FALLOUX DU COUDRAY (Frédéric Alfred Pierre, comte de) (1811-1886) Ministre de l’Instruction publique et des Cultes Seconde République

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Frédéric Falloux du Coudray est né à Angers le 7 mai 1811 dans une famille de commerçants aisés anoblis en 1825 par Louis XVIII pour zèle monarchique et clérical. Après des études au collège d'Angers, il monte à Paris et fait son entrée dans le monde grâce à l'entremise de Mme Swetchine, une Russe convertie au catholicisme qui tient salon et qui va former le jeune homme à la vie politique. Il se rapproche alors des catholiques libéraux tels que Montalembert ou Lacordaire. Il s'essaye à l'écriture et publie en 1840 une Histoire de Louis XVI dans laquelle il développe un esprit clérical outrancier.

En 1842 il s'essaye à la politique en se présentant aux élections législatives en Maine-et Loire. Non élu il retente sa chance quatre ans plus tard. Il siège alors à la Chambre parmi les légitimistes et réclame la liberté de l'enseignement. Rallié à la Deuxième République il est élu à la Constituante. C'est sur son rapport que l'Assemblée vote la dissolution immédiate des ateliers nationaux, ce qui conduit aux terribles journées de juin. En décembre 1848, il entre dans le gouvernement d'Odilon Barrot en tant que ministre de l'Instruction publique et des Cultes. Réélu en mai 1849 il garde sa fonction jusqu'au 31 octobre date à laquelle il démissionne désavouant la politique de Louis-Napoléon Bonaparte à l'égard du Vatican.

Durant ces 10 mois à l'Instruction publique, le jeune ministre commence par supprimer le projet Carnot sur l'enseignement primaire et met en oeuvre le projet de loi qui porte encore son nom aujourd'hui et qui établit entre autre un régime de liberté de l'enseignement primaire et secondaire : «  Tout Français, âgé de 25 ans au moins, pourra former un établissement d'instruction secondaire ». La loi Falloux sera votée par Parieu qui lui succède. Pour Falloux le système est simple « Dieu dans l'éducation. Le pape à la tête de l'Eglise. L'Eglise à la tête de la civilisation ».

Après le Coup d'Etat de 1851, il est enfermé deux jours au Mont Valérien puis il se retire en Anjou et collabore au Correspondant, journal de tendance catholique libérale.

En 1856 il est élu au siège n°34 (il succède à Molé) de l'Académie française où il est reçu le 26 mars 1807. En 1866 il tente à nouveau de revenir à la politique en se présentant aux législatives dans le Maine et Loire mais échoue. Comme en 1869 en Vendée il pousse à la réconciliation entre légitimistes et orléanistes. Il meurt à Angers le 6 janvier 1886. Trois ans après sa mort paraissent ses Mémoires d'un royaliste.
 
EP 2007


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