Origines de la Légion d’honneur

Auteur(s) : DAMIEN André
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Pour nos contemporains la Légion d'Honneur est l'Ordre français le plus prestigieux ; il est également le plus ancien Ordre en vigueur puisque ceux de l'ancien régime ont définitivement disparu en 1830 et que nul autre Ordre impérial n'a survécu aux malheurs de 1815 (1).
On a donc tendance à considérer notre Ordre national, à la fois comme la prestigieuse survivance des fastes de l'Empire et de l'héroïsme civil et militaire que la France a déployés durant le règne de Napoléon, mais également comme un lien avec l'ancien régime et comme une survivance des grands Ordres abolis : le Saint-Esprit, prestigieux et réservé à la haute noblesse, Saint-Louis, la décoration militaire par excellence, Saint-Michel, Saint-Lazare, les Ordres secondaires de l'ancienne monarchie.
En réalité le problème est plus complexe et nécessite un bref retour en arrière.

Rien n'est semblable sous l'Empire à ce qui fut dans le passé et même si les apparences subsistent, elles ne sont qu'apparences. Le Sacre de l'Empereur n'est pas le signe de l'élection de Dieu confirmée par une sorte de huitième sacrement (2), c'est la consécration solennelle du serment du chef de l'État envers le peuple qui l'a choisi, serment reçu par le Pape en qualité de témoin privilégié.
La noblesse impériale, confondue par Louis XVIII avec l'ancienne noblesse, en demeure très différente dans son essence puisque les titres nobiliaires y sont attachés à des fonctions administratives ou commémorent des victoires, seuls les fiefs constitués dans le territoire de l'Empire, mais en dehors de la France, ressemblent par certains aspects à ceux des grands vassaux de l'ancien régime.

De même la Légion d'Honneur se différencie radicalement des Ordres anciens. Ces derniers étaient liés à l'idéal chevaleresque médiéval ; ils se recrutaient le plus souvent en milieu fermé (cf Le Saint-Esprit), se réunissaient en chapitres solennels, sous l'invocation de Dieu ou de leurs saints patrons où leurs membres apparaissaient revêtus de costumes antiques et prestigieux. Les chevaliers portaient des insignes manifestant leur appartenance à l'Ordre. Tels qu'ils existent en France jusqu'à la Révolution, ces Ordres nous paraissent plus proches des Ordres de chevalerie qui subsistent encore en Angleterre, par exemple, que de la future Légion d'Honneur.
En effet, à l'origine, la Légion d'Honneur ne comporte ni costume, ni chapitre, ni insignes et Napoléon, dans une lettre fort significative adressée à son frère Louis, Roi de Hollande, précise bien ce que n'est pas la Légion d'Honneur :  » Vous créez, lui écrit-il le 7 janvier 1807, des Ordres de chevalerie, ce qui est une chose ridicule ; la Légion d'Honneur n'a jamais été considérée comme un Ordre de chevalerie « .

Cette conception est d'ailleurs parfaitement conforme à la politique générale de l'Empire telle que l'a conçue Napoléon. Il est bien le fils de la Révolution, il en est le continuateur et son action durant son règne, sera marquée par cette volonté d'expansion des idées nouvelles qui est bien la caractéristique de l'état d'esprit révolutionnaire. Il est  » la révolution bottée  » mais il est la révolution quand même et s'il repousse les excès des assemblées et de ceux qu'il nomme ces  » bougres d'avocats « , il est l'héritier et plus encore le propagateur des idées nouvelles issues des  » immortels principes « .
Ne cherchons pas dans ces idées un ferment de révolution sociale, la Révolution française est bien le  » coup d'état bourgeois  » clairement défini par Marx, mais la contagion des idées est fondamentale dans la pensée impériale et les coalisés ne s'y tromperont pas qui chercheront jusqu'au bout à l'abattre (3).

Comme le résume le commandant Lachouque,  » empereur du peuple porté au pouvoir par lui, il achève de faire de la France la plus forte des nations libres, il apporte à l'Europe la révolution et renverse les dynasties de l'ancien régime (4) « .
Dans cette construction d'une France et d'une Europe nouvelles, la Légion d'Honneur, tout comme plus tard l'Ordre de la Réunion (5) a une place originale et privilégiée, et c'est en cela que consiste sa grande particularité.
Elle n'est nullement un de ces hochets nécessaire à la vanité des hommes ou, selon le mot de Montesquieu,  » une marque vaine et sans prix pour honorer et récompenser la vertu « , la Légion d'Honneur est tout autre chose, elle est le rassemblement des bâtisseurs de l'Empire, issu de la Révolution et fondé sur des principes nouveaux.

