canada. Toujours en 1793, la flotte mutine de Saint-Domingue vient mouiller dans la baie de Chesapeake, au sud de Washington. Genet voit là l’instrument qui lui permet de porter un coup direct au Canada. Le 4 octobre, il donne l’ordre à l’amiral Sercey, qui commande cette flotte, de foncer au nord. Le plan de Genet est simple : reprendre Saint-Pierre et Miquelon, brûler ensuite les pêcheries anglaises de Terre-Neuve et Halifax, puis remonter le Saint-Laurent pour appuyer la révolte des Canadiens, auparavant excités par ses agents. Le 12 octobre, la flotte de Sercey quitte Sandy Hook, puis… rentre en France ! Peu après le départ, un conseil naval tenu en mer a décidé du retour plutôt que d’exécuter les ordres de Genet. La flotte arrive à Brest le 12 novembre et Sercey ne semble pas avoir eu à se justifier de cette nouvelle mutinerie. De toute façon, eût-elle tenté de suivre le plan de Genet, la flotte française aurait rencontré un ennemi l’attendant de pied ferme. En effet, dès le 25 octobre, des espions préviennent les garnisons anglaises d’Halifax, de Frédéricton et de Québec de l’arrivée imminente d’une flotte française d’invasion.
La troisième et dernière action concrète visant à soustraire le Canada à la Grande-Bretagne a lieu en 1796. Un Américain nommé Ira Allen débarque alors à Paris. Là, il rencontre Carnot et lui expose un projet consistant à lui fournir plus de 20 000 fusils, 24 canons et une somme de 200 000 francs afin que ce dernier affranchisse les Canadiens qui n’attendent, selon lui, que cette occasion. Le projet est accepté par le Directoire avec la recommandation spéciale de Carnot. Rappelons que c’est à cette époque que le Directoire prépare son expédition d’Irlande et que c’est durant ce même été 1796 que la volonté de la République d’en découdre avec Albion semble la plus affirmée. Armé et financé, Allen quitte bientôt le Havre avec son matériel mais il est arraisonné en mer par les Anglais et son navire sera mis sous séquestre pendant de nombreuses années.
En somme, outre les tentatives de Genet, on ne peut parler de véritable volonté politique d’assurer une repossession durable du Canada.

Le Consulat, l’Empire et l’Amérique du Nord

À l’arrivée de Bonaparte au pouvoir, la question des colonies françaises outre-Atlantique se pose à nouveau. La France, qui vient de récupérer la Louisiane (9), a enfin remis le pied en Amérique du Nord. Une fois la paix d’Amiens signée, le Premier consul se met à élaborer des projets de réseau colonial français dans le golfe du Mexique. Au sein de ce dispositif, la Louisiane doit constituer une base importante au nord permettant de défendre et d’approvisionner les possessions insulaires françaises de la Guadeloupe et de Saint-Domingue. Une lettre de Talleyrand nous donne même une indication d’un autre rôle que doit jouer la Louisiane dans les desseins de Bonaparte. Ainsi, en 1802, le ministre des Relations extérieures écrit à l’ambassadeur de France à Londres, le général Andréossy, afin d’obtenir des informations bien précises au sujet du Canada. « Informez-vous quel est l’esprit public au Canada, si les habitants sont encore attachés à la France, et si recevant du secours en armes, munitions et en argent, il y aurait quelque perspective que dans une guerre future ils se mettraient en insurrection et secoueraient le joug britannique. Si quelque personne marquante de ce pays-là, et qui aurait des lumières allait vous voir, dites-lui que tous ceux de ses compatriotes qui émigreront à la Louisiane y seront accueillis et jouiront de la même protection et des mêmes privilèges que les citoyens français, et l’un des motifs du Premier Consul en faisant restituer cette colonie a été d’offrir un asile aux Français vexés et opprimés du Canada » (10).
Aucun document de la main même du Premier consul ne nous permet d’affirmer que Bonaparte a eu des intentions d’agir ultérieurement au Canada ou qu’il a vu la Louisiane comme une terre d’asile. Toujours est-il qu’en 1802, Bonaparte organise un corps expéditionnaire (dit de Flessingue) à destination de la Louisiane. D’abord sous le commandement de Victor, puis de Bernadotte, cette expédition doit mener 12 vaisseaux de guerre et des transports avec 3 000 hommes de troupes à la Nouvelle-Orléans pour y rétablir une présence militaire française. La même année, un corps expéditionnaire français constitué de 23 000 hommes sous les ordres du général Leclerc, débarque à Saint-Domingue pour reprendre cette dernière aux esclaves insurgés de Toussaint-Louverture. Cette expédition bâclée, qui tournera très tôt au désastre, sera la seule tentative militaire du Premier consul (et de l’Empereur) dans cette région du monde. En effet, la paix d’Amiens, paix qui n’avait rien réglé, est rompue dès 1803 et Bonaparte ajourne indéfiniment le départ de l’expédition de Flessingue. Celle-ci ne quittera jamais le port.
Une fois la guerre venue, non seulement le Premier consul renonce-t-il à une présence militaire française sur le continent américain, mais, précédant de quelques jours la reprise des hostilités avec l’Angleterre, il s’empresse d’accepter l’offre du président Thomas Jefferson, de racheter la Louisiane à la France. « Je connais tout le prix de la Louisiane (…). Sa conquête serait facile pour les Anglais et je n’ai pas un moment à perdre pour la mettre hors de leur atteinte » (11) déclare le Premier consul à son ministre du Trésor, Barbé-Marbois. Le 30 avril 1803, la France vend donc la Louisiane pour la somme de 80 millions de francs. Avec cette vente, Bonaparte abandonne ses chimères coloniales en Amérique. D’ailleurs les a-t-il entretenues sérieusement ? Rappelons son manque de confiance chronique dans les capacités de sa marine de guerre à maintenir un lien solide entre la métropole et ses colonies (12). Ajoutons que la Royal Navy paraît déjà un obstacle quasi-insurmontable à tout empire colonial français outre-mer durant le Consulat. Enfin, il devait y avoir chez lui le souvenir de l’Ancien Régime qui avait englouti des sommes considérables dans le gouffre colonial, sommes dont lui, avait besoin en France. Le désastre de Trafalgar, deux ans plus tard, mettra un terme au débat (si débat il y avait), Napoléon perdant ses moyens d’action hors de l’Europe. D’ailleurs, cinq ans plus tard, l’Angleterre a en sa possession toutes les colonies françaises outre-mer. Elle ne les restituera à la France (et pas toutes) qu’en 1814, par le premier traité de Paris.