La seule lecture des textes instituant la Légion en témoigne. Le projet approuvé par le Corps Législatif le 29 floréal an X et publié par arrêté consulaire du 3 messidor an X, comporte 29 articles :
– le premier prévoit la création d'une Légion d'Honneur en exécution de l'article 87 de la constitution concernant les récompenses militaires et destinée à récompenser également les services des vertus civiles,
– l'article 2 prévoit que cette Légion se compose d'un grand conseil et de quinze cohortes,
– l'article 3 précise qu'il sera affecté à chaque cohorte des biens nationaux portant 200.000 F de rente,
– les articles 4 à 7 organisent le fonctionnement des cohortes (6),
– l'article 8 expose par le serment qu'il impose aux légionnaires le but de l'institution :  » se dévouer au service de la République, à la conservation de son territoire, de son intégrité, à la défense de son gouvernement, de ses lois et des propriétés qu'ils ont consacrés, de concourir de tout son pouvoir au maintien de la liberté et de l'égalité « ,
– les autres articles et notamment le titre II sont consacrés aux hospices des cohortes et aux conditions d'accès dans la Légion (7).

La légion institution politique

Telle que décrite par son texte d'institution, la Légion d'Honneur n'apparaît nullement comme un Ordre de chevalerie ; aucun insigne n'est déterminé, encore moins est-il question de porter un insigne ou un ruban distinctif, la société ne dispose d'aucune autonomie, tout vient du Premier Consul, c'est enfin une société qui a une vie communautaire puisque tous les légionnaires faisant partie des conseils de l'ordre de chacune des quinze cohortes, doivent se réunir deux fois par mois au moins au siège de la cohorte, et tous les légionnaires gradés ou non devient au moins une fois par an se réunir au siège de la cohorte sous la présidence du chef de cohorte, dans une assemblée où l'on reçoit le serment des nouveaux légionnaires et où on entend l'éloge de ceux qui ont disparu.
Enfin grâce à sa somptueuse dotation, les membres de la Légion reçoivent un traitement nullement symbolique puisqu'il permet à lui seul de faire vivre dignement chacun des membres de l'institution ; en cas de retraite ou de maladie tout légionnaire peut être accueilli par l'hospice qui est fondé au siège de chaque cohorte.

En fait la Légion constitue le rassemblement local d'une élite choisie et recrutée parcimonieusement par le pouvoir. La création des cohortes, axe fondamental du projet du 29 floréal au X puisque la totalité des articles du titre 1er, à deux exceptions près, sont consacrés à cette institution, est l'élément déterminant de la Légion d'Honneur à ses origines.
Bottet l'a bien senti, qui écrit :  » tous les auteurs ont trop considéré comme un Ordre de chevalerie ordinaire, une institution qui, par ses cohortes, prenait racine sur tout le sol français, et ils ont trop négligé d'insister sur ses caractères politiques  » (8).
 » Elle est plus que la récompense des vertus civiles ou du courage militaire, c'est un instrument de gouvernement que l'administration doit trouver sous sa main au moment de la réorganisation de la nation. Le but de l'institution est de donner à un ensemble d'élite une communauté de vues, une direction, un lien… Le pouvoir doit y puiser sa véritable force par la concentration sans distinction d'origine des meilleurs parmi les plus méritants (9) « .

Parlons clair, la Légion d'Honneur à l'origine est l'archétype de ce que sera plus tard, dans l'histoire des institutions, le parti gouvernemental. Rien n'y manque, pas même les anciens compagnons de lutte dont le passé a rendu nécessaire l'admission au sein du parti qui coexistent avec des fonctionnaires dociles et les ralliés mais qui se donnent le luxe de grogner dans une opposition plus ou moins constructive.
Telle est l'institution absolument originale, en avance d'un siècle sur l'histoire des institutions, que crée Bonaparte.
Ajoutons qu'à notre époque où l'on cherche un médiateur entre l'usager et l'administration tout puissante, la Légion de la création créait cette institution. N'était-il pas aisé aux vieux soldats courageux et frustes, retirés dans leurs villages, de porter à la connaissance de l'Empereur les tracasseries que des fonctionnaires médiocres faisaient subir à leurs concitoyens. Lors des réunions de cohortes au moins annuelles, le vieux soldat paysan mais légionnaire, rencontrait en petit comité un prestigieux maréchal d'Empire ou un amiral ayant accès direct auprès du Premier Consul, puis de l'Empereur lui-même.
Roederer disait d'ailleurs au Corps Législatif dans la discussion sur la Légion d'Honneur le 15 floréal an X :  » c'est une institution politique qui place dans la société des intermédiaires par lesquels les actes du pouvoir sont traduits à l'opinion avec fidélité et bienveillance et par lesquels l'opinion peut remonter jusqu'au pouvoir « .