La France vue du Canada

Il nous est assez difficile d’appréhender la mentalité de la population canadienne de cette époque, faute de témoignages écrits. Le Canada d’alors est peuplé d’une élite francophone constituée d’une petite bourgeoisie bien éduquée mais fort peu nombreuse et d’une majorité d’habitants et d’agriculteurs illettrés. Il n’y a pas encore de littérature canadienne à proprement parler. Au mieux retrouve-t-on quelques lettres et documents qui nous permettent d’en savoir un peu plus sur les débats qui agitent l’élite dirigeante francophone mais la population dans son ensemble demeure sans voix. A-t-on discuté, dans ces villages, de Napoléon, de la guerre en Europe ? Oui, certes, mais aucune trace de ces discussions ne subsiste, sinon de rarissimes et peu orthodoxes témoignages comme la pétition de Noreau à l’Empereur.
Ce que l’on sait, cependant, c’est que, dès la rupture officielle des contacts entre l’Angleterre et la France (et donc entre le Canada et la France) en 1793, l’administration britannique en place au Bas-Canada n’a de cesse de sonder l’esprit de cette population dont l’humeur lui paraît bien difficile à cerner. La correspondance officielle entre Québec et Londres atteste de cette inquiétude. La plupart des soupçons anglais sur la fidélité des Canadiens sont reliés à l’attitude très ambivalente dont ces derniers avaient fait preuve en 1775-1776, au moment de l’invasion ratée du Canada par un corps expéditionnaire américain. Alors que Québec avait résisté, Montréal et le reste de la province avaient accueilli les Américains avec enthousiasme. Durant la Révolution et au début du XIXe siècle, les autorités britanniques ne savent toujours pas comment se comporteront les Canadiens en cas d’attaque américaine ou française : c’est là la source de ce sentiment de méfiance, souvent même de paranoïa, et d’incompréhension qui habite les autorités coloniales britanniques.
Ce que l’on sait aussi, c’est que la population francophone n’est pas si anglophone qu’on ne le prétend, ou du moins n’est-elle pas si sympathique à cette France nouvelle qu’on veut bien le croire chez les consuls français à Boston ou New York. La Révolution a, là aussi, tout changé. Les Canadiens éprouvent bien toujours une certaine forme de nostalgie envers la France mais celle-ci est devenue une nation régicide, prônant l’athéisme : c’est là une fracture aussi importante entre le Canada et la France que la séparation de 1760.  » À partir de la mort de Louis XVI, de la rupture entre Londres et Paris, de la Terreur, c’est la coupure, morale et matérielle, entre l’opinion canadienne et la Grande Nation régicide, athée, en qui les habitants du Québec ne reconnaissent plus la mère patrie » (13). La (rare) correspondance entre la France et le Québec durant la Révolution est imprégnée de cette inquiétude et de cette méfiance à l’égard d’un peuple qui semble, soudainement, presque fou. Certes, un grand intérêt subsiste envers tout ce qui touche à la France, mais le portrait dans la presse canadienne et chez les élites est presque toujours sombre. « Les nouvelles du continent n’arrivent plus que par le truchement d’une Angleterre intéressée à exciter l’indignation publique contre son ennemie inexpiable » (14).
Il faut mentionner ici le pouvoir non négligeable de la presse dans la formation de l’opinion publique canadienne par rapport à la France durant toute la période révolutionnaire et napoléonienne. Les premières presses à imprimer ont été installées à Québec, puis à Montréal, au lendemain de la conquête mais on en compte moins d’une dizaine sur l’ensemble du territoire canadien. Durant toute la période seuls deux journaux vont publier sans interruption : la Gazette de Québec et la Gazette de Montréal (15). Ces hebdomadaires bilingues sont sous le contrôle de sympathisants du gouverneur de la colonie qui n’hésite d’ailleurs pas à exercer une censure directe sur leur contenu. Livrées presque toujours sans titres, en vrac, les informations sont forcément orientées en fonction des objectifs du pouvoir colonial. « Appartenant aux Britanniques ou à des Canadiens modérés, ces journaux ne pouvaient donner qu’une opinion, n’exprimer qu’un sentiment, ceux des Anglais contre-révolutionnaires et anti-napoléoniens. Comme la Grande-Bretagne avait réussi à enrôler la presse anglaise, l’administration britannique du Bas-Canada veilla avec le même soin à garder les journaux de la colonie au service du combat commun » (16). De nombreux articles ne paraissent d’ailleurs qu’en français (17) et visent toujours à assurer le ralliement de la population francophone derrière la couronne anglaise. Comme en Angleterre, les victoires révolutionnaires et napoléoniennes sont toujours minimisées, rapportées comme incertaines ou carrément ignorées ; le moindre succès des alliés, lui, est naturellement présenté comme une écrasante victoire. Propagande efficace elle sera la principale nourriture intellectuelle d’une élite qui semble suivie dans ses opinions par le peuple. En effet, on trouve peu de voix au Bas-Canada durant ces années pour s’élever, publiquement ou en privé, en faveur de la France révolutionnaire ou napoléonienne.
Mais il y a plus que cette propagande. Les autorités coloniales peuvent dorénavant compter sur un allié indéfectible : le clergé catholique, qui veille au grain et se charge de rallier les esprits en faveur du régime britannique. C’est que l’Église, dans une position précaire depuis le changement de maître en 1763, voit dans le conflit entre l’Angleterre et la France une occasion en or de prouver sa loyauté à la nouvelle couronne et se tailler une nouvelle sphère d’influence accrue. Ainsi, en 1798, quand la nouvelle de la bataille d’Aboukir parvient à Québec, l’Église se fait le porte-voix de la presse anglaise enthousiaste. Aux éloges parus dans les journaux de Québec et de Montréal, le clergé apporte un mandement de l’évêque Denault de Québec : on fait chanter un Te Deum et prononcer une oraison pour le roi. Même les paroisses les plus reculées répercutent les lettres pastorales célébrant la grâce divine et celle de S.M. George III. On assistera au même débordement lors de la bataille de Trafalgar (18). Omniprésent dans tous les secteurs d’activité de la population, le clergé deviendra lentement le chien de garde du gouverneur. Le concordat de 1801 ne changera rien à l’affaire et l’emprisonnement du Pape à Avignon fera scandale dans les paroisses du Bas-Canada. 

Un gouverneur francophobe

Malgré ce ralliement de taille derrière la couronne britannique, la situation n’est pas au beau fixe pour autant entre les autorités britanniques et l’élite francophone. Une grave crise parlementaire oppose les députés anglophones, minoritaires, aux députés francophones pendant presque toute la période 1805-1814. De la taxation du commerce ou de la terre à la question des indemnités financières des députés des circonscriptions éloignées, tout devient pomme de discorde entre ces deux partis, forçant sans cesse le gouverneur de la colonie à trancher leurs litiges.
La situation parlementaire de la colonie et la lutte entre factions anglophone et francophone s’enveniment davantage quand arrive, en octobre 1807, le nouveau gouverneur. Sir James Henry Craig, vétéran des guerres napoléoniennes ayant servi en Sicile, est un militaire en fin de carrière, au caractère intransigeant et colérique. Francophobe avoué, Craig fera montre d’une extrême paranoïa (soigneusement entretenue par ses conseillers issus du parti anglais de la Chambre) et provoquera inutilement plusieurs affrontements avec les notables canadiens-français. Homme soupçonneux de nature, il en vient à imaginer des plans ourdis par les Canadiens pour aider le débarquement de troupes françaises. Car à sa peur des Canadiens français, Craig mêle sa crainte de Napoléon : le gouverneur est certain que l’Empereur va tout faire pour reprendre la Louisiane et le Canada et que, dès que la première voile française apparaîtra à l’horizon, les Canadiens se révolteront. Il en est tellement convaincu qu’il écrit dès 1807 à son supérieur à Londres, Lord Castlereagh : « Dans le cas où nous aurions à combattre une armée française, nous n’avons pas de secours à attendre de cette province; au contraire, il serait dangereux de mettre des armes entre les mains des habitants. Ils sont encore Français de coeur. Quoiqu’ils ne nient pas les avantages dont ils jouissent, il n’y aurait pas cinquante voix dissidentes si la proposition leur était faite de retourner sous la domination française. L’opinion générale, ici, parmi les Anglais, est qu’ils joindraient même les Américains si leur armée était commandée par un officier français » (19). Il ajoute : « Bonaparte ne perd jamais de vue un objet sur lequel il a une fois fixé son attention. En saine politique, cette colonie devrait être l’objet de sa première tentative. Il y trouverait un climat sain, un pays rempli d’approvisionnement, une population amie qui lui fournirait au moins pour son armée de grandes ressources en hommes et une bonne base d’opération pour forcer les Américains à ses vues » (20). Comme on le constate, le gouverneur a en tête des projets beaucoup plus précis pour Napoléon que Napoléon lui-même.
Cette paranoïa de Craig a des conséquences directes sur la vie de la colonie. Alors que fait rage une nouvelle querelle parlementaire, le parti francophone de la chambre fonde un journal, le Canadien. Vu la mainmise du gouverneur et de ses amis sur les journaux existants, le parti canadien-français voit dans ce nouvel organe une façon de diffuser ses vues. Peu de temps après, des rapports indiquent au gouverneur que des espions français sont au Canada. Le gouverneur offre une récompense de 50 livres pour la capture d’un d’entre-eux, un certain Cazeau fils (21) et ordonne la fermeture du Canadien et l’arrestation de ses rédacteurs et propriétaires. Car son idée est faite : le Canadien est un journal en réalité financé par Napoléon, et Cazeau fils est celui qui alimente la caisse du journal. Cette série d’arrestations et la disparition du Canadien vont faire beaucoup de bruit dans la colonie. Qu’à cela ne tienne, l’atrabilaire Craig sévit jusqu’en 1811 : cette année-là, il fait parvenir à son supérieur une liste de recommandations qui visent, entre autres, à l’assimilation forcée de la population francophone. Essuyant un refus sans équivoque de la part de Londres, il demande son rappel.