La Légion et l’agriculture scientifique

Mais les cohortes ne sont pas seulement ces cellules de formation et d'information. Elles sont également un moyen d'action privilégié sur la vie économique et sociale de la nation.
En effet, les cohortes ont reçu une dotation destinée à assurer un revenu stable aux légionnaires et à permettre le paiement régulier de leur pension. A cette époque d'instabilité financière une dotation en biens fonciers est la plus sûre des garanties, plus certaine en tous cas que des créances sur la dette publique. Cette dotation a également pour objet d'assurer la pérennité de la confiscation des biens du clergé et des émigrés et de contribuer à consolider la perpétuité des biens nationaux (que la Restauration elle-même saura respecter) en donnant à ces biens une affectation de droit public au lieu ou en plus des affectations de droit privé toujours révisibles et fragiles.
Mais, plus encore que ces préoccupations de stabilité les cohortes sont le moyen de promouvoir un socialisme d'État nécessaire ou si le néologisme anachronique choque, un dirigisme d'État.

En effet la situation agricole est inquiétante en France à l'époque, les campagnes sont dépeuplées à la suite des guerres incessantes depuis la Révolution, de l'envahissement d'une partie du territoire français et de l'incertitude que crée dans les campagnes le brigandage. Mais également le nouveau régime de propriété se révèle dangereux pour l'agriculture.
Hier le seigneur possédait la terre mais, suivant la conception chrétienne et traditionnelle de la propriété, souvent il se considérait comme comptable de cette propriété envers ses vassaux et ses sujets. Le régisseur du marquis émigré qui a racheté sous la forme de biens nationaux, les terres de son maître et qui a réalisé des acquisitions spéculatives, n'a pas ces préoccupations, et son état d'esprit nouveau crée un malaise sensible dans l'agriculture française.
Ajoutons enfin que les récoltes sont incertaines, que plusieurs dans les dernières années de la Révolution ont été mauvaises et que la famine s'en est suivie.
Il faut donc restituer une propriété désintéressée, non spéculative, capable de grands sacrifices et de grandes transformations et ce sont les cohortes qui vont réaliser cette expérience unique à une époque où l'agriculture scientifique devient à la mode.
Nous sommes en effet au lendemain des premières expériences d'agriculture scientifique, les engrais chimiques, l'assolement raisonné et non plus traditionnel. Les académies de la fin du xviiie siècle ont répandu des notions nouvelles dans le public sous l'influence des physiocrates, les bourgeois nantis mais cultivés raisonnent gravement sur les remèdes à apporter aux malheurs de la France agricole et des sociétés d'agriculture se forment dans les départements, à celle de Versailles Bonaparte s'inscrit avec cette profession  » agriculteur à Rueil « .

Or la Légion d'Honneur possède 10 millions de bien-fonds et peut donc régir ses vastes domaines selon un mode expérimental. L'institution devait favoriser l'acclimatation des arbres utiles ou de plantes potagères ou médicinales ; elle devrait également provoquer le dessèchement des marais, boiser les landes, fertiliser les dunes, importer des races étrangères d'animaux de labour ou de bêtes de somme, créer des haras particuliers nécessaires à la remonte de la cavalerie et de l'artillerie.
Un exemple pris dans la 4e cohorte (10) suffira à en comprendre le fonctionnement.
L'agent de la cohorte M. Lamotte-Paisant dresse un rapport au chef de la cohorte, le maréchal Soult, et au chancelier, le prince de Salm-Dyck, dans lequel il expose les orientations nécessaires dans l'exploitation des domaines.
 » Il faut en diviser l'exploitation, dit-il, en sept branches principales :
1) acquisition de bêtes à laine, race d'Espagne,
2) acquisition de bêtes à cornes, établissement d'un troupeau de souche,
3) défrichements, formation de prairies artificielles,
4) plantation d'arbres fruitiers tel que poiriers, pommiers à cidre, pruniers à eau-de-vie, noyers, etc…,
5) établissement dans les chefs-lieux de distilleries pour les eaux-de-vie de grains, de pommes de terre et de prunes,
6) ensemencement de colza et de navette, établissement de moulins pour la fabrication des huiles,
7) ensemencement de lin, chanvre et établissements pour leur préparation, filatures et emplois « .
Le résultat de cette politique agricole sera d'augmenter les revenus de la cohorte grâce auxquels on pourra entretenir les hôpitaux et les fondations destinés aux légionnaires âgés ou malades, tandis qu'on pourra également créer une école d'agriculture (11).