La guerre de 1812-1814

Le nouveau gouverneur des colonies britanniques d’Amérique du Nord, Sir George Prevost, s’installe à Québec en 1811. Son arrivée met fin aux querelles politiques pour un certain temps. En fait, moins d’un an après l’arrivée de Prevost, la colonie est en guerre.
Déjà en 1807, on avait cru à une guerre imminente entre les États-Unis et la Grande-Bretagne mais la tension avait diminué sensiblement. En 1811, le conflit paraît de nouveau inévitable : irrité par l’embargo britannique sur le commerce américain avec l’Europe, le président Jefferson multiplie les menaces et finalement déclare la guerre en juin 1812.
On prend toute la mesure de la paranoïa de Craig quand on voit avec quelle rapidité les bataillons de la milice canadienne se forment en 1812. Ce n’est pourtant là que la répétition de ce qui s’était passé en 1807 : à l’époque, craignant une attaque des États-Unis, le prédécesseur de Craig, Robert Shore Milnes, avait appelé une partie des milices canadiennes-françaises à former leurs unités. Celles-ci avaient répondu avec enthousiasme. Prevost, en homme raisonnable, profite de la guerre pour rallier la majorité de la population à la défense du territoire.  » Contrairement à ce qui s’était passé en 1775, on n’eut aucune difficulté à recruter les miliciens, certains officiers réussissant même à former leurs bataillons en quelques heures » (22). Commandés par des Canadiens, ces bataillons de milice vont se battre avec détermination aux côtés des troupes anglaises durant tout le conflit. Car pour le Canadien d’alors, il s’agit d’abord et surtout de défendre son pays.
Guerre bizarre que celle de 1812-1814. Aucun des deux belligérants n’est prêt à prendre les armes à la déclaration des hostilités. Théoriquement, l’avantage est aux Américains avec une population de 7 500 000 habitants contre à peine 325 000 âmes dans les deux Canadas et les territoires anglais des maritimes (Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve). L’armée américaine se délabre pourtant depuis la fin de la guerre d’indépendance. Au mieux, le Congrès américain ne peut envoyer sur la ligne de feu qu’environ 12 000 hommes, mal équipés et mal entraînés. Au Canada, Prevost peut compter sur environ 5 000 hommes de troupes, milice canadienne, Amérindiens et armée confondus. La Grande-Bretagne, occupée en Europe, ne peut donner plus d’hommes à Prevost. Par contre, l’avantage sur mer revient incontestablement aux Anglais. Guerre saisonnière, les activités sur les fronts cessent dès l’automne. L’hiver venu, les belligérants se retranchent dans leurs quartiers et attendent la fonte des neiges. Durant les presque trois ans que dure le conflit, c’est ce rythme qui s’impose.
Les offensives débutent de part et d’autres sans trop de conviction ou d’ardeur à l’été 1812. Les Américains, en particulier, commencent leurs opérations de façon fort malhabile : après avoir réussi à capturer certains forts au Haut-Canada, les troupes américaines se rendent inexplicablement à des forces grandement inférieures. L’offensive de 1813 est aussi marquée par ce côté improvisé de part et d’autre. Les Américains réussissent à prendre et brûler York (actuelle Toronto) dans le Haut-Canada, mais ils subissent une sévère défaite devant un officier canadien Charles de Salaberry, à Châteauguay, au sud de Montréal.
En 1814, la fin du conflit en Europe permet à l’Angleterre d’envoyer des renforts en Amérique : débarquent alors à Québec 14 000 hommes de troupes, vétérans d’Espagne qui en ont vu d’autres. Et pourtant, les nouvelles offensives britanniques sont des échecs, autant au nord, dans la région du lac Champlain, qu’au sud, à la Nouvelle-Orléans et dans la baie de Chesapeake. Les Américains connaissent leur principale victoire en janvier 1815… alors que la guerre est déjà terminée depuis deux semaines ! Délai funeste et tragique, encore une fois dû aux distances, pour ceux qui ont perdu leur vie dans un combat inutile. 

Le blocus continental et ses effets

Le réel impact du règne napoléonien sur le Canada se trouve au niveau de l’économie de la colonie : avec le blocus continental, c’est une véritable révolution dans les mœurs et la société qui s’opère alors. Perdant son territoire séculaire d’approvisionnement en bois pour ses chantiers navals, avec la fermeture des ports de la Baltique à la Royal Navy l’Angleterre se tourne vers ses colonies nord-américaines pour lui fournir le bois. Dès 1807, l’Angleterre abolit tous les tarifs douaniers sur le bois canadien. Ainsi vont naître les grands chantiers navals de Québec de même que les territoires de coupe de bois au nord du Saint-Laurent qui approvisionnent à la fois Québec et les convois en partance pour les chantiers de la métropole. Alors qu’en 1803 le volume des expéditions dans le port de Québec totalisait 11 000 tonneaux, il est passé à 150 000 tonneaux en 1810. En 1805, avant le décret du blocus, 170 navires transportant 26 000 tonnes ont quitté le port de Québec. En 1810, c’est 661 navires transportant 144 000 tonnes qui ont fait voile à partir du même port. Durant l’Empire, c’est plus du quart de la marine marchande britannique qui est assigné au transport des produits du bois canadien vers l’Angleterre.
Au niveau des moeurs, le développement spectaculaire de l’industrie du bois entraîne un changement profond du mode de vie des habitants d’ici. Délaissant l’agriculture, bon nombre de manoeuvres de fermes vont couper du bois pendant tout l’hiver, période traditionnelle de trappe, ce qui contribue à un déclin marqué du commerce des fourrures. La relative et nouvelle aisance financière qui s’ensuit se fait bientôt sentir dans la colonie et contribue à l’essor de la production de nombreux nouveaux articles de consommation quotidienne qui devaient auparavant être importés d’Europe ou des États-Unis. Mieux, avec la disette qui sévit en Angleterre, le Canada trouve preneur pour ses surplus de grains et de blé, augmentant ainsi les revenus de la colonie.

Conclusion

En définitive, le blocus continental a considérablement modifié la structure de l’économie des colonies anglaises d’Amérique du Nord et ses répercussions se feront encore sentir pendant de nombreuses années après la chute de l’Empereur. C’est là, à coup sûr, la conséquence la plus importante du règne napoléonien sur la vie du Canada. D’ailleurs, la figure de Napoléon réapparaîtra bientôt dans ces contrées. Au cours de la décennie 1830, succombant au mythe universel qui se propage alors autour de la figure impériale, les Canadiens redécouvrent le vainqueur d’Austerlitz sous un nouveau jour. L’Ogre corse de la légende noire cède là-aussi sa place au brillant stratège, à la figure drapée de gloire. Ils sont alors de plus en plus nombreux à céder à la vogue et à baptiser leurs fils du prénom de Napoléon. Les registres paroissiaux gardent la marque de cette popularité qui perdurera jusqu’au XXe siècle. En 1835, à Montréal, « La Société française au Canada », née la même année, célèbre le 15 août la Saint-Napoléon, avec messe, discours, banque et feu d’artifice. La célébration aura lieu pendant de nombreuses années. 