Evolution de la conception première

Ainsi donc la Légion d'Honneur existe comme une fédération d'hommes nouveaux au service d'un État nouveau, rassemblés autour de son jeune chef, sans insigne, sans distinction dans l'État mais agissant sur la vie politique et sur la vie économique du pays, telle est l'institution sans précédent créée par le génie de Bonaparte.
Elle va cependant se modifier rapidement pour devenir une institution presque semblable aux Ordres de chevalerie des autres États ; on peut se demander pourquoi.
Deux faits semblent déterminants.

Sur le plan économique, l'Empereur va subir par sa politique l'expérience des cohortes que réaliseront un siècle plus tard les pays se réclamant du socialisme. L'expérience kolkhosienne de l'Empereur sera un échec comme celle des maîtres futurs de l'U.R.S.S.
Et comme l'Empereur n'est pas un doctrinaire mais un pragmatique et un réaliste, il supprimera cette expérience dès qu'elle se révélera inefficace et ruineuse. Il renoncera à une idée qui lui était chère au profit d'une utilisation plus pratique des terres domaniales.
Cette réforme ne sera pas brutale, elle se fera en trois étapes, le décret du 11 pluviose an XIII tout d'abord qui ordonne la vente de tous les biens non nécessaires pour constituer un revenu de 100 000 F à la cohorte (on se souvient que le revenu primitif était de 200 000 F),
– puis le décret du 15 ventose an XIII qui autorise l'aliénation libre des biens des cohortes,
– enfin le décret du 28 février 1809 qui supprime l'administration des cohortes et en transfère les biens à la caisse d'amortissement qui les transformera en rentes.

Sur le plan politique l'unité s'est réalisée, l'Empire est ferme sur ses bases, le  » parti  » devient inutile et il semble même qu'il pourrait devenir gênant.
L'Empereur au faîte de sa gloire et de sa puissance ne subit plus de contrôle, les fonctionnaires sont serviles, les assemblées soumises. Est-il utile, est-il prudent alors de conserver un corps intermédiaire, des  » médiateurs  » qui puissent apporter jusqu'à l'Empereur la grogne que la police de Fouché se charge aisément de lui transmettre?
De toute façon les précautions de l'origine sont devenues inutiles ; il avait fallu, lorsqu'on avait fait passer le projet de Légion d'Honneur, bien affirmer qu'on ne cherchait pas à recréer l'ancien régime ; il avait fallu réfuter en floréal an X les objections selon lesquelles la nouvelle Légion n'était pas destinée à constituer un corps privilégié ni une attaque contre l'égalité ; il n'est plus nécessaire d'affirmer comme le faisait Roederer au Corps Législatif  » que la Légion d'Honneur effacerait les distinctions nobiliaires qui plaçaient la gloire héritée avant la gloire acquise et les descendants des grands hommes avant les grands hommes « .
Aussi désormais peut-on créer un insigne, une étoile, destiné à manifester à tous l'appartenance à l'Ordre. On peut créer également une dignité de chevalier de l'Empire accordée à tous les membres de l'Ordre et auxquels sont attribuées, par lettre patente, des armoiries. On peut constituer des majorats pour ces chevaliers et créer une noblesse héréditaire dans ce titre, on peut même créer des dignitaires de l'Ordre qui auront des grandes entrées auprès de l'Empereur et qui porteront des cordons en écharpe, comme dans les pays étrangers, tout cela ne peut plus soulever beaucoup de remous.
Mais si cette transformation de l'Ordre ne peut pas créer trop de désordres, on peut se demander si elle ne peut pas également contribuer à assurer encore le pouvoir :  » Montrer aux émigrés qui rentraient en France leur ci-devants tenanciers devenus officiers, les robins devenus préfets ou magistrats, les conventionnels, ceux-là même qui avaient jeté à l'Europe la tête de leur roi devenus tribuns ou sénateurs, les membres eux-mêmes du clergé séculier rétablis dans leurs églises, tous portant l'étoile révolutionnaire suspendue au ruban jadis respecté de l'Ordre de Saint-Louis, n'était-ce pas les obliger à constater qu'il y avait depuis onze ans quelque chose de changé en France et qu'un retour en arrière était désormais impossible (12) « .