Annexe : Pétition des habitants du Canada

Les Habitants du Canada à
Sa Majesté l’Empereur des Français,
Napoléon premier
Sire,

Deux de nos compatriotes, Jean-Baptiste Noreau, âgé de soixante-quatre ans et Jean-Baptiste Noreau, son fils, âgé de vingt-deux ans, se rendent en France pour faire connaître à votre Majesté par l’organe de ses ministres les intentions bien prononcées du peuple canadien de retourner sous l’Empire de la France et porter de nouveau le nom glorieux de Français.
Nous avions projeté, Sire, de secouer le joug des Anglais ; nous attendions des fusils pour nous armer, et frapper un coup sûr. Mais notre espoir a été trompé. La surveillance des Milords, des Lords et salariés de tout genres échoueraient contre notre réunion et nos efforts, sous un bon général français, pénétré de ses devoirs et guidé par l’honneur.
Nous assurons Votre Majesté que nous sommes disposés à subvenir aux frais que cette entreprise exigera.
Les sentiments que nous manifestons aujourd’hui à votre Majesté sont nourris depuis longtemps dans nos coeurs. Vous en avez la preuve, Sire, dans la lettre ci-jointe, écrite il y a cinq ans, à nous mêmes par le Consul de New York.
Ce sont ces observations, ses conseils, qui nous ont porté à attendre jusqu’aujourd’hui dans l’espoir qu’il avait fait connaître au Consul général notre demande pour la transmettre en Europe au gouvernement français.
On remarque dans la lettre de ce Consul de New York qu’il n’y a mis ni date, ni signature. Quel en a été le motif ?
Sire, nous attendons de votre sollicitude paternelle que la paix ne se fera pas, sans que nous ayons repris le nom de Français Canadiens. Nous sommes prêts à tout entreprendre à la première vue des Français que nous regardons toujours comme nos frères.
Agréez Sire, les Voeux ardents que nous adressons au ciel pour le long règne de Votre Majesté. Recevez l’assurance de l’admiration que nous cause votre gloire et daignez accueillir l’hommage du dévouement sincère et du profond respect du peuple canadien.

Pierre Trudeau, âgé de 55 ans, Paroisse de Longueil
Eustache Martin, âgé de 55 ans, Paroisse de St-Philippe
Louis La Plante, âgé de 70 ans, Paroisse de St-Constant
Jean Lefebvre, âgé de 60 ans, Paroisse de Chatoyer
Antoine Giraut, âgé de 70 ans, Paroisse de Bel oeil
Jean Léveillé, âgé de 53 ans, Paroisse de Machecousse
Charles Labarge, âgé de 50 ans, Paroisse de Chatoyer
Dauphin Dupuy, âgé de 64 ans, Paroisse de St-Constant
Joseph Landry, âgé de 50 ans, Paroisse de Acadie
Préjean, âgé de 66 ans, Paroisse de Chatoyer
André Noreau, âgé de 68 ans, Paroisse de Longueil

Notes

(1) Archives du ministère des Affaires étrangères, Mémoires et documents, Angleterre, 106, f. 354.
(2) Au début du XIXe siècle, ils sont environ 60 000 à peupler ce territoire qui est sensiblement celui de la province de l'Ontario.
(3) Les frontières de cette colonie correspondent plus ou moins à celles du Québec actuel.
(4) Jean Hamelin, Histoire du Québec, Montréal, Éditions France-Amérique, 1977, p. 277.
(5) Ce genre de délai aura même parfois des conséquences funestes, comme nous le verrons plus loin dans le cas de la guerre de 1812-1814.
(6) L'objectif étant, bien entendu, de faire main basse sur leur cargaison, destinée à l'Angleterre et dont la valeur oscille entre 6 et 8 millions de livres tournois. Voir C. Galarneau, La France devant l'opinion canadienne (1789-1815), Paris/Québec, Presses de l'université Laval/Armand Colin, 1970, pp. 165-167.
(7) Rédigé par Genel lui-même, le texte original est aux archives du ministère des Affaires étrangères, Correspondance politique, États-Unis, 37, f. 439-442, doc. 190, sous la forme d'une brochure dont les pages sont numérotées. Il est accompagné d'une lettre de Genel, en provenance de Philadelphie et datée du 19 juin 1793.
(8) Cité dans Lacoursière, Provecher et Vaugeois, Canada-Québec, Synthèse historique, Montréal, Renouveau pédagogique, 1976, pp. 257-258.
(9) C'est par le traité secret de San Ildefonso, signé le 9 vendémiaire an IX (1er octobre 1800) que la rive droite du Mississippi (occupée par l'Espagne depuis 1763) est retournée à la France par Madrid en échange de territoires accrus pour le duché de Parme, possession d'un Bourbon d'Espagne. Voir A. Fierro, A. Palluel-Guillard et J.Tulard, Histoire et dictionnaire du Consulat et de l'Empire, Paris, Robert Laffont, 1995.
(10) Archives du ministères des Affaires étrangères, Mémoires et documents, Angleterre, 57, f. 181-183.Lettre datée du 28 vendémiaire, an XI (20 octobre 1802).
(11) Cité par A. Palluel-Guillard, Histoire et dictionnaire du Consulat et de l'Empire, Paris, Robert Laffont, 1995, p. 450.
(12) La monumentale débâcle d'Aboukir n'a rien fait pour changer les vues de Bonaparte à ce sujet.
(13) C. Galarneau, La France devant l'opinion canadienne (1789-1815), Paris/Québec, Presses de l'université Laval/Armand Colin, 1970, p. IX.
(14) C. Galarneau, La France devant l'opinion canadienne (1789-1815), Paris/Québec, Presses de l'université Laval/Armand Colin, 1970, p. IX.
(15) Rarement voit-on plus de 5 journaux qui publient en même temps.
(16) C. Galarneau, La France devant l'opinion canadienne (1789-1815), Paris/Québec, Presses de l'université Laval/Armand Colin, 1970, p. 299.
(17) Ces articles sont pour la plupart issus de la presse française de l'émigration. Voir C. Galarneau, op. cit.
(18) Montréal aura sa colonne Nelson avant Londres même, soit dès 1807. Érigée à partir de souscriptions publiques, remarquons que bon nombre de ses contributeurs sont francophones.
(19) Le Courrier du Québec, 21 janvier 1807, cité par R. Pichette, Napoléon III, l'Acadie et le Canada Français, Moncton, Éditions d'Acadie, 1998, p. 37.
(20) Le Courrier du Québec, 21 janvier 1807, cité par R. Pichette, Napoléon III, l'Acadie et le Canada Français, Moncton, Éditions d'Acadie, 1998, p. 37.
(21) On ne doit voir là qu'une simple mission de reconnaissance : l'envoyé de la France à Washington, le général Turreau de Garambouville veut profiter de la tension entre le gouverneur et le parti francophone de même que la menace d'une guerre incessante entre l'Angleterre et les États-Unis, pour se renseigner sur l'état d'esprit des Canadiens.
(22) J. Hamelin, Histoire du Québec, Montréal, Éditions France-Amérique, 1977, p. 303.

Titre de revue :
Revue du Souvenir Napoléonien
Numéro de la revue :
430
Numéro de page :
19-27
Mois de publication :
août-sept.
Année de publication :
2000
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