Conclusion

Ainsi la création par Bonaparte d'une Légion d'Honneur demeure une création profondément originale ; elle n'est pas un Ordre de chevalerie en plus des autres ni comme les autres, mais elle constitue le premier Ordre démocratique et finalement, ce sont les autres Ordres de chevalerie, antiques et traditionnels, qui se sont infléchis peu à peu au cours du xixe siècle, vers l'esprit nouveau tracé par Napoléon. Ils se sont peu à peu démocratisés ; à telle enseigne qu'ils sont devenus semblables à cet Ordre révolutionnaire et novateur qui, en fait, est devenu, par cette transformation des esprits et au-delà du calendrier de l'histoire, le plus ancien de tous les grands Ordres nationaux.

Notes

(1) Certains ordres ou décorations existantes ont toutefois conservé les couleurs anciennes, c'est ainsi que la Médaille Militaire a repris le ruban de la couronne de Fer tandis que le Mérite National reprendra à peu de choses près celui de l'Ordre de la Réunion.
(2) Cette conception populaire du sacre qui fait le roi n'était nullement fondée en doctrine, le roi tenait son trône d'après les principes généraux de l'ancienne monarchie, de la dévolution successorale et non du sacre. Le Cardinal de Latil l'affirmera solennellement à propos du sacre de Charles X.
(3) L'Empereur reconnaissait que son arme la plus efficace, plus encore que la cavalerie, c'est le Code Civil et les principes nouveaux qu'il renferme et qu'il met en place par son application. " N'écoutez point, dit-il à Jérôme, au moment où celui-ci ceint la couronne de Wesphalie ceux qui vous disent que vos peuples sont accoutumés à la servitude… Ce que désirent avec impatience les peuples d'Allemagne c'est que les individus qui ne sont point nobles et qui ont des talents aient un égal droit à votre considération aux emplois. Je compte plus sur les effets du Code Napoléon pour l'extension et l'affranchissement de votre monarchie que sur le résultat des plus grandes victoires. (Fontainebleau, 15 novembre 1807) ".
L'année précédente il écrivait à Joseph : " Établissez le Code Civil à Naples, tout ce qui ne vous est pas attaché va se détruire alors en peu d'années et ce que vous voulez conserver se consolidera, voilà les grands avantages du Code Civil. Voilà bien des années que je mène les affaires de l'Europe et j'ai tout lieu de me convaincre que le bourdonnement des privilèges était contraire à l'opinion générale ".
Et à Marie Walewska il écrit un jour : " Ma petite Marie tu es une raisonneuse et c'est très laid, j'ai perdu un quart d'heure à t'expliquer que ce qui te paraît être des mesures incompatibles apportera de grands avantages, tâche de me comprendre, le Code Civil a fait ses preuves, et ailleurs qu'en France ".
(4) Préface de " L'Ordre impérial de la Réunion " par Jean-Luc Stalins, p. 7.
(5) " Je veux achever ce qui est ébauché, il faut que je fasse de tous les peuples d'Europe un même peuple, il nous faut un code européen, une cour de cassation européenne, une même monnaie " et le commandant Lachouque ajoute " il ne dit pas un même ordre de chevalerie mais le 18 novembre 1811 il le crée sous le nom d'Ordre de la Réunion " op. cit. page 11.
(6) La cohorte regroupe tous les légionnaires d'une région française composée de 6 à 9 départements, sous la direction d'un conseil de 9 membres comprenant :
1 Grand Officier président
2 Commandants (on ne dit pas encore commandeur)
3 Officiers
3 légionnaires.
Les chefs des cohortes sont tous maréchaux de France sauf ceux des 10e et 13e cohortes qui sont respectivement l'amiral Decrès et l'amiral Bruix.
(7) Peuvent faire partie de la Légion tous les militaires ayant obtenu des armes d'honneur, les militaires qui ont rendu des services majeurs à l'État, les citoyens qui, par leur savoir, leur talent ou leur vertu, ont contribué à établir ou à défendre les principes de la République ou fait aimer la justice ou les administrations publiques.
(8) Maurice Bottet : " Autour de la Légion d'Honneur ", p. 102.
(9) Louis Soulajon : " Les cohortes de la Légion d'Honneur ". page 27.
(10) La 4e cohorte comprend la région rhénane, son chef-lieu est au château de Bruhl, elle comprend les départements de la Meuse inférieure, des forêts, du Roer, de la Sarre, du Rhin et Moselle et du Mont-Tonnerre.
(11) Louis Soulajon, op. cit. pages 158 et suivantes.
(12) Bottet, op. cit. page 105.

Titre de revue :
Revue du Souvenir Napoléonien
Numéro de la revue :
268
Numéro de page :
2-
Mois de publication :
mars
Année de publication :
1973
Année début :
1802
Année fin :
1809
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